Dans le chapitre précédent, Elihou a posé les fondements de son propos : il a réfuté la thèse d'Iyov, réfuté celle de ses compagnons, et affirmé que la sagesse, l'expérience et la vieillesse ne sont pas le lieu où résident les réponses, mais bien dans le souffle qu'Hashem a implanté en l'homme. En moi, déclare Elihou, Hashem a déposé les réponses à travers l'esprit qu'Il m'a insufflé. Dès lors, au chapitre 33, il aborde les réponses elles-mêmes : jusqu'à présent, nous avons montré que ce que vous disiez était erroné, et maintenant je vais exprimer ce que j'ai à dire.
Autre principe préliminaire : moi, dit Elihou, je me tiens pour ainsi dire à la place de Dieu. Iyov demandait que Dieu lui réponde, et Elihou lui rétorque qu'il est le représentant du Saint, béni soit-Il, sur terre. T'attends-tu à ce que le Saint, béni soit-Il, vienne te parler directement et explicitement ? Le Saint, béni soit-Il, a envoyé un messager, et ce messager, c'est moi. Et où Hashem m'a-t-Il communiqué ces paroles ? Le Saint, béni soit-Il, les a implantées dans mon esprit et dans mon âme ; une part de Dieu d'en haut réside en moi, et par conséquent, lorsque je te réponds - c'est en réalité Dieu qui te répond.
Iyov affirmait également : mon désir est qu'Hashem me réponde, mais lorsqu'Il me répondra, que je ne sois ni effrayé ni terrorisé par Sa grandeur et Son élévation, ce qui étoufferait tous mes arguments, mais qu'Il me parle comme un homme parle à son semblable. Elihou lui répond : voici précisément comment Hashem exauce ton vœu. Lorsque tu t'entretiens avec moi, c'est comme un homme parlant à son semblable ; tu n'es pas terrifié par Dieu, et Dieu te transmet Sa réponse à travers moi.
Elihou pose une autre prémisse et déclare : sache que le Saint, béni soit-Il, ne te demande pas de Le servir à la mesure de la grandeur de Celui qui est servi, mais selon les capacités de l'homme. En effet, si nous devions servir Hashem à la hauteur de Sa grandeur et de Son élévation, il n'aurait jamais été concevable de Le servir, car tout ce que nous accomplissons est néant absolu face à l'immensité du Créateur, béni soit-Il. Le Saint, béni soit-Il, S'est pour ainsi dire mis au niveau de l'homme, comme s'Il n'était pas infiniment plus élevé que lui, descendant pour ainsi dire au plan humain ; et en contrepartie, Il a élevé l'homme vers la divinité, en lui accordant une part de sagesse, de vérités fondamentales et de foi, à la manière d'un ange - dotant ainsi l'homme d'une intelligence et d'une sagesse divines. Dès lors, Hashem demande à l'homme : sers-Moi selon les forces qui sont en toi, selon la sagesse que J'ai implantée en toi, et non selon la vérité absolue de ce qui conviendrait à Mon service, car de cela, nous n'avons aucune perception.
Et si le Saint, béni soit-Il, condescend pour ainsi dire de Sa divinité vers l'homme et n'attend de lui qu'un service proportionné à ses forces, sans rien exiger au-delà, l'argument d'Iyov s'effondre nécessairement : Hashem ne lui cherche pas de faux prétextes, ne réclame pas de lui des exigences qui dépassent ses capacités, ne lui impose pas des obligations hors de sa portée et ne le punit pas pour ce qu'il n'a pas commis. Le Saint, béni soit-Il, ne cherche pas querelle à Ses créatures : Hashem n'exige pas de l'homme plus que ses forces, et n'exige pas de lui à la mesure de la véritable grandeur du Créateur.
Autre argument d'Iyov : Hashem a dissimulé Sa parole aux hommes, ne leur a pas révélé les voies de Sa providence et ne leur fait pas savoir quelle est leur faute ni pourquoi ils souffrent. Elihou lui rétorque : sache que les souffrances que l'homme endure lui transmettent ces messages par des voies célestes - à travers les songes et les visions, par lesquels Hashem dévoile aux hommes leur faute ainsi que ce qui doit leur advenir. Autrement dit : Hashem établit bel et bien une relation avec les hommes, et les songes constituent l'un des moyens d'entrer en contact.
Et il existe une autre façon par laquelle Hashem s'adresse à l'homme : à travers les maladies et les rudes épreuves. Ces souffrances sont la modalité par laquelle Hashem te parle. À quoi cela ressemble-t-il ? À un enfant à qui l'on a répété de ne pas faire une certaine bêtise, après l'avoir mis en garde à maintes reprises. Soudain, il ressent un petit pincement à l'oreille et s'écrie : « Aïe, on me pince pour rien ! ». Est-ce sans raison que je t'attrape ? Tu étais en train de faire précisément ce que je t'avais interdit, et je veux maintenant t'adresser un avertissement, c'est pourquoi je t'ai donné un petit pincement à l'oreille. Et toi, tu demandes : « Que me veut-on ? » - alors que tout est clair : on t'a dit de ne pas le faire, et tu t'obstines à le faire. Telles sont les souffrances : un petit pincement à l'oreille que le Créateur du monde inflige à l'homme au moment où il commet un acte inapproprié. Hashem établit bel et bien le contact avec l'homme, Hashem s'adresse bel et bien à lui - il faut simplement apprendre Son langage, se familiariser avec ce langage afin de comprendre ce qu'Hashem attend de l'homme.
וְאוּלָם שְׁמַע־נָא אִיּוֹב מִלָּי וְכָל־דְּבָרַי הַאֲזִינָה׃ - Mais de grâce, Iyov, écoute mes paroles, et prête l'oreille à tous mes propos.
Dans la parole, il y a deux dimensions : la beauté du style (l'éloquence) et le fond des choses - ce qui est concrètement soutenu. « Mes mots » (milay) désignent les tournures et le choix des termes, tandis que « toutes mes paroles » (kol devaraï) renvoient aux fondements et à l'ensemble de ma démarche jusqu'à son terme. Lorsqu'il s'agit d'analyser un argument, la beauté du style importe moins ; ce sont les arguments eux-mêmes qui comptent. C'est pourquoi Elihou demande à Iyov d'écouter les deux : à la fois les expressions qu'il emploiera et l'intégralité de ses arguments. Et pourquoi insiste-t-il sur « toutes mes paroles » ? Parce que l'essentiel de sa réponse ne viendra qu'à la fin. Il craint qu'Iyov n'entende le début de ses propos et ne se dise : « Il n'apporte rien de nouveau », ou « En quoi cela répond-il à ma question ? », et ne cesse d'écouter. Il lui demande d'écouter jusqu'au bout, car le cœur de la réponse se trouve à la fin.
הִנֵּה־נָא פָּתַחְתִּי פִי דִּבְּרָה לְשׁוֹנִי בְחִכִּי׃ - Voici que j'ai ouvert la bouche, ma langue s'exprime dans mon palais.
Ce n'est que maintenant que j'ouvre la bouche pour extérioriser mes paroles, mais les propos eux-mêmes ont déjà été articulés par « ma langue dans mon palais ». Comme il l'a expliqué au chapitre précédent, son être en est plein ; il n'a cessé de ruminer intérieurement ce qu'il désire exprimer, et sa langue s'entretenait déjà avec elle-même dans son palais. À présent, il ne fait qu'extérioriser ce qui a déjà été formulé à l'intérieur.
יֹשֶׁר־לִבִּי אֲמָרָי וְדַעַת שְׂפָתַי בָּרוּר מִלֵּלוּ׃ - La droiture de mon cœur dicte mes paroles, et mes lèvres exprimeront une connaissance limpide.
Les paroles que je prononce ne procèdent pas d'un désir de triompher ou de polémiquer pour avoir raison. « La droiture de mon cœur dicte mes paroles » : bien souvent, un homme avance des arguments qu'il saisit par son intellect mais qu'il n'intègre pas dans son cœur ; chez moi, affirme Elihou, les choses sont comprises par l'esprit et trouvent également un plein écho dans le cœur.
« Et mes lèvres exprimeront une connaissance limpide » : il arrive qu'une personne détienne des arguments très puissants, mais peine à les extérioriser, éprouvant des difficultés d'élocution et de formulation. C'est précisément un phénomène que l'on observe parfois chez les plus grands : un esprit d'une intelligence exceptionnelle, un maître immense, qui éprouve du mal à traduire par ses lèvres toute cette sagesse. Moché Rabbénou était le géant des géants, toute la Torah provient de lui, et pourtant il n'était pas « un homme de paroles ». De même, le 'Hazon Ich, dans la génération précédente, était un maître incomparable par sa grandeur en Torah ; on lui demanda un jour de donner un cours dans son propre kollel, le Kollel 'Hazon Ich. Il commença à dispenser le cours, parla avec hésitation, bégaya, sans parvenir à s'exprimer convenablement, et après un quart d'heure, il referma la Guémara et quitta l'estrade. La formulation et l'éloquence orale n'étaient pas ses points forts. Au contraire, la grandeur même d'un homme produit parfois en lui des concepts si sublimes qu'il ne parvient pas à les transposer dans le langage courant ni à les articuler verbalement.
Elihou pose donc ici trois prémisses à son propre sujet : 1) Ces réflexions sont déjà ordonnées en moi avant même de franchir mes lèvres. 2) Mon cœur adhère pleinement à ce que je m'apprête à dire, et non pas seulement mon intellect. 3) Je m'exprimerai avec clarté, sans paraboles obscures ni langage maladroit et confus, mais de manière limpide, afin que mes paroles soient parfaitement intelligibles.
רוּחַ־אֵל עָשָׂתְנִי וְנִשְׁמַת שַׁדַּי תְּחַיֵּנִי׃ אִם־תּוּכַל הֲשִׁיבֵנִי עֶרְכָה לְפָנַי הִתְיַצָּבָה׃ - L'esprit de Dieu m'a créé, et le souffle du Tout-Puissant me fait vivre. Si tu le peux, réponds-moi ; dispose tes arguments devant moi, tiens-toi prêt !
Jusqu'ici, il traitait de la valeur de ses propos ; à présent, il aborde la qualité de celui qui parle. Son argument est que ses paroles émanent de ce que le Saint, béni soit-Il, a implanté dans son âme : l'intelligence divine naturellement enracinée en lui. Iyov avait réclamé : « Éloigne Ta main de dessus moi, et que Ton effroi ne me terrifie plus », et s'était écrié : « Appelle, et moi je répondrai, ou bien je parlerai et Tu me répliqueras ! » - demandant ainsi que le Saint, béni soit-Il, ne l'intimide point, qu'Il retire Sa main et lui parle d'homme à homme, sans que la terreur divine ne le paralyse. Elihou lui dit : voici que le Saint, béni soit-Il, m'a envoyé. Tout d'abord, je suis une créature façonnée par le Créateur du monde - « l'esprit de Dieu m'a créé » -, et les réponses que tu reçois de moi proviennent de Dieu.
Et cela ne s'arrête pas à la création passée (« m'a créé »). Il a déjà été rappelé que le Saint, béni soit-Il, renouvelle continuellement dans Sa bonté l'œuvre de la Création chaque jour, et qu'à chaque instant Il insuffle la vie à toute la création, y compris à l'homme. C'est pourquoi il ajoute : « et le souffle du Tout-Puissant me fait vivre » - au présent. Du point de vue de la création originelle : « l'esprit de Dieu m'a créé » ; et du point de vue de la réalité présente : en vertu de quoi puis-je m'exprimer en cet instant ? En vertu du souffle du Tout-Puissant qui me maintient en vie à chaque instant. C'est en eux que sont implantées la sagesse divine et la connaissance divine. Il s'ensuit que les paroles que je t'adresserai sont comme si Dieu Lui-même te parlait, et la sagesse que j'exprimerai est une sagesse divine : Sa parole s'exprime à travers la mienne, et je peux, pour ainsi dire, être Son représentant, celui qui expose les arguments à la place de Dieu.
הֵן־אֲנִי כְפִיךָ לָאֵל מֵחֹמֶר קֹרַצְתִּי גַם־אָנִי׃ - Vois, devant Dieu je suis comme toi, de l'argile j'ai été façonné, moi aussi.
Il est impossible pour un homme de débattre avec Dieu, on ne peut le faire qu'avec un être de chair et de sang. C'est pourquoi Elihou lui dit : voilà précisément ce que tu demandais. « Devant Dieu je suis comme toi » (kefikha laEl) - comme tu l'as exprimé de ta bouche (kefikha) devant Dieu, en réclamant que celui qui débattrait avec toi soit perceptible par les sens, qu'il ne t'effraie pas et que tu ne sois pas saisi de terreur à l'idée même de t'adresser à Dieu. Et me voici pour ainsi dire à la place de Dieu, car « de l'argile j'ai été façonné, moi aussi ». À présent, tu peux t'entretenir avec un homme qui t'est égal, sans être intimidé par moi et sans trembler à la pensée de répliquer à Dieu. Le Saint, béni soit-Il, a envoyé un représentant avec lequel tu peux parler d'égal à égal.
הִנֵּה אֵמָתִי לֹא תְבַעֲתֶךָּ וְאַכְפִּי עָלֶיךָ לֹא־יִכְבָּד׃ - Voici, ma terreur ne t'épouvantera point, et mon fardeau ne pèsera pas sur toi.
Ici, tu obtiens ce que tu réclamais : ne ressentir ni crainte ni effroi à l'idée d'échanger avec moi. « Ma terreur ne t'épouvantera point » - cela répond à la crainte de la transcendance divine que tu éprouvais face à Dieu. « Et mon fardeau (akhpi) ne pèsera pas sur toi » - cela répond à la crainte du châtiment, à l'angoisse de prononcer un mot de travers et d'être immédiatement puni. Le terme « akhpi » est apparenté à « kapi » (ma main) : ma main ne pèse pas sur toi, je ne te frappe pas pour que tu craignes que je te fasse du tort. C'est exactement ce que tu demandais en disant : « Éloigne ta main de dessus moi » - ma main ne pèse pas sur toi et je ne te punirai pour rien de ce que tu diras ; tu ne pourras donc plus prétendre que la peur t'empêche de répondre.
אַךְ אָמַרְתָּ בְאָזְנָי וְקוֹל מִלִּין אֶשְׁמָע׃ - Pourtant tu as parlé à mes oreilles, et j'entends le son de tes paroles.
Ce que tu as formulé à mes oreilles, c'est que Dieu t'inflige des amertumes, qu'Il dénombre tes fautes et tes transgressions, et qu'« Il met mes pieds dans les entraves ». « Et j'entends le son de tes paroles » - je comprends bien que telle est ta revendication :
זַךְ אֲנִי בְּלִי־פָשַׁע חַף אָנֹכִי וְלֹא עָוֺן לִי׃ - Je suis pur, sans transgression ; je suis net, et il n'y a pas d'iniquité en moi.
Tu prétends : « Je suis pur, sans transgression » - je n'ai jamais commis de rébellion en actes, je suis pur et limpide. Et pas seulement en actes : « Je suis net, et il n'y a pas d'iniquité en moi » - même s'il y a eu dans ma pensée un quelconque penchant à la faute, cette iniquité ne m'est pas imputable. C'est là, au fond, ce qu'avançait Iyov : ses actes seraient prédéterminés par Dieu et l'homme n'aurait pas de libre arbitre. Dès lors, même s'il existe une faute, « il n'y a pas d'iniquité en moi », on ne peut rien exiger de moi.
Le terme « 'haf » (net, innocent) comporte deux explications : soit il découle de l'idée de couverture et de protection ('hipouy), signifiant : je suis préservé et abrité de la faute, la faute m'est étrangère et n'a aucune prise sur moi ; soit il vient de l'idée de propreté et de lavage, comme l'enseignent nos Sages à propos du nazir : « Le nazir lave ('hofef) et sépare ses cheveux » - il passe ses doigts dans sa chevelure et a le droit de se laver la tête, c'est-à-dire de la nettoyer. « 'Haf anokhi » signifie ainsi : je suis lavé de toute iniquité.
הֵן תְּנוּאוֹת עָלַי יִמְצָא יַחְשְׁבֵנִי לְאוֹיֵב לוֹ׃ יָשֵׂם בַּסַּד רַגְלָי יִשְׁמֹר כָּל־אָרְחֹתָי׃ - Voici qu'Il trouve des prétextes contre moi, Il me considère comme Son ennemi ; Il met mes pieds dans les entraves, Il épie tous mes sentiers.
Tu soutiens, Iyov, qu'« Il trouve des prétextes contre moi » - le Saint, béni soit-Il, inventerait pour ainsi dire des griefs contre toi et chercherait des motifs pour te châtier. Qui plus est, Il te juge comme si tu disposais du libre arbitre, comme si tu avais le pouvoir de contrecarrer ou d'annuler la prescience divine. Or, ce que Dieu sait est une réalité établie et éternelle, Sa connaissance étant immuable. Iyov reste ici fidèle à sa doctrine et à ses arguments, qu'Elihou ne fait que résumer : Iyov affirmait que le Saint, béni soit-Il, sait d'avance tout ce qui adviendra, et que par conséquent il n'y a pas de place pour le libre arbitre. Dès lors, pourquoi me punis-Tu, Maître du monde, comme si j'avais dérogé à Ta prescience ? Tout ce que j'ai fait, Tu savais d'avance que je le ferais, et si Tu savais que je le ferais, je ne pouvais agir autrement ; n'ayant aucune possibilité d'agir différemment, je suis semblable à un automate accomplissant des actes qui lui sont imposés, alors comment peut-on me punir ?
« Il me tient pour Son ennemi » - Il me considère comme un ennemi, comme si j'avais le libre arbitre, et c'est pourquoi « Il met mes pieds aux ceps ». Les ceps désignent cet instrument où l'on plaçait les pieds avant de les refermer au moyen d'un carcan de bois ou de fer, afin d'empêcher tout mouvement. Job avait d'ailleurs déjà formulé cette plainte : « Pourquoi caches-Tu Ta face et me tiens-Tu pour Ton ennemi ? », « Tu mets mes pieds aux ceps ». Et ici, il ajoute « Il surveille toutes mes voies » - Il surveille mes chemins afin que je ne puisse faire le moindre mouvement ni quitter ma place.
הֶן־זֹאת לֹא־צָדַקְתָּ אֶעֱנֶךָּ כִּי־יִרְבֶּה אֱלוֹהַּ מֵאֱנוֹשׁ׃ - Vois, en cela tu n'as pas raison, te répondrai-je, car Dieu dépasse l'homme.
Je te répondrai que tu n'as pas raison dans tes réclamations. Tu prétends « car Dieu dépasse l'homme » - que le Saint, béni soit-Il, aurait imposé à l'homme un labeur et une tâche bien au-delà de ses forces et de ses capacités naturelles. Elihou lui dit : en cela tu n'as pas raison, ce n'est pas la vérité. Bien que le Saint, béni soit-Il, attende de l'homme un travail, une œuvre et un effort, Il n'exige nullement de lui des choses démesurées ou au-dessus de ses forces, mais seulement à la mesure des capacités humaines - selon ce dont l'homme est capable en tant qu'être de matière, limité par sa propre nature. Le Saint, béni soit-Il, ne lui cherche pas de vains prétextes, car Il ne tyrannise point Ses créatures et ne lui impose aucun fardeau au-delà de ce que permettent ses forces.
מַדּוּעַ אֵלָיו רִיבוֹתָ כִּי כָל־דְּבָרָיו לֹא יַעֲנֶה׃ - Pourquoi Lui contestes-tu le fait qu'Il ne répond à aucune de Ses paroles ?
« Lui contestes-tu » - tu as cherché querelle contre Lui et formulé des griefs. Et que prétends-tu ? « Qu'Il ne répond à aucune de Ses paroles » - Maître du monde, pourquoi ne fais-Tu pas connaître Tes paroles, pourquoi ne révèles-Tu pas les voies de Ta providence ? Comme Job le disait ailleurs : « Appelle et moi je répondrai, ou bien je parlerai et Tu me répliqueras », « Pourquoi caches-Tu Ta face ? ». Telle était la réclamation de Job : je parle en vain, pourquoi ne réagis-Tu pas, pourquoi ne réponds-Tu pas aux arguments que j'avance contre Toi ? Elihou lui dit : ton affirmation est erronée et injustifiée - pourquoi prétends-tu que le Saint, béni soit-Il, ne répond à aucune de Ses paroles ?