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Chapitre 28 - Ils fuient sans que nul ne les poursuive - Partie 6

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Introduction

Dans cette partie du chapitre 28, le roi Salomon se penche sur la figure des gouvernants et des dirigeants : à quoi ressemble un dirigeant impie qui règne sur un peuple indigent, quelle est l'ineptie d'un prince dépourvu de discernement qui opprime ses administrés, et quel est le sort de celui qui s'en prend à la vie de son prochain. Ces trois versets brossent ensemble un même tableau : un pouvoir qui n'est pas fondé sur la sagesse et la crainte du Ciel finit inévitablement par causer sa propre perte et celle de ses sujets.

Lion grondant et ours avide - Le portrait du dirigeant impie

אֲרִי נֹהֵם וְדֹב שׁוֹקֵק מוֹשֵׁל רָשָׁע עַל עַם דָּל׃ (טו) - Un lion qui gronde et un ours affamé : tel est le dirigeant impie qui domine sur un peuple indigent. (15)

Le sens littéral du verset est le suivant : un dirigeant impie régnant sur un peuple démuni est semblable à un lion qui gronde et à un ours affamé. Rachi explique que le grondement (nehima) et l'avidité bruyante (cheqika) expriment l'idée d'un cri, d'une voix qui s'élève.

Le Gaon de Vilna analyse avec précision la différence entre ces deux animaux. Le lion est la bête que tous les animaux redoutent, et il est considéré comme le roi de tous : dès que le lion rugit, la bête qui lui fait face se fige de terreur. L'ours, en revanche, n'inspire pas la même frayeur et on ne le craint pas de cette manière, mais c'est un prédateur carnassier, constamment avide de chair - d'où l'expression « ours chokek », de la racine exprimant le désir ardent (michtokek). Rabbi Avraham Ibn Ezra interprète « chokek » à partir du mot chok (la jambe), c'est-à-dire qui piétine et écrase, mais le Gaon de Vilna retient le sens premier d'avidité et de convoitise. Le Gaon ajoute encore que l'ours est dépourvu d'intelligence, et c'est bien ainsi qu'il est perçu : un animal sans finesse.

Telle est l'analogie : le dirigeant impie ressemble au lion en ce qu'il outrage et dénonce les enfants de son peuple en paroles et s'adresse à eux avec dureté, car « nohem » évoque un grondement, une expression vocale, à la manière du lion qui rugit et gronde. Et il ressemble à l'ours en ce sens que, bien qu'il ne gronde pas autant, il est constamment en quête d'une proie - de même, ce souverain cherche toujours le moyen d'extorquer davantage d'argent au peuple, d'imposer plus de taxes, d'accumuler profits et revenus, tel un ours perpétuellement avide de proie et de nourriture.

Lion rugissant et lion grondant - L'éclairage novateur du Malbim

Le Malbim soulève une question : nous trouvons dans les textes l'expression « lion rugissant » (ari choeg) et celle de « lion qui gronde » (ari nohem) - quelle est la différence entre les deux ? Il répond : lorsque le lion a une proie, il rugit (choeg) et, comme l'explique le Gaon de Vilna, dès qu'il pousse son rugissement, la proie s'immobilise, pétrifiée de peur. Mais lorsqu'il n'a pas de proie, il gronde (nohem) - il erre en grommelant, exprimant ainsi sa frustration et sa faim sous l'effet de la souffrance. À l'instar d'un chien affamé dont la voix s'élève en une sorte de gémissement plaintif. C'est précisément à ce moment, lorsqu'il est privé de proie, que le lion s'avère infiniment dangereux : il dévorera tout ce qui lui tombera sous la dent pour assouvir sa faim, même si ce n'est pas le festin auquel il s'attendait. Quant à l'ours, poursuit le Malbim, « un ours avide » (dov chokek) est assoiffé de sang, cherchant sans cesse à dévorer et à faire couler le sang.

Dès lors, le verset s'éclaire merveilleusement. Un dirigeant impie qui gouverne des gens fortunés a de qui voler et quoi prendre ; il est semblable au lion rugissant qui tient sa proie, et s'avère donc moins redoutable. Mais un dirigeant impie à la tête d'un peuple indigent ne trouve rien à dévorer ; il est tel un lion qui gronde, un fauve affamé qui rôde en quête de pitance. C'est précisément le sens des termes du verset : « un lion qui gronde », car sa faim est immense ; c'est pourquoi il gronde et aspire à la chair comme un ours, frappant sans merci quiconque croise son chemin.

Un prince dépourvu de discernement

נָגִיד חֲסַר תְּבוּנוֹת וְרַב מַעֲשַׁקּוֹת שֹׂנֵא בֶצַע יַאֲרִיךְ יָמִים׃ (טז) - Un prince dépourvu de discernement multiplie les extorsions ; celui qui hait le gain illicite prolongera ses jours. (16)

« Naguid » signifie dirigeant. Rachi explique : parce qu'il manque d'intelligence ('hasser tevounot), il multiplie les extorsions (rav ma'achakot) - car s'il prêtait attention à sa propre vie, il n'extorquerait pas autant. En effet, en opprimant autrui, on abrège ses propres jours, tandis que celui qui « hait le profit malhonnête » (soné batsa), qui ne cherche pas constamment à s'emparer d'argent et surtout de biens spoliés, prolongera ses jours. Il s'avère donc que la définition exacte de ce dirigeant est d'être véritablement « dépourvu d'intelligence ».

Le Gaon de Vilna relève une nuance dans le changement de terme : le verset précédent parlait d'un « mocheil » (gouverneur), et ici il s'agit d'un « naguid » (prince ou chef). Le dirigeant dépourvu d'intelligence ne gouverne pas véritablement sur eux, mais il multiplie les extorsions, semblable à cet ours prédateur dont il est dit dans Daniel « mange beaucoup de chair » (ékhol bsar sagui). Or, cela va à l'encontre même de l'aspiration fondamentale des hommes en ce monde.

Richesse et honneur - et les deux contraires

L'aspiration des hommes en ce monde, explique le Gaon de Vilna, se résume à la richesse et à l'honneur. Et si un homme obtient l'un des deux, il ne trouvera pas de repos tant qu'il n'aura pas acquis le second. Celui qui possède la richesse ne s'en satisfait pas ; s'il n'a pas acquis d'honneur conjointement, il reste inquiet, cherchant sans cesse à étaler sa fortune et à soigner ses relations publiques pour s'attirer aussi du prestige. De même, celui qui jouit des honneurs sait pertinemment que son prestige ne vaut pas grand-chose s'il n'est pas fortuné, et il aspire donc lui aussi à la richesse. Les deux vont de pair.

Or, poursuit le Gaon de Vilna, gouverner par la force est tout le contraire de l'honneur. En effet, l'honneur consiste en ce que les autres se soumettent à vous de plein gré ; mais si l'on braque un pistolet sur la tempe de quelqu'un et qu'il cède, est-ce là de l'honneur ? Bien au contraire, c'est une déchéance. Chaque fois qu'une personne est contrainte d'imposer son avis par la force, c'est l'aveu d'un manque d'honneur et d'une grande faiblesse : si elle possédait une véritable stature, ses paroles seraient acceptées en raison de son autorité morale et du respect qu'elle inspire. Rien n'est pire qu'un homme dont les ordres ne sont suivis que par contrainte, parce que les gens y sont forcés - ce n'est pas par respect, mais par peur de sa brutalité. Et la violence ne se résume pas aux coups : on peut être violent chez soi sans jamais lever la main, par un autoritarisme permanent, des cris, des ordres cassants et une insatisfaction constante. On ne vous a pas obéi par respect, mais par terreur. Et celui qui « multiplie les extorsions », ajoute le Gaon, s'éloigne de la véritable richesse, car il ruine son peuple par ses spoliations. C'est pourquoi le verset affirme : sache que celui qui hait le gain illicite prolongera ses jours.

« Des jours et non des années » - Le secret de la longévité

Nos Sages soulèvent une question : « Il prolongera ses jours » - des jours, et non des années ? Celui qui a en horreur le gain malhonnête n'aurait-il droit qu'à des jours prolongés et non à des années ? Le Gaon de Vilna explique que la longueur des jours fait allusion au bonheur et à la grandeur dans ce monde-ci, car ces moments fastes sont appelés « de longues journées ». Quand un homme souffre et traverse des épreuves, au matin il dit : « Si seulement c'était le soir ! » et au soir : « Si seulement c'était le matin ! », comme il est dit : « Les jours du pauvre sont mauvais ». En raison de sa misère, le jour il attend le soir et le soir il attend le jour ; ses journées semblent raccourcir, car il ne souhaite qu'une chose : que la journée se termine au plus vite. En revanche, celui qui est heureux savoure chaque instant ; il voudrait que la journée s'étire et se prolonge pour continuer d'en profiter. Pour l'homme comblé, les jours sont longs, car chaque instant lui apporte une satisfaction.

Dès lors, « celui qui hait le gain malhonnête prolongera ses jours » signifie qu'on lui promet de longues journées, et non de longues années. Les longues journées désignent la plénitude du bien-être en ce monde, tandis que les longues années évoquent la félicité du monde futur, l'éternité. Cela résout également la difficulté propre à l'expression elle-même : prolonger les années se comprend aisément - au lieu de vivre cent ans, on en vivra cent vingt. Mais la prolongation des jours - le jour pourrait-il durer plus de vingt-quatre heures ? On raconte l'histoire de ce mélamed à qui le directeur du 'héder demandait d'effectuer deux heures de plus. L'enseignant répondit : « Que dites-vous là ? Mes vingt-quatre heures sont déjà toutes occupées ! » Le directeur lui répliqua : « Eh bien, levez-vous deux heures plus tôt ! » - mais en quoi cela change-t-il la durée du jour ? On ne peut étirer le temps. En vérité, quand tout va bien, on souhaite que la journée dure et l'on savoure chaque instant, tandis que dans la détresse, on attend qu'elle s'achève. Telle est la promesse de l'Écriture à celui qui hait le lucre : tu connaîtras le bien-être ici-bas, et tu jouiras pleinement de chaque jour.

L'explication du Malbim : La stupidité de la spoliation générale

Le Malbim interprète ce verset sous l'angle du calcul politique. Sous un dirigeant qui ne multiplie pas les exactions, les sujets peuvent prospérer et gagner leur vie, car il leur permet de vivre dignement. Et même si un dirigeant est enclin aux extorsions, s'il a du discernement, l'État parvient tout de même à subsister, car il sait auprès de qui prélever et qui ménager. Il laisse prospérer en paix les marchands qui font du négoce (botsé'im bétsa), c'est-à-dire ceux qui génèrent des richesses. Le mot « bétsa » a ici le sens de profit, comme dans l'expression « Quel profit (mah bétsa) y a-t-il à tuer notre frère ? », que le Targoum traduit par : « Quel avantage pécuniaire en tirerions-nous ? ».

Ainsi va le monde. On a coutume de plaisanter en disant que l'administration fiscale ressemble à une circoncision : on coupe pour les petits, pendant que les grands mangent du gâteau. Celui qui gère un grand consortium bénéficie de trente ans d'exonération fiscale, d'effacements de dette et d'avantages en tout genre ; tandis qu'aux petits, on extorque le moindre centime jusqu'au dernier souffle. On ne peut certes pas totalement condamner cette logique, qui repose sur une certaine rationalité économique : une grande entreprise fait vivre quatre mille employés et soutient l'économie nationale, alors qu'un petit commerce isolé, qu'il ferme ou non, n'a que peu d'impact global. Sans entrer ici dans le débat de justice sociale, le principe est là : lorsqu'un dirigeant est avisé, il sait à qui ne pas s'en prendre et qui gratifier, et en retour, les grands négociants le rétribuent par des présents - un échange de bons procédés, et chacun sait comment certains grands projets immobiliers ont vu le jour. Quand on sait de quel côté son pain est beurré, on prospère.

En revanche, le dirigeant qui cumule extorsions systématiques et manque total de discernement dépouille quiconque réalise le moindre bénéfice. C'est une folie absolue : il se prive lui-même de revenus durables ! Il a tout intérêt à ce qu'il y ait des riches dans son pays, car ce sont eux qui assurent son train de vie, or il s'est empressé de spolier chaque homme fortuné. Un homme réfléchi pense à l'avenir : il comprend que même s'il spolie aujourd'hui tel magnat ou tel oligarque, les dépenses de l'État sont immenses et cet argent sera vite dilapidé, alors que s'il laissait prospérer les grands acteurs économiques, il s'assurerait des ressources pour l'avenir.

Et c'est là le sens de « celui qui hait le gain prolongera ses jours » : dans un tel pays, seul celui qui ne réalise aucun profit et ne s'enrichit pas apparaît aux yeux du souverain comme quelqu'un qu'il n'est pas rentable d'extorquer, et lui seul prolongera ses jours. En effet, dès que quelqu'un cherche un peu le gain, fait des affaires et détient une fortune - le souverain lui confisque aussitôt son argent. Qui donc prolongera ses jours sous ton règne ? Uniquement ceux qui haïssent le lucre, des gens dénués de biens. Est-ce vraiment là ce que tu désires : régner sur des indigents, sur des êtres sans ressources ? C'est là un manque total d'intelligence. Si tu avais du discernement, d'abord tu ne commettrais aucune extorsion, ce qui est le chemin idéal ; et même si tu opprimais, tu préserverais au moins les riches pour garnir tes caisses. Mais lorsque tu es à la fois un oppresseur et un être dépourvu de discernement, tu resteras le chef d'un peuple misérable, à la tête d'un pouvoir dont nul ne veut.

L'homme chargé du sang d'une âme

אָדָם עָשֻׁק בְּדַם נָפֶשׁ עַד בּוֹר יָנוּס אַל יִתְמְכוּ בוֹ׃ (יז) - L'homme accablé par le sang d'une vie fuira jusqu'à la fosse, que nul ne le soutienne !

Que signifie « עשוק בדם נפש » ? Rachi explique : il s'agit de celui qui fait fauter son prochain et cause ainsi la perte de son âme. Faire trébucher son compagnon, c'est opprimer et dépouiller son âme. « Fuira jusqu'à la fosse » - jusqu'au jour de sa mort, il fuira et cherchera de l'aide afin d'obtenir l'expiation pour avoir fait fauter autrui. « Que nul ne le soutienne » - le Ciel ne le soutiendra point, c'est-à-dire qu'on ne lui donnera pas l'occasion d'accomplir une téchouva suffisante, pour éviter qu'il ne se retrouve au Gan Éden pendant que son compagnon qu'il a égaré croupit au Guéhinom. Car ce disciple pourrait s'écrier : « Comment cela se peut-il ? Celui qui m'a fait chuter se trouve au Gan Éden, et moi au Guéhinom ? » Et alors, à D.ieu ne plaise, on le chasserait du Gan Éden pour le précipiter au Guéhinom.

Il en ressort que l'on doit fuir comme la peste la responsabilité de faire trébucher autrui. Toutes les fautes commises envers le Ciel (ben adam laMakom), même les plus redoutables, comportent une issue par la téchouva, et si l'homme se repent sincèrement, le pardon lui est accordé. Mais celui qui a conduit un autre homme au péché - comment expiera-t-il ? De quelle manière pourra-t-il réparer un tel acte ?

Or, à notre génération, les opportunités de faire mériter le public (zikhuy harabim) sont immenses, mais les possibilités de faire chuter la multitude sont plus vertigineuses et redoutables encore. Autrefois, pour égarer la communauté, une femme marchait dans la rue de manière impudique, la parcourait d'un bout à l'autre et faisait fauter un millier d'hommes qui la regardaient, que le Ciel nous en préserve. Aujourd'hui, cette démarche paraît presque archaïque : il lui suffit de publier une vidéo sur les réseaux sociaux, et en trois jours elle totalise trois cent mille vues - trois cent mille personnes qu'elle a conduites au péché. Combien de fois aurait-il fallu sortir de chez soi pour atteindre un tel résultat ? Et si la vidéo devient virale, à l'image d'un virus qui se répand, elle peut atteindre quinze millions de vues, à D.ieu ne plaise. Qui pourrait dire comment expier une telle faute et comment réparer ce dommage ? Dès lors : ne sois jamais une cause de chute pour autrui. Ne profère pas de lachone hara qu'un tiers pourrait entendre et qui le ferait fauter, n'amène personne à manquer une prière, à bavarder à la synagogue ou à enfreindre un interdit quelconque. La faute que tu as commise pour toi-même, tu peux l'expier ; mais ce en quoi tu as fait fauter ton prochain demeure d'une gravité indicible.

Le Gaon de Vilna propose une autre explication : « אדם עשוק בדם נפש » désigne celui qui a ôté la vie à une âme dans une incarnation passée (guilgoul) ; « jusqu'à la fosse il fuira » signifie que le Ciel ne lui accordera aucune aide et qu'il n'aura aucune assistance divine (siata dichmaya) jusqu'à la tombe. C'est en ce sens qu'il est dit : « Et j'ai vu les larmes des opprimés, et nul ne les console » : puisque cette victime a déjà péri et qu'il s'agit des larmes de l'opprimé, il n'existe plus aucun consolateur pour celui qui a commis ce meurtre et perpétré un tel acte.

Le Metsoudat David commente l'expression « un homme opprimé » en expliquant que son âme se trouve opprimée et écrasée sous le poids de la faute du sang versé. Certains affirment que le terme « achouk » (opprimé) équivaut ici à « ochek » (oppresseur), ce qui correspond parfaitement à la lecture de Rachi selon laquelle l'individu a spolié l'âme de son compagnon ; mais le Metsoudat David maintient que c'est la propre âme du meurtrier qui est accablée, parce qu'une faute démesurée pèse sur lui. « Jusqu'à ce qu'il meure et soit mis en terre, il fuira par effroi devant ses poursuivants », et il ne trouvera personne pour lui prêter main-forte, car son méfait est immense et son impiété extrême. Selon cette vision, tel est le sens littéral du verset : si tu as assassiné un homme, personne ne voudra t'aider. Face à une faute moins grave, même si la société la réprouve, on dira encore : « Soit, c'est un homme qui a trébuché, il faut lui venir en aide. » Mais le meurtre est inadmissible sous tous rapports, et voilà pourquoi « jusqu'à la fosse il fuira, que nul ne le soutienne » - il ne trouvera personne pour l'épauler, tant son iniquité est lourde.

En conclusion :

Ces trois versets nous instruisent sur la nature même du pouvoir. Un dirigeant impie placé à la tête d'un peuple indigent est semblable au lion qui rugit dans sa faim et à l'ours affamé à l'affût d'une proie - et c'est précisément parce qu'il n'a rien à extorquer que sa violence est impitoyable. Un souverain dénué de discernement et multipliant les oppressions provoque sa propre ruine, car il dépouille ses sujets au point de n'avoir plus sous sa coupe que des gens dédaignant le gain, des indigents, et son règne devient un gouvernement de miséreux ; tandis que celui qui hait le gain a l'assurance de prolonger ses jours - des jours où il goûte à chaque instant, selon la mesure du bien en ce monde. Et par-dessus tout, nous avons découvert la gravité extrême de « l'homme chargé du sang d'une âme » : qu'il s'agisse de celui qui a ruiné l'âme d'autrui en le faisant fauter ou de celui qui a répandu le sang matériellement - ni pour le crime d'avoir fait trébucher la multitude, ni pour celui de l'effusion de sang, il n'existe d'appui ou de secours céleste, et c'est pourquoi l'homme doit fuir de telles fautes comme le feu.