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Chapitre 48 - Le partage des territoires entre les tribus

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Le chapitre 48 du livre de Yé’hezkel est celui qui clôt l’ouvrage. Après avoir étudié les dimensions du Temple, l’ordre du culte et les frontières de la terre, ce dernier chapitre vient organiser les lieux d’installation des tribus dans le partage futur, la bande du prélèvement (la Térouma) au centre de laquelle se trouvent le Sanctuaire et la ville, ainsi que les portes de la ville portant les noms des tribus d’Israël - jusqu’au verset final : « וְשֵׁם הָעִיר מִיּוֹם ה' שָׁמָּה » (« Et le nom de la ville dès ce jour sera : l’Éternel est là »).

La première bande : la part de Dan à l'extrémité nord
וְאֵלֶּה שְׁמוֹת הַשְּׁבָטִים מִקְצֵה צָפוֹנָה אֶל־יַד דֶּרֶךְ־חֶתְלֹן לְבוֹא־חֲמָת חֲצַר עֵינָן גְּבוּל דַּמֶּשֶׂק צָפוֹנָה אֶל־יַד חֲמָת וְהָיוּ־לוֹ פְאַת־קָדִים הַיָּם דָּן אֶחָד׃ - Et voici les noms des tribus : depuis l'extrémité nord, le long du chemin de H’ethlon vers l'entrée de H’amat, jusqu’à H’atsar-Énan, à la limite de Damas vers le nord, à côté de H’amat ; et il aura la bordure de l’est à la mer : Dan, une part.

Le prophète commence ici à expliciter l’emplacement de l’installation des tribus, en ouvrant précisément par le côté nord. À l’extrémité nordique s’établit la tribu de Dan, et le texte énumère les villes qui la bordent afin de déterminer exactement son lieu de résidence.

Le Malbim rapporte que, selon l'approche de Rachi - d'après laquelle les tribus héritent comme jadis -, la chose semble difficilement compréhensible : le texte englobe ici depuis H’atsar-Énan et au-delà, une superficie bien plus vaste que celle qu'ils possédaient à l'origine. Mais selon ce que nous avons expliqué, à savoir que le territoire est destiné à s'élargir, tout s'éclaire parfaitement : dans les temps futurs, l'héritage d'Israël sera bien plus étendu que sa réalité passée, comme cela ressort explicitement des versets.

Le Malbim apporte une autre précision : c'est uniquement pour la part de Dan que la largeur est indiquée, et à partir de là, le texte ne mentionne plus aucune largeur. Or, comme nous l'avons vu, nos Sages ont reçu par tradition que la largeur de chaque portion serait de 75 mil - chaque tribu reçoit ainsi une bande de 75 mil, s'étirant d'ouest en est. La terre est ainsi découpée en bandes successives.

Les sept tribus situées au nord de la bande du prélèvement
וְעַל גְּבוּל דָּן מִפְּאַת קָדִים עַד־פְּאַת־יָמָּה אָשֵׁר אֶחָד׃ וְעַל גְּבוּל אָשֵׁר מִפְּאַת קָדִימָה וְעַד־פְּאַת־יָמָּה נַפְתָּלִי אֶחָד׃ וְעַל גְּבוּל נַפְתָּלִי מִפְּאַת קָדִמָה עַד־פְּאַת־יָמָּה מְנַשֶּׁה אֶחָד׃ וְעַל גְּבוּל מְנַשֶּׁה מִפְּאַת קָדִמָה עַד־פְּאַת־יָמָּה אֶפְרַיִם אֶחָד׃ וְעַל גְּבוּל אֶפְרַיִם מִפְּאַת קָדִים וְעַד־פְּאַת־יָמָּה רְאוּבֵן אֶחָד׃ וְעַל גְּבוּל רְאוּבֵן מִפְּאַת קָדִים עַד־פְּאַת־יָמָּה יְהוּדָה אֶחָד׃ - Et contiguë à la frontière de Dan, depuis la limite orientale jusqu'à la limite occidentale : Asher, une part. Et contiguë à la frontière d'Asher, depuis la limite orientale jusqu'à la limite occidentale : Naftali, une part. Et contiguë à la frontière de Naftali, depuis la limite orientale jusqu'à la limite occidentale : Ménashé, une part. Et contiguë à la frontière de Ménashé, depuis la limite orientale jusqu'à la limite occidentale : Éphraïm, une part. Et contiguë à la frontière d'Éphraïm, depuis la limite orientale jusqu'à la limite occidentale : Réouven, une part. Et contiguë à la frontière de Réouven, depuis la limite orientale jusqu'à la limite occidentale : Yéhouda, une part.

Quiconque observe les cartes décrivant la Terre d'Israël y retrouve exactement l’ordre énoncé : Dan, suivi de la bande d’Asher, puis Naftali, Ménashé, Éphraïm, Réouven, Yéhouda - l’un après l’autre. Nous sommes partis de Dan au nord et nous progressons vers le sud, en traversant à chaque fois une bande supplémentaire. « De la limite orientale jusqu’à la limite occidentale » : d’est en ouest, une longue bande ininterrompue.

Jusqu’ici, nous avons dénombré sept tribus situées avant le domaine du Prince, au centre duquel se trouvent Jérusalem et sa répartition interne. Après avoir franchi la part du Prince et Jérusalem, nous compterons encore cinq tribus, complétant ainsi les douze tribus selon leurs divisions et leurs héritages.

Pourquoi chaque tribu côtoie-t-elle son ancien voisin ?

Le Malbim explique que l'ordre des tribus répond également à une logique selon le sens littéral (Pshat). Lors du premier partage, Yéhouda et Binyamin avaient hérité côte à côte, comme il est écrit : « Il le protège tout le jour » - car l'emplacement du Temple appartenait en partie à Yéhouda et en partie à Binyamin. Il en va de même ici : le Sanctuaire se trouve au milieu, dans le domaine du Prince, bordé d'un côté par Yéhouda et de l'autre par Binyamin, l'un en face de l'autre. Le Malbim passe ainsi en revue toutes les tribus et montre comment chacune s'établit à côté de celle qui était déjà sa voisine lors de l'héritage originel, justifiant ainsi l'agencement de l'ensemble.

Sept contre cinq - et en réalité six contre six

Selon cela, il semble y avoir un déséquilibre : sept tribus d'un côté du Beth Hamikdach et cinq de l'autre côté. Pourquoi en arrive-t-on à une situation de sept contre cinq au lieu d'un partage équilibré de six contre six ?

Le Malbim explique : la tribu de Lévi reçoit sa part dans la zone centrale. Or, c'est une règle établie : chaque fois que l'on compte la tribu de Lévi comme une tribu à part entière, il y a treize tribus. En effet, Yaakov a eu douze fils, et si l'on compte Lévi parmi eux, tout en divisant Yossef en deux tribus, Menaché et Éphraïm, on obtient treize tribus. Il s'avère donc que les douze bandes territoriales n'incluent pas Lévi, puisque la tribu de Lévi se trouve dans la treizième bande, celle du Prince, où se situe Jérusalem. Et nous avons vu comment cette zone se divise : une partie pour la tribu de Lévi, une partie pour les desservants du Sanctuaire, une partie pour Israël, et le reste, vers l'ouest et vers l'est dans cette même bande, constitue la part du Prince.

Dès lors, dit le Malbim, nous comprenons la logique de cette répartition : chaque fois que nous comptons Lévi comme une tribu, nous considérons Éphraïm et Menaché comme une seule et même tribu. Ainsi, au nord, il y a en réalité six tribus - car Menaché et Éphraïm ne comptent que pour une. Et au sud, si l'on associe les cinq tribus à la tribu de Lévi située à Jérusalem, on obtient également six tribus. Il en résulte un partage parfaitement symétrique : six tribus d'un côté et six tribus de l'autre.

La bande de la Téroumah entre Yéhouda et Binyamin
וְעַל גְּבוּל יְהוּדָה מִפְּאַת קָדִים עַד־פְּאַת־יָמָּה תִּהְיֶה הַתְּרוּמָה אֲשֶׁר־תָּרִימוּ חֲמִשָּׁה וְעֶשְׂרִים אֶלֶף רֹחַב וְאֹרֶךְ כְּאַחַד הַחֲלָקִים מִפְּאַת קָדִימָה עַד־פְּאַת־יָמָּה וְהָיָה הַמִּקְדָּשׁ בְּתוֹכוֹ׃ - Le long de la frontière de Yéhouda, depuis la limite orientale jusqu'à la limite occidentale, se trouvera le prélèvement que vous réserverez : large de vingt-cinq mille [cannes] et d'une longueur égale à l'une des parts, depuis la limite orientale jusqu'à la limite occidentale ; et le Sanctuaire sera en son sein.

À présent, le prophète décrit le domaine de Jérusalem. Comme nous l'avons appris dans les cours précédents, Jérusalem se situait dans la bande appelée la bande de la Téroumah (le prélèvement), celle dont hérite le Prince, et au milieu de cette bande se trouvait un carré appelé le domaine de Jérusalem. Yéhouda reçoit la portion située au nord [de cette bande], et lorsque l'on regarde au-delà de la frontière de Yéhouda, on trouve le domaine de Jérusalem : d'un côté la frontière de Yéhouda, et de l'autre la frontière de Binyamin, et entre les deux, la zone appelée le domaine de Jérusalem.

« Ce sera le prélèvement » - la part prélevée sur la terre d'Israël, attribuée au Prince et à l'emplacement de Jérusalem. Et lorsqu'il est dit « large de vingt-cinq mille », il faut savoir que toute la zone où résideront les Cohanim, les Léviim, Israël, la ville et le Beth Hamikdach - tout cet ensemble formera un carré de 25 000 sur 25 000, occupant ainsi toute la largeur de la bande. Car il s'agit de 25 000 cannes, ce qui équivaut à 75 000 mil. Tout ce carré, qui abrite la résidence des Cohanim, celle des Léviim, le Beth Hamikdach et la ville de Jérusalem - tout y est contenu.

La part des Cohanim et le Sanctuaire en son sein
וּלְאֵלֶּה תִּהְיֶה תְרוּמַת־הַקֹּדֶשׁ לַכֹּהֲנִים צָפוֹנָה חֲמִשָּׁה וְעֶשְׂרִים אֶלֶף וְיָמָּה רֹחַב עֲשֶׂרֶת אֲלָפִים וְקָדִימָה רֹחַב עֲשֶׂרֶת אֲלָפִים וְנֶגְבָּה אֹרֶךְ חֲמִשָּׁה וְעֶשְׂרִים אָלֶף וְהָיָה מִקְדַּשׁ־ה' בְּתוֹכוֹ׃ - C'est à ceux-ci qu'appartiendra le prélèvement saint, aux Cohanim : au nord vingt-cinq mille [cannes de long], à l'ouest une largeur de dix mille, à l'est une largeur de dix mille, et au sud une longueur de vingt-cinq mille ; et le Sanctuaire de l'Éternel sera en son sein.

C'est la part des Cohanim. La longueur d'est en ouest est de 25 000 cannes, et la largeur de 10 000 cannes. Il s'avère donc qu'ils reçoivent une bande au sein de cet espace saint, une bande dont la longueur équivaut à celle de tout le domaine, soit 25 000 cannes, et large de 10 000 cannes. Et au centre se trouve le Sanctuaire de l'Éternel, mesurant cinq cents cannes sur cinq cents cannes, entouré par le domaine des Cohanim.

לַכֹּהֲנִים הַמְקֻדָּשׁ מִבְּנֵי צָדוֹק אֲשֶׁר שָׁמְרוּ מִשְׁמַרְתִּי אֲשֶׁר לֹא־תָעוּ בִּתְעוֹת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל כַּאֲשֶׁר תָּעוּ הַלְוִיִּם׃ - [Ce sera réservé] aux Cohanim sanctifiés parmi les fils de Tsadok, qui ont observé Mes observances et ne se sont point égarés lors de l'égarement des enfants d'Israël, comme s'étaient égarés les Léviim.

Nous avons déjà vu la singularité des fils de Tsadok : ils n'ont pas servi d'idoles, et c'est pourquoi eux seuls seront aptes au service dans le Beit Hamikdash, tandis que les autres Kohanim ne seront pas dignes de servir sur le Mizbéa'h. C'est pourquoi cette portion, plus sainte que les autres, leur sera attribuée : ils ne se sont pas égarés lorsque les enfants d'Israël ont dévié vers l'idolâtrie, comme s'étaient égarés les Léviim.

וְהָיְתָה לָהֶם תְּרוּמִיָּה מִתְּרוּמַת הָאָרֶץ קֹדֶשׁ קׇדָשִׁים אֶל־גְּבוּל הַלְוִיִּם׃ - Et ce sera pour eux une part prélevée sur le prélèvement de la terre, saint des saints, attenant à la frontière des Léviim.

« Saint des saints » - par rapport aux autres portions. La part des Léviim lui est inférieure sur le plan de la sainteté et est qualifiée de « sainte », tandis que le domaine des Kohanim, qui abrite également le Sanctuaire, est considéré comme une Terouma ayant le statut de saint des saints.

La part des Léviim - « toute la longueur »
וְהַלְוִיִּם לְעֻמַּת גְּבוּל הַכֹּהֲנִים חֲמִשָּׁה וְעֶשְׂרִים אֶלֶף אֹרֶךְ וְרֹחַב עֲשֶׂרֶת אֲלָפִים כׇּל־אֹרֶךְ חֲמִשָּׁה וְעֶשְׂרִים אֶלֶף וְרֹחַב עֲשֶׂרֶת אֲלָפִים׃ - Et les Léviim, parallèlement à la frontière des Kohanim, auront vingt-cinq mille de longueur et dix mille de largeur ; toute la longueur sera de vingt-cinq mille, et la largeur de dix mille.

Les Léviim reçoivent une superficie exactement parallèle à celle des Kohanim : une longueur de 25 000 cannes et une largeur de 10 000 cannes. La part des Kohanim était la plus proche de celle de Yéhouda, et la part des Léviim se trouvait au milieu - avant la part d'Israël, qui était la plus proche de celle de Binyamin.

Et pourquoi le verset répète-t-il « toute la longueur sera de vingt-cinq mille, et la largeur de dix mille » ? Le Malbim explique que cela vient marquer une différence avec les Kohanim : les Kohanim ne jouissaient pas de la totalité de leur surface, car cinq cents cannes en avaient été prélevées pour le Beit Hamikdash, situé au centre de leur portion. Il s'avère donc que bien qu'ils eussent 25 000 sur 10 000, ce n'était pas entièrement net pour eux. En revanche, pour les Léviim - « toute la longueur » : la totalité de la longueur leur appartenait exclusivement.

וְלֹא־יִמְכְּרוּ מִמֶּנּוּ וְלֹא יָמֵר וְלֹא יַעֲבִיר רֵאשִׁית הָאָרֶץ כִּי־קֹדֶשׁ לַה'׃ - Ils n'en vendront rien, ne l'échangeront pas et ne transféreront pas les prémices de la terre, car c'est saint pour Hachem.

Bien que cette portion ait été attribuée aux Léviim en possession héréditaire, ils n'ont pas le droit d'en vendre une partie, ni de l'échanger contre une autre portion si quelqu'un leur proposait un terrain en échange. « Et ils ne transféreront pas » - le transfert fait référence au cas d'une fille qui hérite d'un domaine foncier, afin qu'elle n'hérite pas de cette part. « Car c'est saint pour Hachem », tout comme il est écrit : « Le champ de la banlieue de leurs villes ne sera point vendu ». On trouve également ici une allusion aux autres lois énoncées dans la Torah, selon lesquelles on ne transforme pas un espace dégagé (migrash) en champ ni un champ en espace dégagé, ainsi qu'à plusieurs autres règles qui s'y rattachent.

La part d'Israël et la ville
וַחֲמֵשֶׁת אֲלָפִים הַנּוֹתָר בָּרֹחַב עַל־פְּנֵי חֲמִשָּׁה וְעֶשְׂרִים אֶלֶף חֹל־הוּא לָעִיר לְמוֹשָׁב וּלְמִגְרָשׁ וְהָיְתָה הָעִיר בְּתוֹכֹה׃ - Et les cinq mille restants en largeur sur les vingt-cinq mille [de longueur] seront profanes, réservés à la ville pour l'habitation et pour la banlieue ; et la ville sera au milieu.

Il passe maintenant à la dernière portion de l'ensemble de la Terouma - la part d'Israël, qui était plus proche du territoire de Binyamin. Ce sont les cinq mille restants : 5 000 cannes de largeur et 25 000 cannes de longueur. La longueur ne change pour personne : tous ont reçu une longueur de 25 000 cannes mesurée d'est en ouest. Seule la largeur varie : dix mille chez les Kohanim, dix mille chez les Léviim qui les jouxtent, et seulement 5 000 chez Israël qui les jouxte. Et là se trouvait la ville, entourée de sa banlieue dégagée.

וְאֵלֶּה מִדּוֹתֶיהָ פְּאַת צָפוֹן חֲמֵשׁ מֵאוֹת וְאַרְבַּעַת אֲלָפִים וּפְאַת־נֶגֶב חֲמֵשׁ מֵאוֹת וְאַרְבַּעַת אֲלָפִים וּמִפְּאַת קָדִים חֲמֵשׁ מֵאוֹת וְאַרְבַּעַת אֲלָפִים וּפְאַת־יָמָּה חֲמֵשׁ מֵאוֹת וְאַרְבַּעַת אֲלָפִים׃ - Et voici ses mesures : le côté nord, quatre mille cinq cents ; le côté sud, quatre mille cinq cents ; du côté oriental, quatre mille cinq cents ; et le côté occidental, quatre mille cinq cents.

Ici, le texte délimite la ville selon les quatre directions, comme en faisant le tour, et précise que de chaque côté, la ville formait un carré parfait : 4 500 sur 4 500 sur 4 500 sur 4 500 cannes. Et chaque canne, comme nous l'avons déjà mentionné, équivaut à six coudées, chaque coudée comptant six téfahim (paumes).

וְהָיָה מִגְרָשׁ לָעִיר צָפוֹנָה חֲמִשִּׁים וּמָאתַיִם וְנֶגְבָּה חֲמִשִּׁים וּמָאתָיִם וְקָדִימָה חֲמִשִּׁים וּמָאתַיִם וְיָמָּה חֲמִשִּׁים וּמָאתָיִם׃ - La ville aura un espace libre : au nord, deux cent cinquante ; au sud, deux cent cinquante ; à l'est, deux cent cinquante ; et à l'ouest, deux cent cinquante.

En plus de la ville elle-même, un espace libre (migrach) de 250 cannes l'entourait de chaque côté, soit 500 cannes au total en comptant les deux côtés opposés. Faites le calcul : 4 500 pour la ville, plus 250 d'un côté et 250 de l'autre, vous arrivez à 5 000. C'est exactement la largeur de la bande d'Israël. Il s'avère donc que la ville et son espace libre occupaient toute la largeur de la bande d'un bout à l'autre, mais pas toute sa longueur, puisque la longueur totale était de 25 000 cannes. De même, du côté nord, est et ouest, il y avait un espace libre de 500 cannes, 250 d'un côté et 250 de l'autre.

Le surplus en longueur : champs et vignobles pour les serviteurs de la ville
וְהַנּוֹתָר בָּאֹרֶךְ לְעֻמַּת תְּרוּמַת הַקֹּדֶשׁ עֲשֶׂרֶת אֲלָפִים קָדִימָה וַעֲשֶׂרֶת אֲלָפִים יָמָּה וְהָיָה לְעֻמַּת תְּרוּמַת הַקֹּדֶשׁ וְהָיְתָה תְבוּאָתֹה לְלֶחֶם לְעֹבְדֵי הָעִיר׃ - Et ce qui restera en longueur, parallèlement au prélèvement sacré, sera de dix mille à l'est et de dix mille à l'ouest, parallèle au prélèvement sacré ; et son produit servira de nourriture à ceux qui travaillent pour la ville.

La longueur totale est de 25 000 cannes, et au milieu se trouve la ville avec son espace libre qui occupe 5 000 cannes. Il reste donc dix mille cannes à droite et dix mille à gauche : c'est l'espace disponible. C'est le sens de « ce qui restera en longueur » : de l'extrémité orientale jusqu'à la ville, et de l'autre extrémité de la ville vers l'ouest. « Parallèlement au prélèvement sacré » signifie le long de la portion attribuée au Prince des deux côtés.

Et que signifie « son produit servira de nourriture à ceux qui travaillent pour la ville » ? Le Malbim explique qu'il s'y trouvera des champs et des vignobles pour subvenir aux besoins de ceux qui sont affectés au service de la ville. Cela désigne Israël, car toute cette bande de 5 000 sur 25 000 cannes relève du domaine d'Israël, la part de la ville. Les dix mille cannes restantes de chaque côté sont ouvertes aux activités profanes, abritant champs et vignobles au bénéfice de ceux qui s'occupent du service de la cité.

Rachi propose ici une explication novatrice : « ceux qui travaillent pour la ville » seraient les Guivonim (Guibéonites), les Nétinim, fendeurs de bois et puiseurs d'eau, ainsi qu'il l'avait entendu au nom de Rabbi Menahem zatsal. Mais le Radak cite cette interprétation et objecte : « Cela n'a aucun sens, car à l'avenir les Guivonim ne seront plus des serviteurs », et il est inconcevable que des Guivonim fassent partie des habitants de Jérusalem, la ville sainte, au point qu'Israël les y installe. En effet, il est bien connu que les Guivonim ne sont pas issus des enfants d'Israël, et le roi David les a écartés après qu'ils eurent réclamé vengeance contre les descendants de Saül. Il est donc impensable qu'à l'ère messianique on les réintègre pour en faire des résidents de Jérusalem, la ville sainte.

וְהָעֹבֵד הָעִיר יַעַבְדוּהוּ מִכֹּל שִׁבְטֵי יִשְׂרָאֵל׃ - Et ceux qui travaillent pour la ville la serviront d'entre toutes les tribus d'Israël.

Toutes les tribus d'Israël devront pourvoir aux besoins et à la subsistance des serviteurs de la ville. C'est précisément pour cela que cette bande de terre, à laquelle tout Israël participe, leur a été attribuée sous forme de champs et de vignobles, car ces hommes étaient au service de la cité. Et comme chacun d'entre nous a une responsabilité envers la ville, la part qui nous revient pour ainsi dire, dix mille d'un côté et dix mille de l'autre, leur a été accordée pour qu'ils puissent assurer tous les besoins de la ville.

Récapitulatif des dimensions de la Térouma et de « vous prélèverez un quart »
כׇּל־הַתְּרוּמָה חֲמִשָּׁה וְעֶשְׂרִים אֶלֶף בַּחֲמִשָּׁה וְעֶשְׂרִים אָלֶף רְבִיעִית תָּרִימוּ אֶת־תְּרוּמַת הַקֹּדֶשׁ אֶל־אֲחֻזַּת הָעִיר׃ - Toute la Teroumah sera de vingt-cinq mille sur vingt-cinq mille ; vous prélèverez un quart comme sainte Teroumah avec la possession de la ville.

Voici un récapitulatif général : si nous prenons la part des Kohanim, celle des Léviim et celle d'Israël, l'ensemble forme une superficie de 25 000 sur 25 000 [cannes]. La longueur, d'est en ouest, était de 25 000 pour tous de façon égale. C'est la largeur, du nord au sud, qui était répartie : dix mille pour les Kohanim - la portion attenante à la bande de Yéhouda -, puis dix mille sur une longueur de 25 000 pour les Léviim, et enfin 5 000 sur une longueur de 25 000 pour Israël et Jérusalem, qui étaient plus proches de la part de Binyamin.

Et que signifie « vous prélèverez un quart comme sainte Teroumah avec la possession de la ville » ? Revenons à la part d'Israël : 25 000 cannes de longueur sur 5 000 de largeur, avec au milieu une superficie de 5 000 sur 5 000, qui correspond à Jérusalem. Il reste de part et d'autre dix mille et dix mille, constituant les espaces ouverts. Lorsqu'on calcule la proportion - 5 000 par rapport à 20 000 -, cela représente exactement un quart. C'est le sens de « vous prélèverez un quart » : la part de la ville équivaut au quart par rapport au reste des portions situées à droite et à gauche, destinées à produire les récoltes nourrissant ceux qui travaillent dans la ville. Il s'avère ainsi que la ville elle-même ne représentait qu'un quart de l'ensemble.

La part du Prince de part et d'autre
וְהַנּוֹתָר לַנָּשִׂיא מִזֶּה וּמִזֶּה לִתְרוּמַת־הַקֹּדֶשׁ וְלַאֲחֻזַּת הָעִיר אֶל־פְּנֵי חֲמִשָּׁה וְעֶשְׂרִים אֶלֶף תְּרוּמָה עַד־גְּבוּל קָדִימָה וְיָמָּה עַל־פְּנֵי חֲמִשָּׁה וְעֶשְׂרִים אֶלֶף עַל־גְּבוּל יָמָּה לְעֻמַּת חֲלָקִים לַנָּשִׂיא וְהָיְתָה תְּרוּמַת הַקֹּדֶשׁ וּמִקְדַּשׁ הַבַּיִת בְּתוֹכֹה׃ - Ce qui reste appartiendra au prince, de part et d'autre de la sainte Teroumah et de la possession de la ville, le long des vingt-cinq mille [cannes] de la Teroumah jusqu'à la frontière orientale, et à l'ouest le long des vingt-cinq mille jusqu'à la frontière occidentale, parallèlement aux portions des tribus, appartiendra au prince ; et la sainte Teroumah ainsi que le sanctuaire du Temple seront en son milieu.

Après le décompte du carré global de 25 000 sur 25 000 cannes, qui englobe la part des Kohanim, des Léviim et des Israélites, le texte traite à présent de ce qui se trouve de part et d'autre, vers l'est et vers l'ouest. Comme nous l'avons déjà expliqué, toute cette bande sur toute sa longueur constitue la part du Prince ; simplement, en son centre, le Prince a pour ainsi dire prélevé sur son domaine un carré de 25 000 sur 25 000 cannes pour les Kohanim, les Léviim, les Israélites et le Beth Hamikdach.

« Ce qui reste appartiendra au prince, de part et d'autre » : depuis l'extrémité de la zone prélevée jusqu'à la limite orientale, et depuis l'autre extrémité de la zone prélevée jusqu'à la limite occidentale, jusqu'à la mer. « Jusqu'à la frontière orientale » : jusqu'au côté est ; « et à l'ouest » : jusqu'à l'extrémité ouest, sur toute la largeur de 25 000 ; « parallèlement aux portions, au prince » : c'est la partie parallèle, ce qui revenait au Prince.

Et pourquoi ce secteur est-il également désigné comme la « sainte Teroumah » ? Le Malbim explique : parce que le sanctuaire d'Hachem s'y trouve en son sein. Ce n'est pas seulement le domaine du Prince qui est appelé Teroumah - parce qu'on le prélève pour ainsi dire sur le territoire général pour l'attribuer au Prince -, mais aussi la zone abritant le Beth Hamikdach, car ce carré de 25 000 cannes renferme le sanctuaire de Dieu et a été comme extrait et élevé hors de l'ensemble.

וּמֵאֲחֻזַּת הַלְוִיִּם וּמֵאֲחֻזַּת הָעִיר בְּתוֹךְ אֲשֶׁר לַנָּשִׂיא יִהְיֶה בֵּין גְּבוּל יְהוּדָה וּבֵין גְּבוּל בִּנְיָמִן לַנָּשִׂיא יִהְיֶה׃ - Et depuis la possession des Léviim et la possession de la ville, tout ce qui se trouve au milieu de ce qui appartient au prince, entre la frontière de Yéhouda et la frontière de Binyamin, appartiendra au prince.

Tant la part des Léviim que la possession de la ville se situent au milieu du domaine du Prince, à l'intérieur de cette même bande. Ne va pas imaginer que la portion des Léviim ou celle d'Israël aurait empiété sur le territoire de Binyamin ou sur celui de Yéhouda. Sache bien que tout ce qui a été accordé aux Kohanim, aux Léviim et aux Israélites sous l'appellation de Teroumah - ce carré de 25 000 cannes - se trouvait intégralement inséré dans le domaine du Prince, entre la frontière de Yéhouda et celle de Binyamin. Rien n'empiétait sur Yéhouda ni sur Binyamin, tout demeurait rigoureusement dans la bande princière, le Prince ayant pour ainsi dire détaché et élevé cette part de son propre domaine pour le sacré.

Les cinq tribus du sud
וְיֶתֶר הַשְּׁבָטִים מִפְּאַת קָדִימָה עַד־פְּאַת־יָמָּה בִּנְיָמִן אֶחָד׃ וְעַל גְּבוּל בִּנְיָמִן מִפְּאַת קָדִימָה עַד־פְּאַת־יָמָּה שִׁמְעוֹן אֶחָד׃ וְעַל גְּבוּל שִׁמְעוֹן מִפְּאַת קָדִימָה עַד־פְּאַת־יָמָּה יִשָּׂשכָר אֶחָד׃ וְעַל גְּבוּל יִשָּׂשכָר מִפְּאַת קָדִימָה עַד־פְּאַת־יָמָּה זְבוּלֻן אֶחָד׃ וְעַל גְּבוּל זְבוּלֻן מִפְּאַת קָדִמָה עַד־פְּאַת־יָמָּה גָּד אֶחָד׃ - Et pour le reste des tribus : du côté oriental jusqu'au côté occidental, Binyamin aura une part. Et sur la frontière de Binyamin, du côté oriental jusqu'au côté occidental, Chimon, une part. Et sur la frontière de Chimon, du côté oriental jusqu'au côté occidental, Issakhar, une part. Et sur la frontière d'Issakhar, du côté oriental jusqu'au côté occidental, Zévouloun, une part. Et sur la frontière de Zévouloun, du côté oriental jusqu'au côté occidental, Gad, une part.

Après nous avoir indiqué où se trouve la part du Prince - plus ou moins au centre, et nous avons déjà expliqué pourquoi ce n'est pas rigoureusement au milieu - il ordonne à présent les bandes territoriales des tribus, l'une après l'autre. Pour chaque tribu, il précise que sa bande s'étend du côté oriental jusqu'au côté occidental. Ces bandes forment comme des tranches : comme si l'on se tenait face à la mer et que l'on découpait au couteau la terre d'Israël en direction de Jérusalem, vers le Jourdain, vers l'est, bande après bande. Jusqu'ici, nous avons traité de la bande du Prince, et voici maintenant celles situées au sud de celle-ci.

Au sud de Jérusalem vient Binyamin, puis adjacent à lui Shim'on, puis Issakhar, puis Zévouloun, et enfin Gad.

וְעַל גְּבוּל גָּד אֶל־פְּאַת נֶגֶב תֵּימָנָה וְהָיָה גְבוּל מִתָּמָר מֵי מְרִיבַת קָדֵשׁ נַחֲלָה עַל־הַיָּם הַגָּדוֹל׃ - Et sur la frontière de Gad, du côté du midi, vers le sud, la limite ira depuis Tamar jusqu'aux eaux de Mérivat-Qadech, le long du torrent jusqu'à la Grande Mer.

Le territoire de Gad forme l'ultime frontière, située à l'extrême limite sud de la terre d'Israël. Ici, il est nécessaire de mentionner des noms de lieux et des repères géographiques, afin que l'on sache où s'achève la terre d'Israël. Pour les autres bandes, il n'était pas utile de donner des noms de localités : il suffisait d'avancer de 25 000 cannes, de tracer la ligne, et voilà la part de la tribu ; encore 25 000 cannes, et voilà une autre bande. Mais lorsqu'on parvient à la dernière, il faut définir où elle se termine. C'est pourquoi le verset précise que du côté sud, vers le midi, la frontière s'étendait depuis Tamar, les eaux de Mérivat-Qadech, jusqu'à la Grande Mer.

זֹאת הָאָרֶץ אֲשֶׁר־תַּפִּילוּ מִנַּחֲלָה לְשִׁבְטֵי יִשְׂרָאֵל וְאֵלֶּה מַחְלְקוֹתָם נְאֻם אֲדֹנָי ה'׃ - Telle est la terre que vous attribuerez en héritage aux tribus d'Israël, et telles sont leurs portions, dit le Seigneur, l'Éternel.
Les portes de la ville selon les noms des tribus d'Israël
וְאֵלֶּה תּוֹצְאֹת הָעִיר מִפְּאַת צָפוֹן חֲמֵשׁ מֵאוֹת וְאַרְבַּעַת אֲלָפִים מִדָּה׃ וְשַׁעֲרֵי הָעִיר עַל־שְׁמוֹת שִׁבְטֵי יִשְׂרָאֵל שְׁעָרִים שְׁלוֹשָׁה צָפוֹנָה שַׁעַר רְאוּבֵן אֶחָד שַׁעַר יְהוּדָה אֶחָד שַׁעַר לֵוִי אֶחָד׃ - Et voici les issues de la ville : du côté du nord, quatre mille cinq cents mesures. Et les portes de la ville porteront les noms des tribus d'Israël ; trois portes au nord : une porte de Réouven, une porte de Yéhouda, une porte de Lévi.

« Les issues de la ville » : ce sont les portes de la ville vers ses quatre points cardinaux. Le texte semble mesurer à nouveau la ville et dénombrer ses portes en faisant le tour, côté par côté. Rappelons que nous traitons ici de la portion d'Israël : sur l'ensemble du carré de 25 000 cannes de côté, la part d'Israël est de 5 000 cannes de large sur 25 000 cannes de long, et la ville en son sein occupe un carré de 5 000 sur 5 000 ; si l'on déduit l'espace libre alentour (le Migrach), il reste 4 500 cannes sur 4 500 cannes pour la ville bâtie. Et sur chaque côté se trouvaient trois portes.

Sur le flanc nord, qui fait face à la part de Yéhouda : Lévi se trouve plus près du côté oriental, Yéhouda au milieu, et Réouven plus près du côté occidental - le verset les énumérant ici de l'ouest vers l'est.

וְאֶל־פְּאַת קָדִימָה חֲמֵשׁ מֵאוֹת וְאַרְבַּעַת אֲלָפִים וּשְׁעָרִים שְׁלֹשָׁה וְשַׁעַר יוֹסֵף אֶחָד שַׁעַר בִּנְיָמִן אֶחָד שַׁעַר דָּן אֶחָד׃ - Et du côté de l'orient, quatre mille cinq cents mesures, et trois portes : une porte de Yossef, une porte de Binyamin, une porte de Dan.

Ce sont là les portes du flanc oriental, et là aussi la dimension de la ville est de 4 500 cannes.

וּפְאַת־נֶגְבָּה חֲמֵשׁ מֵאוֹת וְאַרְבַּעַת אֲלָפִים מִדָּה וּשְׁעָרִים שְׁלֹשָׁה שַׁעַר שִׁמְעוֹן אֶחָד שַׁעַר יִשָּׂשכָר אֶחָד שַׁעַר זְבוּלֻן אֶחָד׃ - Et du côté du midi, quatre mille cinq cents mesures, et trois portes : une porte de Shim'on, une porte d'Issakhar, une porte de Zévouloun.

Le côté sud est le plus proche du territoire de Binyamin, et là aussi la longueur de la ville est de 4 500 [cannes], avec trois portes.

פְּאַת־יָמָּה חֲמֵשׁ מֵאוֹת וְאַרְבַּעַת אֲלָפִים שַׁעֲרֵיהֶם שְׁלֹשָׁה שַׁעַר גָּד אֶחָד שַׁעַר אָשֵׁר אֶחָד שַׁעַר נַפְתָּלִי אֶחָד׃ - Du côté ouest, quatre mille cinq cents [cannes], leurs portes au nombre de trois : une porte de Gad, une porte d'Acher, une porte de Naftali.

Il poursuit son tour vers le côté ouest, vers la mer, où se trouvent trois portes : Gad, Acher et Naftali.

L'ordre des portes et les pierres du pectoral (Hoshen)

Le Malbim soulève ici un point fascinant, bien qu'il ne le développe pas entièrement. Observez les pierres du Hoshen : Odem, Pitda et Bareket - Réouven, Chimon et Lévi, c'est la première rangée. Nofekh, Sapir et Yahalom - Yéhouda, Issakhar et Zévouloun, la deuxième rangée. Léshem, Shévo et Ah'lama - Dan, Naftali et Gad, la troisième rangée. Tarshish, Shoham et Yachfé - Acher, Yossef et Binyamin, la quatrième rangée.

Le Malbim fait remarquer : si vous observez l'agencement des portes, vous constaterez que deux tribus d'une même rangée se trouvent toujours d'un côté et la troisième du côté opposé. On ne trouve jamais une tribu d'un côté, la deuxième d'un autre et la troisième d'un troisième côté. Au contraire, pour chacun des triplets mentionnés sur les pierres du Hoshen, deux se situent sur un point cardinal et la troisième sur le point cardinal opposé : deux au sud et la troisième au nord, et dans une autre rangée l'inverse, deux au nord et la troisième au sud ; ou bien deux à l'est et la troisième à l'ouest, et les deux autres à l'ouest et la troisième à l'est.

Quelle est la raison et la logique de cette répartition ? Le Malbim déclare : « J'ai sur cela une explication qu'il n'est pas opportun de développer ici. » Et nous n'avons pas eu le privilège de connaître sa raison. Il faudrait peut-être chercher dans d'autres passages où le Malbim a abordé le sujet pour en découvrir le sens, mais ici, il ne s'étend pas davantage.

« Tout autour, dix-huit mille » - Le verset de conclusion
סָבִיב שְׁמֹנָה עָשָׂר אָלֶף וְשֵׁם־הָעִיר מִיּוֹם ה' שָׁמָּה׃ - Tout autour, dix-huit mille [cannes], et le nom de la ville sera désormais : « Hachem y est ».

Le Malbim explique : le périmètre de la ville sera de 18 000 cannes tout autour. Et le calcul concorde parfaitement : la ville forme un carré dont chaque côté mesure 4 500 cannes ; 4 500 de ce côté-ci et 4 500 de ce côté-là, et ainsi sur les quatre côtés, ce qui donne 18 000.

Quelle est la signification profonde et l'allusion contenue ici ? Le Malbim explique que cela fait allusion au Char divin (la Merkava), « deux myriades de milliers d'anges », et nos Sages ont enseigné qu'il y a dix-huit camps entourant la Gloire divine. C'est pourquoi il est dit : « et le nom de la ville sera désormais : Hachem y est » - Hachem y est, c'est là que réside Sa sainte Présence (la Shekhina). Et ces dix-huit mille [cannes] de périmètre autour de la ville signifient que sur chaque canne entourant la ville, se tient comme un ange issu du Trône divin pour la garder.

Quarante-cinq mil et les « grelots des chevaux »

Et le Malbim ajoute encore : si l'on mesure depuis l'emplacement de la ville jusqu'au Mont du Temple, on parvient très exactement à 45 mil, et c'est le sens de ce qui est écrit : « Il y aura sur les clochettes des chevaux : Sainteté à Hachem ». C'est ainsi que le Malbim achève son commentaire, nous laissant a priori dans l'interrogation : quel rapport y a-t-il entre la distance séparant la ville (située dans la part d'Israël) du Mont du Temple (situé dans la part des Cohanim), et « les clochettes des chevaux consacrées à Hachem » ?

Mais les propos du Malbim, obscurs à un endroit, se trouvent explicités ailleurs, et nous les trouvons déjà dans son commentaire sur le livre de Zacharie (chapitre 14, verset 20). Là-bas, au sujet du verset « En ce jour-là, il y aura sur les clochettes des chevaux : Sainteté à Hachem », le Malbim explique : puisque la Jérusalem future sera éloignée du Sanctuaire de 45 mil - ce qui correspond précisément à ce que nous constatons ici -, cela dépasse la distance qu'un homme peut parcourir à pied en un jour, car la Guémara enseigne qu'un homme marche dix parassot par jour (soit 40 mil), alors qu'il est question ici de 45 mil. On doit donc en déduire que la sainteté s'étendra jusqu'au lieu qu'un homme peut atteindre en une journée, non pas à pied, mais lorsqu'il chevauche un coursier. Or, la Guémara précise que la distance franchie par le cheval au galop jusqu'à ce qu'il prenne du repos à l'ombre de midi est précisément de 45 mil. Dès lors, le texte vient nous apprendre que la sainteté se répandra jusqu'à l'endroit qu'un homme peut atteindre au grand galop de son cheval. Et les « marmites » qui se trouveront alors dans le Temple - « sirot » désignant ici des marmites - auront le statut des bassins d'aspersion, car face à l'abondance des sacrifices, on y recueillera le sang des offrandes pour en faire l'aspersion sur l'autel.

Il en ressort donc que le sens profond est le suivant : depuis le lieu du Sanctuaire, la sainteté rayonnera sur 45 mil jusqu'à la ville. Elle ne restera pas cantonnée au seul domaine du Temple, qui appartient aux Cohanim, mais se diffusera également vers la ville de Jérusalem, demeure de l'ensemble d'Israël.

En conclusion :

Le dernier chapitre d'Ézéchiel structure la terre d'Israël future en bandes égales de 75 mil, du nord au sud : sept tribus au nord de la bande du prélèvement (la Térouma) et cinq au sud, ce qui équivaut en réalité à six contre six, puisque Lévi est placé au centre tandis qu'Éphraïm et Ménaché sont comptés comme un. Au cœur de la bande du prince s'étend le carré du prélèvement, mesurant 25 000 cannes sur 25 000 : la part des Cohanim avec le Temple en son sein, la part des Lévites qui lui fait face, et la part d'Israël abritant la ville carrée et son espace libre, bordée de part et d'autre par des champs et des vignes destinés à nourrir les travailleurs de la ville. Le pourtour de la ville compte dix-huit mille cannes, en correspondance avec les dix-huit camps entourant la Gloire divine, et elle portera pour nom « Hachem Chama » (Hachem est là) ; et depuis le Sanctuaire, la sainteté s'étendra sur 45 mil jusqu'à la ville, selon la portée de la course d'un cheval. Puisse Hachem nous délivrer d'une rédemption éternelle et nous accorder le mérite de contempler la reconstruction du troisième Beth Hamikdach descendant du Ciel tout édifié de flammes, Amen et Amen.