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Chapitre 2 - Annonce de paix et chute de l'Assyrie

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Introduction : la prophétie de Nahoum sur la chute de l'Assyrie

Le deuxième chapitre de Nahoum offre une description détaillée de la chute de l'Assyrie et de la destruction de Ninive. Comme nous l'avons vu au chapitre précédent, le roi d'Assyrie était un souverain cruel qui cherchait à combattre Babylone. Des rebelles se soulevèrent au sein même de son royaume ; il réussit d'abord à les soumettre, mais une armée extérieure - les Bactriens - qui devait lui prêter main-forte, fut achetée par les Babyloniens qui rallièrent son cœur à leur cause. Ainsi, ces troupes censées secourir le roi d'Assyrie devinrent les alliées de ses ennemis, et, conjuguées aux insurgés de l'intérieur, permirent à Babylone de conquérir l'Assyrie.

Ce monarque était Sardanapale, un roi impie, tyrannique et corrompu. Lorsqu'il comprit que la ville était prise, il mit le feu à son palais et périt dans les flammes avec ses femmes, ses enfants et ses serviteurs, préférant se donner la mort. Nous avons également vu qu'un signe préalable lui avait été donné : les astrologues, devins et augures l'avaient prévenu que le jour où le fleuve Tigre se retournerait contre lui, il saurait que sa fin était venue. De fait, peu avant la conquête, le Tigre déborda de son lit, submergea le rempart de la ville et en fit s'effondrer une partie. Sardanapale comprit alors que le terme était proche et commit cet acte irréparable.

Verset 1 : La bonne nouvelle de paix pour Juda

הִנֵּה עַל־הֶהָרִים רַגְלֵי מְבַשֵּׂר מַשְׁמִיעַ שָׁלוֹם, חׇגִּי יְהוּדָה חַגַּיִךְ שַׁלְּמִי נְדָרָיִךְ, כִּי לֹא יוֹסִיף עוֹד לַעֲבׇר־בָּךְ בְּלִיַּעַל כֻּלֹּה נִכְרָת. - Voici sur les montagnes les pas du messager qui annonce la paix ! Célèbre tes fêtes, Juda, accomplis tes vœux, car l'homme sans foi ni loi ne passera plus désormais au milieu de toi : il est entièrement retranché.

Le roi d'Assyrie avait voulu soumettre le royaume de Juda. Nous avons vu que Hizkiyahu et son peuple s'étaient enfermés derrière des remparts, portes et verrous, jusqu'à ce que le Saint, béni soit-Il, intervienne et frappe dans le camp de Sanhériv cent quatre-vingt-cinq mille chefs d'armée. Ils vivaient dans la terreur de l'Assyrie, et voici que retentit la bonne nouvelle : sur les montagnes s'avancent les pas du messager proclamant la paix. Juda, célèbre tes solennités, tu peux désormais accomplir tes fêtes en toute quiétude.

Tout au long de ce chapitre, le Malbim envisage deux époques possibles et développe son commentaire selon chacune d'elles. D'après l'opinion situant ces événements à l'époque de Ménashé, le texte biblique relate que les chefs de l'armée du roi d'Assyrie capturèrent Ménashé et l'emmenèrent à Babylone dans les fers, mais « Ménashé implora l'Éternel, et Il le rétablit dans sa royauté ». Nos Sages décrivent qu'on l'avait enfermé dans une cuve de cuivre sous laquelle on avait allumé un feu ; c'est alors qu'il cria vers Hachem, et le Saint, béni soit-Il, fit souffler un vent de tempête qui l'arracha de là pour le ramener à Jérusalem, après quoi il fit téchouva. Bien que sa téchouva ne fût pas complète, il revint néanmoins de son égarement.

C'est de cette époque que parle ici le prophète. Ménashé fut capturé par Bélésys, le général babylonien alors soumis au roi d'Assyrie. Plus tard, lorsque ce général babylonien se révolta contre Sardanapale, roi d'Assyrie, il rétablit Ménashé sur son trône. C'est à ce moment que Ménashé prononça des vœux pour servir Hachem, béni soit-Il, vœux qui inspirèrent le psaume 66 des Téhilim : « Je t'acquitterai de mes vœux, ceux qu'ont proférés mes lèvres ». Les messagers parcoururent alors les monts de Juda pour proclamer la paix : vous n'avez plus rien à redouter de vos oppresseurs, car Ménashé retrouve sa royauté. Célébrez vos fêtes, l'autel est reconstruit, reprenez le service divin et acquittez-vous des vœux prononcés aux jours de votre détresse.

« Car l'homme sans foi ni loi ne passera plus désormais au milieu de toi : il est entièrement retranché » - vous n'avez plus rien à craindre du roi d'Assyrie, désigné ici sous le nom de Béliyaal, ce sinistre conseiller. « Il est entièrement retranché » : lui-même ainsi que sa maison, et ses fils ont pris la fuite pour ne plus jamais revenir.

Rachi ainsi que le Radak expliquent quant à eux que ces paroles s'appliquent à Sanhériv. Tous deux visent bien le roi d'Assyrie, la divergence ne portant que sur la chronologie : selon Rachi, il s'agit de la campagne de Sanhériv au temps de Hizkiyahu, tandis que selon le Malbim, il s'agit du roi venu à l'époque de Ménashé, fils de Hizkiyahu. Selon Rachi et le Radak, l'expression « il ne passera plus désormais au milieu de toi : il est entièrement retranché » signifie que ses fils également prirent la fuite, ce qui concorde avec leur lecture historique : cent quatre-vingt-cinq mille chefs d'armée périrent devant les portes de Jérusalem, ses fils s'enfuirent avant d'assassiner leur propre père, puis trouvèrent eux-mêmes la mort par la suite - ainsi, « il est entièrement retranché ».

Verset 2 : Le destructeur assiégé à son tour

עָלָה מֵפִיץ עַל־פָּנַיִךְ נָצוֹר מְצוּרָה, צַפֵּה־דֶרֶךְ חַזֵּק מׇתְנַיִם אַמֵּץ כֹּחַ מְאֹד. - Un destructeur monte contre toi : garde la forteresse, surveille la route, affermis tes reins, rassemble toute ta force !

« Un destructeur monte contre toi » - le destructeur a déjà fait son apparition. Qui est-il ? C'est le roi d'Assyrie, qui a dispersé Israël en exil, ou bien, si l'on se place à une époque antérieure, qui projetait de disperser Israël en exil. Mais à présent, « garde la forteresse » - ses propres chefs d'armée, révoltés contre lui, l'assiègent, et il se retrouve lui-même en état de siège.

« Surveille le chemin » - tiens-toi là et guette la route. En ces temps-là, on se postait aux carrefours pour recueillir les nouvelles auprès des passants ; c'était là que convergeaient toutes les informations. C'est ainsi que Léa se tenait au bord du chemin pour entendre ce que l'on disait de son futur époux, ce « bijou » d'Ésaü, et qu'elle entendit : « L'aînée pour l'aîné et la cadette pour le cadet » ; elle en pleura et mérita finalement de devenir la part de Jacob. De même ici : surveille le chemin pour entendre la bonne nouvelle de sa chute, et par là même, « fortifie tes reins, rassemble toute ta force » - reprends courage, car tu es sur le point d'entendre de réjouissantes nouvelles.

Et quelle est la nuance entre « 'hazaq » (fortifie) et « amets » (affermis) ? Le Malbim explique que le renforcement ('hizouq) désigne la force en elle-même, tandis que l'affermissement (imouts) correspond à la constance de cette vigueur dans le cœur - un cœur vaillant, une force inébranlable et continue. C'est le sens de « rassemble toute ta force ».

Verset 3 : Le retour de la gloire de Jacob

כִּי שָׁב יְהֹוָה אֶת־גְּאוֹן יַעֲקֹב כִּגְאוֹן יִשְׂרָאֵל, כִּי בְקָקוּם בֹּקְקִים וּזְמֹרֵיהֶם שִׁחֵתוּ. - Car l'Éternel rétablit la gloire de Jacob comme la gloire d'Israël, car des pillards les ont ravagés et ont saccagé leurs sarments.

« Car l'Éternel rétablit la gloire de Jacob » - même aux dix tribus qui se trouvaient en exil sous son joug, le Saint, béni soit-Il, a accordé l'opportunité de revenir, afin que leur grandeur égale celle d'Israël. Le Malbim explique couramment que ces deux noms correspondent à deux niveaux : « Jacob » renvoie au talon ('éqev), à une condition humble, tandis qu'« Israël » évoque la souveraineté (serarah) et une dimension supérieure. Le peuple d'Israël comporte en effet deux composantes : les dix tribus, qui s'étaient engagées sur une voie pernicieuse dès l'époque de Jéroboam fils de Nébat, et qui sont appelées « Jacob », le niveau le plus bas ; face à elles, Juda et Benjamin, désignés sous le nom d'« Israël », exilés plus tard et qui finirent par revenir. C'est d'eux que découle notre existence actuelle, alors que les dix tribus nous sont totalement perdues. Tel est le sens du verset : l'Éternel permit aux dix tribus de revenir, et leur splendeur sera comme celle d'Israël, c'est-à-dire Juda, qui n'étaient pas tombés aux mains du roi d'Assyrie. Selon cette lecture, « ki chav » évoque le retour (chivah) - ils retourneront sur leur terre.

Le Radak cite également cette interprétation, tout en rapportant au nom de Rabbi Yehouda une autre explication selon laquelle « ve-chav ète ge'on Yaakov » dérive de la notion d'apaisement et de sérénité : Il a accordé du répit à Jacob, leur assurant désormais la tranquillité.

« Car des pillards les ont ravagés » - le terme « boqeq » s'emploie toujours pour désigner le dépouillement d'une vigne vidée de ses fruits. Mais cela ne suffisait pas : « et ont saccagé leurs sarments » - ils ont également détruit les sarments mêmes de la vigne. L'allégorie est limpide : non seulement ils ont pillé les biens d'Israël, ce qui s'apparente à cueillir les fruits - « des pillards les ont ravagés », en dérobant leurs richesses - mais ils les ont aussi exilés de leur patrie, ce qui correspond à « ont saccagé leurs sarments », car en leur arrachant leur terre, la vigne ne peut plus porter de rameaux ni donner de fruits. Le Malbim ajoute que même si l'on situe ces événements à une époque plus ancienne, il faut considérer que le roi d'Assyrie avait déjà commencé à s'en prendre aux dix tribus ; et bien que le texte biblique ne le mentionne pas explicitement, cela ne s'était pas produit de façon massive et définitive, raison pour laquelle les Écritures n'en font pas état en détail.

Verset 4 : Description de la puissance guerrière d'Assur

מָגֵן גִּבֹּרֵיהוּ מְאׇדָּם, אַנְשֵׁי־חַיִל מְתֻלָּעִים, בְּאֵשׁ־פְּלָדֹת הָרֶכֶב בְּיוֹם הֲכִינוֹ, וְהַבְּרֹשִׁים הׇרְעָלוּ. - Le bouclier de ses héros est rougi, les hommes d'élite sont vêtus d'écarlate ; les chars étincellent d'un feu d'acier au jour où il s'apprête, et les lances de cyprès sont brandies.

Le prophète commence ici à dépeindre minutieusement la première chute de Ninive. Au départ, le roi Sardanapale comptait sur ses vaillants guerriers, car ils avaient remporté des victoires, réussi à repousser les insurgés et à maîtriser Babylone. « Le bouclier de ses héros est rougi » - le bouclier des guerriers est teint de rouge par le sang des vaincus ; c'est le signe de leur triomphe au combat, affirmant leur supériorité par le sang versé.

« Les hommes d'élite sont vêtus d'écarlate » - la tola'at est une cochenille dont on extrayait une teinture rouge pour les étoffes. Les vaillants soldats portaient des habits teints d'écarlate, symbole de carnage et de sang. Le Radak explique que c'était aussi une marque de prestige et d'insigne honneur, les vêtements écarlates étant considérés comme des parures d'apparat. Selon une autre explication, cet éclat flamboyant inspirait l'effroi à quiconque les apercevait, semant la panique chez l'ennemi ; c'est pourquoi ils arboraient de telles tenues.

« באש פלדות הרכב ביום הכינו » (« les chars étincellent d'un feu d'acier au jour de ses préparatifs ») - le char désignait l'attelage tiré par des chevaux avec lequel on partait au combat. On forgeait le fer par le feu et les torches, et lorsqu'on voulait le polir et l'aviver, on le passait à nouveau sous la flamme des torches pour le rénover. Le mot « פלדות » (*peladot*) équivaut à « לפידות » (*lapidot*, torches). Selon le Malbim, le sens du verset est le suivant : on a passé les chars au feu pour les nettoyer et les rénover, afin qu'ils brillent comme s'ils venaient tout juste d'être préparés aujourd'hui.

Le Radak donne une autre explication : les chars galopaient derrière les chevaux et leurs roues étaient cerclées de métal ; en roulant à vive allure sur les chemins empierrés, le frottement de la pierre contre le fer faisait jaillir des étincelles, donnant l'impression qu'un feu sortait des jantes - « באש פלדות », comme le feu des torches.

« והברושים הורעלו » (« et les lances de cyprès sont agitées ») - le Malbim explique que les lances faites de bois de cyprès étaient enduites de poison pour que chaque coup soit mortel. On procédait de même pour les flèches, et quiconque était touché par une telle flèche n'avait que d'infimes chances de survie. Le Radak rapporte au nom de son père que « הורעלו » signifie qu'elles ont tremblé, car la racine renvoie au tremblement (*tar'elah*), et les cyprès sont ici une métaphore des ministres, des dignitaires et des dirigeants de Ninive, saisis d'un tremblement et d'une grande frayeur. Rachi aborde le texte dans le même sens, d'après le Targoum Yonatan, selon lequel les cyprès désignent les notables et les grands de la cité ; toutefois, il interprète « הורעלו » comme le Targoum Yonatan : « drapés de vêtements colorés » - *sarbal* signifiant vêtement, c'est-à-dire qu'ils étaient vêtus d'habits bariolés. « הורעלו » dériverait alors de *re'alot* (voiles), à la manière des femmes qui sortent voilées, comme il est écrit dans Isaïe : « les pendentifs, les bracelets et les voiles ». Selon cette interprétation, ces dignitaires portaient des parures somptueuses.

Verset 5 : Panique ou vaillance

בַּחוּצוֹת יִתְהוֹלְלוּ הָרֶכֶב, יִשְׁתַּקְשְׁקוּן בָּרְחֹבוֹת, מַרְאֵיהֶן כַּלַּפִּידִים, כַּבְּרָקִים יְרוֹצֵצוּ. - Dans les rues les chars se précipitent avec fureur, ils s'entrechoquent sur les places ; leur aspect est comme des torches, ils courent comme des éclairs.

Dans les versets suivants, le Radak et le Malbim divergent quant à l'orientation générale, et le texte peut s'interpréter dans un sens comme dans l'autre. Selon le Radak, le verset décrit la panique d'Assur, tandis que selon le Malbim, il dépeint au contraire sa vaillance.

Selon le Radak : « בחוצות יתהוללו הרכב » - ils ne pouvaient pas sortir hors de la ville pour affronter les troupes ennemies, c'est pourquoi les conducteurs de chars tournoyaient comme des insensés à l'intérieur de la cité. « ישתקשקון ברחובות » - ils errent affolés sur les places publiques. Le terme *chikchouk* évoque la confusion et le désordre, et son origine renvoie au mot *chok* (la jambe), car l'homme pris de panique voit ses jambes s'entrechoquer en marchant. « מראיהן כלפידים » - leurs visages sont rouges comme des torches, signe d'humiliation et de honte, car quiconque a honte rougit, à l'instar de ce qui est dit des Babyloniens lors de leur chute : « leurs visages sont des visages de flammes » ; ils rougissent de honte à l'idée qu'ils n'ont plus la force de combattre leurs ennemis. « כברקים ירוצצו » - sous l'effet de la panique, ils couraient dans les rues sans savoir que faire ni comment échapper au péril.

Selon le Malbim, le verset décrit d'abord la vaillance d'Assur. Les « חוצות » désignent les ruelles situées à l'arrière des maisons, et c'est là que « יתהוללו הרכב » - les combattants sur leurs chars courent deçà, delà ; tandis que devant les maisons, ils « ישתקשקון », terme apparenté à *chouk* (le marché), car ils s'y rassemblaient en foule comme un jour de marché. « מראיהן כלפידים » - tout comme une torche jaillit à grande vitesse, ainsi Assur a préparé ses armées en vue de la bataille.

Verset 6 : Les vaillants qui trébuchent et l'abri protecteur

יִזְכֹּר אַדִּירָיו, יִכָּשְׁלוּ בַּהֲלִיכָתָם, יְמַהֲרוּ חוֹמָתָהּ וְהֻכַן הַסֹּכֵךְ. - Il se souvient de ses braves, mais ils trébuchent dans leur marche ; ils se précipitent vers ses remparts, et l'abri protecteur est préparé.

D'après la première explication du Radak, ainsi que selon le Malbim, il s'agit du roi d'Assur, roi de Ninive. « יזכור אדיריו » - il se souvient de ses héros, les recense et leur ordonne d'aller sur la muraille pour combattre ; mais que l'on n'aille pas s'imaginer qu'ils triompheront : « יכשלו בהליכתם », ils trébuchent dans leur marche sous l'effet de l'effroi. « והוכן הסוכך » - l'ennemi a préparé l'abri protecteur face à la muraille afin de saper le mur.

Et qu'était ce « סוכך » (*sokhèkh*) ? Le Radak explique : « Le *sokhèkh* est un toit de planches recouvert de peaux ; lorsque les assaillants s'avancent vers la ville, ils s'abritent dessous jusqu'au rempart et creusent sous la muraille, et cela les protège des pierres lancées du haut du rempart ». En effet, pour s'emparer d'une fortification, il fallait s'en approcher afin de la battre avec un bélier de fer ou l'escalader pour s'y infiltrer ; or, la tâche était presque irréalisable, car les défenseurs bénéficiaient de la hauteur et bombardaient de pierres et de projectiles quiconque tentait d'approcher. C'est pourquoi on fabriquait avec des planches et du bois une sorte de vaste toiture que les soldats portaient au-dessus d'eux en avançant vers le rempart. Ils pouvaient alors y installer un bélier de fer pour défoncer la muraille, tandis que les pierres et les flèches frappaient l'abri sans les atteindre. Certes, si l'on projetait du feu, cela posait un problème car on pouvait brûler la structure, mais contre les flèches et les tirs de balistes, cet abri était fort efficace.

Le Malbim explique qu'il s'agit des vaillants guerriers du roi d'Assyrie, ceux-là mêmes qu'il avait appelés de Bactriane - une très vaste contrée, mentionnée dans les livres d'histoire sous le nom de royaume gréco-bactrien. Il les attendait et comptait sur eux pour lui prêter main-forte contre les Babyloniens. C'est le sens de « יזכור אדיריו » (Il se souviendra de ses braves) : il se remémore leur existence et les espère. « יכשלו בהליכתם » (Ils trébuchent dans leur marche) - en chemin, les Babyloniens les ont interceptés et achetés ; les insurgés se sont arrangés avec eux pour qu'ils passent de leur côté et combattent ensemble contre Sardanapale. Ils ont donc trébuché, entraînés et séduits par ceux qui les ont détournés pour les rallier à leur cause, et de ce fait, tous ses héros sont tombés au combat. « ימהרו חומתה » (Ils se hâtent vers sa muraille) - ils se sont alors retranchés derrière les murailles de la ville ; « והוכן הסוכך » (Et l'abri est préparé) - ils ont dressé la forteresse destinée à les abriter contre l'ennemi. Ainsi, selon le Malbim, le « sokhekh » (l'abri protecteur) n'appartient pas à l'assaillant, mais désigne la fortification érigée par Sardanapale pour s'y protéger.

Le Radak, quant à lui, applique également cela au roi de Babylone : « יזכור אדיריו » - le roi de Babylone est le chef puissant, et ses hommes se sont élancés vers la muraille pour la conquérir ; emportés par la rapidité de leur course, ils trébuchent dans leur marche. Ils ont alors préparé l'abri pour se tenir dessous et saper la muraille.

Verset 7 : Les portes des fleuves

שַׁעֲרֵי הַנְּהָרוֹת נִפְתָּחוּ וְהַהֵיכָל נָמוֹג. - Les portes des fleuves se sont ouvertes, et le palais s'effondre.

Rachi, ainsi que le Radak, expliquent qu'il s'agit des portes de la ville situées du côté du fleuve. En effet, la ville était bordée par le fleuve Tigre (le 'Hidekel), et une partie des portes s'ouvrait face au cours d'eau. « Les portes des fleuves se sont ouvertes » - les soldats ont brisé les battants et ont pénétré par ces accès. « Et le palais s'est effondré » (ou a fondu) - le palais royal a tremblé et vacillé sous l'impact des projectiles de balistes lancés contre lui. Rachi précise qu'il s'agit de pierres projetées appelées « boma », c'est-à-dire que le palais fut pilonné par des catapultes. Le Radak explique quant à lui que cet ébranlement provenait de la violence des coups portés contre les portes, qui finirent par céder et dont l'onde de choc frappa également le palais. Le Targoum Yonatan traduit par « gichré naharawata » (les ponts des fleuves) : la porte sur le fleuve désignerait le pont, l'ennemi devant traverser le fleuve pour atteindre la ville ; les assaillants sont ainsi parvenus à forcer les ponts et à traverser pour affronter le roi d'Assyrie.

Selon le Malbim, tout le verset illustre ce que nous avons mentionné plus haut : les devins du roi d'Assyrie l'avaient averti que sa chute débuterait lorsque le fleuve déborderait, d'après ce qu'ils lisaient dans les astres. Et en effet, le Tigre est sorti de son lit et a inondé la ville. C'est le sens de « Les portes des fleuves se sont ouvertes » : il ne s'agirait pas du tout ici des portes de la ville, mais des cours d'eau eux-mêmes, qui sont comme retenus derrière des vannes ou des digues là où ils s'écoulent ; à présent, la barrière a cédé et le fleuve a débordé pour submerger la ville. « Et le palais s'est effondré » (namog) - ceux qui se trouvaient dans le palais ont fondu de terreur, voyant s'accomplir la prédiction des astrologues : le fleuve allait inonder la cité, qui serait alors livrée aux mains de l'ennemi.

Verset 8 : La mort de la reine et des femmes du palais

וְהֻצַּב גֻּלְּתָה הֹעֲלָתָה, וְאַמְהֹתֶיהָ מְנַהֲגוֹת כְּקוֹל יוֹנִים מְתֹפְפֹת עַל־לִבְבֵהֶן. - Houtsav la reine est emmenée sur le bûcher, et ses servantes gémissent comme le roucoulement des colombes, se frappant la poitrine.

Comprenant que la fin était inéluctable, le roi mit le feu à son palais avec ses femmes, ses serviteurs et ses enfants. C'est le sens de « והוצב גלתה הועלתה » : un gigantesque bûcher fut préparé pour consumer la reine et toutes les concubines. « Gouleta » désigne la reine ; le Malbim explique que, de même que le roi est appelé « Tiglath-Piléser », où « Tiglath » constitue un titre royal honorifique, la reine était appelée « Gouleta ». Le Radak rapporte quant à lui, au nom de Rav Chmouel, que le nom même de la reine était « Houtsav ».

Suivons l'explication du Malbim : « הוצב » (Houtsav) dérive du mot « tsav », comme dans les chariots couverts (« bétsavim ouvékirkarot »), désignant le carrosse couvert et somptueux dans lequel on transportait la reine. « והוצב גלתה הועלתה » - le char d'apparat de la reine et la reine elle-même y furent placés et entièrement brûlés. « הועלתה » (Ho'alata) s'entend au sens d'être consumée par le feu, livrée au bûcher, tout comme il est dit plus loin : « Je brûlerai ses chars dans la fumée ». « ואמהותיה » (Et ses servantes) - les servantes furent également jetées dans les flammes. « מנהגות » (Ménahagot) - s'apparente à des gémissements plaintifs, de la racine hegué (murmurer, gémir), car elles soupiraient et roucoulaient plaintivement à la manière des colombes ; « מתופפות על לבבהן » (Se frappant la poitrine) - elles se frappaient le cœur sous l'intensité de la douleur et du désespoir causés par cet immense brasier et par le sacrifice sur le bûcher de tous les membres de la maison royale.

Verset 9 : Ninive semblable à un réservoir d'eau

וְנִינְוֵה כִבְרֵכַת־מַיִם מִימֵי הִיא, וְהֵמָּה נָסִים, עִמְדוּ עֲמֹדוּ וְאֵין מַפְנֶה. - Ninive était depuis toujours pareille à un étang d'eau, et voilà qu'ils fuient : « Arrêtez-vous ! Arrêtez-vous ! », mais nul ne fait volte-face.

Le Radak explique sous forme d'allégorie que Ninive regorgeait depuis toujours d'abondance et de tous les biens. Lorsqu'on souhaite exprimer l'abondance, on emploie souvent l'image d'un réservoir d'eau (berékha) ; nous disons d'ailleurs nous aussi, toute comparaison gardée, dans le « Lechem Yihoud » précédant le kiddouch de Chabbat : « de l'abondance issue du réservoir céleste » (chéfa mehaberékha ha'élyona), ce qui constitue également la racine du terme berakha (bénédiction) - l'émanation de l'abondance depuis ce réservoir d'En-haut. Ninive était ainsi comblée de tous les biens, tel un bassin qui alimente tout ce qui l'entoure, ou un réservoir où convergent les eaux de pluie ou d'une source. Pourtant, en ce lieu si majestueux : « et ils s'enfuient » ; ils fuient à présent la ville au moment où elle est conquise, et lorsque les ennemis leur crient : « Arrêtez-vous, arrêtez-vous ! », personne ne prend même la peine de se retourner pour voir qui les appelle ; tous fuient sans s'attarder un seul instant.

Le Malbim, pour sa part, explique le texte selon son sens littéral, conformément à ce qui a été développé : le Tigre est sorti de son lit et a submergé Ninive, réalisant ainsi la prédiction annoncée au roi. C'est à ce propos que le prophète déclare : « depuis les jours où elle existe » - car il en a toujours été ainsi depuis les temps reculés, depuis sa fondation même, le fleuve la débordant de temps à autre. Le Malbim cite au nom d'Abarbanel que Ninive était constamment inondée, au point que ses habitants devaient bâtir leurs demeures en étage - une sorte de petite Venise. Dès lors, si ce phénomène était habituel, pourquoi prennent-ils la fuite ? C'est précisément ce que nous avons souligné : cette fois-ci, l'inondation constituait le signe fatal, annonçant que dès que le Tigre déborderait et envahirait Ninive, la fin commencerait. Une terreur panique s'est donc abattue sur eux, et tous se sont enfuis.

« Arrêtez-vous, arrêtez-vous ! » - comme l'a précisé le Malbim, les chroniques anciennes rapportent déjà que l'armée qui a conquis Ninive a déclaré aux habitants de la ville : nous n'avons aucun grief contre vous, nous ne cherchons ni à vous réduire en esclavage, ni à vous dominer, ni à vous tourmenter ; notre guerre ne vise qu'un seul homme, ce roi tyrannique et cruel. C'est pourquoi ils leur lancent : arrêtez-vous, arrêtez-vous, vous n'avez aucune raison de fuir, nous ne sommes venus que pour briser l'orgueil de ce scélérat, Sardanapale ; ils leur crient ainsi de ne pas s'enfuir. Malgré cela, « et nul ne se retourne » - personne ne tourne la tête pour regarder qui les interpelle ; ils fuient sans que personne ne les poursuive, alors même que les Babyloniens ne courent absolument pas après eux et ne leur veulent aucun mal.

Verset 10 : Le pillage dédaigné

בֹּזּוּ כֶסֶף בֹּזּוּ זָהָב, וְאֵין קֵצֶה לַתְּכוּנָה, כָּבֹד מִכֹּל כְּלִי חֶמְדָּה. - Pillez l'argent, pillez l'or ! Il n'y a pas de fin aux trésors accumulés, une gloire plus précieuse que tout objet de convoitise.

Le Malbim explique, comme le rapportent les chroniques des nations anciennes, que les vainqueurs - les Babyloniens - ne cherchaient nullement à faire du butin à Ninive et ne désiraient pas s'emparer de ses trésors, refusant de porter la main sur le pillage ; la gloire de la victoire et l'abaissement de Sardanapale, roi d'Assyrie, leur suffisaient amplement. On s'adresse donc pour ainsi dire aux vainqueurs : « Pillez l'argent, pillez l'or ! », car il s'y trouve des richesses inépuisables, pourquoi ne les prenez-vous pas ? « Il n'y a pas de fin aux trésors accumulés (tekhouna) » - tekhouna dérive de ce qui a été préparé et amassé, il n'y a aucune borne aux réserves qui y ont été préparées. Mais les assaillants rétorquent : « Une gloire plus précieuse que tout objet de convoitise » - l'honneur nous importe bien plus que tous les précieux joyaux que nous pourrions convoiter ici ; le fait de les avoir vaincus a infiniment plus de prix à nos yeux que d'amasser de l'argent et de l'or.

Verset 11 : Bouka, mevouka et mevoulaka

בּוּקָה וּמְבוּקָה וּמְבֻלָּקָה, וְלֵב נָמֵס וּפִק בִּרְכַּיִם, וְחַלְחָלָה בְּכׇל־מׇתְנַיִם, וּפְנֵי כֻלָּם קִבְּצוּ פָארוּר. - Vide, dévastation et ruine ! Le cœur fond, les genoux fléchissent, les reins sont saisis d'angoisse, et tous les visages s'assombrissent comme la suie d'un chaudron.

Le Radak explique qu'il s'agit d'un vide total, à l'image de « guefen bokek » - une vigne dépouillée de ses fruits. La répétition « bouka ou-mevouka » vient insister sur l'ampleur de ce dénuement, tandis que « mevoulaka » évoque l'anéantissement, le fait d'être privée de tout bien et entièrement retranchée. Rachi commente « mevoulaka » au sens d'une brèche, signifiant que les murailles ont été éventrées. « Le cœur fond » : les habitants auront le cœur liquéfié par la panique. « Les genoux fléchissent » : la défaillance des jambes, car celui qui est terrifié a les genoux qui s'entrechoquent sous le tremblement, à l'instar de l'expression : « et ses genoux s'entrechoquaient l'un contre l'autre ». « Tous les visages s'assombrissent comme la suie d'un chaudron » : leurs visages deviennent noirs comme une marmite dont le fond est couvert de suie. À l'époque, les marmites étaient directement posées sur les braises et forgées en fer, non en acier inoxydable ; leurs parois extérieures noircissaient donc considérablement. C'est pourquoi, pour exprimer l'assombrissement provoqué par la détresse, on disait que leurs visages avaient noirci comme le fond d'une marmite.

Le Malbim dépeint ici l'état d'esprit des habitants : toute la ville s'est vidée, ce qui correspond à « bouka ou-mevouka ». Que vient ajouter la lettre mem ? Elle vient décupler l'idée de vide : bouka désigne le vide, et mevouka un vide plus profond encore, tout comme chamma et mechamma. « Mevoulaka » marque la destruction intégrale, où tout est ravagé. Le cœur des habitants fond de terreur, « les reins sont saisis d'angoisse » sous le poids de la détresse et de la douleur, et « les genoux fléchissent » au moment où ils prennent la fuite.

Versets 12-13 : Le repaire des lions

אַיֵּה מְעוֹן אֲרָיוֹת וּמִרְעֶה הוּא לַכְּפִרִים, אֲשֶׁר הָלַךְ אַרְיֵה לָבִיא שָׁם גּוּר אַרְיֵה וְאֵין מַחֲרִיד. - Où est donc ce repaire de lions, ce pâturage des lionceaux, où se promenaient le lion, la lionne et le jeune lion, sans que nul ne vienne les troubler ?

Le Radak explique : les nations qui contemplaient la ruine de Ninive s'écriaient : comment une telle chose a-t-elle pu arriver à un lieu qui était le repaire des lions ? De cette ville, les hommes partaient en guerre comme des lions féroces, menaçant le monde entier et rapportant leur proie à Ninive. Elle était le repaire des lions et le pâturage des lionceaux, la proie désignant le pillage et le butin qu'ils prélevaient partout pour les y rapporter, à l'image d'un lion qui sort, dépèce sa proie et la ramène dans son repaire. « Où le lion et la lionne allaient, le lionceau sans que personne ne les effraie » - même le jeune lionceau y demeurait sans la moindre frayeur ; l'endroit était paisible et serein, tout en possédant la vaillance nécessaire pour sortir et faire des ravages partout à l'extérieur.

Le Malbim explique que ces paroles s'appliquent à la maison royale, désormais en ruine et dévastée. L'observateur s'étonne de la cruauté inouïe de Sardanapale : comment a-t-il pu brûler le palais royal avec ses épouses, ses enfants, ses servantes et ses esclaves ? Comment a-t-il pu les massacrer si impitoyablement, sans la moindre pitié ? « Où est ce repaire de lions » - c'est la maison royale où siégeaient les souverains, le roi étant le vieux lion. « Et ce pâturage pour les lionceaux » - autour du palais paissaient les lionceaux, c'est-à-dire les jeunes lions, les fils du roi. « Où allaient le lion et la lionne » - là déambulaient le lion et la lionne (le terme lavi désignant la femelle du lion, comme on le trouve dans Ézéchiel : leviya), soit le roi et la reine, dont c'était la demeure. « Là était le lionceau » - les jeunes enfants de la lignée royale, « sans que personne ne les effraie » - ils y vivaient en toute sécurité. Et selon le Targoum Yonatan : « là où les rois allaient en y laissant leurs fils » - en raison de leur confiance absolue en ce lieu, les rois y amenaient leurs enfants et les laissaient à Ninive, où se trouvaient manifestement des centres d'étude et de sagesse, y confiant leur progéniture en toute quiétude.

אַרְיֵה טֹרֵף בְּדֵי גֹרוֹתָיו, וּמְחַנֵּק לְלִבְאֹתָיו, וַיְמַלֵּא־טֶרֶף חֹרָיו וּמְעֹנֹתָיו טְרֵפָה. - Le lion déchirait pour suffire à ses lionceaux, étranglait pour ses lionnes, et remplissait de proie ses antres, et ses tanières de dépouilles.

D'après le Radak, le verset dépeint Ninive à l'époque de sa grandeur : « Le lion déchirait pour suffire à ses lionceaux » - le lion déchirait des proies en abondance pour nourrir ses petits. C'est la suite du verset précédent : ce repaire de lions abritait des guerriers valeureux qui marchaient contre les autres nations, s'emparaient d'un vaste butin et le rapportaient, en quantité suffisante pour subvenir aussi aux besoins de leurs enfants. « Et étranglait pour ses lionnes » - il étouffait les ennemis afin de procurer également des proies aux lionnes, les femelles. Tout cela constitue une métaphore du roi de Ninive et de ses ministres qui acheminaient à Ninive le butin de tous les peuples.

Le Malbim explique pour sa part que cette description se rapporte à la situation de Ninive après sa chute, illustrant l'immense cruauté qui s'y est manifestée : le lion, qui figure le roi Sardanapale, dévore les « rameaux de ses lionceaux » (badei gorotav) - il massacre ses jeunes enfants. Le mot badei évoque ici les branches et les ramures d'un arbre, comme pour signifier que le lion déchiquette les membres de ses propres rejetons. Comment est-il possible qu'un roi aille jusqu'à incendier le palais sur ses enfants et ses femmes ? De plus : « et étranglait pour ses lionnes » - il a étouffé ses lionnes, c'est-à-dire ses épouses, qui ont péri asphyxiées par la fumée, car la fumée tue par étouffement. « Et remplissait de proie ses antres, et ses tanières de dépouilles » - il qualifie ses femmes de terefa (au féminin) et ses lionceaux de teref (au masculin) ; les femmes habitaient dans de vastes demeures et des palais, tandis que les lionceaux logeaient dans de petites chambres (horim). Il a ainsi empli les cavités de proies massacrées et les palais de dépouilles. A-t-on jamais vu pareille horreur, a-t-on jamais entendu chose pareille ?

Verset 14 : Me voici contre toi

הִנְנִי אֵלַיִךְ נְאֻם יְהֹוָה צְבָאוֹת, וְהִבְעַרְתִּי בֶעָשָׁן רִכְבָּהּ, וּכְפִירַיִךְ תֹּאכַל חָרֶב, וְהִכְרַתִּי מֵאֶרֶץ טַרְפֵּךְ, וְלֹא־יִשָּׁמַע עוֹד קוֹל מַלְאָכֵכֵה. - Me voici contre toi, dit l'Éternel des armées ; je consumerai dans la fumée ses chars, l'épée dévorera tes jeunes lions, je retrancherai de la terre ta proie, et l'on n'entendra plus la voix de tes messagers.

Le Saint, béni soit-Il, déclare : « Me voici contre toi » - Je Me dresse contre toi. « Je consumerai dans la fumée ses chars » - Je réduirai tes chars en fumée. « L'épée dévorera tes jeunes lions » - tes lionceaux, c'est-à-dire tes vaillants guerriers, seront dévorés par l'épée. « Je retrancherai de la terre ta proie » - J'éliminerai de la terre le pillage auquel tu te livrais constamment. « Et l'on n'entendra plus la voix de tes messagers » - on n'entendra plus la voix de tes émissaires venus terroriser les peuples, à l'instar de Ravchaké, envoyé par Sennachérib pour effrayer Ézéchias.

En conclusion :

Le chapitre s'ouvre sur un message de paix pour Juda : le messager se tient sur les montagnes, et Juda célèbre ses fêtes et s'acquitte de ses vœux, car l'impie ne passera plus jamais sur sa terre. De là, le prophète enchaîne avec la description détaillée de la chute de Ninive : le destructeur qui se retrouve lui-même assiégé, le rétablissement de la gloire de Jacob comme celle d'Israël, la vaillance initiale des guerriers assyriens avec leurs boucliers rouges et leurs chars étincelants, la défaillance des nobles corrompus en chemin par l'ennemi, la crue du fleuve accomplissant la prédiction faite au roi, l'incendie du palais dévorant la reine, les servantes et les enfants des mains de Sardanapale lui-même, la fuite éperdue des citadins malgré les sommations des vainqueurs de s'arrêter, et les trésors abandonnés qui ne furent même pas pillés tant la vie et l'honneur comptaient plus que tous les objets précieux. Enfin, le repaire des lions - la demeure royale qui était jadis un havre de paix sans frayeur - se transforme en un lieu où le lion dévore ses propres petits et étouffe ses lionnes ; et c'est sur lui que l'Éternel des armées proclame : « Me voici contre toi, Je retrancherai de la terre ta proie, et l'on n'entendra plus la voix de tes messagers. »