Le cinquième chapitre de Mikha est l'un des chapitres centraux parmi les prophéties de la Délivrance. Le prophète s'ouvre sur Bethléem Ephrata, berceau de la royauté de la maison de David, et nous conduit vers l'ère messianique : d'abord la délivrance matérielle menée par le Machia'h ben Yossef, puis la délivrance spirituelle apportée par le Machia'h ben David. Le Malbim trace un fil conducteur tout au long de ce chapitre, et c'est selon sa ligne que nous avancerons de verset en verset.
וְאַתָּה בֵּית־לֶחֶם אֶפְרָתָה צָעִיר לִהְיוֹת בְּאַלְפֵי יְהוּדָה מִמְּךָ לִי יֵצֵא לִהְיוֹת מוֹשֵׁל בְּיִשְׂרָאֵל וּמוֹצָאֹתָיו מִקֶּדֶם מִימֵי עוֹלָם׃ - Et toi, Bethléem Ephrata, trop petite pour être comptée parmi les familles de Juda, de toi sortira pour Moi celui qui régnera sur Israël, et dont l'origine remonte aux temps anciens, aux jours de l'éternité.
Rachi explique que le prophète parle de celui qui est issu de Bethléem Ephrata, à savoir David, fils de « ton serviteur Isaï de Bethléem ». Bethléem est appelée Ephrat, comme il est écrit : « sur le chemin d'Ephrat, qui est Bethléem ». « Trop petite pour être comptée parmi les familles de Juda » - tu aurais mérité d'être la plus infime des familles de Juda, au rang le plus modeste, car tu portes en toi le stigmate de Ruth la Moabite. De fait, historiquement, un vaste débat eut lieu non seulement pour savoir si David était digne de la royauté, mais s'il était même apte à entrer dans l'assemblée d'Hachem, puisqu'il est écrit : « L'Ammonite et le Moabite n'entreront point dans l'assemblée de l'Éternel ». Et pourtant, le Saint, béni soit-Il, déclare : « de toi sortira pour Moi celui qui régnera sur Israël » - de toi sortira le Machia'h ben David. « La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle » : celui qui devait être méprisé et abaissé est devenu la tête.
« Et dont l'origine remonte aux temps anciens, aux jours de l'éternité » - « Avant que le soleil ne fût, son nom rayonnait déjà ». Avant même que le Saint, béni soit-Il, ne fît briller le soleil sur le monde, le Machia'h existait déjà ; il fait partie des réalités créées avant le monde.
Ici s'applique parfaitement ce que souligne le Kli Yakar : quiconque observe l'histoire constate que le Saint, béni soit-Il, choisit toujours celui qui présente un caractère d'humilité ou de petitesse, même physique, comme le mont Sinaï face aux autres montagnes. Adam eut trois fils : Caïn, Abel et Seth - or ni Caïn ni Abel ne furent retenus, mais bien Seth, sur lequel fut fondé le monde. Abraham eut deux fils : Ismaël l'aîné et Isaac le cadet, et c'est le cadet qui perpétue l'alliance. Isaac eut deux fils : Ésaü l'aîné et Jacob le cadet, et le cadet continue. Jacob eut douze tribus, et Réouven l'aîné perdit son droit d'aînesse, la prêtrise et la royauté, et ce sont précisément ses frères plus jeunes qui en héritèrent. Joseph, qui reçut l'aînesse, eut deux fils, Manassé et Éphraïm : « Lui aussi grandira, lui aussi deviendra un peuple, mais son jeune frère sera plus grand que lui » - et c'est Éphraïm qui reçoit la bénédiction de la main droite, non Manassé. Aaron est l'aîné, mais c'est Moïse qui est choisi pour diriger ; et David, le plus jeune de ses frères, est celui qui est choisi pour régner. C'est exactement ce que formule le verset : toi qui méritais d'être le plus petit parmi les familles de Juda, c'est de toi que sortira pour Moi le dirigeant d'Israël, dont les origines remontent aux temps anciens, avant même la création du monde.
Le Malbim explique qu'il s'agit ici de l'époque de la Délivrance, un principe fondamental qu'il a déjà développé au chapitre 37 d'Ézéchiel : au temps de la Rédemption, les premières tribus qui engageront les guerres et prendront le pouvoir seront les dix tribus, et non Juda et Benjamin. Aujourd'hui, nous représentons Juda et Benjamin ; les dix tribus demeurent encore cachées à nos yeux. Mais dans l'avenir, la situation s'inversera : les dix tribus mèneront les combats, guidées par le Machia'h ben Yossef. Le rôle du Machia'h ben Yossef concerne la délivrance matérielle et physique, et c'est lui qui combattra en premier. Ce n'est qu'ensuite que la tribu de Juda, à travers le Machia'h ben David, recevra la puissance et la royauté pour accomplir la délivrance spirituelle. C'est pourquoi nous prions pour que le Machia'h ben Yossef ne meure pas des mains du malfaisant Armilos, et que les deux Messies poursuivent leur mission ; toutefois, le Messie essentiel que nous attendons demeure sans nul doute le Machia'h ben David, qui portera le coup de marteau final, l'achèvement absolu de la Délivrance.
Dès lors, le Malbim interprète le verset ainsi : la tribu de Juda est dispersée parmi les nations, affaiblie et peu nombreuse, et dans un premier temps, elle ne fera que se joindre à la tribu de Joseph, aux dix tribus sous le règne du Machia'h ben Yossef. « Trop petite pour être comptée parmi les familles de Juda » - tu es encore trop insignifiante pour que les milliers de Juda se rallient à toi à ce niveau ; vous n'avez pas encore l'autorité du gouvernement. Ce n'est qu'après que le Machia'h ben Yossef et les dix tribus auront apporté la délivrance matérielle que tu seras digne de régner. Et alors, « de toi sortira pour Moi celui qui régnera sur Israël » - le Roi Machia'h qui descendra de toi prendra toute sa puissance pour diriger Israël, « et dont l'origine remonte aux temps anciens », c'est-à-dire que sa souveraineté sera aussi forte qu'à ses origines premières : lorsque la royauté de la maison de David s'est manifestée concrètement, ce fut à travers le règne de Salomon, qui régna sur le monde connu de Tifsa'h jusqu'à Gaza. De même, la royauté future sera grandiose, puissante et immense.
לָכֵן יִתְּנֵם עַד־עֵת יוֹלֵדָה יָלָדָה וְיֶתֶר אֶחָיו יְשׁוּבוּן עַל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל׃ - C'est pourquoi Il les livrera jusqu'au temps où celle qui doit enfanter aura enfanté, et le reste de ses frères reviendra auprès des enfants d'Israël.
Rachi explique : Il les livrera aux mains de leurs ennemis jusqu'à ce que vienne le temps où Sion enfantera ses enfants dans les douleurs. La Rédemption est souvent comparée à un accouchement, et ce n'est pas sans raison : lorsqu'une femme accouche, elle est saisie par les contractions du travail, et plus les douleurs s'intensifient et se rapprochent, plus nous savons que la naissance est imminente. Lorsque les douleurs sont encore légères, l'infirmière conseille d'aller faire un tour et de revenir un quart d'heure plus tard ; mais quand les douleurs deviennent intenses, il n'y a plus à hésiter : direction la salle d'accouchement. Il en va de même pour l'épreuve de l'exil : lorsqu'elle s'intensifie et devient plus pressante, c'est le signe que la Délivrance est à la porte. C'est pourquoi la Rédemption est comparée aux douleurs de l'enfantement, et c'est pour cela que nous parlons des « 'hevlé Machia'h » (les douleurs de l'enfantement messianique).
Nos Sages ont enseigné d'après ce verset : le fils de David ne viendra pas avant que l'empire impie ne s'étende durant neuf mois sur le monde entier, et tel est le sens de « jusqu'au terme où celle qui enfante aura enfanté ». Le Machia'h ne viendra que lorsque ce royaume pervers dominera le monde pendant neuf mois, et ce n'est qu'après cela que surviendra la délivrance.
« Et le reste de ses frères reviendra vers les enfants d'Israël » - le reste des frères du roi de Juda, le reste de la tribu de Juda, se joindra aux autres tribus pour ne former qu'un seul royaume et ne plus jamais se diviser. La rédemption future sera l'expression même de l'unité. Il n'y aura plus de situation telle qu'aujourd'hui, où Juda est éloigné et coupé des dix tribus. Ce schisme a commencé dès la disparition de Chlomo, Re'hav'am face à Yarov'am : les dix tribus contre Juda et Binyamin, et il perdure jusqu'à nos jours, puisque les dix tribus ne sont pas encore revenues - Chomron ayant été exilée en premier. Lorsque viendra le Machia'h, tous redeviendront un seul et même peuple.
Le Malbim, fidèle à sa ligne explicative, précise : pendant toute la durée précédant l'achèvement du rassemblement des exilés (qui constitue l'enfantement lui-même : « à peine en travail, Sion a enfanté ses fils »), et jusqu'à ce que le reste de Juda soit réuni sur sa terre, Hachem placera les familles de Juda « sur les enfants d'Israël ». Il y a ici une différence fondamentale que nous avons déjà soulignée : Juda est dispersé dans le monde entier - la diaspora juive est issue de la tribu de Juda - tandis que les dix tribus sont regroupées en un même lieu, à 'Hala'h, sur le 'Habor et le fleuve de Gozan, bien que nous ignorions où cela se trouve. C'est donc précisément Juda qui a besoin d'être rassemblé. Et que signifie « sur les enfants d'Israël » ? Le Malbim explique que cela exprime l'idée de subordination (comme dans « netaphel alav »). La maison d'Israël, les dix tribus, sera à la tête, et Juda lui sera subordonné. Tant que le rassemblement complet des membres de la tribu de Juda de par le monde ne sera pas achevé, les dix tribus et le Machia'h ben Yossef à leur tête formeront l'essentiel ; ils seront les dirigeants et les combattants, et la maison de Juda leur sera secondaire. Il en va de même dans Yé'hezkel : « Voici que je prends le bois de Joseph... et je les joindrai sur lui avec le bois de Juda » - « sur lui » signifiant subordonné à lui. La maison de Joseph est la force principale au début.
וְעָמַד וְרָעָה בְּעֹז יְהֹוָה בִּגְאוֹן שֵׁם יְהֹוָה אֱלֹהָיו וְיָשָׁבוּ כִּי־עַתָּה יִגְדַּל עַד־אַפְסֵי־אָרֶץ׃ - Il se dressera et fera paître avec la puissance de l'Éternel, avec la majesté du nom de l'Éternel son D.ieu ; et ils s'installeront en paix, car alors sa grandeur s'étendra jusqu'aux extrémités de la terre.
Le Malbim commente : ensuite se dressera le Machia'h issu de Bethléem Éphrata, c'est-à-dire le Machia'h ben David ; il l'emportera sur les nations et guidera Israël. « Avec la puissance de Hachem » - il fera face aux nations par la force de Hachem ; « avec la majesté du nom de Hachem son D.ieu » - c'est par la sainteté du Nom de Hachem qu'il fera paître Israël. Il ne s'agit donc pas d'une royauté naturelle, mais d'une souveraineté spirituelle, ainsi qu'il est écrit : « Il sera inspiré par la crainte de l'Éternel, il ne jugera point d'après ce que voient ses yeux ». Le Machia'h saura discerner par son souffle spirituel qui dit la vérité et qui ment. Aujourd'hui, un juge n'a que ce que ses yeux voient, mais le Machia'h « sera inspiré par la crainte de l'Éternel ».
« Et ils s'installeront en paix, car alors sa grandeur s'étendra jusqu'aux extrémités de la terre » - dès lors que régnera le roi Machia'h, il n'y aura plus de guerres, mais le peuple résidera sereinement sur sa terre ; les combats auront déjà été menés à leur terme par le Machia'h ben Yossef, qui est le premier Machia'h. C'est le sens de « et sa résidence sera glorieuse ».
וְהָיָה זֶה שָׁלוֹם אַשּׁוּר כִּי־יָבוֹא בְאַרְצֵנוּ וְכִי יִדְרֹךְ בְּאַרְמְנוֹתֵינוּ וַהֲקֵמֹנוּ עָלָיו שִׁבְעָה רֹעִים וּשְׁמֹנָה נְסִיכֵי אָדָם׃ - Et cela sera la paix : si Achour pénètre dans notre pays et foule nos palais, nous susciterons contre lui sept pasteurs et huit princes parmi les hommes.
וְרָעוּ אֶת־אֶרֶץ אַשּׁוּר בַּחֶרֶב וְאֶת־אֶרֶץ נִמְרֹד בִּפְתָחֶיהָ וְהִצִּיל מֵאַשּׁוּר כִּי־יָבוֹא בְאַרְצֵנוּ וְכִי יִדְרֹךְ בִּגְבוּלֵנוּ׃ - Ils dévasteront le pays d'Achour avec l'épée, et la terre de Nimrod à ses portes mêmes ; et il nous délivrera d'Achour s'il pénètre dans notre pays et foule notre territoire.
Le Malbim explique : cette grandeur « jusqu'aux extrémités de la terre » s'établira par la paix. La grandeur du Machia'h ben David diffère de celle du Machia'h ben Yossef : ben Yossef mènera les guerres d'Israël et accédera au pouvoir par la force de l'épée, tandis que le Machia'h ben David étendra son autorité jusqu'aux confins du monde par la force de la paix. « Et cela sera la paix » - par cette force même, par la force de la paix. Et c'est là toute sa grandeur : soumettre par les combats n'est pas un exploit suprême, mais soumettre par la paix signifie que tous reconnaissent dans le roi Machia'h le véritable souverain, l'autorité suprême devant laquelle on s'incline. Tous les peuples accepteront son enseignement, sa foi et sa royauté.
« Et il nous délivrera d'Achour s'il pénètre dans notre pays » - cette paix elle-même constituera un rempart et une barrière. Il ne sera pas nécessaire de combattre Achour ; la paix imposera la soumission de tous à son autorité, et personne ne viendra guerroyer. Achour se soumettra à nous et viendra supplier que nous fassions, nous aussi, la paix avec lui.
Et ce qui est écrit : « Quand Achour viendra dans notre pays... et le pays de Nimrod à ses portes » - le Malbim explique qu'il s'agit d'une parenthèse. Le prophète décrit la situation antérieure à la venue de Machia'h ben David, à l'époque de Machia'h ben Yossef, la délivrance matérielle, où l'on a encore recours aux guerres, car la guerre de Gog et Magog sera tranchée par la force de l'épée. Ainsi, si Achour entre dans notre pays pour faire la guerre, il faut lui opposer une armée : « nous susciterons contre lui sept bergers et huit princes des hommes ». « Et ils paîtront le pays d'Achour par l'épée » - « paîtront » vient de la racine signifiant briser, soumettre par la force du glaive. « Et le pays de Nimrod » - c'est-à-dire Babylone, dont Nimrod fut le premier roi - « à ses portes », car ils s'avanceront jusqu'aux portes de leur pays et les y briseront par la guerre et le siège. Tout cela relève de l'étape de Machia'h ben Yossef. Mais pour Machia'h ben David, il n'en sera pas ainsi, mais plutôt : « et il nous délivrera d'Achour s'il vient dans notre pays » - par la paix qu'il instaurera avec toutes les nations, même si Achour venait dans notre pays, il nous en délivrera, car il fera la paix avec eux et ils se soumettront à lui.
Sur ce point, les commentateurs proposent de nombreuses explications. Le Malbim explique d'abord qu'il s'agit d'une allusion au passé : lorsque l'ennemi commença à nous combattre, à l'époque de Yoahaz fils de Yéhou (dans les Rois II, chapitre 13), jusqu'à ce que vienne le roi d'Achour pour les exiler aux jours de Hoschéa fils d'Ela. Les rois des dix tribus sont appelés « princes », et le Malbim en dénombre huit : Yoahaz, Yoach son fils, Yarov'am son fils, Zekharia son fils, Ménahem, Pekahya, Pékah et Hoschéa. Il ne compte pas Challoum, père de Zekharia, car il n'a régné que très peu de temps. En face d'eux, en Juda et Benjamin, qui perpétuent la royauté de Salomon, se trouvaient sept bergers : Hizkiya, Ménaché, Amon, Yochiya, Yoahaz, Yéhoyakim, Yékhanya et Tsidkiya. Ainsi, par le passé, il y eut des rois qui durent combattre contre Achour et contre Babylone, mais pour l'avenir, il s'agit d'une réalité où, grâce à la paix, tous seront soumis au roi Machia'h.
Autre explication du Malbim : le texte fait référence à l'avenir, aux guerres de Gog et Magog. Selon la prophétie concernant cette guerre, Achour montera contre la terre d'Israël pour faire la guerre à Édom, et alors viendront sept bergers - selon cette interprétation, ces bergers ne sont pas les nôtres mais les bergers des nations : l'Égypte, Élam, Méchek, Toubal, Édom, les princes du nord et les Sidoniens. Voilà sept bergers qui viendront nous combattre aux jours de Gog et Magog. Et dans la guerre prophétisée par Ézéchiel au chapitre 38, il y a huit princes : Gog, prince du pays de Magog, Méchek, Toubal, la Perse, Kouch, Pout, Gomer et Beth-Togarma. Et là-bas, le Malbim précise que la première fois qu'ils viendront dans le pays, ils n'entreront pas dans Jérusalem, et c'est pourquoi il est dit : « et quand il foulera nos palais » - il ne foulera que le pays sans pénétrer à l'intérieur.
Il existe encore d'autres explications. Le Radak rapporte au nom de nos Sages : qui sont les sept bergers ? David au milieu, Seth, Hénoc et Metouchéla'h à sa droite, Abraham, Jacob et Moïse à sa gauche. Et les huit princes des hommes : Isaï, Saül, Samuel, Amos, Tsephania, Hizkiya, Élie et le Machia'h. Et Rachi a déjà fait remarquer : « et j'ignore d'où ils l'ont appris ». C'est-à-dire que la Guémara l'enseigne ainsi, mais l'on ne sait pas sur quel texte cela s'appuie.
וְהָיָה שְׁאֵרִית יַעֲקֹב בְּקֶרֶב עַמִּים רַבִּים כְּטַל מֵאֵת יְהֹוָה כִּרְבִיבִים עֲלֵי־עֵשֶׂב אֲשֶׁר לֹא־יְקַוֶּה לְאִישׁ וְלֹא יְיַחֵל לִבְנֵי אָדָם׃ - Et le reste de Jacob sera au milieu de peuples nombreux comme une rosée venant de l'Éternel, comme des ondées sur l'herbe, qui n'espère en nul homme et n'attend rien des fils de l'homme.
« Et le reste de Jacob sera » - même le reste qui demeurera alors au milieu des peuples, ceux qui ne monteront pas en terre d'Israël, sera comme une rosée venant de l'Éternel. Aujourd'hui, quiconque reçoit l'abondance dans les pays des nations la reçoit par l'intermédiaire des nations et par celui des princes célestes. Celui qui réside en terre d'Israël reçoit cette abondance directement de l'Éternel, car c'est « une terre sur laquelle l'Éternel ton Dieu a continuellement les yeux, depuis le commencement de l'année jusqu'à la fin de l'année », tandis que l'abondance dans tous les pays des nations transite par les princes d'en haut, par les ministres angéliques des nations. Et ici, le prophète annonce : même pour le reste de Jacob qui y demeurera, son abondance sera semblable à la rosée venue de l'Éternel - non par les princes des nations, mais directement de Lui, béni soit-Il.
« Comme des ondées sur l'herbe » - le Malbim explique : les ondées, cette pluie fine, font croître l'herbe et la rassasient sans rien recevoir d'elle en retour. Il en va de même pour le reste de Jacob parmi les peuples : ils dispenseront le bien et la bonté aux nations au milieu desquelles ils vivent, sans rien recevoir d'elles. Les nations n'auront aucune influence nourricière sur nous, ni matériellement ni, à plus forte raison, spirituellement. Toute l'abondance nous parviendra directement de l'Éternel, et nous serons pour elles comme ces ondées qui tombent sur l'herbe et la font croître sans rien en attendre en retour.
Ici, le Malbim s'arrête sur la précision du langage, car c'est un principe bien connu chez lui qu'il n'y a pas de répétition inutile sous des mots différents : chaque terme distinct exprime une nuance propre. Quelle est la différence entre « mékavé » (espérer) et « méya'hel » (attendre avec certitude) ? Celui qui attend (méya'hel) guette une chose qui arrivera assurément, il attend simplement qu'elle se manifeste enfin, à l'image de celui qui attend la lumière du jour - la lumière arrive toujours, mais on attend impatiemment qu'elle brille ; ou comme celui à qui l'on a fait une promesse et qui attend le moment où elle s'accomplira. En revanche, « mékavé » (espérer) s'applique à une chose incertaine : un tel viendra-t-il ? Que dire, je l'espère. C'est possible, mais pas garanti. C'est en ce sens que Job déclare : « Car j'espérais le bonheur et j'attendais la lumière » - personne n'avait promis le bonheur, d'où « j'espérais » (kiviti) ; mais la lumière du jour, elle, viendra assurément, d'où « j'attendais la lumière » (va-aya'hala la-or).
Et quelle est la différence entre « ich » et « adam » ? Là encore, le Malbim applique une méthode rigoureuse à travers tout le Tanakh. « Ich » englobe toute créature existante en tant qu'entité ; c'est pourquoi il est dit que Noé fit entrer dans l'arche « un mâle et sa femelle » (ich ve-ichto), bien qu'il s'agisse d'animaux, car ils constituent des êtres existants. En revanche, « adam » est un titre exclusivement réservé à l'être humain, et des animaux ne seront jamais désignés ainsi. Selon cela : l'attente certaine (yi'houl) que nous aurons alors sera pareille à celle de qui attend le lever du soleil le matin, ou qui attend la venue des pluies - une chose certaine, mais « non envers les fils de l'homme ». Nous n'aurons aucun besoin de l'aide humaine en cela. Quant à l'espérance (tikva), qui concerne ce qui n'est pas garanti - « elle n'espérera en nul homme (ich) » : nous ne placerons notre espoir en aucune entité de ce monde, mais seulement « en Toi, Éternel, nous espérons ». La proximité du Saint, béni soit-Il, avec nous sera si grande que nous n'espérerons en aucun être et n'attendrons rien d'aucun homme, mais uniquement du Créateur, béni soit-Il.
וְהָיָה שְׁאֵרִית יַעֲקֹב בַּגּוֹיִם בְּקֶרֶב עַמִּים רַבִּים כְּאַרְיֵה בְּבַהֲמוֹת יַעַר כִּכְפִיר בְּעֶדְרֵי־צֹאן אֲשֶׁר אִם־עָבַר וְרָמַס וְטָרַף וְאֵין מַצִּיל׃ - Et le reste de Jacob sera parmi les nations, au milieu de peuples nombreux, comme un lion parmi les bêtes de la forêt, comme un lionceau parmi les troupeaux de brebis qui, lorsqu'il passe, piétine et déchire sans que personne ne délivre.
Le prophète évoque ici la vaillance que nous manifesterons face aux ennemis, face à tous ceux qui nous ont opprimés tout au long de l'histoire du monde jusqu'à la venue du Machia'h. Aujourd'hui, nous sommes comme une brebis égarée au milieu des fauves - "Israël est une brebis dispersée que les lions ont pourchassée" -, perpétuellement persécutés ; mais alors, nous deviendrons semblables au lion.
Le Malbim soulève une nuance : quelle différence y a-t-il entre "Goyim" (les nations) et "Amim" (les peuples) ? Comme nous l'avons constaté dans les chapitres précédents, les Goyim sont d'un rang inférieur aux peuples. Les Goyim n'ont pas de véritable roi ; il y a parfois une figure revêtue d'un manteau d'apparat, mais ce n'est qu'une marionnette. Ce sont comme les pays sans souveraineté solide du tiers-monde. Les peuples, en revanche, ont une réelle importance : ils disposent d'un roi, d'un gouvernement et d'un ordre légal structuré, à l'image des nations européennes. Sur le plan quantitatif, les Goyim sont extrêmement nombreux mais sans ordre politique véritable, tandis que les peuples sont moins nombreux mais solidement organisés.
Et quelle est la différence entre un "Arié" (lion) et un "Kefir" (lionceau) ? Le lion adulte est vigoureux, puissant, et ne craint pas de pénétrer au cœur de la forêt pour chasser sa proie. Le lionceau, plus jeune et de taille plus modeste, "se tient aux aguets dans son repaire" : il guette à proximité de sa tanière, et lorsqu'un animal sans défense passe à sa portée, il bondit et le dévore ; mais il n'a pas la force de s'aventurer au loin pour livrer combat, se limitant à capturer de petites bêtes vulnérables.
Dès lors, face aux Goyim, très nombreux mais de rang inférieur, nous serons comme un lion parmi les bêtes de la forêt : le lion s'élance dans la forêt au milieu d'une multitude d'animaux pour les combattre ; de la même manière, nous irons affronter les pays de ces nations sur leur propre terrain. Face aux peuples, en revanche, moins nombreux mais plus civilisés, nous serons comme un lionceau au milieu des troupeaux de brebis : le lionceau ne sort pas au loin, il attend sur place. Nous n'aurons pas besoin d'aller vers eux, car l'ordre même de leur gouvernement les conduira jusqu'à nous : ils viendront d'eux-mêmes se rapprocher et embrasser la foi de notre religion.
On peut d'ailleurs le constater clairement de nos jours : au sein des sociétés les moins structurées, la foi en Dieu est bien moins ancrée, alors que chez les peuples européens, mieux organisés, la croyance en Dieu est plus largement répandue. Ils ont embrassé le christianisme, et bien qu'il ne s'agisse pas de la vraie foi, le Rambam explique que le christianisme constitue une étape préparatoire à l'avènement messianique, et l'islam une étape ultérieure. En observant ce qui existait auparavant, on mesure le progrès : avant eux régnait un paganisme idolâtre primaire, où l'on sculptait un morceau de bois pour lui dire "tu es mon dieu", "de la moitié il fait du feu pour cuire son pain, et de l'autre il se fabrique une divinité" - une conception spirituelle d'une extrême indigence. Le christianisme reconnaît déjà une force suprême unique dirigeant le monde, bien qu'il l'associe à la notion erronée de trinité ; il a néanmoins rompu avec la multitude des idoles. Puis l'islam a constitué une étape supplémentaire en rejetant toute idée de trinité pour affirmer l'existence d'un Dieu unique et suprême, tout en désignant Mahomet comme son prophète (bien qu'il n'ait jamais formulé la moindre prophétie authentique, mais telle est leur doctrine, et l'on ne saurait les troubler avec les faits historiques).
Il demeure toutefois une distinction halakhique majeure : un Juif qui pénètre dans une église entre dans un lieu d'avoda zara (idolâtrie), et un Juif qui adopterait le christianisme commettrait un acte d'idolâtrie pur et simple. Il s'agit d'une forme d'association (chitouf), tolérée pour les non-Juifs selon certains décisionnaires mais formellement interdite à un Juif ; un non-Juif a la faculté d'associer une autre entité à Dieu, mais un Juif doit vouer son culte exclusivement à son Créateur. En revanche, le fait pour un Juif d'entrer dans une mosquée ne tombe pas sous le coup de cette interdiction : ce n'est certes pas une mitsva, et il n'est jamais garanti qu'il en ressorte indemne, voire qu'il en ressorte tout court, mais il n'y a pas d'interdit lié à l'idolâtrie, car une mosquée n'est pas un lieu païen et ses fidèles s'adressent au Dieu unique. On discerne donc une réelle progression spirituelle.
Ainsi, les peuples qui forment des États organisés et possèdent une religion plus structurée finiront par accepter le joug de la royauté divine. Seuls ceux qui viendront nous déclarer la guerre - ces peuples qui marcheront contre le mont Sion, les armées de Gog et Magog - seront terrassés comme par un lionceau qui fond sur sa proie dans son repaire, et ils se révéleront aussi démunis que des brebis face au carnassier. C'est le sens des mots "qui, lorsqu'il passe, piétine" : le lion parcourt la forêt hors de sa tanière et écrase tout sur son passage ; "et déchire sans que personne ne délivre" : le lionceau saisit sa proie depuis son abri sans que rien ne puisse lui échapper. Le prophète annonce donc la victoire tant sur les Goyim, innombrables et dépourvus d'ordre politique, que sur les peuples, moins nombreux mais plus civilisés.
תָּרֹם יָדְךָ עַל־צָרֶיךָ וְכׇל־אֹיְבֶיךָ יִכָּרֵתוּ׃ - Que ta main se lève sur tes adversaires, et que tous tes ennemis soient retranchés !
Le Malbim commente : il ne sera nullement nécessaire de combattre ces adversaires à deux mains ; une seule suffira pour les terrasser. Et quelle nuance sépare le "Tsar" (l'adversaire/oppresseur) de l'"Oyev" (l'ennemi) ? Le Malbim l'a déjà explicité à propos de l'expression "un homme adversaire et ennemi" dans la Méguilat Esther : le Tsar est celui qui opprime de manière concrète, qui harcèle et attaque dans les faits ; l'Oyev est un ennemi dans le cœur, qui nous voue une haine profonde mais n'agit pas nécessairement sur le terrain. À titre d'illustration contemporaine, le Hamas correspond au Tsar : attentats et agressions directes, c'est l'oppression en action ; tandis que l'Iran s'apparente à l'Oyev : il n'agit pas constamment de manière directe, mais médite notre perte et projette notre destruction future. C'est à ce propos que déclare l'Écriture : "Que ta main se lève sur tes adversaires" - face à ces assaillants déclarés qui montent au combat contre toi, ta puissance l'emportera, et une seule main suffira ; "et que tous tes ennemis soient retranchés" - quant à ceux qui n'attaquent pas ouvertement mais nourrissent une haine tenace dans leur cœur, ils disparaîtront d'eux-mêmes.
וְהָיָה בַיּוֹם־הַהוּא נְאֻם־יְהֹוָה וְהִכְרַתִּי סוּסֶיךָ מִקִּרְבֶּךָ וְהַאֲבַדְתִּי מַרְכְּבֹתֶיךָ׃ - « Et il adviendra en ce jour-là, parole de l'Éternel, que Je retrancherai tes chevaux du milieu de toi, et Je ferai disparaître tes chars. »
Rachi explique qu'il s'agit de l'appui militaire de l'Égypte : l'Égypte était le grand vivier de chevaux, le lieu où se rassemblaient les meilleurs coursiers, et vous vous reposiez sur eux. Le Malbim, en revanche, explique qu'il s'agit de la période préparatoire à la venue du Machia'h : d'abord éclatera la guerre de Gog et Magog, moment où « ta main s'élèvera sur tes adversaires » et où il faudra lever la main et combattre. Mais « en ce jour-là », après la guerre de Gog, nous n'aurons plus nullement besoin de faire la guerre. Pour combattre, on a besoin de chevaux et de chars, et le prophète s'exprime dans les termes de son époque ; de nos jours, nous traduirions cela par des blindés et des armes pourvues de chevaux-vapeur. S'il avait parlé de « chars d'assaut » aux hommes de son temps, ils n'y auraient rien compris, car à chaque génération on s'adresse selon son entendement. L'Éternel déclare : vous n'aurez plus besoin de guerres - « Je retrancherai tes chevaux du milieu de toi » et « Je ferai disparaître tes chars ».
וְהִכְרַתִּי עָרֵי אַרְצֶךָ וְהָרַסְתִּי כׇּל־מִבְצָרֶיךָ׃ - « Et Je retrancherai les villes de ton pays, et Je détruirai toutes tes forteresses. »
Le Malbim précise qu'il existe une différence entre les villes appartenant au peuple et les villes appartenant au pays : les villes du peuple sont celles où la population habite, tandis que « les villes de ton pays » sont celles où l'on entreposait les armes et les chars, ce que l'on qualifierait aujourd'hui de domaine de l'État. Ces villes-là ne seront plus nécessaires. « Et Je détruirai toutes tes forteresses » - tu n'auras plus besoin de fortifications, ni de rempart protecteur, ni de tous ces dispositifs défensifs destinés à empêcher l'incursion d'un ennemi.
וְהִכְרַתִּי כְשָׁפִים מִיָּדֶךָ וּמְעוֹנְנִים לֹא יִהְיוּ־לָךְ׃ - « Et Je retrancherai les sortilèges de ta main, et tu n'auras plus de devins. »
וְהִכְרַתִּי פְסִילֶיךָ וּמַצֵּבוֹתֶיךָ מִקִּרְבֶּךָ וְלֹא־תִשְׁתַּחֲוֶה עוֹד לְמַעֲשֵׂה יָדֶיךָ׃ - « Et Je retrancherai tes idoles sculptées et tes stèles du milieu de toi, et tu ne te prosterneras plus devant l'œuvre de tes mains. »
Le Malbim souligne : un autre usage courant avant de partir au combat consistait à scruter par des voies occultes si l'expédition serait victorieuse et quelles étaient les chances de succès, car les nations « prêtent l'oreille aux augures et aux devins ». L'Éternel déclare : tu n'auras plus besoin de cela. « Et Je retrancherai les sortilèges de ta main » - tu n'auras plus recours à la magie pour savoir s'il faut marcher contre l'ennemi et si la victoire sera au rendez-vous. En termes contemporains : on n'aura plus besoin d'estimations des renseignements militaires ni d'analyses stratégiques sur les rapports de force et les effectifs ennemis. De même, le culte des statues, des stèles et des bosquets sacrés cessera définitivement.
Et que sont les « me'onenim » ? Trois explications sont avancées. Le Radak rapporte au nom de nos Sages que le terme dérive de la racine des yeux (*'enayim*) : c'est l'illusionniste qui abuse le regard par des tours de passe-passe, sans modifier la réalité mais en trompant la vue pour faire croire à une transformation. Rabbi Akiva soutient que le mot ne vient pas des « yeux », mais des « moments » propices (*onot*) : l'homme déclare « ce moment est faste, cet autre est néfaste » - ne voyage pas aujourd'hui, le chemin est dangereux ; pars demain entre neuf et dix heures, le créneau est propice. Enfin, Ibn Ezra explique que les *me'onenim* sont ceux qui scrutent les nuages (*ananim*) pour percer l'avenir : ils examinaient quels nuages apparaissaient, de quelle direction ils venaient et quelles formes ils prenaient, et en déduisaient ce qui allait se produire.
וְנָתַשְׁתִּי אֲשֵׁירֶיךָ מִקִּרְבֶּךָ וְהִשְׁמַדְתִּי עָרֶיךָ׃ - « Et J'arracherai tes bosquets sacrés du milieu de toi, et Je détruirai tes villes. »
« Et Je détruirai tes villes (*ârékha*) » s'explique de deux façons. La première : tes villes matérielles - ces places mentionnées plus haut, « les villes de ton pays », les cités d'armement dont nous n'aurons plus l'usage puisqu'il n'y aura plus besoin d'armes. Par ailleurs, les villes où l'on vénérait des idoles seront traitées comme des villes réprouvées (*ir hanida'hat*), et les foyers de reniement de Dieu disparaîtront. Seconde explication : le mot *ârékha* désigne l'adversaire, comme lorsqu'il fut annoncé à Saül que l'Éternel s'était détourné de lui « et qu'Il est devenu ton ennemi (*ârékha*) », ce que le Targoum traduit par « ton oppresseur » - comme si l'Éternel était devenu Son adversaire, à Dieu ne plaise. Selon ce sens : tes ennemis et ceux qui te tourmentent, ce sont eux que Je détruirai.
וְעָשִׂיתִי בְּאַף וּבְחֵמָה נָקָם אֶת־הַגּוֹיִם אֲשֶׁר לֹא שָׁמֵעוּ׃ - Et J'exercerai avec colère et fureur Ma vengeance contre les nations qui n'ont pas écouté.
« Qui n'ont pas écouté » - ceux qui n'ont pas accepté l'enseignement de la Torah, selon les termes du Targoum Yonatan, c'est sur eux que J'exercerai Ma vengeance. Le Malbim explique : puisqu'ils refuseront d'entendre raison, de revenir à la vraie foi et de prendre sur eux le joug de la Royauté divine, comme cela est explicité à la fin du livre de Zacharie, Hachem annonce qu'Il leur demandera des comptes.
Et quelle différence y a-t-il entre « af » (colère) et « 'hama » (fureur) ? Comme le Malbim l'a déjà expliqué à plusieurs reprises, le af désigne la colère manifeste - les narines s'enflamment et l'irritation se voit de l'extérieur ; tandis que la 'hama est intérieure, « et sa fureur brûlait en lui », dissimulée au fond de soi. Hachem déclare : J'agirai d'abord avec colère (af), une colère encore exempte de fureur, or cette colère seule n'est pas fatale ; puis J'agirai avec fureur ('hama), et là réside le véritable danger, car il s'agit d'un ressentiment intérieur profond. C'est ainsi que J'exercerai Ma vengeance contre les nations qui n'auront pas voulu écouter ni accepter le service d'Hachem.
Le chapitre s'ouvre sur Bethléem Éphrata, berceau de la royauté davidique, et nous enseigne que c'est précisément le plus jeune et le plus dédaigné qui est choisi pour régner, et que les origines du Machia'h remontent aux temps antiques, aux jours de l'éternité. Selon le Malbim, le chapitre décrit deux étapes de la délivrance : d'abord le Machia'h ben Yossef et les dix tribus, qui mèneront les guerres et apporteront la délivrance matérielle, tandis que la maison de Juda leur sera subordonnée jusqu'à l'achèvement du rassemblement des exilés ; puis se lèvera le Machia'h ben David qui fera paître « avec la force d'Hachem, avec la majesté du Nom de l'Éternel son Dieu » - une royauté spirituelle qui s'étendra jusqu'aux extrémités de la terre, non par l'épée mais par la force de la paix, et telle est sa grandeur. En ces jours-là, le reste de Jacob sera comme une rosée venant d'Hachem, recevant une abondance directe sans l'intermédiaire des ministres célestes, et déversant ses bienfaits sur les peuples comme des ondées sur l'herbe sans rien recevoir d'eux, n'espérant rien d'aucun homme et ne s'en remettant à nul mortel, mais uniquement au Créateur. Face aux nations nombreuses, il sera comme un lion, et face aux peuples organisés, comme un lionceau embusqué dans son repaire, jusqu'à ce que tous les adversaires et les ennemis soient retranchés. Alors, Hachem retranchera les chevaux et les chars, les cités d'armes et les forteresses, les sorcelleries et les devins, les idoles et les ashérim - un monde où la guerre n'a plus lieu d'être et où l'idolâtrie n'a plus aucune emprise ; et sur les nations qui n'écouteront pas et n'accepteront pas le joug de la Royauté divine, Hachem exercera Sa vengeance avec colère et fureur.