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Chapitre 52 - Réveille-toi, revêts ta force, Sion - 1ère partie

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Introduction : qui doit se réveiller ?

À la fin du chapitre précédent, le peuple d'Israël s'adressait au Saint, béni soit-Il, en disant : « Réveille-toi, réveille-toi, revêts la force » - c'est-à-dire : bras de Hachem, réveille-toi ! Maître du monde, pourquoi n'accomplis-Tu pas pour nous des miracles et des prodiges, comme Tu l'as fait lors de la sortie d'Égypte et lors du retour de l'exil du premier Temple ? À l'époque non plus, nous n'avions pas de mérites particuliers, et pourtant Tu nous as délivrés. Que Ton bras se réveille donc pour faire des miracles pour nous aujourd'hui encore, bien que nous n'en soyons pas dignes ! Ce à quoi le Saint, béni soit-Il, répond au début de notre chapitre : le réveil dépend de vous.

עוּרִי עוּרִי לִבְשִׁי עֻזֵּךְ צִיּוֹן, לִבְשִׁי בִּגְדֵי תִפְאַרְתֵּךְ יְרוּשָׁלַ͏ִם עִיר הַקֹּדֶשׁ, כִּי לֹא יוֹסִיף יָבֹא בָךְ עוֹד עָרֵל וְטָמֵא׃ - Réveille-toi, réveille-toi, revêts ta force, Sion ! Revêts tes habits de parure, Jérusalem, ville sainte ! Car l'incirconcis et l'impur n'entreront plus chez toi.

Ce n'est pas à Moi seul de Me réveiller, mais : « Réveille-toi, réveille-toi, revêts ta force, Sion » : c'est toi, Sion, c'est vous, peuple d'Israël, qui devez vous réveiller.

Sion et Jérusalem : intérieur et extérieur

Remarquons que le verset mentionne deux noms : Sion et Jérusalem. Le Malbim a déjà expliqué en plusieurs endroits, et c'est une ligne directrice constante chez lui : dans la forteresse de Sion se trouvait la cité de David, là où se dressait le Beth HaMikdach, là où siégeaient la prêtrise (Kehouna), le Sanhédrin et la royauté - c'est la partie intérieure. Jérusalem désigne l'ensemble de l'espace environnant, tout ce qui se trouve à l'intérieur des remparts. Sion représente l'intériorité, et Jérusalem l'extériorité.

C'est pourquoi, à propos de Sion, il est dit : « Revêts ta force » - la force intérieure, la force d'âme et spirituelle du peuple d'Israël, le Beth HaMikdach et la présence de la Chékhina. En revanche, pour Jérusalem, il est dit : « Revêts tes habits de parure » - car les vêtements caractérisent ce qui est extérieur. Le Malbim explique que les habits de parure font allusion à la réussite matérielle. Le succès comporte deux volets : la réussite spirituelle et la réussite corporelle et matérielle. « Revêts ta force, Sion » renvoie à la vigueur spirituelle, tandis que « revêts tes habits de parure, Jérusalem » désigne la force physique - la capacité de combattre nos ennemis et de faire valoir nos droits.

Il en va de même pour la fin du verset : « Car l'incirconcis et l'impur n'entreront plus chez toi » - l'incirconcis ne viendra plus à Jérusalem, car il cherche à porter atteinte à notre puissance matérielle ; et l'impur n'entrera plus à Sion, qui est le lieu sanctifié et élevé, le Beth HaMikdach, où l'homme impur ne doit en aucun cas pénétrer pour souiller le lieu où réside la Chékhina.

Secoue ta poussière : les captifs et la manière de les ramener
הִתְנַעֲרִי מֵעָפָר קוּמִי שְּׁבִי יְרוּשָׁלָ͏ִם, הִתְפַּתְּחִי מוֹסְרֵי צַוָּארֵךְ שְׁבִיָּה בַּת־צִיּוֹן׃ - Secoue la poussière qui te couvre, lève-toi, assieds-toi, Jérusalem ! Délie les liens de ton cou, captive, fille de Sion !

Ces expressions nous sont bien familières grâce au poème « Lekha Dodi ». Beaucoup n'y prêtent pas attention, mais le Lekha Dodi est un piyout dont seule une infime partie traite réellement du Chabbat : les deux premières strophes parlent du Chabbat, et toutes les autres sont consacrées à Jérusalem. Nombre des formules qu'il contient sont directement tirées de ces versets à la gloire de Jérusalem : « Réveille-toi, réveille-toi, car ta lumière est venue », « Secoue ta poussière, lève-toi ».

Jusqu'ici, le prophète s'adressait au corps de la ville, au lieu lui-même, sous forme de métaphore. À présent, il s'adresse au peuple qui l'habite : aux habitants de Sion et aux habitants de Jérusalem, aux captifs.

Et l'on trouve ici une précision remarquable. À Jérusalem, il y avait les petites gens et il y avait les notables. Les notables - les ministres, les dignitaires, les grands de la nation - étaient enchaînés, littéralement ligotés avec des cordes autour du cou, car il s'agissait de personnalités d'importance et il ne fallait en perdre aucune. En revanche, le peuple, les petites gens, n'étaient pas enchaînés un à un ; on les conduisait tous ensemble, à la manière, si l'on peut comparer, d'un troupeau d'animaux, sous la surveillance de quelques gardes armés. Et lorsqu'ils faisaient halte en chemin, ces captifs gisaient à même le sol, et au matin, on les relevait de la poussière pour reprendre la route.

C'est pourquoi il est dit aux captifs de Jérusalem, qui représentent les petites gens : « Secoue ta poussière, lève-toi, assieds-toi, Jérusalem » - car ils sont gisants dans la poussière et il faut les en relever. En revanche, à l'adresse de la « fille de Sion », qui désigne l'élite, les membres du Sanhédrin, les ministres et les dignitaires, ceux que l'on avait ligotés lors de leur capture, il est dit : « Délie les liens de ton cou, captive fille de Sion » - toi sur le cou de qui on a placé un joug et des liens pour t'empêcher de fuir, défais-t'en et sors pour être délivrée.

« Vous avez été vendus pour rien » - Trois explications
כִּי־כֹה אָמַר ה': חִנָּם נִמְכַּרְתֶּם, וְלֹא בְכֶסֶף תִּגָּאֵלוּ׃ - Car ainsi parle l'Éternel : Vous avez été vendus pour rien, et ce n'est point à prix d'argent que vous serez rachetés.

Rachi explique : « Vous avez été vendus pour rien » - pour des futilités sans profit, c'est-à-dire le Yetser Hara (le mauvais penchant), qui ne vous procure aucun salaire. Nous avons déjà mentionné ce qu'enseignent les kabbalistes : le Yetser Hara est appelé « gratuit » (Hinâm). Pourquoi ? Parce qu'il se présente ainsi et propose : tout est gratuit, viens, sers-toi, jouis des plaisirs et des désirs, tu n'as rien à payer, profite seulement.

C'est pourquoi le saint Zohar, relayé par le Kaf Ha'haïm, enseigne que si l'on propose à un homme : « J'ai un étrog sur mon arbre, prends-le gratuitement, c'est un cadeau, ne paie rien » - il ne doit en aucun cas l'accepter gratuitement, mais doit insister pour payer. Car la gratuité relève de la Sitra A'hra (les forces de l'impureté), et tout ce qui s'obtient gratuitement se trouve imprégné de la Sitra A'hra. S'il souhaite te le céder à bas prix, tant mieux - au lieu de quatre cents shekels, paies-en cinquante, mais paie ; et ne prends rien gratuitement.

Et tel est le sens de « Vous avez été vendus pour rien » : qui est ce « gratuit » ? C'est le Yetser Hara. Quand un homme travaille au service du Yetser Hara, d'abord, celui-ci lui propose tout gratuitement ; ensuite, il n'y a aucune rétribution à la clé. Un homme a été l'ouvrier du Yetser Hara durant soixante-dix ans, monte là-haut, et découvre qu'il n'existe aucun salaire pour celui qui a servi le mauvais penchant. On lui dit : tu as reçu ici-bas des plaisirs et des jouissances, voilà tout ton salaire. Pensais-tu donc que ce n'étaient là que des primes et que d'autres récompenses t'attendaient en haut ? Certes, le Géhinom t'attend, mais cela ne s'appelle plus une récompense. Sache-le : le Yetser Hara ne donne aucun salaire, et c'est pourquoi il est qualifié de gratuit. Et puisque « vous avez été vendus pour rien », par conséquent « ce n'est point à prix d'argent que vous serez rachetés » - la rédemption adviendra précisément par la Téchouva.

Le Radak donne une autre explication : « Vous avez été vendus pour rien » - Je ne vous ai point vendus pour recevoir de l'argent en contrepartie. Car si Je vous avais vendus pour de l'argent, la voie de votre rédemption consisterait à verser une rançon financière. Mais puisque Je n'ai reçu aucun argent en échange, et que vous n'avez été livrés qu'en raison de vos fautes, dès lors « ce n'est point à prix d'argent que vous serez rachetés » - mais par la même voie qui a causé votre vente : en revenant de vos fautes par la Téchouva.

Quant au Malbim, il soulève une autre question : pourquoi le Saint, béni soit-Il, leur ordonne-t-Il de sortir d'eux-mêmes ? Ne sont-ils pas sous la coupe de leurs ravisseurs, comme l'expriment les versets « captive de Jérusalem », « captive fille de Sion » ? Or, celui qui est captif d'autrui ne peut s'affranchir de lui-même, puisqu'un maître le domine. Et comment Hachem pourrait-Il les arracher à la captivité sans indemniser les ravisseurs, alors que le vainqueur a acquis un butin et entend conserver son bien ? À cela, le Saint, béni soit-Il, répond : « Vous avez été vendus pour rien » - ceux qui vous ont capturés M'ont-ils donc versé quelque chose ? Ils n'ont absolument rien payé pour vous acquérir. Dès lors, aucun dédommagement ne leur est dû pour votre libération. En d'autres termes : ne soyez pas inquiets de savoir comment adviendra la délivrance alors que nous sommes aux mains d'autrui - ils vous ont reçus pour rien, et c'est pour rien qu'ils vous relâcheront.

L'Égypte et l'Assyrie - Deux exils, deux comptes
כִּי כֹה אָמַר אֲדֹנָי ה': מִצְרַיִם יָרַד עַמִּי בָרִאשֹׁנָה לָגוּר שָׁם, וְאַשּׁוּר בְּאֶפֶס עֲשָׁקוֹ׃ - Car ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : En Égypte Mon peuple descendit jadis pour y séjourner, puis l'Assyrien l'a opprimé sans motif.

À première vue, le lien entre les deux membres du verset n'apparaît pas clairement : au début, nous sommes descendus séjourner en Égypte, et l'Assyrie nous a opprimés sans motif. Quel rapport y a-t-il entre l'Égypte et l'Assyrie, deux époques totalement différentes ? Et si le verset vient établir une distinction entre elles - sur quel point porte cette différence ?

Rachi explique : l'Égypte avait encore une sorte d'argument, une justification possible. En effet, « jadis Mon peuple est descendu en Égypte pour y séjourner » - les Égyptiens peuvent prétendre : nous avons des mérites, nous vous avons nourris et entretenus à une époque où vous n'aviez rien à manger ; Yaakov votre père et soixante-dix personnes sont descendus chez nous, et qui a pris soin d'eux sinon nous ? Mais l'Assyrie - « sans motif elle l'a opprimé », gratuitement et sans la moindre raison. Quel droit as-tu, Assyrie, de venir opprimer le peuple d'Israël ? Et si de l'Égypte, qui avait un semblant de justification, Je vous ai délivrés - à plus forte raison vous libérerai-Je de l'Assyrie, qui n'a aucun argument à faire valoir.

Le Malbim explique cette différence autrement : en Égypte, c'est nous qui sommes venus ; l'Assyrie, c'est elle qui est venue à nous. Le texte est précis : « Jadis Mon peuple est descendu pour y séjourner » - le peuple d'Israël est descendu de son plein gré, ce ne sont pas les Égyptiens qui sont venus nous enlever. C'est pourquoi, le fait qu'ils nous aient retenus ne constitue pas une injustice aussi criante. On ne peut comparer celui qui entre de lui-même chez vous et à qui vous vous contentez de fermer la porte, à celui qui aperçoit quelqu'un au bord de la route, le tire de force dans sa voiture et le kidnappe. Dans les deux cas, on pourrait parler de séquestration arbitraire, mais la gravité n'est pas comparable. De même, un pays qui interdit à ses habitants de sortir - comme la Russie en son temps, ou comme certains pays communistes aujourd'hui encore - cela n'est certes ni humain ni convenable, mais cela ne s'appelle pas un enlèvement. Ils sont venus s'y installer, puis la loi a changé et les sorties ont été interdites. Telle était l'Égypte.

L'Assyrie, en revanche - ce sont eux qui sont venus chez nous, ils nous ont assiégés, ont franchi nos frontières, nous ont opprimés et ont exilé Israël de sa terre. Et qu'en a-t-elle retiré ? « Sans motif elle l'a opprimé » - elle n'a tiré aucun profit de cet exil, car son empire fut détruit dans son sillage. Cent quatre-vingt-cinq mille de ses chefs d'armée moururent en une seule nuit par l'ange de Hachem. Et quand Sanhériv prit la fuite, ses deux fils le frappèrent par l'épée dans le temple de Nisrokh, sa divinité. En a-t-il retiré quoi que ce soit ? Si l'on fait le compte : d'abord, tu n'es pas comme l'Égypte qui avait un certain droit du fait que nous étions venus chez elle, alors que toi, tu es venu chez nous ; et ensuite, « sans motif elle l'a opprimé » - de toute cette oppression, il ne reste de toi qu'un grand zéro, tu n'as rien gagné et tu n'en as tiré aucun profit.

Et maintenant, qu'ai-Je affaire ici ? - L'exil de Titus, le plus terrible de tous
וְעַתָּה מַה־לִּי־פֹה נְאֻם ה' כִּי־לֻקַּח עַמִּי חִנָּם, מֹשְׁלָו יְהֵילִילוּ נְאֻם ה', וְתָמִיד כׇּל־הַיּוֹם שְׁמִי מִנֹּאָץ׃ - Et maintenant, qu'ai-Je affaire ici, dit Hachem, car Mon peuple a été enlevé pour rien ? Ses dominateurs se glorifient, dit Hachem, et sans cesse, tout le jour, Mon Nom est outragé.

Rachi explique : « Qu'ai-Je affaire ici » - pourquoi M'attarderai-Je encore ici, c'est-à-dire pourquoi les laisserais-Je encore en exil ? Et le Malbim explique que ce verset se rapporte à l'exil imposé au peuple d'Israël par Titus, un exil bien pire que celui d'Égypte et pire que celui d'Assyrie.

Le Saint, béni soit-Il, déclare : Suis-Je donc entré dans leurs frontières, comme nous étions entrés sur le territoire égyptien ? Ne M'ont-ils pas amené ici depuis Mon pays d'une main puissante ? Ils ont exilé le peuple d'Israël par la force. « Car Mon peuple a été enlevé pour rien, ses dominateurs se glorifient » - ils se vantent et s'enorgueillissent : voici que nous avons capturé jusqu'aux rois d'Israël, leurs princes et leurs dirigeants, nous les avons faits prisonniers et réduits en esclavage. Et tout cela, ils l'ont obtenu sans rien débourser.

Or, l'Assyrie « sans motif elle l'a opprimé » - elle ne nous a pas pris comme esclaves et servantes, et elle n'a tiré aucun profit de toute son oppression. Alors qu'ici, pour ainsi dire, ils en ont tiré profit : ils nous ont capturés et nous voici leurs esclaves, à leur service, et même nos dirigeants sont entre leurs mains. Il s'avère donc que notre situation actuelle est pire que celle d'Égypte - car là-bas, c'est nous qui étions descendus chez eux, tandis qu'ici, ce sont eux qui sont venus à nous ; et elle est pire encore que celle d'Assyrie - car là-bas, nous n'avions pas été réduits en esclavage, alors qu'ici, nous l'avons été.

Et cela ne suffit pas : « et sans cesse, tout le jour, Mon Nom est outragé » - tout le jour, ils profanent Mon saint Nom, car ils disent : ce sont là le peuple de Hachem, et ils ont dû quitter Sa terre. Voici que nous avons capturé le peuple du Maître du monde ; dès lors, qui est le plus fort, nous ou leur Dieu ? Il en résulte que le Nom divin est outragé du fait qu'ils ont capturé le peuple de Hachem et l'ont asservi.

C'est pourquoi Mon peuple connaîtra Mon Nom
לָכֵן יֵדַע עַמִּי שְׁמִי, לָכֵן בַּיּוֹם הַהוּא כִּי־אֲנִי־הוּא הַמְדַבֵּר הִנֵּנִי׃ - C'est pourquoi Mon peuple connaîtra Mon Nom ; c'est pourquoi, en ce jour-là, [il saura] que c'est Moi qui parle : Me voici !

Le Radak explique : Mon Nom, qui n'est pas reconnu en exil et se trouve même outragé, sera révélé au temps de la Délivrance, où « Hachem sera Un et Son Nom sera Un », et « alors Je donnerai aux peuples un langage pur », et ils connaîtront Mon Nom. Et bien que Mon peuple connaisse déjà Mon Nom, la promesse est que tous le reconnaîtront.

De plus : « Car c'est Moi qui parle, Me voici ». Lorsqu'on entend une prophétie de la bouche d'un prophète, on pourrait penser que c'est le prophète lui-même qui s'exprime ; après tout, l'auditeur n'a pas entendu le Saint, béni soit-Il, c'est le prophète qui L'a entendu. Celui qui écoute n'entend qu'un être humain. Mais dans les temps futurs, « Je répandrai Mon esprit sur toute chair », et il deviendra alors manifeste que c'est Moi qui parle. Et même avant cela : le simple fait de constater que tout ce que le prophète a promis s'est accompli - qui parlait donc ? D'où le prophète le savait-il ? Comment un être de chair et de sang pourrait-il savoir ce qui arrivera dans une minute, à plus forte raison prophétiser pour dans cent, deux cents, cinq cents ou deux mille ans, et voir ces paroles se réaliser ? C'est donc bien la preuve que « c'est Moi qui parle » ; c'est Moi qui ai promis, et Je ne change pas, et ce que J'ai promis, Je vais l'accomplir, et tous verront que ces paroles émanent du Saint, béni soit-Il.

Le Malbim rattache ce verset à ce qui précède. Face à « constamment, tout le jour, Mon Nom est outragé », il est dit : « C'est pourquoi Mon peuple connaîtra Mon Nom » - Mon Nom ne sera plus outragé, mais reconnu et béni. Et face à « ses dominateurs poussent des cris de triomphe », eux qui se glorifient d'avoir capturé les grands d'Israël, il est dit que Mon peuple saura que c'est Moi qui parle pour les délivrer, et que Me voici pour accomplir Ma parole.

Le mot « Hineni » (הנני) est la contraction de deux termes : hiné ani (« me voici »). Il signifie toujours : prêt et disponible. « Et Avraham dit : Hineni » - me voici prêt et tout disposé à accomplir la parole d'Hachem. Ici également : « C'est Moi qui parle » - la promesse de délivrance est sortie de Ma bouche, et une promesse émanant d'Hachem s'accomplira assurément ; « Me voici » - Me voici désormais prêt à accomplir Ma parole. Par conséquent, qu'ils ne s'affligent pas de ce que « Mon peuple a été enlevé pour rien, ses dominateurs poussent des cris d'allégresse », car le Saint, béni soit-Il, promet de délivrer le peuple d'Israël.

En résumé :

Le chapitre s'ouvre sur la réponse du Saint, béni soit-Il, à la supplique d'Israël : le réveil vous incombe - « Réveille-toi, réveille-toi, revêts ta force, Tsion », une force intérieure et spirituelle à Tsion, et les vêtements de splendeur du succès matériel à Jérusalem, où n'entreront plus ni incirconcis ni impur. Ensuite, le prophète s'adresse aux captifs eux-mêmes : les humbles du peuple sont relevés de la poussière, et les notables sont déliés des chaînes de leur cou. « C'est gratuitement que vous avez été vendus, et ce n'est pas à prix d'argent que vous serez rachetés » - nous avons été vendus aux trafics du Yetser Hara qui ne procurent aucun profit, et par nos fautes plutôt que contre de l'argent ; la délivrance viendra donc par la Techouva, sans rançon versée aux ravisseurs, car c'est gratuitement qu'ils nous ont pris. La comparaison des exils enseigne que l'Égypte avait un semblant de prétexte, puisque nous étions descendus chez elle ; Achour est venu chez nous et n'a tiré de son oppression que néant ; quant à l'exil de Titus, il est plus dur que les deux précédents - ils nous ont réduits en esclavage, se glorifient d'avoir abattu nos dirigeants et outragent par là le Nom d'Hachem. C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, promet : « C'est pourquoi Mon peuple connaîtra Mon Nom » - Mon Nom sera sanctifié et ne sera plus blasphémé, et tous reconnaîtront que c'est Moi qui parle et qui promets, et « Me voici », prêt et disponible pour accomplir Ma parole et délivrer Mon peuple.