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Chapitre 7 - La généalogie des exilés revenus de l'exil

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Introduction : De la construction de la muraille au peuplement de la ville

Le chapitre 7 de Néhémie est un chapitre de transition. La muraille a été rebâtie, les battants des portes ont été posés, mais le péril sécuritaire ne s'est pas encore dissipé. Néhémie organise la garde de la ville, et aussitôt après lui apparaît le véritable défi : Jérusalem est vaste et spacieuse, mais vide d'habitants et de maisons. Dès lors, le chapitre s'attache au registre généalogique de ceux qui étaient montés dans la première vague d'immigration, registre qui servira de base à la levée des contributions pour bâtir les maisons de Jérusalem et assurer son peuplement.

Verset 1 : La désignation des portiers, des chantres et des Léviim
וַיְהִי כַּאֲשֶׁר נִבְנְתָה הַחוֹמָה וָאַעֲמִיד הַדְּלָתוֹת וַיִּפָּקְדוּ הַשּׁוֹעֲרִים וְהַמְשֹׁרְרִים וְהַלְוִיִּם׃ - Lorsque la muraille fut rebâtie et que j'eus posé les battants, les portiers, les chantres et les Léviim furent préposés à leurs fonctions.

Nous avons vu précédemment qu'au début, la muraille avait certes été consolidée, mais que les battants n'étaient pas encore installés. Ici, l'ouvrage est achevé : la muraille est debout et les portes sont en place. Le sens simple de « vayipakdou » relève de la désignation d'officiers : Néhémie les a établis préposés à leur service, qu'il s'agisse des portiers, des chantres ou des Léviim. De fait, ce sont tous des Léviim, car au Beth Hamikdache ils assumaient deux offices : certains étaient responsables des portes du Sanctuaire, tandis que d'autres composaient le choeur des chantres.

Le Malbim propose une autre explication pour « vayipakdou » : jusqu'alors, les Léviim étaient mobilisés par les travaux de la muraille et ne pouvaient se consacrer ni à la garde ni au chant ; c'est seulement maintenant qu'ils ont été rappelés à leur poste. En d'autres termes, ordre leur a été donné de reprendre leur service habituel.

Verset 2 : « Il craignait Dieu plus que beaucoup d'autres »
וָאֲצַוֶּה אֶת חֲנָנִי אָחִי וְאֶת חֲנַנְיָה שַׂר הַבִּירָה עַל יְרוּשָׁלָ‏ִם כִּי הוּא כְּאִישׁ אֱמֶת וְיָרֵא אֶת הָאֱלֹהִים מֵרַבִּים׃ - Et je confiai le commandement de Jérusalem à mon frère Hanani et à Hananiah, gouverneur de la citadelle, car c'était un homme intègre et il craignait Dieu plus que beaucoup d'autres.

Néhémie confie à son frère Hanani ainsi qu'à Hananiah, « sar habira », la garde des portes de Jérusalem. Que désigne « sar habira » ? Le terme « bira » fait référence à un palais ou à une forteresse, à l'image du célèbre Midrach sur le voyageur qui aperçoit un somptueux palais (« bira ») dont le maître se penche vers lui. Une capitale (« ir habira ») tire son nom du palais royal qui y réside. Hananiah se trouve donc investi de la charge de gouverneur de Jérusalem.

Et pourquoi avoir porté son choix sur lui ? « Car c'était un homme intègre » (« ke-ich émet »). Ibn Ezra souligne que la lettre kaf n'a pas ici une valeur d'approximation ou de simple ressemblance, mais qu'elle atteste de la pleine réalité : il était véritablement un homme intègre.

« Et il craignait Dieu plus que beaucoup d'autres » (« véyaré ett ha-Elokim mérabbim ») - ce membre de phrase reçoit trois interprétations. La première : il craignait Dieu plus qu'il ne redoutait la foule ou les puissants (« rabbim »). Nombreux sont ceux qui craignent le Ciel, mais qui cèdent dès lors que la masse fait pression sur eux. Néhémie recherchait un responsable inébranlable même face au nombre, insensible aux menaces des multiples dignitaires ligués avec Tovia, dont nous avons souligné l'importante faction. La seconde explication, retenue par Rachi : « mérabbim » s'entend dans la durée, c'est-à-dire depuis de nombreuses années. La troisième interprétation : sa piété surpassait celle de la plupart des hommes que l'on côtoie, selon une formule fréquente dans les écrits - plus craignant Dieu que le commun des fidèles.

Verset 3 : Les consignes de garde pour les portes
וָאֹמַר לָהֶם לֹא יִפָּתְחוּ שַׁעֲרֵי יְרוּשָׁלַ‏ִם עַד חֹם הַשֶּׁמֶשׁ וְעַד הֵם עֹמְדִים יָגִיפוּ הַדְּלָתוֹת וֶאֱחֹזוּ וְהַעֲמֵיד מִשְׁמְרוֹת יֹשְׁבֵי יְרוּשָׁלַ‏ִם אִישׁ בְּמִשְׁמָרוֹ וְאִישׁ נֶגֶד בֵּיתוֹ׃ - Et je leur dis : Que les portes de Jérusalem ne s'ouvrent point jusqu'à la grande chaleur du soleil ; et tant que les gardes sont debout à leur poste, qu'on ferme les battants et qu'on les verrouille ; et qu'on établisse des gardes parmi les habitants de Jérusalem, chacun à son poste et chacun vis-à-vis de sa maison.

La crainte des ennemis persistait. C'est pourquoi Néhémie posta des gardes sur les remparts de Jérusalem et leur donna cet avertissement : il ne faut pas ouvrir les portes avant la chaleur du soleil, c'est-à-dire jusqu'au milieu du jour, moment où la chaleur solaire est à son comble. « Et tant qu'ils se tiennent là, qu'on ferme les battants et qu'on les verrouille » - tant que les portes sont ouvertes, les gardes doivent rester fermement à leur poste sans bouger, jusqu'à ce que l'on rabatte et referme les portes ; pendant ce temps, ceux qui souhaitent sortir sortent, et ceux qui veulent entrer entrent.

Le Malbim explique qu'il s'agissait de portes doubles : une grande porte à l'extérieur, et à l'intérieur un guichet plus étroit par lequel entraient les individus un à un. Néhémie ordonne que même lorsqu'on ouvre la grande porte, la petite entrée individuelle reste fermée afin de procéder à un contrôle minutieux, en n'ouvrant qu'une personne à la fois. À l'image de l'accès au Kotel de nos jours, où chaque individu est inspecté à l'entrée et où nul ne pénètre sans autorisation.

En outre, il ordonne d'établir des gardes parmi les habitants de Jérusalem, « chacun à son poste » - pour qu'un garde d'un détachement ne remplace pas un camarade d'un autre détachement, ce qui nuirait à la rigueur de la surveillance. De plus, « chacun vis-à-vis de sa maison » : quiconque possède une maison montera la garde devant chez lui, attentif à l'intrusion éventuelle d'inconnus susceptibles de représenter un danger, afin de leur barrer le passage.

Verset 4 : Une ville vaste et un peuple peu nombreux
וְהָעִיר רַחֲבַת יָדַיִם וּגְדֹלָה וְהָעָם מְעַט בְּתוֹכָהּ וְאֵין בָּתִּים בְּנוּיִם׃ - Or la ville était spacieuse et grande, mais le peuple y était peu nombreux, et les maisons n'étaient pas bâties.

La ville était vaste et grande, la muraille englobant un vaste territoire ; en contrepartie, la population y était clairsemée, Jérusalem ne comptant pas encore une population importante. À cela s'ajoutait une autre difficulté : « et les maisons n'étaient pas bâties » - une grande partie de la superficie de Jérusalem restait déserte et vide, faute d'habitations construites.

Tout cela sert d'introduction à ce qui suit. Néhémie souhaite installer des enfants d'Israël à Jérusalem, comme nous le verrons au chapitre 11, mais il sait pertinemment qu'il est impossible de faire venir des habitants tant que les maisons ne sont pas bâties. Il faut donc lever une contribution auprès de chaque famille en fonction du nombre d'hommes qui la composent ; grâce à cette contribution, on construira les maisons de Jérusalem, qu'il sera alors possible de peupler. Or, pour réussir cette collecte, il est nécessaire de dénombrer la population, d'établir la généalogie de chaque famille et de savoir qui a contribué et à quelle hauteur. C'est pourquoi la suite du chapitre est consacrée au registre généalogique de ces personnes - le tout en vue de lever cette contribution.

Verset 5 : La découverte du registre généalogique
וַיִּתֵּן אֱלֹהַי אֶל לִבִּי וָאֶקְבְּצָה אֶת הַחֹרִים וְאֶת הַסְּגָנִים וְאֶת הָעָם לְהִתְיַחֵשׂ וָאֶמְצָא סֵפֶר הַיַּחַשׂ הָעוֹלִים בָּרִאשׁוֹנָה וָאֶמְצָא כָּתוּב בּוֹ׃ - Mon Dieu me mit au cœur de rassembler les notables, les magistrats et le peuple, pour faire leur recensement généalogique. Et je trouvai le livre de généalogie de ceux qui étaient montés au début, et j'y trouvai consigné :

Hachem lui inspira de rassembler les notables, les magistrats et le peuple. Les « ḥorim » (notables) sont les personnages éminents. Pourquoi portent-ils ce nom ? Ibn Ezra explique que le mot « blanc » se traduit en araméen par « 'hivar », et que « ḥorim » dérive de cette notion de blancheur. On sait que le vêtement blanc est un habit d'apparat et confère une allure honorable, d'où ce nom attribué aux dignitaires. Quant aux « seganim », ce sont leurs adjoints.

« Et le peuple, pour faire leur généalogie » - il réunit également le peuple pour examiner leur lignée et compter les membres de chaque famille, afin qu'ils participent à la souscription destinée à bâtir Jérusalem. C'est alors que Néhémie découvrit un registre, un cahier ou un rouleau, où était consignée la généalogie des premiers rapatriés - ceux qui étaient montés au départ de Babylone vers la terre d'Israël -, avec leurs noms et leurs familles ; et il y trouva consigné ce que nous allons lire ci-après.

Versets 6-7 : La liste des rapatriés et Mordékhaï Bilchan
אֵלֶּה בְּנֵי הַמְּדִינָה הָעֹלִים מִשְּׁבִי הַגּוֹלָה אֲשֶׁר הֶגְלָה נְבוּכַדְנֶצַּר מֶלֶךְ בָּבֶל וַיָּשׁוּבוּ לִירוּשָׁלַ‏ִם וְלִיהוּדָה אִישׁ לְעִירוֹ׃ - Voici les enfants de la province qui montèrent de la captivité de l'exil, que Nabuchodonosor, roi de Babylone, avait exilés ; et ils retournèrent à Jérusalem et en Judée, chacun dans sa ville.
הַבָּאִים עִם זְרֻבָּבֶל יֵשׁוּעַ נְחֶמְיָה עֲזַרְיָה רַעַמְיָה נַחֲמָנִי מָרְדֳּכַי בִּלְשָׁן מִסְפֶּרֶת בִּגְוַי נְחוּם בַּעֲנָה מִסְפַּר אַנְשֵׁי עַם יִשְׂרָאֵל׃ - Ceux qui vinrent avec Zorobabel : Yéchoua, Néhémie, Azaria, Raamia, Nahamani, Mordékhaï, Bilchan, Misperet, Bigvaï, Nehoum, Baana. Nombre des hommes du peuple d'Israël :

Ce sont là les hommes qui montèrent, et ils sont également mentionnés au début du livre d'Ezra. Il existe certes des divergences dans les chiffres, et Rachi explique que le total général est identique et que le texte n'a pas cherché à détailler chaque calcul avec minutie. Le Malbim, quant à lui, résout cette divergence d'une autre manière : certaines familles sont mentionnées d'après le nom de leur ancêtre, tandis que d'autres le sont d'après le nom de leur ville. Ainsi, le décompte est parfois inférieur ici car certaines personnes avaient déjà été comptées au sein de leur famille, ou inversement. Au bout du compte, les calculs sont rigoureusement exacts.

« Mordékhaï Bilchan » - c'est Mordékhaï HaYéhoudi, et il est appelé Bilchan parce qu'il maîtrisait de nombreuses langues. Aujourd'hui encore, une personne qui connaît de nombreuses langues est appelée balchan (linguiste). « Yéchoua » est Yéhochoua ben Yéhotsadak, le Cohen Gadol. « Nombre des hommes du peuple d'Israël » - c'est le nombre des hommes d'importance venus avec Zorobabel de la captivité de l'exil.

Versets 8-38 : Le dénombrement des familles et des villes
בְּנֵי פַרְעֹשׁ אַלְפַּיִם מֵאָה וְשִׁבְעִים וּשְׁנָיִם׃ - Les descendants de Paroch : deux mille cent soixante-douze.

Le décompte se poursuit ensuite : les descendants de Chéfatia, trois cent soixante-douze ; les descendants d'Arah, six cent cinquante-deux. « Les descendants de Pahath-Moav » (faisant référence à celui qui avait été gouverneur en Moab), pour les descendants de Yéchoua et de Yoav : deux mille huit cent dix-huit. « Les descendants d'Élam » est un nom de lieu : mille deux cent cinquante-quatre. Et de même : les descendants de Zattou, les descendants de Zakkaï, les descendants de Binnouï, les descendants de Bébaï, les descendants d'Azgad, les descendants d'Adonikam, les descendants de Bigvaï, les descendants d'Adine.

בְּנֵי אָטֵר לְחִזְקִיָּה תִּשְׁעִים וּשְׁמֹנָה׃ - Les descendants d'Ater, de Hizkia : quatre-vingt-dix-huit.

Le Metsoudat David explique que le texte a apporté une précision au sujet d'Ater, indiquant qu'il était issu de la lignée de Hizkia, d'où l'expression « les descendants d'Ater, de Hizkia ». Une autre explication veut qu'avec les fils de Hizkia réunis, ils fussent quatre-vingt-dix-huit.

Le texte continue : les descendants de Hachoum, les descendants de Betsaï, les descendants de Harif, les hommes de Guiveon, les hommes de Beth-Léhem et de Netofa, les hommes d'Anatot au nombre de cent vingt-huit - ville d'où était originaire le prophète Jérémie (Yirméyahou). De même : les hommes de Beth-Azmavet, les hommes de Kiryat-Yéarim, Kefira et Béérot, les hommes de Rama et de Guéva, les hommes de Mikhmas, les hommes de Beth-El et d'Aï.

אַנְשֵׁי נְבוֹ אַחֵר חֲמִשִּׁים וּשְׁנָיִם׃ - Les hommes de l'autre Nébo : cinquante-deux.

Que signifie « l'autre Névo » ? C'est parce qu'il existe deux Névo : celle mentionnée dans le livre d'Ezra et une autre Névo. De même pour « les fils de l'autre Élam » : Élam a déjà été mentionnée plus haut, et il s'agit ici d'une autre localité portant le même nom. Le décompte se poursuit ainsi : les descendants de 'Harim, trois cent vingt ; les descendants de Jéricho, trois cent quarante-cinq ; les descendants de Lod, 'Hadid et Ono, sept cent vingt et un ; les descendants de Sénaa, trois mille neuf cent trente.

Versets 39-45 : Les Cohanim, les Léviim, les chantres et les portiers
הַכֹּהֲנִים בְּנֵי יְדַעְיָה לְבֵית יֵשׁוּעַ תְּשַׁע מֵאוֹת שִׁבְעִים וּשְׁלֹשָׁה׃ - Les Cohanim : les descendants de Yédaya, de la maison de Yéchoua, neuf cent soixante-treize.

C'est le nombre de Cohanim parmi les descendants de Yédaya, de la maison de Yéchoua, qui était de noble lignée. Viennent ensuite les descendants d'Imer, mille cinquante-deux ; les descendants de Pach'hour, mille deux cent quarante-sept ; et les descendants de 'Harim, mille dix-sept. Ce 'Harim n'est pas le même que celui mentionné précédemment, mais un autre ; selon une autre explication, le texte comptait plus haut les simples Israélites issus de la famille de 'Harim, tandis qu'il recense ici les Cohanim qui en faisaient partie.

« Les Léviim : les descendants de Yéchoua et de Kadmiel, pour les fils de Hodva, soixante-quatorze » - c'est-à-dire que les descendants de Yéchoua avec Kadmiel et les fils de Hodva comptaient ensemble soixante-quatorze personnes. « Les chantres : les descendants d'Assaph, cent quarante-huit », et les portiers : les descendants de Chaloum, d'Ater, de Talmon, d'Akouv, de 'Hatita et de Chovaï, cent trente-huit.

Versets 46-60 : Les Netinim
הַנְּתִינִים בְּנֵי צִחָא בְנֵי חֲשׂוּפָא בְּנֵי טַבָּעוֹת׃ - Les Netinim : les descendants de Tsi'ha, les descendants de 'Hassoufa, les descendants de Tabaot.

Qui sont les Netinim ? Ce sont les Guibonim (Gabaonites). Pourquoi étaient-ils appelés Netinim (« assignés ») ? Parce que Yehoshoua les avait assignés à ce rôle, ainsi qu'il est écrit : « Et Yehoshoua les assigna comme fendeurs de bois et puiseurs d'eau ». Le texte énumère alors leurs familles : les descendants de Kiros, de Sia, de Padon, de Levana, de 'Hagaba, de Chalmaï, de 'Hanan, de Guidel, de Ga'har, de Reaya, de Retsine, de Nekoda, de Gazam, d'Ouza, de Passéa'h, de Bessaï, de Meounim, de Nefichesim, de Bakbouk, de 'Hakoufa, de 'Har'hour, de Batslith, de Me'hida, de 'Harcha, de Barkos, de Sisra, de Tama'h, de Netsia'h et de 'Hatifa.

Viennent ensuite les descendants des serviteurs de Salomon : les descendants de Sotaï, de Soféret, de Perida, de Yaala, de Darkon, de Guidel, de Chefatia, de 'Hatil, de Pokhéret Hatsévaïm et d'Amon. « Tous les Netinim et les descendants des serviteurs de Salomon : trois cent quatre-vingt-douze ».

Versets 61-62 : Les rapatriés qui ne purent indiquer leur maison paternelle
וְאֵלֶּה הָעוֹלִים מִתֵּל מֶלַח תֵּל חַרְשָׁא כְּרוּב אַדּוֹן וְאִמֵּר וְלֹא יָכְלוּ לְהַגִּיד בֵּית אֲבֹתָם וְזַרְעָם אִם מִיִּשְׂרָאֵל הֵם׃ - Et voici ceux qui montèrent de Tel-Mela'h, Tel-'Harcha, Kerouv, Adon et Imer, et qui ne purent faire connaître leur maison paternelle ni leur lignée, pour savoir s'ils étaient d'Israël.

D'autres encore montèrent de Tel-Mela'h, Tel-'Harcha, Kerouv, Adon et Imer, mais ils ne purent établir leur maison paternelle et ignoraient leur généalogie, sans pouvoir prouver s'ils appartenaient au peuple d'Israël. Les descendants de Delaya, de Tovia et de Nekoda comptaient six cent quarante-deux personnes - ils ne savaient pas qui étaient leurs ancêtres ni à quelle tribu ils se rattachaient.

Versets 63-64 : Des kohanim écartés de la prêtrise
וּמִן הַכֹּהֲנִים בְּנֵי חֳבַיָּה בְּנֵי הַקּוֹץ בְּנֵי בַרְזִלַּי אֲשֶׁר לָקַח מִבְּנוֹת בַּרְזִלַּי הַגִּלְעָדִי אִשָּׁה וַיִּקָּרֵא עַל שְׁמָם׃ - Et parmi les kohanim : les fils de Habaïa, les fils de Hakots, les fils de Barzilaï, qui avait épousé une des filles de Barzilaï le Galaadite et fut appelé de leur nom.

Leur ancêtre avait pris pour femme l'une des filles de Barzilaï le Galaadite, et c'est pourquoi on leur donna le nom de Barzilaï, comme s'ils étaient les descendants de Barzilaï.

אֵלֶּה בִּקְשׁוּ כְתָבָם הַמִּתְיַחְשִׂים וְלֹא נִמְצָא וַיְגֹאֲלוּ מִן הַכְּהֻנָּה׃ - Ceux-là cherchèrent leur registre généalogique, mais il ne fut pas trouvé ; ils furent donc exclus de la prêtrise.

Ils cherchèrent leur « registre généalogique », c'est-à-dire leur acte de filiation, mais on ne le trouva pas. En conséquence, ils furent écartés de la prêtrise.

Verset 65 : Le Tirshata et les Ourim VeToumim
וַיֹּאמֶר הַתִּרְשָׁתָא לָהֶם אֲשֶׁר לֹא יֹאכְלוּ מִקֹּדֶשׁ הַקֳּדָשִׁים עַד עֲמֹד הַכֹּהֵן לְאוּרִים וְתֻמִּים׃ - Le Tirshata leur dit de ne pas manger des offrandes très saintes jusqu'à ce qu'un kohen se lève avec les Ourim VeToumim.

Qui est le Tirshata ? C'est Néhémie. Et pourquoi l'appelait-on ainsi ? Parce qu'on lui avait accordé la permission de boire le vin des non-juifs. En tant qu'échanson du roi, il devait goûter le vin avant de le lui servir pour s'assurer qu'il n'était pas empoisonné ; on lui permit donc le vin ordinaire (setam yénam), même manipulé par un non-juif. « Tirshata » fait allusion à héter chtiya, l'autorisation de boire.

Néhémie tranche alors : ces kohanim qui n'ont pas de preuve de leur lignée ne mangeront pas des offrandes très saintes, puisqu'il y a un doute sur leur statut de kohanim. Jusqu'à quand ? « Jusqu'à ce qu'un kohen se lève avec les Ourim VeToumim ». Or, durant le Second Temple, il n'y avait pas d'Ourim VeToumim. Nos Sages expliquent que cela équivaut à dire « jusqu'à ce que vienne le Machia'h » : quand un kohen disposant des Ourim VeToumim se lèvera, nous procéderons à la vérification, mais dans les faits, il n'y en a pas, et d'ici la venue du Machia'h, on ne peut rien faire et l'on ne sait quel statut leur accorder.

Versets 66-68 : Le décompte total de l'assemblée
כָּל הַקָּהָל כְּאֶחָד אַרְבַּע רִבּוֹא אַלְפַּיִם שְׁלֹשׁ מֵאוֹת וְשִׁשִּׁים׃ - Toute l'assemblée réunie comptait quarante-deux mille trois cent soixante personnes.

Une « ribo » équivaut à dix mille ; quatre ribo font donc quarante mille, auxquels s'ajoutent deux mille trois cent soixante. Au total, quarante-deux mille trois cent soixante personnes arrivèrent.

מִלְּבַד עַבְדֵיהֶם וְאַמְהֹתֵיהֶם אֵלֶּה שִׁבְעַת אֲלָפִים שְׁלֹשׁ מֵאוֹת שְׁלֹשִׁים וְשִׁבְעָה וְלָהֶם מְשֹׁרְרִים וּמְשֹׁרְרוֹת מָאתַיִם וְאַרְבָּעִים וַחֲמִשָּׁה׃ - Sans compter leurs serviteurs et leurs servantes, au nombre de sept mille trois cent trente-sept ; ils avaient aussi deux cent quarante-cinq chanteurs et chanteuses.

Ce décompte ne comprend pas les serviteurs et les servantes qu'ils emmenèrent avec eux. Et que représentent ces chanteurs et chanteuses ? Ils avaient pris avec eux des chanteurs et des chanteuses pour chanter en chemin, afin de faire leur montée dans la joie - montons vers notre terre dans les chants et les louanges. Or, dans le livre d'Ezra, il est écrit qu'ils n'étaient que deux cents ; le Metsoudat David explique que ces quarante-cinq autres étaient alors enfants à l'époque et avaient grandi depuis, c'est pourquoi le texte en compte ici deux cent quarante-cinq. De plus : quatre cent trente-cinq chameaux, et six mille sept cent vingt ânes.

פסוקים סט-עא: הנדבות למלאכה
וּמִקְצָת רָאשֵׁי הָאָבוֹת נָתְנוּ לַמְּלָאכָה הַתִּרְשָׁתָא נָתַן לָאוֹצָר זָהָב דַּרְכְּמֹנִים אֶלֶף מִזְרָקוֹת חֲמִשִּׁים כָּתְנוֹת כֹּהֲנִים שְׁלֹשִׁים וַחֲמֵשׁ מֵאוֹת׃ - Une partie des chefs de famille donnèrent pour l'ouvrage. Le Tirshata donna au trésor mille dariques d'or, cinquante bassins et cinq cent trente tuniques de prêtres.

Une partie des chefs de famille offrirent des dons pour l'ouvrage de la Maison d'Hachem. Et qu'ont-ils donné ? Néhémie, appelé ici le Tirshata, donna au trésor du Temple mille dariques d'or - les dariques étant une monnaie de l'époque - ainsi que cinquante bassins d'aspersion et des tuniques sacerdotales, autant d'ustensiles précieux et de vêtements particuliers qui furent remis au trésor de la Maison d'Hachem.

וּמֵרָאשֵׁי הָאָבוֹת נָתְנוּ לְאוֹצַר הַמְּלָאכָה זָהָב דַּרְכְּמוֹנִים שְׁתֵּי רִבּוֹת וְכֶסֶף מָנִים אַלְפַּיִם וּמָאתָיִם׃ - Des chefs de famille donnèrent au trésor de l'ouvrage vingt mille dariques d'or et deux mille deux cents mines d'argent.

D'autres chefs de famille donnèrent également, à l'époque de Néhémie, pour le trésor des travaux - pour la réfection du Temple ou pour la reconstruction de la ville, comme mentionné précédemment - une somme de deux « ribot » de dariques d'or, c'est-à-dire vingt mille dariques, et deux mille deux cents mines d'argent.

Le Malbim s'interroge sur la différence entre les quantités offertes ici et celles mentionnées plus haut dans le livre d'Ezra, et apporte plusieurs réponses. Premièrement : selon un avis, Néhémie est monté à deux reprises, lors de la première aliyah puis une seconde fois lorsqu'il est venu rebâtir Jérusalem, ce qui s'appuie sur des preuves tirées des versets. Dès lors, il y a eu deux souscriptions : le décompte du livre d'Ezra correspond au premier don, et celui rapporté ici au second. Deuxièmement : dans Ezra, le texte ne compte que ceux venus de Babylone, alors qu'ici sont également comptés ceux venus des autres provinces, car les exilés s'étaient dispersés au-delà de Babylone. Autre explication : de nouveaux chefs de famille s'étaient ajoutés, et c'est ce qui apparaît dans le registre généalogique découvert par Néhémie - de nouveaux chefs de famille venus s'ajouter aux premiers. Enfin : le second don eut lieu lorsque Néhémie arriva la vingtième année d'Artaxerxès, et c'est cet apport qui figure ici.

וַאֲשֶׁר נָתְנוּ שְׁאֵרִית הָעָם זָהָב דַּרְכְּמוֹנִים שְׁתֵּי רִבּוֹא וְכֶסֶף מָנִים אַלְפָּיִם וְכָתְנֹת כֹּהֲנִים שִׁשִּׁים וְשִׁבְעָה׃ - Ce que donna le reste du peuple s'élevait à vingt mille dariques d'or, deux mille mines d'argent et soixante-sept tuniques de prêtres.
פסוק עב: "וַיִּגַּע הַחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי"
וַיֵּשְׁבוּ הַכֹּהֲנִים וְהַלְוִיִּם וְהַשּׁוֹעֲרִים וְהַמְשֹׁרְרִים וּמִן הָעָם וְהַנְּתִינִים וְכָל יִשְׂרָאֵל בְּעָרֵיהֶם וַיִּגַּע הַחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי וּבְנֵי יִשְׂרָאֵל בְּעָרֵיהֶם׃ - Les prêtres, les Lévites, les portiers, les chanteurs, des membres du peuple, les Netinim et tout Israël s'établirent dans leurs villes. Lorsque arriva le septième mois, les enfants d'Israël étaient dans leurs villes.

Le septième mois correspond au mois de Tichri. Mais de quelle époque s'agit-il ici ? Certains expliquent que la mention selon laquelle les enfants d'Israël se trouvaient dans leurs villes au septième mois fait référence à ce qui est rapporté dans le livre d'Ezra lors de la montée sous Cyrus, où il est dit qu'ils célébrèrent la fête de Souccot au septième mois.

Le Malbim apporte une autre explication : cet événement s'est produit à l'époque de Néhémie, après la reconstruction de la muraille. Et puisque là-bas, à la fin du registre généalogique, le texte concluait par « le septième mois arriva et le peuple s'assembla », ici aussi le texte s'achève par le même verset, afin d'y rattacher ce qui s'est passé à son époque. Quant à ce qui est écrit dans Ezra, « et ils célébrèrent la fête de Souccot », cela fait référence au Hallel, à la joie, aux holocaustes de pèlerinage, aux sacrifices de fête et aux quatre espèces. Ici aussi, nous verrons bientôt qu'ils célèbrent la fête au septième mois, mais il s'agit de l'époque de Néhémie, non pas de cette première fête de Souccot, mais d'une autre fête de Souccot, comme cela sera rapporté dans le chapitre suivant.

En résumé :

Le chapitre s'ouvre sur l'achèvement de la muraille et des portes, ainsi que sur l'installation des Lévites, des portiers et des chantres à leurs postes. Il se poursuit par la nomination de 'Hanani et 'Hanania à la tête de Jérusalem - des hommes de vérité qui craignaient Dieu plus que le grand nombre - et par des consignes de garde rigoureuses : ouverture des portes seulement pendant la chaleur du soleil, vérification minutieuse à la poterne, chacun à son poste et chacun face à sa maison. De là, Néhémie aborde le problème fondamental : une ville vaste, un peuple restreint et aucune maison bâtie. Pour peupler Jérusalem, une contribution est nécessaire, et pour lever une telle offrande, il faut un dénombrement généalogique certifié. C'est pourquoi Néhémie trouva le registre généalogique de ceux qui étaient montés au départ et recensa les familles, les Cohanim, les Lévites, les chantres, les portiers et les Netinim. Quiconque ne trouva pas son acte généalogique fut écarté de la prêtrise jusqu'à ce que se lève un Cohen pour les Ourim vé-Thoumim, et le total de l'assemblée s'élevait à quarante-deux mille trois cent soixante personnes. Le chapitre s'achève par les dons des chefs de famille pour le trésor des travaux et par l'établissement de tout Israël dans ses villes à l'arrivée du septième mois, prélude à la fête et au grand rassemblement du chapitre suivant.