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Job et ses réincarnations selon la Cabbale - La réincarnation de Tèrah en Job - 2e partie

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Introduction : cours complémentaire sur le secret de la réincarnation de Job

Après avoir achevé l'étude du livre de Job verset par verset, nous consacrons un cours à une dimension tout à fait différente : le secret profond de ces événements selon le saint Ari, le Zohar, le Rama de Fano, le Hida et Rabbi Chimchon d'Ostropoli. Qui était véritablement Job, de qui était-il la réincarnation, et pourquoi de telles souffrances ont-elles été décrétées précisément contre lui ? Tout ce qui sera développé ici vient éclairer l'ensemble du récit : pourquoi, en fin de compte, le Saint, béni soit-Il, rétablit Job dans sa situation passée et bénit la fin de sa vie plus encore que ses débuts.

L'allusion à la réincarnation de Tèrah en Job

La réincarnation de Tèrah en Job est suggérée dans le texte par une allusion remarquable. On peut la déceler en examinant les lettres du texte, comme l'avait déjà relevé l'Agra deKala il y a plus d'un siècle. Cette allusion se trouve précisément à la charnière entre les deux sections : « Et Tèrah mourut à Haran. Et l'Éternel dit à Abram : Va pour toi ». Remarquez bien les initiales : « בחרן » (à Haran) commence par Beth (ב), « ויאמר » (Et Il dit) par Vav (ו), « ה' » (l'Éternel) par Youd (י), « אל אברם » (à Abram) par Alef (א). En lisant de gauche à droite, on obtient : איו"ב (Iyov - Job). Voyez la précision : c'est immédiatement après « Et Tèrah mourut » que Job apparaît en filigrane, et précisément à l'envers, de gauche à droite, pour signifier que bien qu'il soit mort, il est destiné à revenir. Tèrah est mort, mais il doit revenir sous les traits de Job. Il y a ici une allusion supplémentaire : la lettre Noun inversée de « בחרן » vient elle aussi suggérer un retournement, indiquant qu'il doit revenir par réincarnation.

Le nom de Job

Cette idée est également suggérée par son nom même. Si Job est Tèrah, qui est issu de lui ? Abraham, Isaac et Jacob. C'est précisément l'acronyme de son nom : אי"וב - Abraham, Isaac, et Jacob, ses fils (אברהם, יצחק, ויעקב, בניו). Ils sont véritablement sa descendance, puisque Tèrah est le père d'Abraham, ainsi que le rapporte le Rama de Fano. De plus, la valeur numérique (guémâtria) d'« אברהם יצחק ויעקב » équivaut exactement à celle de « תרח » (Tèrah), ce qui montre qu'ils se rattachent tous à Tèrah.

Les souffrances qui auraient dû atteindre Abraham

Il est écrit dans le Midrach : Le Saint, béni soit-Il, a dit que de dures souffrances et d'autres épreuves auraient dû frapper Abraham, mais qu'elles ne viendront pas - car les souffrances qui ont atteint Job auraient dû atteindre Abraham. À cet instant, le Saint, béni soit-Il, dit à Abraham : « Va, mange ton pain avec joie, car déjà Dieu a agréé tes œuvres ». Celui qui lit ce Midrach sans les prémisses évoquées et sans les enseignements du saint Ari zal ne peut rien y comprendre. D'abord, que signifie cette substitution ? L'un mériterait des souffrances et un autre les recevrait à sa place ? Pourtant, chaque homme meurt pour sa propre faute. Ensuite, pour quelle raison de telles souffrances auraient-elles dû frapper Abraham notre père ? Qu'avait-il fait ?

D'après les paroles du saint Ari, tout s'éclaire merveilleusement. Abraham notre père craignait de devoir souffrir encore, non à titre de punition mais à titre de purification, pour réparer les fautes de son père. Il avait été conçu dans l'impureté, étant né d'une femme en période de nida comme cela a été expliqué, et de l'origine dont il était issu, il fallait traverser de multiples purifications avant d'épurer l'argent et l'or de leurs scories. Il est écrit que la racine de l'âme de Tèrah provient des impuretés de la racine de l'âme d'Abraham, et c'est pourquoi Abraham s'est tant efforcé de ramener son père à la techouva. Le Saint, béni soit-Il, vient alors lui dire : Sache, Abraham, que tu n'as plus à souffrir. Ton père réglera lui-même sa dette : Tèrah reviendra réincarné en Job. Et ce n'est donc pas Job qui paie pour Abraham, mais Job qui paie pour lui-même, puisqu'il paie pour son incarnation précédente en tant que Tèrah. Abraham pensait devoir porter cette purification, mais on lui annonce : non, Tèrah l'accomplira lui-même lorsqu'il reviendra sous les traits de Job, et ce n'est pas à toi d'achever cette tâche.

Allusions dans les souffrances de Job

Cela est également suggéré dans le livre de Job lui-même. Il est écrit : « Il frappa Job d'un ulcère malin, de la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête ». Le saint Ari fait remarquer que les initiales de « איוב בשחין רע מכף » forment le nom אברה"ם (Abraham), pour enseigner qu'il souffre à la place d'Abraham, conformément aux paroles du Midrach selon lesquelles c'est Job qui devait recevoir ces souffrances. De même, comme mentionné précédemment, « ויעקד את יצחק בנו » a pour acronyme איו"ב (Iyov), pour indiquer qu'à partir de ce moment, c'est Job qui subit l'épreuve. En outre, « בשחין רע » (d'un ulcère malin) a la même valeur numérique que « הוא היה תרח » (« il était Tèrah »). Le Hida rapporte également que le verset « Abraham était vieux, avancé en âge, et l'Éternel avait béni Abraham en tout » équivaut en guémâtria au nom d'Iyov.

La parabole du berger et du loup : Job livré entre les mains de Satan

Il est écrit dans le Midrach Rabba : Rav 'Hama bar 'Hanina rapporte qu'au moment où Israël sortit d'Égypte, l'ange Samaël se dressa pour les accuser. C'est comparable à un berger qui faisait traverser une rivière à son troupeau, lorsqu'un loup vint attaquer les bêtes. Un berger expérimenté sait comment traiter avec les loups : que fit-il ? Il prit un grand bouc et le lui livra. S'il lui avait donné un petit chevreau, le loup l'aurait dévoré sur-le-champ, mais un grand bouc allait lutter contre lui un certain temps. Le berger se dit : qu'il lutte avec lui jusqu'à ce que nous ayons traversé la rivière, et ensuite je viendrai le chercher - je terminerai de faire passer les brebis les plus faibles, puis je reviendrai arracher le grand bouc à ses griffes.

De même, au moment où Israël sortit d'Égypte, Samaël se dressa pour accuser. Il dit devant le Saint, béni soit-Il : « Maître du monde, jusqu'à présent ceux-ci adoraient les idoles, et Toi, Tu leur fends la mer ? Ceux-là sont des idolâtres, et ceux-ci sont des idolâtres ! » Que fit le Saint, béni soit-Il ? Il lui livra Job (Iyov), qui comptait parmi les conseillers de Pharaon, et dont il est dit : « Job était un homme intègre et droit ». Il lui dit : « Le voici entre tes mains ». Le Saint, béni soit-Il, dit : pendant qu'il sera occupé avec Job, Israël traversera la mer, puis Je sauverai Job.

Et c'est ce que déclara Job : « Je vivais tranquille, et Il m'a brisé ; Il m'a saisi par la nuque et m'a mis en pièces » - pour faire de moi une cible, comme il est dit : « Il m'a érigé pour Lui en cible ». Les flèches doivent bien être décochées quelque part, et le Saint, béni soit-Il, dit : voici une cible pour toi, prends-la et occupe-toi de Job. Et il est écrit : « Dieu me livre à un être injuste (El Avil) » - Hachem m'a livré à un être puissant (El), injuste (Avil), c'est-à-dire Samaël. Job dit : on m'a livré en sacrifice entre les mains d'un être injuste pour qu'Israël ne soit pas condamné en justice. Et c'est là le sens de : « et Il m'a précipité entre les mains des méchants ». À cet instant, le Saint, béni soit-Il, dit à Moché : J'ai livré Job au Satan, que te reste-t-il à faire ? « Parle aux enfants d'Israël, et qu'ils avancent » - le Satan a désormais quelqu'un d'autre contre qui aboyer.

Les allusions à Job dans l'ouverture de la mer Rouge

Cela se trouve d'ailleurs insinué dans le récit même de l'ouverture de la mer Rouge : « Israël vit la grande main que l'Éternel avait déployée contre l'Égypte ; le peuple craignit l'Éternel, et ils eurent foi en l'Éternel et en Moché, Son serviteur ». Observez les acronymes : les initiales de « Vayir'ou Ha'am Et Hachem » (le peuple craignit l'Éternel) forment le nom Iyov (איוב - Job). Comment avons-nous traversé la mer Rouge ? Grâce à Job, qui fut livré entre les mains du Satan. De même, « Vayaaminou b'Hachem ouve-Moché avdo » forme en acronyme le nom Iyov, car c'est lui qui a encaissé les souffrances. Le saint Ari zal enseigne que cela est également suggéré dans le Cantique de la mer : « Tir'ats oyev » (écrase l'ennemi) est l'anagramme de « tsara'at Iyov » (la lèpre de Job). La lèpre dont souffrit Job est précisément ce qui écarta de nous le grand ennemi, le Satan, l'empêchant d'accuser. Autre allusion remarquable : dans l'expression « A'harehem vaye'hasou », en sautant de trois lettres en trois lettres, on retrouve le nom Iyov.

Le mauvais conseil de Job à Pharaon

On peut expliquer cela plus avant : c'est Job lui-même qui avait causé des souffrances au peuple d'Israël. Qui avait donné le mauvais conseil à Pharaon ? Certes, nos Sages enseignent que Job garda le silence, mais le saint Zohar rapporte que Job donna le mauvais conseil de les affliger. Job dit à Pharaon : « Ne les tue pas, fais-les plutôt souffrir ». Dès lors, puisque tu as provoqué les souffrances du peuple d'Israël par ton conseil, c'est toi qui vas maintenant les protéger de la souffrance - tu vas la subir à leur place et leur servir de bouclier. Mesure pour mesure (mida kenégued mida), Job endure ces tourments afin que le peuple d'Israël puisse traverser la mer Rouge.

Le 'Hida : quatre cents ans en réparation de Téra'h

La profondeur de ce sujet est explicitée par le 'Hida dans son ouvrage Sim'hat HaRéguèl. Le 'Hida explique : l'une des raisons de l'exil d'Égypte était d'expier la faute de Téra'h, qui s'était adonné à l'idolâtrie. Combien d'années vécut Téra'h ? Deux cent cinq ans, une longue vie. Parmi elles, on ne peut lui imputer les cinq premières années, car il était alors enfant et dépourvu de discernement. Restent deux cents ans. Or, pour la faute d'idolâtrie, Hachem juge tant l'acte que la pensée : deux cents ans d'actes impies, et deux cents ans de pensées hérétiques, car la pensée d'hérésie est assimilée à l'idolâtrie elle-même. Cela fait au total quatre cents ans - correspondant à « ils les asserviront et les opprimeront pendant quatre cents ans ». C'est ce qui fut annoncé par allusion à Avraham : « Sache que ta descendance séjournera en terre étrangère (Ki guer yihyé) ». Les lettres initiales de Ki Guer Yihyé (Khaf, Guimel, Youd) totalisent la valeur numérique de trente-trois, soit la guématria du mot « ton père » (Avikha). Tu demandes pourquoi quatre cents ans ? C'est à cause de ton père : deux cents ans d'actes et deux cents ans de pensées, c'est pour lui que cette réparation est requise. C'est pourquoi Job fut condamné aux souffrances, afin d'expier pour Téra'h.

Et d'après ce que nous venons de voir, ces deux explications se complètent et ne forment qu'une seule et même réalité. D'un côté, il y a le conseil d'asservir Israël, et de l'autre, l'exil venu expier la faute de Téra'h. Or, c'est précisément le point central : tout cet exil a lieu à cause de toi, Job, et il est destiné à te purifier, puisque tu es la réincarnation de Téra'h ! Et au lieu de réparer, que fais-tu ? Tu conseilles d'alourdir leur servitude ! Nous souffrons par ta faute, et toi, assis parmi les conseillers de Pharaon, tu trouves encore le moyen de suggérer comment nous opprimer davantage ? C'est pourquoi Hachem multiplia les souffrances de Job.

Les cent quatre-vingt-dix années manquantes

Israël sort d'Égypte au bout de deux cent dix ans, et la réparation des quatre cents ans n'est donc pas achevée. Le Satan vient alors accuser : « Maître du monde, il fallait quatre cents ans pour expier la faute de Téra'h, et ils sortent après seulement deux cent dix ans - il manque encore cent quatre-vingt-dix ans ! » Tel est le sens profond de l'accusation : « Ceux-là sont des idolâtres, et ceux-ci sont des idolâtres ». Téra'h demeure entaché d'idolâtrie, ce qui signifie que la réparation n'est pas parachevée. En effet, quant au culte auquel Israël a pu s'adonner en Égypte, il est difficile de les en tenir pleinement rigueur, car ils étaient contraints par l'esclavage ; mais Téra'h, lui, avait servi les idoles de son plein gré. Les enfants d'Israël étaient descendus pour réparer sa faute, et cette réparation n'était pas terminée.

Dès lors, nous comprenons les paroles du Midrash. Le Saint, béni soit-Il, livre Iyov au Satan. Et qui est Iyov ? Qui voulions-nous réparer à l'origine ? Térah. Le Saint, béni soit-Il, dit alors : Térah reviendra en réincarnation (guilgoul), et toi, Satan, tu le prendras en main personnellement ; par là, tu compléteras les années de souffrance dont tu prétends que le peuple d'Israël a été exempté. À présent, tout s'éclaire merveilleusement : il ne s'agit nullement d'un bouc émissaire que l'on jette au Satan à chaque fois qu'un problème survient ; il est lui-même le problème, la cause de tout le malheur. Lorsqu'un problème surgit, on livre celui qui l'a provoqué : Iyov doit endurer la souffrance qui lui revient afin de parachever le tikoun de Térah.

« À l'origine, nos ancêtres étaient des idolâtres »

Grâce à cela, nous comprenons également ce que nous disons dans la Haggadah : « À l'origine, nos ancêtres étaient des idolâtres, Térah, père d'Avraham ». Deux questions se posent ici : tout d'abord, pourquoi rappeler notre déshonneur et chercher nos défauts ? Ensuite, depuis quand nous réclamons-nous de Térah ? « Nos pères », ce sont Avraham, Itshak et Yaakov, pas Térah !

En réalité, toute la Haggadah traite de l'exil d'Égypte, et il faut en comprendre les racines : pourquoi quatre cents ans d'exil furent-ils décrétés ? Parce qu'à l'origine, nos ancêtres étaient des idolâtres : il y avait Térah, qui vouait un culte aux idoles et pour lequel il fallait expier. Le Maguid commence donc par vous dire : sache que tout ce que tu liras à partir d'ici a commencé parce que Térah était idolâtre. C'est ainsi que l'explique le Hida.

Le guilgoul de Yaakov Avinou en Iyov

Les kabbalistes ont écrit que Yaakov Avinou s'est lui aussi réincarné en Iyov, pour avoir épousé deux sœurs. Chez Yaakov également, cela constituait un manque qui exigeait réparation ; c'est pourquoi il s'est réincarné en Iyov. Cela est insinué dans le verset : « Et tu ne prendras point une femme avec sa sœur, pour former une rivalité, en découvrant sa nudité » - la fin de « lo tikakh » est un Heth, la fin de « litsror » est un Resh, la fin de « legalot » est un Tav, formant en lettres finales le nom « Térah » (תר"ח). Cela vient t'enseigner que Yaakov s'est réincarné en Iyov, lui-même réincarnation de Térah, en raison de « tu ne prendras point [...] pour former une rivalité, en découvrant sa nudité », une femme avec sa sœur. De plus, les initiales de « Ve'isha el akhotah lo » (ואשה אל אחתה לא) ont une valeur numérique de trente-huit, soit deux fois Iyov (איו"ב = 19), pour signifier qu'il devrait se réincarner à ce sujet en Iyov.

C'est également suggéré dans un autre verset : « Si un homme a deux femmes, l'une aimée et l'autre haïe, et qu'elles lui enfantent des fils ». Sautez trois lettres dans « senou'ah veyaledou lo vanim » (שנואה וילדו לו בנים), et vous obtiendrez le mot Iyov (איוב). En effet, il est écrit : « L'Éternel vit que Léa était malaimée (haïe) » - « Si un homme a deux femmes », et il devra ensuite se réincarner en Iyov pour réparer cela. De plus, les lettres finales de « senou'ah veyaledou lo vanim » (ה', ו', ו', ם') équivalent en guématria à « yévama » (יבמה), pour t'indiquer qu'il devra revenir et qu'il y aura là un lévirat (yiboum), car Iyov était le fils de la belle-sœur (yévama). En outre, « ahouvah » (אהובה) a la même valeur numérique qu'Iyov (איו"ב = 19), pour signifier qu'il faudra réparer cela par une réincarnation en Iyov.

Les kabbalistes ont également écrit que Yaakov Avinou a enduré des souffrances lors de son guilgoul en Iyov en correspondance avec les dix plaies qui frappèrent les Égyptiens. Cela est sous-entendu dans le verset : « Et Israël vit la main puissante que l'Éternel avait déployée contre l'Égypte » - Israël, c'est Yaakov Avinou ; et il a subi des souffrances à la mesure de ce que D.ieu a accompli en Égypte. Car qui avait causé les souffrances endurées en Égypte ? Iyov, qui est Térah. Iyov a causé ces souffrances, et Iyov lui-même endure ces mêmes souffrances.

Le Rasham d'Ostropoli : la racine de l'âme dans Adam Harishon

Rabbi Chimchon d'Ostropoli explique ici une profondeur supplémentaire. Il est enseigné que l'âme de chaque membre d'Israël tire sa source d'un endroit précis en Adam Harishon (le premier homme). À Rabbi Haïm Vital, par exemple, le saint Ari révéla que la racine de son âme provenait des cheveux sur l'épaule d'Adam Harishon, et il lui dit : si tu savais l'élévation immense qui est la tienne, tu ne cesserais de te réjouir tous les jours de ta vie ; et toute la raison de ma venue en ce monde n'est autre que de te réparer.

Et nous, d'où venons-nous ? D'Ikveuta deMechikha (les talons du Messie) - de l'endroit le plus bas d'Adam Harishon, du talon. Et non seulement le plus bas, mais aussi le plus dur : la peau y est insensible. C'est pourquoi, de nos jours, nous ne ressentons presque rien. Autrefois, on voyait des gens prier et fondre en larmes ; aujourd'hui, si seulement un homme parvenait à pleurer à Néïla ! C'est une peau morte, privée de sensibilité. On entend parler de catastrophes, de malheurs, et l'on ne s'émeut guère ; jadis, on entendait une telle chose et l'on se mettait à pleurer. Il n'y a plus ce sentiment de sainteté, plus d'éveil intérieur. Nous appartenons à la génération d'Ikveuta deMechikha, issus précisément des talons d'Adam Harishon.

Et quelle est la source de Yaakov Avinou ? Le Rasham d'Ostropoli explique : des deux cheveux situés au sommet du crâne d'Adam Harishon. C'est un niveau extrêmement élevé - la calotte crânienne (karkafta) occupe une place très élevée dans la Kabbale, et les cheveux qui s'y trouvent sont plus élevés encore. Il est écrit que lorsque Adam Harishon n'était encore qu'une masse informe (golem), le Saint, béni soit-Il, lui montra chaque génération et ses guides, chaque génération et ses sages ; Il lui montra Yaakov attaché à sa chevelure, et lui fit voir que, de même qu'un cheveu n'en touche pas un autre et qu'ils ne puisent pas à la même racine, de même il ne devait pas épouser deux sœurs.

Deux sœurs sont comparables à deux cheveux qui puisent leur vitalité d'un même follicule. Et Yaakov Avinou y a failli malgré lui - celui qui l'a fait trébucher fut Lavan l'Araméen, qui l'a contraint à épouser deux sœurs en pensant qu'il pourrait ainsi l'emporter sur lui. C'est pourquoi Yaakov doit se réincarner pour réparer le mariage avec deux sœurs, et il se réincarne en Iyov.

« Je suis intègre et je ne connais pas mon âme »

Prêtons maintenant attention : Iyov déclare : « Je suis intègre, je ne connais pas mon âme ». Je suis intègre (« Tam ani ») - je sais quelle est ma racine, je proviens de la racine de Yaakov, « homme intègre » (Ich tam). Et Iyov répète cette définition à de nombreuses reprises : « Certes, D.ieu ne méprise pas l'intègre », « Je suis intègre, et Il me déclare pervers », « Il anéantit l'intègre comme le méchant ». Il ne cesse de se définir comme « intègre », exactement comme Yaakov Avinou, l'homme intègre. Et c'est là le sens de ses propos : je suis intègre, j'émane de Yaakov Avinou, je suis intègre - et je ne comprends point mon âme, pourquoi dois-je tant souffrir et subir de tels tourments, alors que je descends d'un tel Tsadik ?

« Du sein de la tempête » - d'entre les cheveux de la tête de l'homme

Nous avons lu : « L'Éternel répondit à Iyov du sein de la tempête (sé'arah) », et le mot « tempête » y est écrit avec la lettre Shine (שׂ). Nos Sages ont enseigné : « Du sein de la tempête » - d'entre les cheveux (sé'arot) de la tête de l'homme. Selon le sens littéral, cela a déjà été expliqué et nous n'y reviendrons pas, mais observez combien cela est admirable selon le Racham d'Ostropoli. Le secret des choses : d'entre les cheveux de la tête d'Adam Harichon. Que lui dit le Saint, béni soit-Il ? Si tu savais où se situe ton ancrage dans Adam Harichon, rien ne te poserait de difficulté. Où te trouvais-tu ? Dans les deux cheveux situés au sommet de la tête d'Adam Harichon. Et que t'y insinuait-on ? Que deux cheveux ne se nourrissent pas d'un même follicule, et que tu ne devais pas épouser deux sœurs - or, tu as épousé deux sœurs. Telle est la réponse apportée à Iyov : comprends que même en étant intègre, c'est-à-dire semblable à Yaakov, même en étant la réincarnation d'un juste, un Tsadik a lui aussi des réparations à accomplir ; ton ancrage provient des cheveux, et c'est précisément ce que tu dois réparer.

Les allusions à la réincarnation de Yaakov en Iyov

La réincarnation de Yaakov en Iyov est également sous-entendue dans la Torah. Il est écrit : « C'est Éssav, père d'Edom. Et Yaakov s'établit dans le pays de résidence de son père, au pays de Canaan ». Remarquons : Edom (Aleph), Vayechev (Vav), Yaakov (Youd), Beérets (Beth) forment les lettres d'Iyov (איו"ב), c'est-à-dire la réincarnation de Yaakov. De plus : Yaakov (Youd), Beérets (Beth), Megouré (Mem) forment Yavam (יב"ם, le lévir), comme nous l'avons expliqué : Iyov est le fils de la Yevama. En outre, le mot « son père » (אביו - Aviv) est composé des mêmes lettres qu'« Iyov » (איוב) - « au pays de résidence de son père (Aviv) », pour t'enseigner qu'il s'établirait plus tard dans le pays où résiderait Iyov. On trouve encore une allusion dans les lettres finales de « Hakhi kara chmo Yaakov » qui forment le mot Iyov, et dans l'expression « Kara chmo Yaakov vayakevéni », en sautant de quatre lettres en quatre lettres, on obtient également le nom Iyov - chacun peut le vérifier.

« Et toi, tu rejoindras tes pères en paix » - une difficulté dans l'Alliance entre les morceaux

Le saint Ari ajoute : lors de l'Alliance entre les morceaux, Hachem annonce à Avraham : « Sache bien que ta descendance sera étrangère dans un pays qui ne lui appartiendra pas ; on les asservira et on les opprimera pendant quatre cents ans. Mais Je jugerai aussi la nation qu'ils serviront, et ensuite ils sortiront avec de grands biens. Et toi, tu rejoindras tes pères en paix, tu seras enterré après une heureuse vieillesse. Et la quatrième génération reviendra ici, car la faute de l'Amorrhéen n'a pas atteint son comble jusqu'à présent ». Il y a ici une immense difficulté : lorsqu'on l'entend, on s'étonne de ne pas l'avoir remarquée soi-même.

Hachem lui dit : ta descendance sera étrangère dans un pays qui n'est pas le sien, on l'asservira et on l'opprimera, puis Je jugerai la nation asservissante, et ensuite ils sortiront avec de grands biens. Que devrait-il être écrit immédiatement après ? « Et la quatrième génération reviendra ici » - lorsqu'ils sortiront avec de grands biens, où iront-ils ? Vers la Terre sainte, « car la faute de l'Amorrhéen n'a pas atteint son comble jusqu'à présent ». Or, au beau milieu s'intercale : « Et toi, tu rejoindras tes pères en paix, tu seras enterré après une heureuse vieillesse ». Pourquoi insérer cela ici ? Il s'agit pourtant d'événements bien postérieurs à la mort d'Avraham : le séjour en Égypte, l'asservissement, l'oppression, puis la sortie et l'entrée en Terre promise - quel est le sens de ce « Et toi, tu rejoindras tes pères en paix » au milieu du récit ?

C'est d'autant plus frappant selon l'enseignement de nos Sages, selon lequel Hachem lui annonçait ici que Térah ferait techouva - car autrement, comment pourrait-il « rejoindre ses pères en paix » ? Il apparaît ainsi qu'en plein milieu de l'asservissement et de la délivrance, le texte insère une prophétie annonçant le repentir de Térah. Quel est le rapport, et pourquoi à cet endroit précis ?

La réponse est celle que nous avons évoquée : Térah s'est réincarné en Iyov, et c'est par les souffrances que Térah reçoit sa réparation. Iyov avait également une raison personnelle de subir des épreuves : il faisait partie des conseillers de Pharaon, et selon le saint Zohar, il donna un mauvais conseil - d'accabler Israël de tourments sans leur ôter la vie, c'est-à-dire sans les mettre à mort.

Les termes du Zohar

Dans les écrits de nos Sages, il est enseigné qu'Iyov a gardé le silence, mais le saint Zohar affirme qu'Iyov a conseillé d'affliger le peuple d'Israël. Voici les termes mêmes du Zohar : « De la même manière qu'il a jugé, ainsi fut-il jugé, car Iyov faisait partie des proches conseillers de Pharaon » - il comptait parmi les conseillers intimes de Pharaon. « Et lorsque Pharaon se dressa contre Israël, il voulut les faire périr » - Pharaon voulait nous massacrer. « Il lui dit : Non, prends plutôt leurs biens et domine sur leurs corps par un labeur écrasant, mais ne les tue point » - asservis-les à de durs travaux et ne les mets pas à mort. Le Saint, béni soit-Il, lui déclara : Par ta vie, selon ce jugement même tu seras jugé - le sort que tu conseilles d'infliger à Mon peuple sera la mesure de ton propre jugement. Que dit le texte ? « Étends seulement Ta main, touche à ses os et à sa chair, mais préserve sa vie ». C'est exactement le conseil que tu avais prodigué à Pharaon, et c'est sur toi-même qu'on l'éprouve désormais.

Mesure pour mesure, Iyov est frappé d'afflictions, et c'est par la force de ces souffrances qu'il fait téchouva. Cela est également suggéré dans les versets : « Les enfants d'Israël gémirent du fond de la servitude... D.ieu entendit leur gémissement, et D.ieu Se souvint de Son alliance avec Abraham, avec Isaac et avec Jacob » - les initiales hébraïques des mots « Et Avraham, Et Yits'hak, VE-et » (את אברהם את יצחק ואת) ont pour valeur numérique (guémâtria) Iyov (איו"ב). De quoi Hachem S'est-Il souvenu ? Il S'est souvenu d'Iyov. De même : « D.ieu vit les enfants d'Israël, et D.ieu sut » - les premières lettres de « Bné » (ב), « Israël » (י), « Vayéda » (ו) et « Elokim » (א) forment le nom d'Iyov. Tout cela pour enseigner que tout ce malheur et ces lamentations sont survenus à cause d'Iyov : d'une part, parce qu'il devait réparer les fautes de Térah, raison pour laquelle nous avons souffert quatre cents ans ; et d'autre part, parce qu'il est l'auteur de ce conseil pernicieux.

L'ordre des versets de l'Alliance entre les morceaux s'éclaire

Revenons à présent à l'explication des versets. « Sache bien que ta descendance séjournera dans un pays qui ne sera pas le sien ; ils les asserviront et les opprimeront pendant quatre cents ans » - et qui avait conseillé une telle chose ? Iyov, et c'est pourquoi Iyov est frappé de souffrances et, à leur suite, revient à D.ieu. « Mais aussi la nation qu'ils serviront, Je la jugerai Moi-même, et après cela ils sortiront avec de grands biens » - lors de l'ouverture de la mer Rouge, Je jugerai l'Égypte et ils mériteront de grands biens grâce au butin de la mer. Et que s'est-il alors passé à la mer Rouge ? Hachem a livré Iyov au Satan : Iyov est tourmenté, et par ses souffrances, il expie pour Térah.

Aussitôt après : « Et toi, tu rejoindras tes pères en paix, tu seras enterré dans une bonne vieillesse » - Iyov fait téchouva à la suite de ses souffrances, ces épreuves le purifient, et le Saint, béni soit-Il, dit à Abraham : tu peux être rassuré, ton père a trouvé sa réparation. L'un découle de l'autre ; il ne s'agit nullement d'un récit annexe greffé au milieu de l'histoire d'Égypte, mais c'est là-bas, en Égypte, qu'Iyov a donné ce mauvais conseil et c'est là qu'il recevra ses afflictions, apportant ainsi la réparation à la réincarnation de Térah, d'où la promesse : « tu rejoindras tes pères en paix ». Et quand cela aura-t-il lieu ? À la sortie d'Égypte. C'est pourquoi tel est l'ordre des versets : après « ils les asserviront et les opprimeront » et « la nation qu'ils serviront, Je la jugerai », vient « et après cela ils sortiront avec de grands biens » - car le butin d'Égypte ne constituait que le bien modeste, tandis que le butin de la mer représentait les « grands biens » - et à cet instant précis, Iyov est livré aux mains du Satan et Térah est réparé ; alors seulement s'accomplit « tu rejoindras tes pères en paix », lorsque l'ensemble parvient à sa perfection. Ainsi l'explique le saint Ari.

Abraham par amour et Iyov par crainte

Le saint Ari enseigne encore : Avraham Avinou servait son Créateur par amour, ainsi qu'il est écrit : « Abraham qui M'aime » ; tandis qu'Iyov Le servait par crainte : « Cet homme était intègre et droit, craignant D.ieu et s'écartant du mal ». C'est pourquoi Abraham triompha des épreuves sans redouter la rigueur de la justice divine, car son service procédait de l'amour ; alors qu'Iyov fut soumis à une seule épreuve et ne la surmonta point dans une totale perfection. Malgré tout, précisent nos Sages, de ses lèvres il ne pécha point.

C'est précisément ce que lui reprocha sa femme : « Tu persistes encore dans ton intégrité ». Son intention était la suivante : toute ton intégrité et ta droiture ne découlaient que de ta crainte de D.ieu, du fait que tu vivais dans une constante frayeur. Qu'est-ce qu'un homme qui craint D.ieu de cette manière ? C'est quelqu'un qui a peur des tourments - il ne veut pas du Guéhinnom, refuse les châtiments, redoute les maladies. C'est sous l'effet de cette crainte que tu es devenu un tsaddik. Et voilà que « ce que je redoutais m'arrive » : les souffrances s'abattent bel et bien sur toi. Dès lors, « maudis D.ieu et meurs » - à quoi t'a servi toute ta piété ? Tu es devenu un juste afin de ne point souffrir, et malgré ton intégrité et ta droiture, le Saint, béni soit-Il, t'afflige. Et pourquoi ? Parce que ces souffrances surviennent pour ce que tu as détérioré avec moi dans notre précédente réincarnation, quand tu étais Térah et que j'étais Amtelai bat Karnévo.

Iyov lui répondit : « Tu parles comme parlerait une femme infâme (nevela) ». D'où provient ce qualificatif ? Il lui fait allusion : sache que nous sommes réincarnés de l'époque où il fut dit : « car il a commis une infamie (nevâla) en Israël en couchant avec la fille de Jacob ». Et qui est cette fille de Jacob ? Dinah - et c'est toi-même, puisque la femme d'Iyov n'était autre que Dinah. Il faut encore réparer cette génération où l'on commit « une infamie en Israël ». Crois-tu donc que je n'aie point d'issue réparatrice à travers ces épreuves ? Tu es dans l'erreur : elles constituent un test pour moi, et elles ont pour vocation de me purifier.

C'est aussi le sens de ses paroles : « Nous recevrions le bien de la part de D.ieu, et le mal, nous ne le recevrions pas ? » Le Ari zal enseigne qu'il convient de lire cette phrase sur le ton de l'affirmation, et non de l'interrogation : nous recevrons aussi le bien et nous ne recevrons point le mal ! En vérité, nous devrions endurer un châtiment immense pour notre vie antérieure - j'ai commis des péchés et tu en as commis, et nous devrions en subir le prix. Or Hachem désire nous épargner ce mal dans le monde futur, afin que nous ne recevions à terme que le bien et soyons dispensés de tout malheur. Comment s'y prend-Il ? Il suscite une peine passagère dès maintenant, ces tourments que nous endurons à présent, afin de nous préserver du mal éternel. C'est ainsi que l'expose le saint Ari zal dans le Sefer Ha-Likoutim.

Conclusion : six raisons aux souffrances d'Iyov

Énumérons ainsi six raisons aux souffrances d'Iyov. La première : il est la réincarnation (guilgoul) de Tèra'h, qui avait fauté par l'idolâtrie et par l'interdit de la nida. La deuxième : il est le guilgoul de Ya'akov, qui avait épousé deux sœurs. La troisième : lorsqu'il y a une accusation céleste, le Saint, béni soit-Il, livre au Satan un bélier vigoureux pour lutter contre lui, et Iyov, qui était un juste, lui fut livré. La quatrième : il faisait partie des conseillers de Pharaon et conseilla d'affliger Israël ; le Zohar enseigne que c'est pourquoi des souffrances lui furent infligées à la mesure exacte de ce qu'il avait conseillé.

Cinquième raison - c'est un point supplémentaire qui n'avait pas encore été mentionné, rapporté par le Zohar : Iyov offrait de nombreux sacrifices, mais il en faisait uniquement des holocaustes (ôlot). Le sacrifice d'ôla est entièrement voué à Hachem, et Iyov ne laissait rien à la Sitra A'hra (les forces du mal), offrant tout exclusivement à Hachem ; c'est pourquoi la Sitra A'hra s'est mise à l'accuser. Le Zohar explique que l'homme doit également offrir des sacrifices de paix (chelamim), et que lorsqu'il fait de tout une ôla, la Sitra A'hra formule des accusations. C'est pour cette même raison que le jour de Yom Kippour, nous envoyons le bouc émissaire à Azazel. Il ne s'agit nullement, à Dieu ne plaise, d'un sacrifice offert à Samaël ; nous accomplissons ce qu'Hachem a ordonné, mais la Torah nous dévoile où cela va - à Azazel, pour lui fermer la bouche. Il en va de même pour les Mayim A'haronim (l'eau pour se laver les doigts à la fin du repas), qualifiés de « part réservée par Dieu à l'homme impie » - la part qui revient à la Sitra A'hra. Là encore, nous n'avons nullement l'intention, à Dieu ne plaise, d'agir pour la Sitra A'hra, mais nous accomplissons le commandement d'Hachem ; sache toutefois que c'est la part qu'Hachem concède à la Sitra A'hra pour écarter l'accusation du repas. Iyov n'y avait pas prêté attention : il offrait exclusivement des ôlot sans jeter ne serait-ce qu'un os à la Sitra A'hra - et celle-ci s'est donc attaquée à lui.

Autre élément encore : il est écrit dans le Zohar qu'Iyov était l'un des conseillers de Pharaon. Comme c'était un juste, tant qu'il restait parmi ses conseillers, il protégeait Pharaon et lui servait de bouclier. Que fit Hachem ? Il frappa Iyov. Une fois affligé, il n'avait plus la force de protéger Pharaon, et le Saint, béni soit-Il, put alors faire fondre sur Pharaon les terribles fléaux qu'Il lui infligea.

De la malédiction à la bénédiction

Il existe un enseignement plus tardif encore - affirmant qu'Iyov, ainsi que le sage Avdan qui vivait à l'époque de Rabbi, et le sage Ibo, sont tous des réincarnations de Tèra'h - mais nous n'entrerons pas dans ce sujet ici. Concluons par une belle allusion (remèz) : la situation d'Iyov, d'abord d'une rigueur extrême puis rétablie avec une abondance bien plus grande qu'auparavant, est suggérée dans la Torah par des sauts de lettres équidistants. Dans le verset « Maudit seras-tu dans la ville et maudit seras-tu dans les champs » : à partir de la lettre Alef du mot « Ata » (אתה), en sautant cinq lettres à chaque fois - Tav, Hé, Beth, 'Aïn de « Ba'ir » (בעיר), et ainsi de suite - on obtient le nom I-Y-O-V (איו"ב). Iyov a lui-même vécu cette réalité de « maudit soit le jour », subissant les malédictions les plus terribles. D'autre part, il y a le verset « Béni seras-tu dans la ville et béni seras-tu dans les champs », et exactement avec le même saut de cinq lettres, le nom Iyov y apparaît également - pour t'enseigner qu'Hachem bénit Iyov, restaura sa situation et lui accorda une bénédiction infiniment plus grande que celle dont il jouissait auparavant.

וַיהֹוָה שָׁב אֶת שְׁבוּת אִיּוֹב בְּהִתְפַּלְלוֹ בְּעַד רֵעֵהוּ, וַיֹּסֶף יְהֹוָה אֶת כָּל אֲשֶׁר לְאִיּוֹב לְמִשְׁנֶה. (מב, י) - Et l'Éternel rétablit la fortune d'Iyov lorsqu'il eut prié pour ses compagnons, et l'Éternel doubla tout ce qu'Iyov avait possédé. (42, 10)
וַיהֹוָה בֵּרַךְ אֶת אַחֲרִית אִיּוֹב מֵרֵאשִׁתוֹ, וַיְהִי לוֹ אַרְבָּעָה עָשָׂר אֶלֶף צֹאן וְשֵׁשֶׁת אֲלָפִים גְּמַלִּים וְאֶלֶף צֶמֶד בָּקָר וְאֶלֶף אֲתוֹנוֹת. (מב, יב) - Et l'Éternel bénit la fin d'Iyov plus encore que son commencement ; il posséda quatorze mille têtes de menu bétail, six mille chameaux, mille paires de bœufs et mille ânesses. (42, 12)

Et voici un autre passage où l'on trouve cette idée en allusion : « S'il est entré seul, il sortira seul ; s'il est marié, sa femme sortira avec lui ». Nous avons expliqué que Tèra'h et Amtalaï bat Karnevo reviennent tous deux en réincarnation, lui en tant qu'Iyov et elle en tant que son épouse Dina. Si l'on applique un saut de lettres en partant du Alef et en sautant six lettres, on parvient au Youd de « Yavo » (יבא), au Vav de « Begapo » (בגפו), et au Beth de « Yatsa im ba'al » (יצא אם בעל) - ce qui forme le nom I-Y-O-V (איו"ב). C'est pour t'enseigner : « S'il est entré seul, il sortira seul », mais « s'il est marié, sa femme sortira avec lui » - il devra revenir en réincarnation et sa femme viendra avec lui, afin de réparer ensemble ce qu'ils avaient tous deux détérioré.

En conclusion : nous avons découvert dans cette étude le secret d'Iyov selon le saint Ari, le Zohar, le Rama de Fano, le 'Hida et le Racham d'Ostropoli : Iyov est la réincarnation de Tèra'h, venu parachever la réparation pour laquelle quatre cents ans d'exil en Égypte avaient été décrétés, ainsi que la réincarnation de Ya'akov Avinou pour avoir épousé deux sœurs ; il comptait parmi les conseillers de Pharaon et conseilla d'affliger Israël, subissant en retour précisément ces mêmes tourments ; il fut livré au Satan au moment de l'ouverture de la mer Rouge tel le grand bouc de la parabole, afin qu'Israël puisse traverser la mer ; et il offrait exclusivement des holocaustes sans laisser de part à la Sitra A'hra. À travers tout cela, les épreuves ne sont venues que pour purifier et réparer - et finalement, « l'Éternel rétablit la fortune d'Iyov » et « l'Éternel bénit la fin d'Iyov plus encore que son commencement », de la malédiction à la bénédiction. Que le Saint, béni soit-Il, nous aide à étudier et à enseigner, à observer, à accomplir et à faire Sa volonté d'un cœur parfait, Amen ve-Amen.