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Chapitre 9 - Jeûne, confession et prière des Léviim - Partie 1

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Introduction : un jour de techouva et d'alliance renouvelée

Le chapitre 9 de Néhémie est un chapitre consacré à une immense prière. Après la lecture de la Torah et la fête de Souccot, les enfants d'Israël se rassemblent pour une journée de jeûne, de confession et de séparation, et les Léviim entament une longue prière qui retrace toute l'histoire de la nation : depuis la création du monde, en passant par l'élection d'Avraham, la sortie d'Égypte, le don de la Torah, les pérégrinations dans le désert et l'héritage de la terre, jusqu'aux fautes, à l'exil et aux bontés d'Hachem qui ne nous a jamais abandonnés. Dans ce cours, nous suivrons l'explication du Malbim sur les premiers versets du chapitre, et nous verrons comment s'est construit à partir de ces versets le texte qui nous est familier dans « Vayevarekh David », et comment ils nous ouvrent une voie vers la compréhension des fondements de la foi.

Le vingt-quatrième jour : pourquoi précisément à cette date

וּבְיוֹם עֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה לַחֹדֶשׁ הַזֶּה נֶאֶסְפוּ בְנֵי יִשְׂרָאֵל בְּצוֹם וּבְשַׂקִּים וַאֲדָמָה עֲלֵיהֶם׃ - Le vingt-quatrième jour de ce mois, les enfants d'Israël s'assemblèrent, vêtus de sacs et la tête couverte de poussière, pour jeûner.

« De ce mois » - il s'agit du septième mois, le mois de Tichri. Et pourquoi précisément le 24 et non le 23 ? Parce que le 23 est le lendemain de la fête de Souccot (Issrou 'Hag), jour où il est encore interdit de jeûner. C'est pourquoi ce n'est que le vingt-quatrième jour du mois que les enfants d'Israël se sont rassemblés dans le jeûne, revêtus de sacs et de la terre sur la tête en signe de deuil et de soumission.

La descendance d'Israël se sépara : deux épisodes distincts ou un seul événement

וַיִּבָּדְלוּ זֶרַע יִשְׂרָאֵל מִכֹּל בְּנֵי נֵכָר וַיַּעַמְדוּ וַיִּתְוַדּוּ עַל־חַטֹּאתֵיהֶם וַעֲוֺנוֹת אֲבֹתֵיהֶם׃ - La descendance d'Israël se sépara de tous les étrangers ; ils se tinrent debout et confessèrent leurs péchés ainsi que les fautes de leurs pères.

Que signifie « se séparèrent de tous les étrangers » ? Comme on le sait, à cette époque, les enfants d'Israël avaient épousé des femmes étrangères. Selon une explication, ils s'en étaient déjà séparés à l'époque de la montée d'Ezra, puis étaient retournés vers elles, et c'est pourquoi ce récit apparaît à la fois dans le livre d'Ezra et dans celui de Néhémie - deux rectifications distinctes. Cependant, le Malbim rapporte une autre opinion selon laquelle cette situation, déjà apparue lors de la montée de Zorobabel, est restée béante jusqu'à ce qu'Ezra vienne y remédier. Dès lors, il ne s'agirait pas de deux rectifications mais d'un seul et même fait : la réparation accomplie par Ezra est précisément celle mentionnée ici. Il y a donc deux avis : s'agit-il de deux récits distincts ou d'un acte unique ? Et après cette séparation, ils se tiennent debout et confessent leurs fautes ainsi que les iniquités de leurs pères.

Un quart du jour - trois heures ou six heures

וַיָּקוּמוּ עַל־עׇמְדָם וַיִּקְרְאוּ בְּסֵפֶר תּוֹרַת ה' אֱלֹהֵיהֶם רְבִעִית הַיּוֹם וּרְבִעִית מִתְוַדִּים וּמִשְׁתַּחֲוִים לַה' אֱלֹהֵיהֶם׃ - Ils se levèrent à leur place et lurent dans le livre de la Torah d'Hachem leur D.ieu pendant un quart de la journée, et pendant un autre quart, ils se confessaient et se prosternaient devant Hachem leur D.ieu.

« Ils se levèrent à leur place » - chacun se tint à son endroit et ils lurent dans le livre de la Torah d'Hachem pendant un quart du jour. Il convient ici de s'interroger : qu'entend-on par « un quart du jour » ? Si l'on vise un quart de la journée complète de vingt-quatre heures, cela représente six heures ; mais s'il s'agit du quart du jour au sens strict (la période diurne), cela fait trois heures. Et le reste du temps, ils se confessaient et se prosternaient devant Hachem leur D.ieu.

L'estrade des Léviim et le cri d'une voix puissante

וַיָּקׇם עַל־מַעֲלֵה הַלְוִיִּם יֵשׁוּעַ וּבָנִי קַדְמִיאֵל שְׁבַנְיָה בֻּנִּי שֵׁרֵבְיָה בָּנִי כְנָנִי וַיִּזְעֲקוּ בְּקוֹל גָּדוֹל אֶל־ה' אֱלֹהֵיהֶם׃ - Yéchoua, Bani, Kadmiel, Chevania, Bouni, Chérévya, Bani et Khenani montèrent sur l'estrade des Lévites et crièrent d'une voix forte vers Hachem, leur Dieu.

Toutes les personnes mentionnées ici faisaient manifestement partie des notables et des dirigeants de la communauté. Ils se tenaient sur « l'estrade des Lévites » - cette hauteur où les Lévites se plaçaient d'ordinaire pour chanter - et de là, ils crièrent d'une voix forte vers Hachem, leur Dieu. Et ce cri à pleine voix n'était pas fortuit : il avait pour but d'éveiller le peuple, d'amener l'ensemble de la communauté à la téchouva.

« Levez-vous et bénissez » - le contenu de toute la prière

וַיֹּאמְרוּ הַלְוִיִּם יֵשׁוּעַ וְקַדְמִיאֵל בָּנִי חֲשַׁבְנְיָה שֵׁרֵבְיָה הוֹדִיָּה שְׁבַנְיָה פְתַחְיָה קוּמוּ בָּרְכוּ אֶת־ה' אֱלֹהֵיכֶם מִן־הָעוֹלָם עַד־הָעוֹלָם וִיבָרְכוּ שֵׁם כְּבֹדֶךָ וּמְרוֹמַם עַל־כׇּל־בְּרָכָה וּתְהִלָּה׃ - Et les Lévites Yéchoua, Kadmiel, Bani, Hachavneya, Chérévya, Hodiya, Chevania et Petahya dirent : « Levez-vous, bénissez Hachem, votre Dieu, de l'éternité à l'éternité ! Que l'on bénisse le Nom de Ta gloire, qui est élevé au-dessus de toute bénédiction et de toute louange ! »

Les Lévites énoncent ici l'ordre de la prière, et en vérité, l'ensemble de notre chapitre constitue une seule longue prière. Au début, ils rappellent comment Hachem a choisi Avraham et sa descendance pour en faire Son peuple d'élite, a conclu une alliance avec lui pour lui donner la terre, à lui et à sa postérité, et a respecté cette alliance : Il nous a fait sortir d'Égypte et nous a conduits dans le désert. Et bien qu'ils n'aient pas gardé Ses paroles et se soient rebellés dans le désert, Il les a néanmoins fait entrer en terre d'Israël. Là encore, ils ont continué à fauter et ont irrité le Créateur ; mais le Saint, béni soit-Il, a patienté avec eux et a tenté de multiples façons de les admonester. Tout au long de cette période, Il ne les a jamais abandonnés, jusqu'à ce qu'Il finisse par les exiler parmi les nations du monde - et là encore, au pays de leurs ennemis, Il ne les a pas rejetés et a continué de veiller sur eux. À présent, ils cherchent à réparer la faute de leurs pères en renouvelant l'alliance pour observer Ses lois et Ses commandements.

C'est pourquoi il ordonne au peuple : « Levez-vous, bénissez Hachem, votre Dieu, d'éternité en éternité » - depuis ce monde-ci, le monde matériel, physique, temporaire et éphémère, jusqu'au monde éternel qui subsiste à jamais. Et après avoir enjoint le peuple de bénir, il se tourne vers le Saint, béni soit-Il, Lui-même et s'exclame : « Que l'on bénisse le Nom de Ta gloire » - ici, il s'adresse déjà directement au Créateur du monde.

« Le Nom de Ta gloire » - ce que nous sommes capables de concevoir

Que signifie « le Nom de Ta gloire » ? C'est que Toi, Maître du monde, dans Ton Essence même, Tu es bien au-dessus de toute bénédiction et de toute louange. Nous ne pouvons appréhender le Saint, béni soit-Il, dans Son Essence afin de Le louer ; nous n'avons absolument aucune prise sur Son Être, qu'Il soit béni. De même, nous ne pouvons concevoir Son émanation issue de Son Essence même, l'abondance et la lumière infinie qui en descendent. Le Saint, béni soit-Il, est « élevé au-dessus de toute bénédiction et de toute louange », transcendant, insaisissable pour notre entendement. Que pouvons-nous donc appréhender ? Sa révélation à travers Son Nom - et c'est là le sens de « Que l'on bénisse le Nom de Ta gloire ».

Il est écrit dans les ouvrages des kabbalistes qu'il est impossible d'attribuer un nom au Saint, béni soit-Il. Même lorsque l'on emploie l'expression « le Ein Sof, béni soit-Il », cela ne signifie pas qu'il s'agisse de Son nom, car on ne saurait Lui donner un quelconque nom. En effet, qu'est-ce qu'un nom ? Un nom définit une essence. Or, dès que l'on nomme une chose, on lui impose aussitôt une limite ; et il est inconcevable d'enfermer le Saint, béni soit-Il, dans le cadre d'un nom. Ainsi, lorsque l'on dit « Ein Sof » (l'Infini), on ne prétend pas énoncer Son nom, mais simplement désigner la Source suprême de toute émanation.

Quand donc les noms ont-ils leur place ? Une fois que le Saint, béni soit-Il, a restreint Sa lumière par des contractions successives (tsimtsoum après tsimtsoum) - ce qui est développé dans les écrits kabbalistiques à propos du niveau d'Adam Kadmon et des lumières qui en émanent, lesquelles constituent les flux émanant de Lui, ainsi que les Partsoufim et les Séfirot qu'Il a fait émaner de Son Essence. À ce niveau, il devient possible de concevoir le Créateur à travers des noms et de Le désigner par eux. Mais comme nous l'avons expliqué, il ne s'agit pas là de Son Essence même, mais du flux qu'Il diffuse ; et c'est cette influence émanant de Lui que l'on peut qualifier et désigner par des attributs : ici l'attribut de Hessed, là celui de Guévoura, ou de Tif'éret, tel Nom divin (le Tétragramme, Élo-him, Adonout, Cha-daï, Tsévaot), chacun faisant allusion et se rattachant à une Séfira précise. Tout cela n'intervient que parce que le Saint, béni soit-Il, a pour ainsi dire restreint Sa lumière afin de nous donner la possibilité de nous lier et de nous attacher à Lui. Mais quant à Son Essence même, « aucune pensée ne peut Le saisir en rien » (lèt ma'hachava téfissa béh klal). Même par la pensée la plus pure, appréhender ou comprendre ce qu'est le Créateur dans Son Essence demeure absolument hors de portée.

C'est pourquoi il dit : « Que l'on bénisse le Nom de Ta gloire » - le Nom par lequel Ta gloire s'est fait connaître au sein de la création que Tu as façonnée, au terme de tous les tsimtsoumim que Tu as opérés. C'est à ce niveau seulement que nous pouvons avoir une appréhension. Le Nom de Ta gloire et le Nom de Ta royauté, c'est-à-dire Ton lien avec le monde sur lequel Tu règnes - voilà ce que nous pouvons encore décrire, remercier, désigner par un nom et saisir dans une certaine mesure. Mais quant à Son Essence même, aucune pensée ne peut la saisir.

« C'est Toi, Hachem, qui es l'Unique » - l'origine de « Vayvarekh David »

אַתָּה־הוּא ה' לְבַדֶּךָ אַתָּה עָשִׂיתָ אֶת־הַשָּׁמַיִם שְׁמֵי הַשָּׁמַיִם וְכׇל־צְבָאָם הָאָרֶץ וְכׇל־אֲשֶׁר עָלֶיהָ הַיַּמִּים וְכׇל־אֲשֶׁר בָּהֶם וְאַתָּה מְחַיֶּה אֶת־כֻּלָּם וּצְבָא הַשָּׁמַיִם לְךָ מִשְׁתַּחֲוִים׃ - C'est Toi qui es l'Éternel, Toi seul ! Tu as fait les cieux, les cieux des cieux et toute leur armée, la terre et tout ce qui s'y trouve, les mers et tout ce qu'elles renferment, et Tu donnes la vie à tous, et l'armée des cieux se prosterne devant Toi.

Ce verset nous est familier à tous : c'est le texte que nous récitons chaque jour dans « Vayvarekh David ». Nous avons à présent le mérite de découvrir la source de cette formule, et enfin de comprendre ce que nous disons.

Le Malbim rattache ce verset à ce qui précède : nous avons dit « qu'on bénisse le Nom de Ta gloire », car toute notre perception ne s'applique qu'au Nom de Sa gloire, et « Il est élevé au-dessus de toute bénédiction et louange » - par Ton essence même, Tu es bien au-dessus de toute bénédiction et de toute louange, « C'est Toi qui es l'Éternel, Toi seul ». Cela signifie que si l'on veut faire l'éloge ou décrire une chose précise, on l'enferme à nouveau dans un cadre, on la limite. Dès lors, toute louange arbitraire ou ordinaire que l'on attribuerait au Créateur du monde diminuerait, pour ainsi dire, de Sa grandeur.

À titre d'exemple, mentionnons ce que rapporte la Guémara à propos de ce disciple qui disait dans sa prière : « Le D.ieu grand, vaillant et redoutable », en y ajoutant d'autres éloges que ceux institués. Lorsqu'il eut terminé, son maître lui dit : « As-tu épuisé toutes les louanges de ton Maître ? Pourquoi t'es-tu arrêté ? Continue ! » Que voulait-il lui faire entendre ? Ce que les Sages ont institué pour nous, c'est ce que nous devons prononcer. Mais si nous voulons décrire au-delà de cela, nous pourrions réciter des louanges jour et nuit sans jamais en atteindre le terme ni la perfection. C'est pourquoi contente-toi de dire « le grand, le vaillant et le redoutable », car c'est ce qui a été fixé et cela suffit ; si tu veux ajouter, il te faudrait tout énumérer, et tu ne pourras jamais parvenir au bout. Tel est le sens de « élevé au-dessus de toute bénédiction et louange » : chaque louange et chaque éloge que l'on pourra formuler sur Lui n'est qu'un néant absolu face à la vérité parfaite de Son Essence, béni soit-Il.

Depuis quand Hachem a-t-Il un « Nom », et pourquoi « Ein Sof » plutôt que « Ein Te'hila »

Nous bénissons Hachem et Lui rendons grâce par « le Nom de Ta gloire » - une fois qu'Hachem a été désigné par un Nom. Et à partir de quelle étape a-t-Il reçu un Nom ? Dès l'instant où Il a créé le monde et s'est lié à la réalité matérielle et concrète, devenant ainsi perceptible à Ses créatures. En effet, avant l'existence du monde, Hachem relève du domaine de l'occulte absolu, et nous n'avons en Lui aucune appréhension possible. L'appréhension commence au moment où le Saint, béni soit-Il, a établi un lien avec le monde ; dès cet instant, Il a pour ainsi dire un Nom, il y a des Sefirot, il existe une prise par laquelle nous pouvons décrire le Créateur du monde.

C'est ce qui nous permet de comprendre pourquoi nous L'appelons « le Ein Sof, béni soit-Il » (l'Infini). A priori, nous aurions pu tout aussi bien Le qualifier de « Ein Te'hila, béni soit-Il » (Celui qui n'a pas de commencement) - car ce qui n'a pas de fin n'a pas non plus de commencement, étant au-delà de toute limite et de tout cadre. Pourquoi donc ne nous exprimons-nous pas ainsi ? L'auteur du Nefech Ha'Haïm explique : c'est parce qu'en vérité, un commencement, nous en avons un ! De quelle façon ? Une fois que le Saint, béni soit-Il, s'est relié aux mondes et les a créés, et qu'ont déjà émané de Lui les Partsoufim et les Sefirot, et qu'Il porte déjà un Nom, nous possédons dès lors un début de perception : Son Nom béni, les distinctions entre les différents Noms, les Sefirot. En revanche, quant à la fin - parvenir à percevoir Sa finalité ultime -, cela demeure infini (Ein Sof), nous n'y avons aucun accès. Et tout cela ne vaut qu'après le lien avec le monde ; avant ce lien, on ne Le qualifie même pas de « Ein Sof », car à ce stade, il n'y a même pas de commencement. Ce n'est qu'après qu'Il s'est relié au monde, qu'Il a un Nom, des attributs (Midot) et une influence sur l'univers, qu'on Le nomme Ein Sof : car désormais, un début existe pour nous, mais de fin, il n'y en a toujours pas.

Les trois voies par lesquelles nous connaissons notre Créateur

Comment donc Hachem se relie-t-Il à nous, et à travers quoi Le connaissons-nous pour Le louer, Le glorifier et nous attacher à Lui ? Par le biais de trois éléments. Le premier est la Création elle-même, le fait que le Saint, béni soit-Il, ait formé le monde. C'est d'ailleurs par cela que le verset débute : « Tu as fait les cieux, les cieux des cieux et toute leur armée » - Tu as créé les mondes supérieurs et Tu as créé les mondes inférieurs.

Le second est la Providence (la Hanhaga) : nous constatons que le Saint, béni soit-Il, maintient la Création et la gouverne continuellement. C'est le sens de « et Tu donnes la vie à tous ». Ce principe diffère radicalement de toute réalité matérielle qui nous est familière. Si l'on fait appel à un menuisier pour fabriquer une armoire, une fois le travail fini, il rentre chez lui ; on n'a nul besoin qu'il reste à côté de l'armoire toute son existence pour la soutenir et l'empêcher de s'écrouler. S'il était un tel menuisier, autant le renvoyer avant même qu'il ne commence ! L'armoire est censée tenir d'elle-même, tout comme l'entrepreneur qui bâtit une maison : la maison tient toute seule et ne requiert pas la présence permanente du constructeur. En revanche, le Créateur du monde, après avoir créé l'univers, renouvelle par Sa bonté chaque jour continuellement l'œuvre de la Création. Si Sa volonté venait à se retirer ne fût-ce qu'un seul instant, le monde cesserait instantanément d'exister.

Prenons une parabole simple pour rendre l'idée accessible : avez-vous déjà vu ces châteaux gonflables pour enfants ? Que se passe-t-il lorsque le courant est coupé un court instant ? Toute la structure s'effondre. Il peut s'agir d'un palais splendide sur lequel les enfants glissent et s'amusent, mais qu'est-il en réalité ? Rien d'autre qu'un moteur et une soufflerie à l'arrière qui, à chaque seconde, injectent de l'air et le maintiennent gonflé. Si la soufflerie s'arrête une seconde, cela peut même être un danger mortel : un enfant pourrait se retrouver piégé à l'intérieur et étouffer. Aussitôt, tout s'affaisse - pas en une fraction de seconde, mais progressivement, jusqu'à disparaître complètement ; et tout ce qui ressemblait à un grand et magnifique château s'évanouit. Il en va de même pour le monde : si le Créateur retirait Sa volonté ne serait-ce qu'une seconde, l'univers retournerait au néant (Tohou). Le Saint, béni soit-Il, insuffle pour ainsi dire à chaque instant, Il dispense la vitalité à chaque instant. Tel est le sens de « et Tu donnes la vie à tous » : à chaque seconde, Tu es l'âme qui vivifie l'ensemble de la réalité.

Une étincelle de sainteté qui fait vivre chaque chose

Par ailleurs, il est écrit qu'en toute chose en ce monde réside une étincelle de sainteté qui la vivifie. Et ne nous y trompons pas : cela concerne également les forces de l'impureté dans le monde, la Sitra A'hra, ainsi que les lieux les plus souillés. En toute chose ici-bas se trouve une étincelle sainte qui la maintient en vie, et s'il existait une chose dépourvue de toute étincelle vivifiante, elle n'aurait aucune existence dans le monde. Si une chose existe, c'est le signe qu'une étincelle sainte la vivifie. Notre rôle consiste précisément à trier et à extraire ces étincelles de sainteté captives de la Sitra A'hra et de l'impureté. C'est ce qui est enseigné dans les livres : procéder au birour et élever les étincelles de sainteté - extraire cette sainteté qui y est enfouie, et par là même l'impureté s'annule et disparaît du monde. Car tout ce qui la fait vivre n'est autre que cette étincelle sainte, et si l'on parvient à la dégager et à l'extraire, cette force d'impureté n'a plus aucune subsistance.

Et c'est là ce que nous attendons : qu'Hachem abatte le Satan. En quoi consiste cette « che'hita » du Satan ? En l'extraction de l'étincelle sainte qui est en lui. Il en va de même pour l'expression bien connue : « Il posa ses yeux sur lui et le réduisit en un monceau d'ossements ». Le Ben Ich 'Haï explique, semble-t-il au nom du 'Hida : comment l'a-t-il réduit en un tas d'ossements ? Il a aspiré de lui, par la force de son regard, cette étincelle sainte qui le vivifiait, et immédiatement il est devenu un monceau d'ossements. Dès l'instant où il n'y a plus en lui d'étincelle sainte pour le maintenir en vie, il devient aussitôt un monceau d'ossements. Il s'avère donc que les termes « Tu donnes la vie à tous » signifient qu'à chaque instant, Hachem infuse pour ainsi dire Son étincelle sainte en chaque élément de la Création et lui donne la vie.

Une force active même dans le monde inanimé

D'ailleurs, il est rapporté dans les saints ouvrages que même la matière inanimée possède une âme agissante, un principe actif. Quiconque lisait cela autrefois s'en étonnait : une force active dans l'inanimé ? Une pierre ou une table ne contiennent pourtant rien d'agissant, elles restent immobiles à leur place. Qui a jamais vu une table bouger ou danser ? De même, le Rambam affirme que les étoiles et les constellations sont dotées d'une âme - mais où voit-on une âme en elles, où perçoit-on un mouvement ?

Or, aujourd'hui, la science a découvert que toute chose dans le monde est composée d'atomes. Que signifie le mot « atome » ? Il signifie indivisible, avec le « a » privatif. Et l'atome est entouré d'électrons et de protons en perpétuel mouvement. Il s'avère donc qu'en toute chose, aussi bien dans une table que dans un verre, il y a du mouvement, seulement on ne le voit ni ne le ressent, car il est d'une extrême rapidité ; et lorsqu'on touche l'objet, il nous apparaît dur, matériel et solide. Mais si les atomes décidaient, au lieu de tourner, de se diriger tous vers la droite, le verre s'envolerait vers la droite ! S'il reste en place, c'est parce qu'ils tournent à toute vitesse sur place. C'est comparable à un ventilateur qui tourne à grande vitesse : l'observateur a l'impression de voir une surface bleue uniforme, mais en réalité il ne s'agit pas d'une surface pleine, seulement de pales ; lorsque le ventilateur s'arrêtera, on verra qu'il ne s'agit que d'hélices, et ce n'est qu'en raison de la vitesse que cela paraît être une surface continue.

Il en va de même pour chaque élément de la Création : il renferme une force agissante qui meut et opère de l'intérieur. On ne le voit pas et on ne le perçoit pas, mais c'est sur cette base que l'on construit aujourd'hui des accélérateurs de particules, que l'on enrichit de l'uranium et tout ce qui en découle. Il apparaît ainsi que ce que les saints ouvrages ont formulé il y a bien des siècles correspond à ce que les scientifiques ont fini par découvrir : il existe au sein de la matière une force agissante. Il ne faut pas la regarder comme une réalité purement matérielle et inerte, car elle abrite une force dynamique en perpétuel mouvement.

D'ailleurs, c'est ce phénomène qui crée l'illusion de volume. Si l'on concentrait la matière pure, nette, sans cette agitation des électrons tournoyant autour du noyau, la tour Eiffel tout entière tiendrait dans une boîte d'allumettes. C'est ce qu'affirme la science : prenez toute la tour Eiffel et réduisez-la à sa matière nette, sans l'espace du mouvement électronique, vous obtiendrez une boîte d'allumettes. Une boîte impossible à soulever, certes, car ce serait une matière extraordinairement dense ayant le poids de la tour Eiffel, mais voilà tout ce que représente la matière nette de tout l'édifice. Tout le reste relève de cette force agissante.

Et qui fait vivre tout cela à chaque instant ? Il devient désormais plus aisé de le concevoir. Imaginez que le Saint béni soit-Il appuie pour ainsi dire sur la touche « pause », et que les particules cessent de tournoyer : qu'adviendrait-il du monde ? En une fraction de seconde, il se contracterait en une bille pas plus grosse qu'une balle de tennis. Car la matière solide, comme nous l'avons souligné, n'est pas une réalité substantielle en soi ; elle est une forme d'illusion, puisque toute cette matière colossale n'est en fait que quelque chose de minuscule, et ce qui apparaît à nos yeux résulte uniquement de ces particules en rotation qui engendrent l'illusion de la matière. Et quelle est cette force ? C'est le sens de « Et Toi, Tu donnes la vie à tous » : la force spirituelle suprême qui engendre cette rotation et cette activité continue. De là nous reconnaissons que l'existence du monde, à chaque instant, ne vit et ne subsiste que par la puissance du Créateur, béni soit-Il.

« Et l'armée des cieux se prosterne devant Toi »

Même s'il a pu sembler, selon la conception des anciens, que la conduite du monde reposait sur le pouvoir des étoiles, des constellations et des corps célestes - raison pour laquelle ils adoraient le soleil, la lune, les astres et les signes du zodiaque, convaincus qu'ils exerçaient une influence déterminante sur le monde -, c'est à ce sujet que le verset proclame : « et l'armée des cieux se prosterne devant Toi ». Même si l'on admet que l'influx du Créateur béni soit-Il transite par les étoiles et les constellations, ce qui n'a rien d'absurde en soi, Son influence ne s'exerce qu'à travers eux en tant que simples intermédiaires.

Comme nous le savons, l'astrologie repose sur des principes réels, et la configuration des astres permet de discerner certains événements futurs, bien que cette connaissance reste très limitée. Même de grands érudits furent d'éminents astrologues ; de notre père Avraham, nos Sages enseignent qu'il était un grand astrologue, et il savait que selon les astres, il ne pouvait pas engendrer. Que lui a alors répondu Hachem ? « Avram n'engendre pas, mais Avraham engendrera » - sors de ton astrologie. Tu considères les choses comme un non-juif, car les nations sont effectivement sous l'influence des constellations ; mais un Juif s'élève au-dessus des astres. Par la prière, le Juif peut changer son destin, sa réalité se situe au-delà des étoiles - et même s'il en subit également une influence, ces astres ne détiennent aucun pouvoir autonome.

C'est pourquoi le verset ajoute aussitôt : « et l'armée des cieux se prosterne devant Toi ». Tous ces systèmes célestes à travers lesquels l'influence divine semble descendre se prosternent devant Hachem et ne sont que des forces subordonnées au Maître du monde. À quoi cela ressemble-t-il ? Si l'on a une lampe qui diffuse de la lumière, pourrait-on prétendre : « Qui a besoin de la compagnie d'électricité ? J'ai ma propre lampe qui produit de la lumière » ? D'où puise-t-elle son énergie ? De la centrale électrique. Il en va de même pour toutes les forces de la Création. C'est également ce qui est enseigné à propos des Séfirot : que nul ne commette l'erreur d'imaginer une quelconque dualité, à Dieu ne plaise, en croyant qu'il existe d'autres pouvoirs en dehors du Créateur béni soit-Il. Les Séfirot elles-mêmes émanent du Créateur, elles constituent une force émanée de Lui - et qui est-ce véritablement ? Le Créateur, béni soit-Il. De même, toute l'armée des cieux reçoit son flux d'Hachem, car « ils se prosternent devant Toi » : tous ont le statut de serviteurs, ils reçoivent de Toi, et c'est cet influx qu'ils transmettent et font descendre. Et comme il a déjà été expliqué, le terme « mazal » vient de « nozel », ce flux qui coule, s'épanche et irrigue tous les mondes ; le mazal ne possède aucune force autonome, mais « ils se prosternent devant Toi ».

« Tu es l'Éternel, le Dieu » - La providence miraculeuse qui a commencé avec Avraham

אַתָּה־הוּא ה' הָאֱלֹהִים אֲשֶׁר בָּחַרְתָּ בְּאַבְרָם וְהוֹצֵאתוֹ מֵאוּר כַּשְׂדִּים וְשַׂמְתָּ שְּׁמוֹ אַבְרָהָם׃ - Tu es l'Éternel, le Dieu qui as choisi Avram, qui l'as fait sortir d'Our Casdim et lui as donné le nom d'Avraham.

Le troisième aspect par lequel nous reconnaissons la royauté et la souveraineté d'Hachem sur le monde réside dans la providence miraculeuse qu'Il y exerce. Si le monde était purement naturel, éternel par essence et non pas créé, il devrait sans cesse fonctionner selon les lois immuables de la nature, sans jamais dévier. Mais lorsqu'on constate que le Saint, béni soit-Il, modifie à Son gré l'ordre établi - que lorsqu'Il le désire, des grêlons gigantesques tombent du ciel, qu'Il inflige dix plaies miraculeuses en Égypte, qu'Il fend la mer Rouge et accomplit des prodiges pour Avraham, Yits'hak et Yaakov - on comprend qu'il y a là une gouvernance supranaturelle et qu'une Volonté la dirige, car selon les seules lois de la nature, de tels bouleversements n'auraient jamais dû avoir lieu.

Et d'où a commencé cette conduite ? D'Avraham. C'est pourquoi le verset proclame : « Tu es l'Éternel, le Dieu qui as choisi Avram » - c'est de Toi, Maître du monde, qu'a débuté l'élection d'Avraham, et c'est lui qui inaugura cette providence miraculeuse. Et quel fut ce prodige dont il fit l'objet ? On l'avait jeté dans la fournaise d'Our Casdim : « et Tu l'as fait sortir d'Our Casdim ». C'est une merveille absolue : un homme est précipité dans une fournaise ardente ; s'il n'y avait pas de Maître au monde, serait-il concevable qu'il se trouve dans une telle situation et qu'il en réchappe ? C'est impossible. Et si tel fut pourtant le cas, c'est la preuve qu'il y a là une intervention miraculeuse, supranaturelle, du Créateur du monde. Depuis cet instant, Tu as commencé à suspendre les lois de la nature en faveur d'Avraham. Puis, « Tu lui as donné le nom d'Avraham » - signifiant que ses descendants formeraient eux aussi un peuple d'élection, sur lequel reposerait la Présence divine comme elle reposa sur Avraham, et qu'eux aussi bénéficieraient d'actions supranaturelles et d'interventions miraculeuses, tout comme Tu l'avais fait pour Avraham.

Le sens de « Hachem est le Dieu » (Hachem Hou HaÉlokim)

On rapporte une remarquable explication de cette proclamation que nous répétons dans les Seli'hot : « Hachem Hou HaÉlokim ». Il est enseigné que tant qu'Amalek n'est pas détruit, le Trône divin n'est pas complet et le Nom divin n'est pas complet. Que manque-t-il au Nom ? Les lettres Vav et Hé. Et que manque-t-il au Trône (Kissé) ? La lettre Alef, car le verset dit : « Car une main est sur le trône [Kès, écrit sans le Alef] de Yah [Yod-Hé] ». Il s'avère ainsi que lorsque s'ajouteront les lettres Hé, Vav et Alef (qui forment le mot « Hou » - « Lui »), la souveraineté du Saint, béni soit-Il, deviendra absolue dans le monde. C'est précisément le sens de « Hachem Hou HaÉlokim » : lorsque s'adjoindront au Nom divin les lettres du mot « Hou » - le Vav et le Hé du Tétragramme, et le Alef du Trône - Il se révélera alors pleinement en tant qu'« Élokim », c'est-à-dire le Souverain suprême, Tout-Puissant et détenteur de toutes les forces, comme nous disons : « Et règne, Toi seul, Éternel », « Que toute créature sache que Tu l'as créée », et tous révéreront Ton Nom. En d'autres termes, lorsque ce « Hou » viendra compléter le Nom d'Hachem, la dimension d'Élokim et Sa domination absolue apparaîtront aux yeux de tous.

Dès lors, on comprend le sens du verset : « Car l'Éternel a choisi Sion » - et quelle en est la suite ? « Il l'a désirée (Iva) pour Sa demeure ». Avec ce terme « Iva » (אִוָּהּ), formé des lettres Alef, Vav et Hé - le Alef du Trône, et le Vav et le Hé complétant le Nom divin -, le Trône céleste devient alors pleinement achevé (« pour Sa demeure »), et par là même, l'Éternel règnera pour ainsi dire sur toute la terre.

« Tu as trouvé son cœur fidèle » - L'Alliance et la Terre

וּמָצָאתָ אֶת־לְבָבוֹ נֶאֱמָן לְפָנֶיךָ וְכָרוֹת עִמּוֹ הַבְּרִית לָתֵת אֶת־אֶרֶץ הַכְּנַעֲנִי הַחִתִּי הָאֱמֹרִי וְהַפְּרִזִּי וְהַיְבוּסִי וְהַגִּרְגָּשִׁי לָתֵת לְזַרְעוֹ וַתָּקֶם אֶת־דְּבָרֶיךָ כִּי צַדִּיק אָתָּה׃ - Et Tu as trouvé son cœur fidèle devant Toi, et Tu as conclu avec lui l'alliance pour donner le pays du Cananéen, du Héthien, de l'Amoréen, du Perizien, du Yébousien et du Guirgashien, pour le donner à sa descendance ; et Tu as tenu Tes paroles, car Tu es juste.

« Tu as trouvé son cœur fidèle » - après avoir vu qu'Avraham cherchait le Créateur du monde, Hachem l'a soumis à des épreuves, et à l'issue de ces épreuves, Tu as trouvé son cœur fidèle devant Toi. C'est alors qu'Il a conclu une alliance avec lui pour lui donner le pays du Cananéen - une terre elle aussi singulière, vouée à une providence miraculeuse et ne fonctionnant pas selon les simples lois de la nature.

Voyez quelle terre d'exception : tant que son peuple ne l'habite pas, elle refuse d'offrir ses fruits aux conquérants étrangers qui s'y installent ; mais dès que ses enfants reviennent, elle recommence à donner ses fruits avec générosité. Quelle autre contrée voit ses pluies assurées uniquement selon la valeur de nos actes, et non à l'instar de l'Égypte baignée par le Nil, où « tu arrosais avec ton pied comme un jardin potager » ? C'est « une terre sur laquelle les yeux de l'Éternel, ton Dieu, sont constamment posés, du début de l'année jusqu'à la fin de l'année ». Tous les pays du monde reçoivent leur flux par l'intermédiaire des ministres célestes, tandis qu'Erets Israël reçoit directement sa subsistance du Créateur du monde. Ainsi, la Terre sainte est elle aussi un lieu où la providence miraculeuse est éclatante - ce qui constitue, comme nous l'avons souligné, l'une des voies par lesquelles se manifeste la souveraineté du Créateur sur Son univers.

« Pour la donner à sa descendance » - Hachem a conclu une alliance en promettant de donner le pays à sa descendance, sans le lui accorder immédiatement dans les faits. Avraham lui-même ne reçut qu'une promesse, et qui entra finalement en possession de la terre ? Sa descendance, comme il est dit : « C'est à toi que Je la donnerai et à ta descendance pour toujours ». Le verset décrit ensuite comment Hachem a tenu parole : « Et Tu as accompli Tes paroles » - en nous donnant la terre ainsi que Tu l'avais promis. Ce ne fut pas une vaine promesse, mais un engagement pleinement réalisé.

« Car Tu es juste » - Pourquoi cela ne comporte aucune injustice

Mais quelqu'un pourrait objecter : les Cananéens, les Hittites, les Amoréens, les Perizzites, les Jébuséens et les Guirgashites y habitaient bien, pourquoi les avoir chassés ? Il semblerait à première vue qu'il y ait là une injustice : Hachem aurait donné à l'un en « spoliant », pour ainsi dire, un autre. C'est à cela que le verset répond : « Car Tu es juste ». Et comme Hachem l'avait dit à Avraham : Je ne te donne pas maintenant les terres des Amoréens, et pourquoi ? « Car la faute de l'Amoréen n'est pas encore à son comble jusqu'à présent ». Et quand recevras-tu, toi Avraham, cette terre ? Lorsque la mesure sera pleine ; lorsqu'il y aura chez les Amoréens suffisamment de fautes pour justifier leur expulsion de la terre, alors le moment sera venu pour toi d'y entrer. Et c'est ce que souligne le verset : « Et Tu as accompli Tes paroles car Tu es juste » - il n'y a eu aucune injustice à les expulser et à nous y faire entrer, car Tu es juste, et Tu as attendu que leur faute soit à son comble pour nous y faire entrer. Et c'est aussi ce que nous disons : « Car c'est à cause de la méchanceté de ces nations qu'Hachem les dépossède devant toi » - pourquoi Hachem les dépossède-t-il devant moi ? En raison de leur méchanceté, et non pas parce que je le mérite et qu'Hachem éprouverait d'autres pour autant. C'est uniquement parce qu'ils étaient impies qu'Il les a chassés et nous a donné la terre. Et c'est là le sens de « Car Tu es juste ».

En résumé :

Nous avons vu comment s'ouvre la prière des Léviim le 24 Tichri : rassemblement dans le jeûne et vêtus de sacs, séparation d'avec les étrangers, aveu des fautes (vidouï), lecture de la Torah et prosternation. À travers l'appel « Levez-vous et bénissez », nous avons appris que notre perception du Créateur ne s'opère qu'à travers le « Nom de Ta gloire », dans Sa révélation après les contractions (tsimtsoumim), alors que dans Son essence même (Atsmouto Itbarakh), aucune pensée ne peut Le saisir - c'est pourquoi Il est « élevé au-dessus de toute bénédiction et de toute louange », et toute louange que nous pourrions Lui adresser est comme néant. Trois voies nous permettent de Le reconnaître : la Création (« Tu as fait les cieux »), la providence constante qui vivifie toute chose à chaque instant (« et Tu fais vivre chacun d'eux », l'armée des cieux et les constellations n'étant elles-mêmes que des serviteurs qui se prosternent devant Lui), et la providence miraculeuse inaugurée avec Avraham (« et Tu l'as fait sortir d'Our Kasdim »). De là, nous passons à l'Alliance et à la Terre : « Et Tu as trouvé son cœur fidèle », Hachem a conclu une alliance et a donné cette terre réservée à Sa providence directe, accomplissant Sa promesse - « Et Tu as accompli Tes paroles car Tu es juste », sans la moindre injustice, puisqu'Il a attendu que la faute des Amoréens soit à son comble.