Car mon peuple est insensé, ils ne me connaissent pas, ce sont des enfants stupides, ils ne sont pas intelligents. Ils sont habiles pour faire le mal, mais ils ne savent pas faire le bien. Car mon peuple est insensé. Mon peuple est insensé, dit le Radak : s'ils étaient sages, ils reconnaîtraient le bon chemin et alors ils me connaîtraient. Cela signifie qu'ils sauraient que tout ce qui leur arrive vient de moi. Ils comprendraient alors que la seule adresse pour éloigner d'eux le malheur, c'est de se tourner vers moi. C'est moi qui fais le bien et le mal. Mais parce que mon peuple est insensé, ils ne me connaissent pas. Tous les malheurs s'abattent sur eux et ils ne savent pas, pour ainsi dire, que cela provient de moi. Ce sont des enfants stupides. Pourquoi les appelle-t-il enfants ? Parce qu'ils sont des enfants pour Hachem votre D.ieu. Et ces enfants, qu'y faire, ils sont des enfants, mais stupides. Ils ne sont pas intelligents. Ils sont habiles pour faire le mal, mais ils ne savent pas faire le bien. Toute leur intelligence et toute leur sagesse, ils les utilisent pour le mal. Car la sagesse et l'intelligence, c'est de les mettre au service d'Hachem, sur le chemin d'Hachem. Et eux, ils sont habiles, mais pour faire le mal, et ils ne savent pas faire le bien. Comme il le mentionne ailleurs : voici qu'ils ont méprisé la parole d'Hachem, quelle sagesse ont-ils donc ? Comme le dit le prophète Yechayahou : et ils se contentent des enfants des étrangers. Cela signifie qu'ils allaient étudier les sagesses des nations. Des sagesses pour user de ruse et de toutes sortes de stratagèmes afin de faire le mal, et non des sagesses par lesquelles on reconnaît le chemin d'Hachem.
Le Malbim, dans le livre de Michlei, développe longuement la définition de l'insensé (evil), du sot (sakhal), de l'homme intelligent (navon) et du sage (hakham). Là, le Malbim y revient à maintes reprises. Nous allons expliquer selon les principes qui y sont exposés. Le Malbim dit : car mon peuple est insensé. Mon peuple est insensé, il leur manque le discernement pour saisir la justice d'Hachem avec une connaissance claire. Quelle est la définition de l'insensé ? Le Malbim explique en plusieurs occasions que evil vient du mot oulai (peut-être). L'insensé est le type sceptique, dubitatif. Celui qui n'est jamais sûr. Oui, tout à fait exact, c'est possible, mais écoute, il y a aussi d'autres opinions, il y a aussi d'autres approches, et rien n'est certain, il n'y a pas de preuve, et il n'y a pas... Il introduit tout dans le flou, dans le doute, et par cela, eh bien, il n'est pas certain qu'Hachem ait dit cela, il n'est pas certain que ce soit la Torah, il n'est pas certain... Tout chez lui est incertain. C'est la définition de l'insensé. En suscitant des doutes sur chaque chose, il cherche ainsi, pour ainsi dire, à fuir l'obligation, l'accomplissement de la Torah, l'accomplissement des mitsvot, tout est de l'ordre du peut-être. C'est l'opposé de la connaissance (daat). Quelle est la définition de daat ? Daat, c'est une connaissance claire. Une connaissance absolue. Un axiome. Deux plus deux font quatre, cela relève de daat. Daat, c'est une chose qui n'a pas besoin de preuve, c'est une chose absolue, une chose totalement claire. C'est pourquoi il dit : car mon peuple est insensé, comme nous l'avons dit c'est le sceptique, dès lors ils ne me connaissent pas. Car daat est une connaissance claire, et puisqu'ils n'ont pas de connaissance claire, alors que sont-ils ? Insensés. L'insensé est celui qui doute. C'est celui qui, tout le temps, n'est jamais sûr, et c'est pourquoi ils ne me connaissent pas.
Et il leur manque aussi la bina (l'intelligence). Qu'est-ce que la bina ? Le Malbim explique en plusieurs endroits que la bina est la partie du savoir acquise par la force de la réflexion. Bina vient du mot hitbonénout (réflexion, contemplation). En réfléchissant et en approfondissant, on comprend une chose à partir d'une autre. Cela provient toujours de la force de la réflexion. Il dit : ce sont des enfants stupides, ils ne sont pas intelligents. C'est-à-dire, si l'on était perspicace, on apprendrait une chose à partir d'une autre. Mais puisqu'il est stupide, alors ce sont des enfants stupides, qu'est-ce que cela veut dire ? Qu'ils ne sont pas intelligents. Cela vient immédiatement après. C'est-à-dire qu'il n'y a pas en eux la force de la bina, qui est d'apprendre une chose à partir d'une autre.
Et ils ne me connaissent pas : de là tu comprendras qu'ils ne me connaissent pas. Puisqu'il leur manque la bina, par laquelle ils atteignent Hachem. Cela signifie quoi, atteindre Hachem par la bina ? Il faut savoir qu'il existe une possibilité d'atteindre Hachem même par la force de l'investigation. Comme le rapporte le Hovot HaLevavot, le Chaar HaYihoud. Par l'investigation philosophique on peut atteindre Hachem. Alors, puisqu'ils ne sont pas intelligents, dès lors ils ne me connaissent pas. Ils ne connaissent pas Hachem, car si tu avais la bina, tu apprendrais une chose à partir d'une autre, et par l'investigation, comment Avraham Avinou a-t-il atteint son Créateur ? Par l'investigation. Il contemplait le soleil, la lune, les nuages, tous les corps célestes. Lequel d'entre eux nous dirige ? Jusqu'à ce qu'il arrive à la conclusion qu'il doit y avoir un dirigeant du palais qui règne sur tout. Alors, puisqu'ils n'ont pas la bina pour apprendre une chose à partir d'une autre, ils n'arrivent pas ainsi aux bonnes conclusions. Mais quelle est la voie originelle pour arriver à Hachem ? C'est par la kabbala (la transmission). Kabbala, on ne parle pas ici des kabbalistes, mais de la transmission de génération en génération. Ce que nous recevons de Moché Rabbénou. Cela s'appelle par la kabbala. Et cela s'appelle hokhma (sagesse). Ce que nous atteignons par la kabbala, cela s'appelle hokhma. Car il existe beaucoup de choses pour lesquelles il n'y a pas de preuve. Le Malbim développe cela longuement dans le livre de Michlei : il existe de nombreuses choses pour lesquelles on ne peut apporter de preuve, et c'est là qu'il faut la kabbala. La kabbala, cela signifie ce que nous avons reçu de génération en génération, ce que nous avons reçu de Moché Rabbénou, ce que nous avons reçu des prophètes. Cela concerne surtout le domaine de la morale. Ce qui est convenable, ce qui ne l'est pas, ce qui est moral, ce qui ne l'est pas, ce qui est juste, ce qui ne l'est pas. C'est un domaine sur lequel beaucoup vont débattre. C'est un domaine où il y a beaucoup de place pour venir prétendre que telle action est juste, et l'autre dira non, telle action n'est pas juste. Une fois, j'ai donné un exemple d'une question dans le domaine de la morale. Si une jeune fille de 16 ans tombe enceinte hors mariage. Il y a alors quelqu'un qui dira : eh bien, que veux-tu, qu'elle le mette au monde ? Et ensuite, d'abord, qu'une fille à un tel âge vive l'expérience d'un accouchement, avec toute la peine et la souffrance qu'elle aura, sachant en plus qu'elle a un enfant abandonné dans quelque orphelinat, qu'elle n'a jamais élevé et qu'elle ne connaît pas, et qui ne connaît pas sa mère, et rendre aussi malheureux cet enfant, de quelle manière grandira-t-il, celui-là finira sûrement par arriver dans les milieux du crime, et ainsi de suite. D'un point de vue moral, il faut avorter. Et un autre viendra dire : eh bien, quelqu'un qui ne te convient pas, ou qui peut-être deviendra un criminel, alors assassinons-le déjà maintenant. C'est en fait ce que tu proposes. Tu proposes donc de l'assassiner pourquoi ? Parce que son avenir n'est pas semé de roses ? Alors, combien de quartiers y a-t-il où se trouvent des enfants dont il est clair que l'avenir est très mauvais, peut-être allons-nous les assassiner ? Le meurtre est-il une solution ? Il y a là un dilemme moral. Nous, nous savons quelle est la décision, car nous avons la Torah. Mais des gens qui ne l'ont pas, alors de la manière la plus claire ils te diront de faire un avortement. Et le tout pour des raisons morales. C'est-à-dire, nous avons donc parlé, nous remarquons que dans certaines questions, en particulier dans les questions du bien et du mal, il faut là la kabbala. La kabbala, cela signifie ce que nous avons reçu de Moché Rabbénou, des prophètes, une sagesse totalement claire, que nous avons ainsi reçue du Ciel.
Il dit donc : voici, regarde, leur sagesse, c'est bien une catégorie de sagesse. Cette sagesse, ils sont habiles pour faire le mal, mais ils ne savent pas faire le bien. La hokhma concerne la conduite de l'âme, savoir le bien et le mal, comme nous l'avons dit à propos de la morale. Alors eux, leur sagesse, ils la tournent pour ainsi dire toujours vers le mal. Leurs conclusions sont toujours de faire le mal. Et ils ne savent pas faire le bien. Ils n'arrivent pas par la sagesse, puisque la sagesse n'est pas reçue d'une force spirituelle supérieure, elle n'est pas reçue des prophètes et de Moché Rabbénou, donc dès lors ses résultats sont toujours pour le mal. J'ai regardé la terre, et voici le tohu-bohu, et vers les cieux, et leur lumière n'était plus. J'ai regardé la terre : le prophète décrit maintenant la destruction, comme si toute la création qui s'était réalisée durant les six jours de la Genèse, comment elle était entièrement détruite. Et dans les versets suivants, dit le Malbim, tu remarqueras comment il décrit la création selon ce qui apparaît dans le Houmach de Béréchit comme processus de la création, et maintenant il décrit cette création dans un processus de destruction. J'ai donc regardé la terre, et voici que je vois que la terre est tohu-bohu, et vers les cieux, et leur lumière n'était plus. Cela signifie : voici que la création a commencé durant les deux premiers jours, il est écrit au premier jour et le souffle de D.ieu planait sur les eaux, et tout était tohu-bohu, tout était recouvert d'eau. Et voici que je vois la situation revenir à son état premier. J'ai regardé la terre, et voici le tohu-bohu, tout comme au commencement. Ensuite, D.ieu dit : que la lumière soit. Et maintenant je regarde et je vois vers les cieux, et vers les cieux, et leur lumière n'était plus. Alors la situation de tohu-bohu est revenue, et aussi ce que la lumière fut, cela est revenu, en réalité il n'y a plus de lumière. Et après cela, au deuxième jour, au troisième jour, la terre ferme a commencé à se former, quand les eaux se sont séparées, et alors par cela et par cette force sont apparues des montagnes, sont apparues des collines au-dessus des eaux, comme il est écrit : les montagnes s'élèvent, les vallées s'abaissent, vers le lieu que tu leur as fondé. Tout cela a été fait ensuite au troisième jour, quand la terre a commencé à se former. Et ici il dit : j'ai regardé les montagnes, et voici qu'elles tremblent, et toutes les collines se sont détériorées. Ici il passe déjà à parler du troisième jour, où au troisième jour les montagnes ont déjà été créées, et voici qu'au lieu d'avoir des montagnes, je vois les montagnes qui tremblent, comme si les eaux revenaient recouvrir la terre et emportaient les montagnes, et maintenant tout devient une catégorie de destruction. Et maintenant il décrit tout ce qui va arriver du troisième jour et au-delà, le minéral, le végétal, l'animal, l'être parlant, tout cela a en effet été créé à partir de ce moment, il te dit : viens et regarde comment tout ce qui a été créé est maintenant dans la destruction, celle qu'il voit par les yeux de l'esprit, à savoir la destruction de Yerouchalayim, il décrit pour ainsi dire tout ce qui est détruit. Tout ce qui a été construit durant les six jours de la Genèse, comment tout est pour ainsi dire détruit.
Par excès de légèreté, pour ainsi dire, ils ont tous disparu. Les montagnes, qu'est-ce qui les fait tenir ? Les collines, qu'est-ce qui les fait tenir ? Leur poids. Mais ici elles se sont détériorées (hitkalkelou), au sens de kal (léger), soudain il disparaît, il est emporté, il n'y a plus de collines, il n'y a plus de montagnes. Le Malbim dit : alors, certes ici nous avons commencé du premier jour jusqu'au troisième jour, mais à partir de là nous commençons du sixième jour et nous descendons. Et pourquoi ? Parce qu'à partir de là il passe à parler selon l'ordre de leur importance quant à la finalité. Et quelle est la finalité la plus grande pour laquelle le monde a été créé ? C'est l'homme. C'est pourquoi maintenant il parlera à partir du sixième jour. J'ai regardé, et voici qu'il n'y a plus d'homme, et tout oiseau du ciel s'est enfui. Au sixième jour l'homme a été créé, et voici qu'il n'y a plus d'homme. L'homme est l'espèce parlante, et voici que je vois que l'être parlant a disparu, l'espèce parlante s'est éteinte. Et tout oiseau du ciel s'est enfui, tout oiseau du ciel, il passe à parler de l'animal. Nous descendons d'un degré et nous parlons de l'animal. Et l'animal qui se trouve sur la terre ferme, l'espèce qui se trouve sur la terre ferme et la plus éloignée de l'homme, c'est l'oiseau du ciel. L'oiseau du ciel a été créé au cinquième jour.
Ensuite il explique l'anéantissement de l'espèce végétale. J'ai regardé, et voici que le Carmel était un désert, et toutes ses villes ont été détruites devant Hachem, devant l'ardeur de sa colère. J'ai regardé, et voici le Carmel, le Carmel est ce que nous connaissons comme le mont Carmel, je le vois redevenu comme un désert. Où sont les plantes ? Où sont les légumes ? Où sont les herbes ? Et de là il descend encore d'un degré vers le minéral. Maintenant il parle du minéral : voici, j'ai vu, qu'est-ce que le minéral qui est l'ouvrage de l'homme ? On ne parle pas du minéral de pierre qui a été créé ainsi durant les six jours de la Genèse, mais on parle du minéral que nous avons produit, ce sont les villes, ce sont les tours, c'est du minéral que nous avons bâti. Il dit : et voici que je vois que toutes ses villes ont été détruites devant Hachem. Toutes ses villes, c'est aussi une catégorie du minéral, elles aussi ont été détruites. Et si tu veux connaître toute cette destruction,
que tout est devenu tohu-bohu, et il a tout anéanti, le minéral, le végétal, l'animal, l'être parlant, il a tout anéanti, il te dit : tout cela pourquoi ? Devant Hachem, devant l'ardeur de sa colère. Tout cela n'est pas arrivé selon la nature, c'était par la providence d'Hachem. Et pourquoi ? Devant l'ardeur de sa colère. Car ainsi a dit Hachem : toute la terre sera une désolation, mais je ne ferai pas une extermination totale. Ainsi a dit Hachem : toute la terre sera une désolation, Hachem dit : la terre sera une désolation, mais malgré tout je ne ferai pas une extermination totale d'Israël. Le Saint béni soit-Il a assouvi sa fureur sur le bois et sur les pierres, et non sur le peuple d'Israël. Alors, certes, comme nous l'avons vu, il y a une description où tout est anéanti, mais il dit : sache-le, tout ce qui arrive là ne concerne que la terre. Le tohu-bohu, les montagnes qui tremblent, les collines qui se détériorent, il n'y a plus d'homme, tout oiseau du ciel s'est enfui, le Carmel, ses villes détruites.
Malgré tout cela, le Saint béni soit-Il dit : et une extermination totale d'Israël je ne ferai pas. Le peuple d'Israël subsistera encore. Le Saint béni soit-Il laissera un reste, et ce sont ceux-là, comme le dit le Radak, ces rescapés qui iront en exil. Et c'est la promesse, dit le Radak : et même ainsi, dans le pays de leurs ennemis, je ne les ai pas méprisés ni rejetés au point de les exterminer. Le Saint béni soit-Il dit : malgré tout cela, une extermination totale je ne ferai pas. Un anéantissement décrété, un anéantissement absolu, une telle chose, Hachem dit, ne sera en aucun cas, mais la réalité sera que seule la terre souffrira, tandis que le peuple subsistera encore et ira en exil. Rachi explique que tout ce qui est écrit ici vient faire allusion aux Patriarches. Voici, j'ai vu les montagnes trembler, disent nos Sages : ces montagnes sont les Patriarches. Et toutes les collines se sont détériorées, ce sont les Matriarches. Et de quoi parle-t-il ici ? Que le mérite des Patriarches s'est épuisé. Pour ainsi dire, nous nous appuyons sur des montagnes, j'élève mes yeux vers ces montagnes, ce sont les saints Patriarches, nous nous appuyons sur leur mérite. Mais je vois que voici, elles ne sont plus, elles tremblent, nous n'avons plus ce mérite des Patriarches, celui des montagnes. Le mérite des Matriarches, ce sont les collines, elles aussi se sont détériorées, leur mérite à elles aussi est pour ainsi dire épuisé. Que signifie il n'y a plus d'homme ? J'ai regardé, et voici qu'il n'y a plus d'homme, c'est aussi le mérite de Moché, dont il est dit humble entre tous les hommes, c'est Moché Rabbénou, alors même le mérite de Moché Rabbénou n'agit plus. Et voici le Carmel devenu désert, et toutes ses villes détruites devant Hachem, qui a accompli signes et prodiges au Carmel ? Éliyahou. Alors même le mérite d'Éliyahou, voici que le Carmel lui aussi a été détruit devant Hachem, son mérite à lui aussi est pour ainsi dire détruit, et son mérite non plus nous ne l'avons pas pour réparer et pour sauver la terre. Mentionnons encore une chose, ce que dit ici le Radak : le Radak explique que ses villes ont été détruites devant Hachem, il dit que le sens est démolition et destruction. Mais en revanche, dans le Targoum il ressort qu'il explique nettsou (détruites) au sens de brûlure. Comment nettsou serait-il un terme de brûlure ? Il explique alors que c'est comme les verbes inversés. Nettsou comme nitsétou (elles ont été allumées). N'est-ce pas ? Le sens est comme lorsque tu dis lechareich, cela peut signifier soit enraciner dans la terre soit arracher les racines, ainsi de même netsou et nitsétou, dont le sens vient soit du langage de la démolition, soit du langage de l'embrasement (ici certes ce ne sont pas des verbes inversés mais cela vient du langage de l'allumage), donnons une définition plus précise, un meilleur exemple, c'est comme kevess (agneau) et kessev, salma (vêtement) et simla. Tu vois que le même mot peut apparaître sous deux formes. Alors ici aussi, allumer (lehatsit) et détruire (lehatits), selon le contexte, le sens des deux dans notre cas est la brûlure.
Sur cela la terre sera en deuil, et les cieux s'assombriront en haut, parce que j'ai parlé, j'ai décidé, et je ne me suis pas repenti, et je ne reviendrai pas là-dessus. Sur cela la terre sera en deuil, et les cieux s'assombriront en haut, sur cela la terre sera en deuil signifie que la terre sera dévastée. Parce que j'ai parlé, j'ai décidé (zamoti), cela signifie ce que j'ai dit aux prophètes selon ce que j'ai projeté, zamoti signifie j'ai projeté, cela signifie j'ai pensé, comme j'ai pensé ainsi j'ai parlé, ainsi il en sera de la terre, et la terre sera en deuil et les cieux s'assombriront, c'est en fait une expression de la grandeur du malheur qui adviendra, au point que les cieux s'assombriront, c'est-à-dire que les cieux noirciront, leur face sera sombre à cause de la grandeur du malheur. Le Malbim a ici une explication merveilleuse, un développement complet, prêtez l'oreille et écoutez. Que signifie j'ai parlé, j'ai décidé, et je ne me suis pas repenti, et je ne reviendrai pas là-dessus ? Qu'est-il dit ici en réalité ? Le Malbim dit : il y a une différence entre une promesse de bien que le Saint béni soit-Il promet, et une promesse de mal, entre l'annonce du bien et l'annonce du mal. Le Malbim dit : le bien que le Saint béni soit-Il nous destine, Hachem le veut en lui-même, car en vérité Hachem désire faire le bien. Alors, quand le Saint béni soit-Il veut faire du bien, Il veut ce bien en lui-même, car Hachem est la perfection du bien et c'est pourquoi Il désire faire le bien. En revanche, quand Hachem désire faire un mal, Il ne le veut pas en lui-même, car en vérité Hachem voudrait ne nous faire que du bien. Mais ce mal que le Saint béni soit-Il fait, c'est afin d'obtenir par son intermédiaire, en fin de compte, un bien. Lequel ? Qu'ils reviennent en techouva, qu'ils changent leurs voies. Et si c'est ainsi, dit le Malbim, il en ressort que lorsque le Saint béni soit-Il nous annonce un bien qui doit advenir, alors sa bouche et sa pensée sont identiques. Car Hachem veut vraiment faire le bien, et Hachem te dit aussi : je te ferai du bien, je te ferai du bien. Sa bouche et sa pensée sont identiques, car c'est sa volonté véritable. Mais quand Hachem dit : je vais amener un mal, alors sa bouche et sa pensée ne sont pas identiques. Car sa bouche dit : je vais amener un mal, mais sa pensée dit : si seulement je n'avais pas à amener un mal, si seulement je pouvais n'amener que du bien à ce peuple. Dans sa pensée, le Saint béni soit-Il attend et espère ne pas amener le mal, car en réalité le but du mal n'est pas une finalité en soi, mais une finalité pour parvenir à l'annonce du bien. Et quel est le bien ? Que nous revenions en techouva. Alors quand Hachem dit : il y aura un mal, au plus profond de Lui-même le Saint béni soit-Il dit pour ainsi dire : je ne veux pas qu'il leur arrive du mal, je veux seulement qu'ils reviennent en techouva sans avoir besoin d'amener le mal.
C'est pourquoi le Malbim dit : remarque un changement très intéressant, plus loin au chapitre 18 il est écrit : à un instant je parle d'arracher et de démolir, et si cette nation revient, etc., alors je me repentirai du mal que j'avais pensé lui faire. Et à un instant je parle sur une nation et un royaume, de bâtir et de planter, et qu'elle fasse le mal à mes yeux, alors je me repentirai du bien que j'avais dit de lui faire. Avez-vous remarqué le changement ? Quand je parle d'arracher et de démolir, car je veux faire un mal, et que cette nation revient, et qu'en revanche ce mal ne leur est plus dû, je me repentirai du mal que j'avais pensé lui faire. C'est-à-dire qu'il n'est pas écrit que j'avais dit, mais que j'avais pensé. Et quand je parlerai sur une nation et un royaume, de bâtir et de planter, et qu'elle fasse le mal à mes yeux, alors je me repentirai du bien que j'avais dit de lui faire. Le Malbim dit : as-tu remarqué ? Pour le mal il a employé pensée, pour le bien il a employé parole. Et la raison est que, concernant une chose bonne, le Saint béni soit-Il ne se repent que de ce qu'Il a dit, non de ce qu'Il a pensé. C'est pourquoi quand le Saint béni soit-Il dit : je me suis repenti du bien, de quoi me suis-je repenti ? Je me suis repenti du bien que j'avais dit. Je me repens de ce que j'ai dit, mais non de ce que j'ai pensé, car concernant le bien je pense toujours à faire le bien. J'ai seulement dit de faire le bien, je ne le peux plus, je me repens du bien que j'avais dit. En revanche, quand il s'agit du mal, dans sa pensée le Saint béni soit-Il veut en réalité nous amener du bien. Le Saint béni soit-Il ne désire en effet pas amener un mal. Alors, quand il s'agit de je me suis repenti du mal, c'est je me suis repenti du mal que j'avais pensé. Cela signifie que je me repens aussi de ce que j'avais pensé, car en vérité depuis toujours je ne pense qu'au bien, et la pensée est à jamais bonne, seule la parole peut être parfois mauvaise et parfois bonne. Mais la pensée, c'est-à-dire la cause intérieure, est toujours uniquement pour le bien.
Selon cela, dit le Malbim, toute pensée où Hachem envisage d'amener un mal, il y est possible de le regretter, il y est possible de se repentir, car le Saint béni soit-Il pense aussitôt à se repentir du mal si leurs actes s'améliorent. Alors, certes je veux maintenant amener un mal, mais je suis, comme on dit, c'est un mal qui garde tout le temps l'option de se retourner. Il garde tout le temps l'option de changer. Puisqu'il n'y a pas de tendance absolue à amener un mal, le Saint béni soit-Il n'aspire pas à amener un mal. Puisque le mal, dit le Malbim, qu'Hachem envisage, est un mal dont la finalité est un bien. Alors dès lors, la volonté d'amener un mal est toujours temporaire. Elle n'est jamais une volonté absolue. En revanche, amener un bien est une parole absolue, puisque le Saint béni soit-Il aspire toujours à amener le bien. Le Saint béni soit-Il veut toujours seulement faire le bien. Et si c'est ainsi, dit le Malbim, le mal que le Saint béni soit-Il envisage est un mal conditionnel. Il n'est jamais absolu. C'est un mal qui dépend : si vous agissez, si vous changez vos voies, il n'y aura pas de mal. C'est toujours un mal sous condition. Si le mal était décisif, on ne pourrait pas le changer. Absolu, achevé et décrété, ce n'est pas modifiable. Pourquoi pouvons-nous justement changer le mal ? Parce que le mal est sous condition. Changez vos voies, le mal changera, il deviendra un bien. Remarquez, dit le Malbim, ici nous voyons quelque chose de différent. Il vient nous dire : maintenant j'ai annoncé un mal. Et quel est ce mal ? La destruction de la terre. Ici ce décret est différent des autres maux que j'annonce toujours. Car nous avons toujours dit que les maux que le Saint béni soit-Il annonce sont toujours sous condition, ils ne sont pas absolus. Changez de voie, le mal changera, car en vérité ma pensée est toujours pour le bien. Le Malbim dit : ici, remarque, le Saint béni soit-Il décrète ce décret de manière absolue, sans possibilité de se repentir, sans possibilité de revenir sur le décret lui-même, même si leurs actes s'améliorent. Il y a ici une affirmation absolue. La terre sera en deuil et les cieux s'assombriront en haut, parce que j'ai parlé, j'ai décidé, c'est-à-dire j'ai pensé dans ma pensée, et je ne me suis pas repenti, et je ne reviendrai pas là-dessus. C'est totalement différent de tout le mal dont le Saint béni soit-Il a parlé jusqu'à présent, qui est toujours conditionnel, où il est toujours possible de se repentir et toujours possible de revenir en arrière. Ici le Saint béni soit-Il dit : je ne me suis pas repenti, je ne reviendrai pas là-dessus, cette chose sera une chose absolue, même s'ils changent leurs voies, même si leurs actes s'améliorent, le Saint béni soit-Il dit : quand je prononce cette chose, je ne me suis pas repenti, il n'y a pas ici une parole qui comporte une option de changement. Non, c'est une parole qui ne comporte pas d'option de changement, dont je ne me suis pas repenti, à laquelle il n'est pas possible de se repentir.
Et quelle est en vérité l'explication ? Le Malbim dit : cela se comprend selon ce que disent nos Sages, que la destruction de la terre a fait que le Saint béni soit-Il n'a pas assouvi sa fureur sur le peuple, mais a assouvi sa fureur sur le bois et sur les pierres. Toute la terre sera une désolation, mais je ne ferai pas une extermination totale. Puisque la terre sera une désolation, c'est cela qui protège Israël d'un anéantissement. Si c'est ainsi, dit le Malbim, il en ressort une chose merveilleuse. Car nous avons dit que d'une chose bonne le Saint béni soit-Il ne se repent pas. Une chose bonne, le Saint béni soit-Il veut toujours son existence. Ce n'est que d'une chose mauvaise que cette chose est d'emblée sujette au changement. D'emblée la pensée n'est pas absolue, mais si vous changez vos voies, je changerai pour le bien. Le Malbim dit : cela est vrai lorsque la chose est mauvaise en elle-même. Alors il y a vraiment place pour la changer par le changement des actes. Mais ici, toute la question est que le Saint béni soit-Il assouvit sa fureur sur le bois et sur les pierres, c'est là le corps même du bien. Parce que par cela il y aura en effet une protection pour Israël, puisque par cela Israël ne sera pas anéanti. Le Malbim dit donc : ici la finalité, l'essentiel de la chose, n'est pas un mal, c'est un bien. C'est pourquoi le Saint béni soit-Il dit : là-dessus il n'y a pas place au repentir. Car s'il en est ainsi, il en ressort que, bien que cela paraisse un décret dur, un décret de destruction, il n'y a pourtant pas de bien qui lui soit supérieur. Puisque la signification de ce décret est qu'Israël ne sera pas anéanti. Et s'il en est ainsi, si je me repentais, alors quel malheur. Car si je me repentais, qu'est-ce que cela signifie ? Je me serais repenti du décret d'anéantissement de la terre, et alors qu'arriverait-il ? Israël serait anéanti, à D.ieu ne plaise. Le Saint béni soit-Il dit : non, c'est une chose dont je ne me repentirai pas. Il en ressort donc que, bien que cela te paraisse un décret dur, au contraire, sa finalité est une finalité bonne, et c'est la survie d'Israël. C'est pourquoi le Saint béni soit-Il dit : cette chose, je l'ai parlée et pensée sans me repentir, et il ne reviendra pas du tout là-dessus. Pour cette chose il n'y a plus de possibilité de changement.
Au bruit des cavaliers et des archers, toute la ville fuit. Ils sont entrés dans les fourrés et ont grimpé sur les rochers, toute la ville est abandonnée, et personne n'y demeure. Peut-être vais-je ponctuer le verset un peu différemment. Ils sont entrés dans les fourrés et ont grimpé sur les rochers, toute la ville est abandonnée, et personne n'y demeure. Au bruit des cavaliers et des archers. Les cavaliers, ce sont les cavaliers qui viennent, les cavaliers de l'ennemi pour conquérir. Romei kechet (archers) désigne ceux qui tirent à l'arc, les lanceurs de flèches. Le cheval et son cavalier, Il les a jetés à la mer, au sens de projection. Toute la ville fuit, ils sont entrés dans les fourrés. Toute la ville fuit, ils sont entrés dans les fourrés. Avim (fourrés) signifie dans les forêts, car les forêts sont denses (avim). C'est une explication. Il y a une autre explication de ils sont entrés dans les avim, dit le Radak : la signification est qu'ils sont pour ainsi dire allés se cacher dans les nuages (avim). C'est une expression hyperbolique, pour ainsi dire : partout où ce serait, même dans un nuage. Et pourquoi ces gens cherchaient-ils un endroit où se dissimuler ? Il te dit : parce qu'ils entendent qu'un grand peuple est monté contre toute la ville. Tous les cavaliers et archers, alors dit le Radak : certes il est écrit ici au singulier, mais c'est comme il est écrit et j'ai eu un bœuf et un âne. Personne ne pense que c'est un seul bœuf et un seul âne. N'est-ce pas ? Alors ici aussi, et la grenouille monta, personne ne pense que c'est une seule grenouille, sauf si l'on suit le midrach de Rabbi Akiva. Mais en tout cas, nous comprenons que parfois on s'exprime au singulier pour une chose qui est au pluriel. Alors ici aussi, au bruit de tout cavalier, cela signifie des cavaliers. Romei kechet signifie les archers, ceux qui lancent à l'arc. Et à force qu'ils entendent, et qu'il y ait une peur terrible, le prophète dit : toute la ville fuit. Tous les habitants de la ville fuient. Et ici la signification est qu'ils fuient vers un endroit où ils pourront se cacher. Ils sont entrés dans les fourrés et ont grimpé sur les rochers, toute la ville. Que sont les kefim ? Kefim signifie les rochers. Kipia, le Targoum a traduit par rochers. Ils fuient et cherchent quelque endroit où ils pourront se cacher, que ce soit dans un bosquet, que ce soit dans les rochers, afin de se cacher devant les ennemis qui viendront sur la ville. Le Malbim explique qu'ici il décrit en fait une situation terrible : après que toutes les villes des environs de Yerouchalayim ont déjà été détruites, et que Yerouchalayim et ses filles ont fui devant les ennemis, il y avait encore de ceux qui allaient se cacher dans la forteresse de Tsion. C'est un lieu entouré de murailles à l'intérieur de Yerouchalayim. Et ils étaient pour ainsi dire persuadés que l'ennemi ne pourrait rien nous faire ici. C'est pourquoi il décrit Tsion au milieu des autres lieux détruits : eux, quand ils ont entendu le bruit des cavaliers et des archers, ont tous fui. Mais il y en avait une seule, pour ainsi dire, et nous le verrons bientôt, ici le Malbim donne une introduction à ce que nous verrons dans les versets suivants. Il y avait une seule, dit le Malbim, une seule prostituée assurée de sa beauté est restée en ville. Dans la pensée que l'ennemi qui viendrait convoiterait sa beauté et aurait pitié d'elle. C'est-à-dire, puisqu'elle est belle et gracieuse, elle a compté que l'ennemi convoiterait sa beauté et l'épargnerait à cause de sa beauté. Alors voilà, il dit : au bruit de tout cavalier et archer. Le Radak a expliqué que la signification est le pluriel bien qu'il ait employé le singulier. Mais le Malbim n'explique pas ainsi. Le Malbim dit : au bruit de tout cavalier, c'est vraiment le singulier. Il dit : sache-le, c'est seulement le bruit d'un cavalier, et même d'un seul archer, et même sans qu'ils l'aient vu, seulement en ayant entendu son bruit, cela suffit déjà pour qu'elle fuie la ville. C'est-à-dire que cela lui causera déjà une peur si terrible qu'elle ne restera pas, elle n'attendra pas que toute l'armée arrive. C'est-à-dire que cela montre à quel point la situation était basse, puisque même le bruit d'un seul cavalier et le bruit d'un seul archer a provoqué la fuite, et ils n'ont pas fui à travers champs, mais ils sont entrés dans les fourrés, cherchant les forêts pour pénétrer à l'intérieur, dans les endroits couverts d'arbres. Et de là ils ont grimpé sur les rochers, ce sont les hauts rochers. Et pour que tu ne penses pas que c'était temporaire, il te dit : toute la ville est abandonnée. Azouva (abandonnée) signifie complètement délaissée, et personne, et personne n'y demeure. C'est-à-dire qu'il n'est resté personne pour s'y installer, ce n'est pas qu'ils sont partis pour peu de temps et se préparent à revenir.
Et toi, dévastée, que feras-tu ? Que tu revêtes l'écarlate, que tu te pares d'ornements d'or, que tu écarquilles tes yeux avec du fard, c'est en vain que tu t'embellis, tes amants t'ont méprisée, c'est ta vie qu'ils cherchent. Et toi, dévastée, que feras-tu ? Le Malbim explique qu'ici il lui dit pour ainsi dire : et toi, dévastée, après que les pillards sont arrivés et ont déjà pillé tout ce que tu possèdes, que te reste-t-il ? Seulement un vêtement d'écarlate, quelque bijou, un ornement d'or. Que feras-tu quand tu revêtiras l'écarlate et te pareras d'or ? Cela aussi, les ennemis le prendront. Et ce que tu écarquilles tes yeux avec du fard, que signifie que tu écarquilles tes yeux avec du fard ? On ouvrait l'œil et on y mettait de la couleur. Cela s'appelle tu écarquilles tes yeux avec du fard. Le fard (poukh) est le type de couleur qu'on met dans les yeux. Et alors il dit : cela s'appelle écarquiller avec du fard, les commentateurs expliquent, car pour le mettre dans l'œil il faut ouvrir l'œil, comme si on le déchirait. On ouvre l'œil de toutes ses forces. Cela s'appelle tu écarquilles tes yeux avec du fard. Tu déchires tes yeux pour y mettre du fard. Et tu penses que par cela tu trouveras grâce à leurs yeux ? Je te dis à ce sujet : c'est en vain que tu t'embellis. Les amants, ceux qui sont les amants aux yeux desquels tu tentes de trouver grâce, ils t'ont méprisée. Et la raison est qu'ils ne cherchent pas ta beauté, mais c'est ta vie qu'ils cherchent. Ils veulent te tuer. C'est-à-dire, ce que tu penses réussir à te sauver par cette force, tu n'as aucune chance de te sauver par la grâce, mais ils viendront dans un seul but et une seule intention, uniquement pour tuer.
Le Radak s'arrête sur une précision grammaticale, il dit : et toi, dévastée (chadoud). Chadoud, soit tu (masculin) es dévasté, soit toi (féminin) es dévastée. Que signifie toi (féminin) es dévasté (masculin) ? Le Radak dit : il y en a qui ont voulu expliquer et toi comme une dévastée. C'est un kaf de comparaison, pour ainsi dire. Toi, comme une dévastée, et alors on peut effectivement dire au masculin, car toi, tu ressembles à une dévastée. Mais le Radak dit : en vérité on n'en a pas besoin. Puisque nous savons que la communauté d'Israël est parfois désignée au masculin et parfois au féminin. Et chacun d'eux est correct. Je peux parler de la communauté d'Israël, qui est l'épouse par exemple dans le Chir HaChirim, et alors j'en parlerai au féminin. Et je peux parler au masculin, car je parle du peuple d'Israël, et alors j'en parlerai au masculin. Alors on peut dire et toi, dévastée, puisqu'on parle d'un peuple dont l'expression le concernant est à la fois au masculin et au féminin. Et à ce sujet le prophète leur dit : et toi, que feras-tu ? Quand viendront le pillage et le ravage, par quoi te sauveras-tu ? Par quoi penses-tu avoir une protection ? Le Radak décrit et dit : leur réalité était alors qu'ils en étaient arrivés à un tel état de désespoir absolu. C'est-à-dire qu'ils ne trouvaient aucune chance de protection et de salut. Or, dans leur réalité, ils auraient dû revêtir des sacs, ils auraient dû revenir vers D.ieu dans une techouva complète. Mais regarde qu'ils n'en ont rien fait. Ils n'espéraient aucune délivrance. Ils ne croyaient à aucun salut. À ce sujet il dit : tu ne revêtiras pas l'écarlate, tu ne te pareras pas d'or. Le prophète décrit en effet la situation qui régnait ici, et dit que les gens ici, pour ainsi dire, toutes les paroles des prophètes ne leur parlaient absolument pas. Comme si non, c'est ce qu'on appelle des chimères. Ce n'est pas quelque chose qui va advenir. Or le prophète témoigne à leur sujet, Yechayahou, nous l'avons appris pour qui voudra écouter dans le disque sur Yechayahou : et voici l'allégresse et la joie, on abat le gros bétail et on égorge le menu bétail. Ils disaient : nous avons conclu une alliance avec la mort.
Ils n'espéraient aucune délivrance, ne croyaient à aucun salut. À ce sujet il dit : tu ne revêtiras pas l'écarlate, tu ne te pareras pas d'or. Le prophète décrit en effet la situation qui régnait ici, et dit que les gens ici, pour ainsi dire, toutes les paroles des prophètes ne leur parlaient absolument pas. Comme si non, c'est ce qu'on appelle des chimères. Ce n'est pas quelque chose qui va advenir. Or le prophète témoigne à leur sujet, Yechayahou, nous l'avons appris pour qui voudra écouter dans le disque sur Yechayahou : et voici l'allégresse et la joie, on abat le gros bétail et on égorge le menu bétail. Ils disaient : nous avons conclu une alliance avec la mort. Avec le Cheol nous avons fait un pacte, quand le fléau débordant passera, il ne nous atteindra pas. Ne t'inquiète pas, tout ira bien. Ceux qui boivent dans des coupes de vin. Ils étaient sûrs d'eux-mêmes. Ils étaient tranquilles, ils étaient insouciants. Mais voici que tu vois qu'il y a la mort, qu'il y a un danger. Non, ne t'inquiète pas, nous avons conclu une alliance avec la mort. Nous avons un pacte avec elle. Elle n'entre pas ici. Vous comprenez quelle illusion ils avaient ? Avec le Cheol nous avons fait un pacte. Ils ont un contrat avec le Guehinom. Quand le fléau débordant passera, il ne nous atteindra pas. Il ne nous fera aucun mal. Nous avons déjà parlé ici plusieurs fois du fait que l'homme, pour une raison ou une autre, ressent toujours que tout ce qui l'entoure est temporaire. Lui, il est ici de manière permanente. Comment un Premier ministre nous a-t-il dit un jour ? Comment a-t-il dit à son peuple ? Je suis venu pour rester. À un certain stade où le peuple a décidé que cela ne lui convenait plus, mais non, ne vous méprenez pas, je suis venu pour rester. Je n'ai pas l'intention d'aller nulle part, et ne vous hâtez pas de vous réjouir. Je suis venu pour rester. Il n'est pas resté longtemps, mais en tout cas, sachons que l'homme a toujours cette illusion.
Le Zohar dit : l'homme va dans ce monde et pense que tout lui appartient et qu'il y demeurera pour les générations des générations. L'homme va dans le monde, il a l'illusion que le monde lui appartient, et qu'il restera ici pour des générations et des générations. Tous sont éphémères, mais lui est éternel. Il restera ici. Et c'est stupéfiant, car tu peux voir même, qu'Hachem nous en préserve, qu'Hachem envoie une guérison complète à tous les malades de son peuple Israël, tu peux voir même des malades en phase terminale. Il n'assimile pas qu'il est sur le point de partir. Il n'assimile pas, et cela lui vient toujours par surprise. Cela lui vient toujours par surprise. Il n'assimile pas cela, bien que les médecins lui disent : écoute, ton état est ainsi et ton état est ainsi. C'est stupéfiant, car en apparence on dirait : écoute, un homme en bonne santé, d'accord, il se sent qu'il sera ici pour 70, pour 100 ans à venir, alors cela ne lui paraît pas du tout qu'il est sur le point de partir. Mais un homme à qui on annonce déjà : écoute, monsieur, tu es en phase terminale, il s'agit d'un homme doué de raison. Tu vois un homme qui ne s'organise en rien. Ne s'organise en rien. Je te parle de gens qui ne rédigent pas de testament, l'homme ne fait pas, il veut, mais quoi, il veut, comme si c'était quand ? L'année prochaine ? Les médecins lui parlent de mois, alors de quoi parle-t-il ? Soudain, au bout de deux mois, effondrement des systèmes, c'est fini, terminé. L'homme est parti, qu'Hachem nous en préserve, qu'Hachem envoie une guérison complète à tous les malades de son peuple Israël. Mais c'est seulement pour que nous comprenions à quel point est ancré chez l'homme ce sentiment : je reste, je ne pars pas, je ne pars pas. Et si vraiment il avait ne serait-ce qu'un peu du sentiment que je suis sur le point de partir, toute sa vie spirituelle en serait changée. Et soudain tu verrais comment il exploite chaque instant. Mais tu vois l'homme qui se trouve à quelques mois de la fin, et que te dit-il ? Il y a encore beaucoup de documents que je dois régler. Il y a encore beaucoup d'affaires, Maître du monde, c'est comme un instant avant la rencontre là-haut, c'est cela qui te préoccupe ? Toutes sortes de documents, j'ai laissé, à qui importent après cela tes papiers ? À qui cela importe-t-il ensuite, ce que tu laisseras ? De quoi t'inquiètes-tu ? Comme si, comment les gens s'arrangeront avec ce que tu as laissé ? C'est cela ton souci ?
Tu as une rencontre là-haut, qu'Hachem nous en préserve, pour laquelle il faut tant de prières afin de la traverser en paix. Et l'homme, cela t'est stupéfiant, c'est un mérite pas simple. Car l'homme ne connaît pas son heure, et cet homme-là connaît bien son heure. C'est-à-dire qu'il peut effectivement se préparer. Et malgré tout cela tu vois l'homme, il a des affaires, il doit aller à la banque, il doit aller ici. Comment ? Quoi ? Le monde suit son cours habituel, tu ne comprends pas vers quoi tu vas ? L'homme a une force de refoulement terrible : moi, je reste ici. Mais les médecins te l'ont dit ? Oui, les médecins aussi se trompent parfois. Il ne te le dira pas, mais dans sa tête il reste ici. Il dit : voici, regarde, c'était la réalité alors. Le prophète dit : allégresse et joie, on abat le gros bétail, qu'au moins tu aies un peu de tristesse. Le prophète annonce ici des choses dures. Il parle de catastrophes qui doivent advenir. Allégresse et joie, il y a des steaks, on abat le gros bétail, on égorge le menu bétail. Nous avons conclu une alliance avec la mort, ne t'inquiète pas, tout ira bien. Et alors il dit, il fait aussi une comparaison, dit le Radak, il la compare à une prostituée, car ainsi la communauté d'Israël tentait pour ainsi dire de ressembler par ses actes aux idolâtres, afin de trouver grâce à leurs yeux. Et alors, par cela, la nation ne nous poursuivrait peut-être pas. Vous voyez ? Ce n'est pas rien, Herzl n'était pas le premier génie. C'était déjà bien avant lui. Herzl a en effet dit : nous souffrons des persécutions des nations parce que nous sommes distants d'eux, nous sommes différents, nous ferons, à l'église Saint-Jean, le dimanche, au son des cloches, une conversion massive du peuple d'Israël, nous nous ferons tous baptiser au son du violon et de l'orgue, et nous aurons résolu le problème antisémite. S'il n'y a pas de Juifs, il n'y a pas d'antisémites, n'est-ce pas ? Très logique. Faites le calcul, c'est vraiment du génie, comment n'y avons-nous pas pensé avant ? Car toute la haine des Juifs, s'il n'y a pas de Juifs, il n'y a pas de haine. Vraiment un génie tout simple. Il n'y avait qu'un petit problème, vous savez : autrefois les souris souffraient beaucoup du chat. Elles souffraient beaucoup pendant des années. Jusqu'à ce que se lève une souris géniale qui dit : elle a une solution idéale. Quoi ? Nous allons acheter une clochette, l'attacher au cou du chat, chaque fois que le chat s'approche, nous l'entendrons. Chaque fois qu'il s'approche nous l'entendrons, et ainsi nous n'aurons jamais de surprises. Car le chat vient en silence par-derrière, toc, il donne un coup et l'histoire est finie. Ainsi nous le saurons. L'idée était idéale, seulement on n'a pas trouvé de volontaire pour attacher la clochette au cou du chat, mais au-delà de cela, c'était tout simplement une idée géniale. L'idée de Herzl était géniale, seulement il n'a pas trouvé le peuple qui était prêt à livrer son cou à l'abattoir, venez, prenez, égorgez-nous, dès demain nous serons chrétiens. On égorgerait le peuple juif en douceur, en douceur, à D.ieu ne plaise, pas vraiment un égorgement, nous sommes prêts à être dès demain chrétiens, la religion du mensonge, nous l'acceptons sur nous avec amour. Il n'a pas trouvé ce peuple, D.ieu merci. Mais au-delà de cela, l'idée est vraiment une idée idéale, la solution finale, même Hitler n'y avait pas pensé.
Ainsi, en pratique, nous voyons que déjà alors la communauté d'Israël imitait les actes des nations, dit le Radak, servir leurs dieux, revêtir leurs vêtements, se magnifier et s'enorgueillir devant eux avec de beaux habits et de belles montures, afin qu'ils l'aiment et disent : voici, elle est comme nous. Et qu'ils l'aiment. Voici, nous sommes comme les nations, tu vois que nous ne sommes pas différents de vous, alors peut-être m'aimerez-vous. Le prophète leur dit : que t'ont fait les amants, ils cherchent ta vie. Tu penses que par cela ils t'aimeront ? Du mot ogvim (amants), car ogvim désigne une affaire de séduction, de débauche. Il leur dit : au contraire, l'inverse de ce que vous pensiez viendra à vos yeux. Le Radak dit : vous avez écarté la confiance en Hachem, vous avez placé votre confiance dans les nations, alors tu verras où sont leurs dieux, le rocher en qui ils cherchaient refuge. Qu'ils se lèvent et vous secourent, qu'ils soient pour vous une protection. Une chose telle en laquelle tu te réfugies en dehors d'Hachem béni soit-Il, le Saint béni soit-Il la jette de sa main. Celui en qui tu places ta confiance, approche-toi de lui, demande-lui de t'aider, qu'il soit pour vous une protection.
Car j'ai entendu un cri comme celui d'une femme en travail, une détresse comme celle d'une primipare, le cri de la fille de Tsion qui halète, elle étend ses mains : malheur à moi, car mon âme est épuisée à cause des tueurs. Car j'ai entendu un cri comme celui d'une femme en travail, keholah vient du mot tremblement et frémissement. J'ai entendu une détresse comme celle d'une primipare (mavkira), mavkira est une femme qui accouche pour la première fois. Comme on le sait, son premier accouchement est toujours l'accouchement le plus difficile de la femme. Car c'est la première fois que sa matrice s'ouvre, et c'est une difficulté grande et immense. Alors ce n'est pas simplement un cri comme celui d'une femme en travail, mais une détresse telle que celle d'une primipare, comme une femme qui accouche d'un premier-né, dont les cris sont alors durs, dont les cris sont alors grands. Et alors elle haletera (titiapah), titiapah signifie qu'elle gémit et se lamente et se plaint sur les tués. Titiapah, le Radak explique que cela vient du mot vayafah lakets (il aspire vers la fin). Ou bien il y a d'autres versets où apparaît cette expression. Rachi apporte un exemple : vayafah hamas (il exhale la violence). Que signifie vayafah hamas ? Il parle violence, il profère violence. Et cela vient du mot comme souffler de sa bouche. Alors la parole vient du mot souffle, car quand l'homme parle il souffle en effet de sa bouche. Alors ici aussi titiapah vient aussi du mot parole. Aujourd'hui nous l'exprimons par le mot pleur, alors il exprime apparemment une parole de lamentation. Et quelle est cette lamentation ? La lamentation est sur les tués. Malheur à moi, car mon âme est épuisée à cause des tueurs. Mon âme est épuisée par la souffrance, par la grande peine des tués qui sont maintenant arrivés ici et qui se trouvent déjà tout près de moi. Alors je n'ai plus la force de supporter la peur et cette grande détresse.
Le Malbim explique que le sens figuré est que la fille de Tsion est maintenant restée après que toutes les villes ont fui. Et alors, comme nous l'avons dit, il l'a comparée à une prostituée qui est sûre que sa beauté la protégera contre l'ennemi. Ainsi, de même, la fille de Tsion pensait que l'ennemi aurait pitié de la splendeur de Tsion, de sa magnificence, de sa beauté, qu'il ne la détruirait pas. Le Malbim dit : et ils se sont trompés en cela. Puisqu'en vérité l'ennemi est venu et a fait une brèche dans la muraille de la ville, sans avoir pitié de sa splendeur ni de la beauté de Yerouchalayim. Et c'est comme la brèche de la muraille de la ville, il la compare à une femme qui accouche, dont le ventre se fend et l'enfant sort. Ainsi de même il a comparé cette affaire de la brèche de la ville : ici aussi la ville s'est fendue et l'enfant est sorti, cela signifie que la fille de Tsion est sortie de Yerouchalayim, ceux qui y étaient encore restés, maintenant eux aussi sortent en exil.
Alors nous avons entendu un cri comme celui d'une femme en travail, c'était un temps de détresse comme celui d'une primipare qui accouche, car puisque jusqu'à présent elle était dans la catégorie d'une femme ayant des difficultés à accoucher, c'est-à-dire que l'enfant était encore dans ses entrailles, c'est-à-dire que l'ennemi n'avait pas encore réussi à percer la muraille. Et voici que maintenant, en primipare qui accouche, c'est-à-dire que jusqu'à présent la femme ayant des difficultés à accoucher, il en sort du sang et il en sort les eaux, alors jusqu'à présent, certes, elle a perdu son sang, mais l'enfant, comme on dit, était encore à l'intérieur. La fille de Tsion n'était pas encore exilée. Mais maintenant nous avons entendu le cri de la fille de Tsion qui halète, car mon âme est épuisée à cause des tueurs. Alors est arrivé Nevouzaradan, le chef des bourreaux, pour faire un grand carnage parmi le peuple qui habite Tsion. C'est-à-dire que tout ce qu'elle pensait pouvoir la protéger, à savoir la beauté de la ville, voici que maintenant la ville se fend comme une primipare qui accouche, et alors par cela le peuple est sorti en exil.