Le cinquième chapitre du livre d'Ezra ouvre une nouvelle étape dans l'histoire de la construction du Second Temple. Après l'interruption des travaux à l'époque de Cyrus en raison des calomnies des ennemis, nous voici à présent dans la deuxième année du règne de Darius. Deux prophètes, Haggée et Zacharie, se lèvent et transmettent au peuple la parole d'Hachem : rebâtir le Temple. Le chapitre dépeint la reprise du chantier, l'enquête menée par Tatnaï, gouverneur de l'autre côté du Fleuve, ainsi que la teneur de la lettre qu'il adressa à Darius - une lettre qui, de manière surprenante, n'est pas un réquisitoire hostile, mais une requête d'arbitrage qui s'avérera même favorable à Israël.
וְהִתְנַבִּי חַגַּי נְבִיָּא וּזְכַרְיָה בַר־עִדּוֹא נְבִיַּאיָּא עַל־יְהוּדָיֵא דִּי בִיהוּד וּבִירוּשְׁלֶם בְּשֻׁם אֱלָהּ יִשְׂרָאֵל עֲלֵיהוֹן׃ - Le prophète Haggée et Zacharie, fils d'Iddo, les prophètes, prophétisèrent aux Judéens qui se trouvaient en Judée et à Jérusalem, au nom du Dieu d'Israël qui reposait sur eux.
Haggée et Zacharie, fils d'Iddo, prophétisent à l'adresse des Juifs établis en terre de Judée et à Jérusalem, leur transmettant une prophétie au nom du Dieu d'Israël. Le message en est clair : rebâtir le Beth Hamikdache. Et bien qu'aucune autorisation officielle n'ait encore été accordée par Darius, et alors même que Cyrus avait autrefois fait cesser la construction, les prophètes leur affirment : tel est l'ordre reçu par prophétie, il faut reconstruire le Temple, même sans son assentiment.
בֵּאדַיִן קָמוּ זְרֻבָּבֶל בַּר־שְׁאַלְתִּיאֵל וְיֵשׁוּעַ בַּר־יוֹצָדָק וְשָׁרִיו לְמִבְנֵא בֵּית אֱלָהָא דִּי בִירוּשְׁלֶם וְעִמְּהוֹן נְבִיַּאיָּא דִי־אֱלָהָא מְסָעֲדִין לְהוֹן׃ - Aussitôt se levèrent Zorobabel, fils de Chealtiel, et Yéchoua, fils de Yotsadak, et ils commencèrent à bâtir la Maison de Dieu qui est à Jérusalem, les prophètes de Dieu étant avec eux pour les soutenir.
À cet instant, Zorobabel, fils de Chealtiel, et Yéchoua, fils de Yotsadak, se levèrent, « vechariw » - c'est-à-dire commencèrent - à bâtir la Maison de Dieu à Jérusalem, soutenus et encouragés par les prophètes de Dieu.
בֵּהּ־זִמְנָא אֲתָה עֲלֵיהוֹן תַּתְּנַי פַּחַת עֲבַר־נַהֲרָה וּשְׁתַר בּוֹזְנַי וּכְנָוָתְהוֹן וְכֵן אָמְרִין לְהֹם מַן־שָׂם לְכֹם טְעֵם בַּיְתָא דְנָה לִבְּנֵא וְאֻשַּׁרְנָא דְנָה לְשַׁכְלָלָה׃ - En ce temps-là vinrent vers eux Tatnaï, gouverneur d'outre-Fleuve, Chetar-Boznaï et leurs associés, et ils leur parlèrent ainsi : Qui vous a donné l'ordre de bâtir cette Maison et d'achever ces murailles ?
En ce temps-là vint à leur rencontre Tatnaï, qui était le « gouverneur d'outre-Fleuve » - le pacha, haut dignitaire préposé à la région située au-delà de l'Euphrate (le terme « pa'hot » désignant de hauts fonctionnaires, comme dans l'expression « les ministres et les gouverneurs ») - accompagné de Chetar-Boznaï, lui aussi personnage influent, et de « oukhnavathon », c'est-à-dire leurs factions, le parti et les notables qui les entouraient.
Rachi explique qu'il s'agissait des ennemis de Juda et de Benjamin, venus pour les harceler et les dénoncer : voyant qu'on rebâtissait le Beth Hamikdache, ils se précipitèrent pour tenter d'en interrompre les travaux. Cependant, le Malbim propose un éclairage différent : ces adversaires ne leur barrèrent point la route par la force. La Providence divine veillait : au lieu de subir l'assaut haineux des premiers opposants, seul se présenta Tatnaï, gouverneur d'outre-Fleuve, qui n'était nullement hostile aux Juifs. Il se contenta de leur demander qui leur avait accordé l'autorisation de bâtir cet édifice - la permission jadis octroyée par Cyrus étant alors tombée dans l'oubli. Selon le Malbim, la bienveillance d'Hachem est manifeste : ce n'étaient point les détracteurs acharnés d'autrefois, mais une simple démarche administrative sous le règne de Darius.
Leur question était : qui vous a donné l'ordre d'édifier cette Maison, « ve'oucharna dena lechakhlala » - et de fonder ces murailles ?
אֱדַיִן כְּנֵמָא אֲמַרְנָא לְּהֹם מַן־אִנּוּן שְׁמָהָת גֻּבְרַיָּא דִּי־דְנָה בִנְיָנָא בָּנַיִן׃ - Alors nous leur dîmes ainsi : Quels sont les noms des hommes qui construisent cet édifice ?
Le peuple d'Israël répondit à Tatnaï et Chetar-Boznaï en leur indiquant le nom des personnes qui dirigeaient les travaux. Leur intention était claire : nous ne bâtissons pas de notre propre chef. Nous avons ici Zorobabel et le Cohen Gadol, et nous construisons sous leurs ordres. Or, Zorobabel était un gouverneur officiel nommé par le roi, et il disposait assurément d'une autorisation royale, car un gouverneur n'entreprend rien sans l'aval du souverain. La teneur exacte et détaillée de leur réponse apparaîtra plus loin, dans le texte même de la missive.
וְעֵין אֱלָהֲהֹם הֲוָת עַל־שָׂבֵי יְהוּדָיֵא וְלָא־בַטִּלוּ הִמּוֹ עַד־טַעְמָא לְדָרְיָוֶשׁ יְהָךְ וֶאֱדַיִן יְתִיבוּן נִשְׁתְּוָנָא עַל־דְּנָה׃ - Mais le regard de leur Dieu veillait sur les anciens des Juifs, et on ne leur fit pas interrompre les travaux jusqu'à ce qu'un rapport parvienne à Darius et qu'une missive en retour soit envoyée à ce sujet.
Le regard bienveillant du Saint, béni soit-Il, reposait sur les anciens d'Israël, si bien qu'on ne les contraignit pas à interrompre la reconstruction du Temple entre-temps. Pendant que ces gouverneurs expédiaient une lettre à Darius pour vérifier s'il existait ou non une autorisation de bâtir, aucun ordre d'arrêt ne fut promulgué, et les Juifs purent poursuivre l'édification du Beth Hamikdach tout au long de cet échange de courriers.
פַּרְשֶׁגֶן אִגַּרְתָּא דִּי־שְׁלַח תַּתְּנַי פַּחַת עֲבַר־נַהֲרָה וּשְׁתַר בּוֹזְנַי וּכְנָוָתֵהּ אֲפַרְסְכָיֵא דִּי בַּעֲבַר נַהֲרָה עַל־דָּרְיָוֶשׁ מַלְכָּא׃ - Voici la copie de la lettre envoyée au roi Darius par Tatnaï, gouverneur de l'autre côté du fleuve, Chetar-Boznaï et leurs collègues apharsekhiens, résidant de l'autre côté du fleuve.
פִּתְגָמָא שְׁלַחוּ עֲלוֹהִי וְכִדְנָה כְּתִיב בְּגַוֵּהּ לְדָרְיָוֶשׁ מַלְכָּא שְׁלָמָא כֹלָּא׃ - Ils lui adressèrent un rapport, et voici ce qui y était inscrit à l'intérieur : Au roi Darius, paix absolue !
Voici la copie de la lettre et le détail de son contenu. Le Malbim soulève ici une apparente redondance : pourquoi le texte précise-t-il à la fois « parshegen igarta » (copie de la lettre), « pitgama chal'hou alohi » (ils lui adressèrent une parole/rapport), puis « ou-khednah ketiv begaveh » - et voici ce qui était écrit à l'intérieur ?
Le Malbim explique qu'à cette époque, lorsqu'on expédiait un pli, une partie était rédigée à l'extérieur du document et une autre à l'intérieur. Sur la face extérieure, on inscrivait l'identité de l'expéditeur et son sceau, tout comme nous le faisons aujourd'hui. C'est le sens de « copie de la lettre envoyée par Tatnaï, gouverneur d'Outre-Fleuve, Chetar-Boznaï et leurs collègues apharsekhiens » - la mention des expéditeurs (les Apharsekhiens étant un autre peuple établi au-delà du fleuve, soumis au roi Darius). De plus, il était inscrit à l'extérieur « ils lui envoyèrent une parole (pitgama) », ce qui signifiait : cette lettre ne contient ni plainte, ni dénonciation, ni affaire alarmante ; nous sollicitons simplement une parole du roi, sa réponse et sa décision.
« Et voici ce qui était écrit à l'intérieur » - à partir de là, le texte détaille le contenu intérieur du rouleau. La missive débute ainsi : « Au roi Darius, paix absolue ». D'après Rachi, cela signifie : « Que toute la paix te soit accordée », une bénédiction afin qu'il jouisse d'une paix totale. Mais le Malbim explique que les auteurs cherchaient à signifier que cette lettre ne véhiculait aucune calomnie ni mauvaise nouvelle, mais que tout était en paix et en ordre - une formule rassurante d'emblée : vous recevez un courrier officiel, soyez sans crainte.
יְדִיעַ לֶהֱוֵא לְמַלְכָּא דִּי־אֲזַלְנָא לִיהוּד מְדִינְתָּא לְבֵית אֱלָהָא רַבָּא וְהוּא מִתְבְּנֵא אֶבֶן גְּלָל וְאָע מִתְּשָׂם בְּכֻתְלַיָּא וַעֲבִידְתָּא דָךְ אָסְפַּרְנָא מִתְעַבְדָא וּמַצְלַח בְּיֶדְהֹם׃ - Qu'il soit notifié au roi que nous sommes allés dans la province de Judée, vers la maison du grand Dieu ; elle se bâtit en pierres massives, et du bois est inséré dans les parois ; cet ouvrage s'accomplit avec empressement et prospère entre leurs mains.
Qu'il soit porté à la connaissance de mon seigneur le roi que nous nous sommes rendus dans la province de Judée, vers la maison du grand Dieu, et voici qu'elle est bâtie en « even guelal » - des pierres de marbre ou blocs massifs, « vé-a' mit'sam bekhotlaya » - des poutres de bois sont insérées dans les murs, « va'avideta dakh osfarna mit'abda » - leur besogne s'accomplit avec rapidité et diligence, « oumatsla'h biyedehom » - et ils réussissent pleinement dans leur entreprise.
A priori, pourquoi toute cette description ? Ne savaient-ils donc pas qu'un décret avait ordonné l'arrêt de la construction du Beth Hamikdach ? Pourquoi décrire les pierres de taille, le bois inséré dans les murs et la rapidité du travail ? Le Malbim explique qu'ils ne cherchaient pas à leur nuire, mais voulaient au contraire le bien d'Israël. Nos Sages expliquent que Cyrus leur avait ordonné de placer des poutres dans les murs. Certains commentateurs suggèrent que l'on recouvrait l'intérieur du Temple d'un lambris de cèdre, comme à l'époque de Salomon. Mais nos Sages précisent que l'on disposait trois assises de pierres pour une assise de bois - une épaisse poutre à la place d'une rangée de pierres - puis de nouveau trois assises de pierres et une assise de bois.
Et quelle était la raison d'un tel mode de construction ? Cyrus souhaitait que le Temple soit bâti, mais il redoutait d'un autre côté une rébellion, car le Beth Hamikdach constituait une puissante forteresse. C'est pourquoi il ordonna d'insérer du bois dans les murailles, afin qu'en cas de révolte, on puisse incendier l'édifice et le faire s'effondrer comme un château de cartes : trois rangées de pierres et une de bois, trois rangées de pierres et une de bois - le feu consume le bois et tout le bâtiment s'écroule. Tel était le plan. C'est pourquoi ils informent le roi : l'ouvrage est exécuté précisément selon ces instructions, de sorte que s'ils se révoltent contre toi, tu pourras intervenir contre eux.
De plus : « Osparna mit'abda oumatslah bidehon » - l'ouvrage est mené avec diligence et prospère entre leurs mains ; c'est-à-dire que les peuples d'alentour n'interrompent point leurs travaux, contrairement aux débuts où tous les opposants et accusateurs s'étaient ligués pour les faire cesser. Cela sous-entend qu'on n'y décèle aucune menace de sédition ni aucun tort causé au souverain. Sur ce point également, ils rassurent Darius.
אֱדַיִן שְׁאֵלְנָא לְשָׂבַיָּא אִלֵּךְ כְּנֵמָא אֲמַרְנָא לְּהֹם מַן־שָׂם לְכֹם טְעֵם בַּיְתָא דְנָה לְמִבְנְיָה וְאֻשַּׁרְנָא דְנָה לְשַׁכְלָלָה׃ - Alors nous avons interrogé ces anciens et nous leur avons parlé ainsi : Qui vous a donné l'ordre de bâtir cette maison et d'achever ces murs ?
Et lorsque nous avons vu la construction progresser, nous avons demandé à ces anciens : qui vous a donné l'autorisation de bâtir cette maison et d'en fonder les murs ?
וְאַף שְׁמָהָתְהֹם שְׁאֵלְנָא לְּהֹם לְהוֹדָעוּתָךְ דִּי נִכְתֻּב שֻׁם־גֻּבְרַיָּא דִּי בְרָאשֵׁיהֹם׃ - Et nous leur avons aussi demandé leurs noms pour te les faire connaître, afin d'inscrire le nom des hommes qui sont à leur tête.
Nous leur avons également demandé leurs noms pour t'en informer et te transmettre des renseignements précis, afin que tu saches qui sont les maîtres d'œuvre - de sorte que s'il y a là une sédition ou une manœuvre préjudiciable, tu puisses agir contre eux.
וּכְנֵמָא פִתְגָמָא הֲתִיבוּנָא לְמֵמַר אֲנַחְנָא הִמּוֹ עַבְדוֹהִי דִי־אֱלָהּ שְׁמַיָּא וְאַרְעָא וּבָנַיִן בַּיְתָא דִּי־הֲוָא בְנֵה מִקַּדְמַת דְּנָה שְׁנִין שַׂגִּיאָן וּמֶלֶךְ לְיִשְׂרָאֵל רַב בְּנָהִי וְשַׁכְלְלֵהּ׃ - Et voici la réponse qu'ils nous ont rendue, en disant : Nous sommes les serviteurs du D.ieu des cieux et de la terre, et nous rebâtissons la maison qui avait été construite autrefois, bien des années auparavant, et qu'un grand roi d'Israël avait bâtie et parachevée.
Voici en quels termes ils nous ont répondu : nous sommes les serviteurs du D.ieu des cieux et de la terre, et nous rebâtissons la maison qui existait déjà bien des années auparavant, et qu'un grand roi d'Israël a édifiée et parachevée - à savoir le roi Salomon. Il y a ici trois arguments essentiels : premièrement, nous sommes les serviteurs du D.ieu des cieux, et cette maison est construite pour le Nom d'Hachem. Deuxièmement, ce sanctuaire bénéficie d'une Hazaka, d'un droit antérieur établi - nous ne nous approprions pas arbitrairement un terrain pour y bâtir, cet édifice se dressait déjà là depuis des temps reculés. Troisièmement, celui qui l'avait érigé n'était pas un homme ordinaire, mais un monarque illustre et souverain. Il s'ensuit que cette construction est pleinement légitime, et qu'elle ne constitue en rien une révolte ni une offense envers le roi.
לָהֵן מִן־דִּי הַרְגִּזוּ אֲבָהָתַנָא לֶאֱלָהּ שְׁמַיָּא יְהַב הִמּוֹ בְּיַד נְבוּכַדְנֶצַּר מֶלֶךְ־בָּבֶל כַּסְדָּאָה וּבַיְתָה דְנָה סַתְרֵהּ וְעַמָּה הַגְלִי לְבָבֶל׃ - Mais parce que nos pères ont irrité le D.ieu des cieux, Il les a livrés entre les mains de Nabuchodonosor, roi de Babylone, le Chaldéen ; il a détruit cette maison et a exilé le peuple à Babylone.
Mais lorsque nos pères ont provoqué la colère du D.ieu des cieux, Hachem les a livrés entre les mains de Nabuchodonosor, roi de Babylone, le Chaldéen, qui a détruit cette maison et exilé le peuple à Babylone. Les anciens voulaient dire par là : la destruction de l'édifice n'est imputable qu'à nos fautes, parce que nous n'avions pas suivi les voies d'Hachem. Mais aujourd'hui, alors que nous marchons dans Ses voies, nous sommes pleinement fondés à rebâtir la maison.
בְּרַם בִּשְׁנַת חֲדָה לְכוֹרֶשׁ מַלְכָּא דִּי בָבֶל כּוֹרֶשׁ מַלְכָּא שָׂם טְעֵם בֵּית־אֱלָהָא דְנָה לִבְּנֵא׃ - Mais la première année de Cyrus, roi de Babylone, le roi Cyrus donna l'ordre de rebâtir cette maison de Dieu.
Cependant, disent-ils, la destruction a eu lieu à cause de nos fautes, et l'exil a expié pour nous. Puis, lors de la première année de Cyrus, le terme des soixante-dix ans s'est accompli, le temps de la délivrance est arrivé, et le roi a ordonné de rebâtir le Temple. Il s'ensuit que nous ne bâtissons que sur l'autorisation royale.
וְאַף מָאנַיָּא דִי־בֵית־אֱלָהָא דִּי דַהֲבָה וְכַסְפָּא דִּי נְבוּכַדְנֶצַּר הַנְפֵּק מִן־הֵיכְלָא דִּי בִירוּשְׁלֶם וְהֵיבֵל הִמּוֹ לְהֵיכְלָא דִּי בָבֶל הַנְפֵּק הִמּוֹ כּוֹרֶשׁ מַלְכָּא מִן־הֵיכְלָא דִּי בָבֶל וִיהִיבוּ לְשֵׁשְׁבַּצַּר שְׁמֵהּ דִּי פֶחָה שָׂמֵהּ׃ - De plus, les ustensiles de la maison de Dieu, d'or et d'argent, que Nabuchodonosor avait retirés du sanctuaire de Jérusalem et transportés dans le temple de Babylone, le roi Cyrus les fit retirer du temple de Babylone et les remit à un nommé Chechbatsar, qu'il avait établi gouverneur.
Et non seulement il donna son autorisation, mais Cyrus lui-même fit sortir les ustensiles que Nabuchodonosor avait pillés lors de la destruction du Beit HaMikdach. Il les fit sortir du temple de Babylone pour nous les restituer, et les confia à Chechbatsar - que nos Sages identifient à Daniel - qu'il avait nommé gouverneur (Pé'ha) pour diriger toutes nos entreprises. Dès lors, il y a bien là une autorisation explicite du roi Cyrus.
וַאֲמַר־לֵהּ אֵל מָאנַיָּא שֵׂא אֵזֶל־אֲחֵת הִמּוֹ בְּהֵיכְלָא דִּי בִירוּשְׁלֶם וּבֵית אֱלָהָא יִתְבְּנֵא עַל־אַתְרֵהּ׃ - Et il lui dit : Prends ces ustensiles, va les déposer dans le sanctuaire qui est à Jérusalem, et que la maison de Dieu soit rebâtie sur son emplacement.
C'est ainsi que Cyrus s'adressa à Chechbatsar, c'est-à-dire Daniel : Voici ces ustensiles, prends-les, va les déposer dans le sanctuaire à Jérusalem, et que la maison de Dieu soit rebâtie sur son emplacement originel.
אֱדַיִן שֵׁשְׁבַּצַּר דֵּךְ אֲתָא יְהַב אֻשַּׁיָּא דִּי־בֵית אֱלָהָא דִּי בִירוּשְׁלֶם וּמִן־אֱדַיִן וְעַד־כְּעַן מִתְבְּנֵא וְלָא שְׁלִם׃ - Alors ce même Chechbatsar vint poser les fondations de la maison de Dieu à Jérusalem, et depuis lors jusqu'à maintenant elle est en construction, et elle n'est pas encore achevée.
Chechbatsar vint donc poser les fondations de la maison de Dieu à Jérusalem, et depuis cette époque jusqu'à ce jour les travaux se poursuivent sans avoir été achevés. Remarquez bien ce qui se passe ici : ils passent sous silence toute une partie de l'histoire, celle où Cyrus est revenu sur sa décision. En effet, nous avons vu dans le cours précédent que Cyrus s'était rétracté et avait ordonné d'interrompre la construction du Beit HaMikdach à la suite des calomnies proférées contre le peuple d'Israël, et cela, ils ne le mentionnent absolument pas. Pourquoi ? Parce que, comme nous l'avons expliqué, tout reposait sur une tromperie : on lui avait prétendu qu'Israël rebâtissait la ville de Jérusalem et ses remparts, ce qui lui fit craindre une rébellion, et c'est pourquoi il avait ordonné de stopper la reconstruction de Jérusalem. Or, les scribes avaient falsifié la requête en affirmant qu'il fallait arrêter les travaux du Beit HaMikdach.
וּכְעַן הֵן עַל־מַלְכָּא טָב יִתְבַּקַּר בְּבֵית גִּנְזַיָּא דִּי־מַלְכָּא תַמָּה דִּי בְּבָבֶל הֵן אִיתַי דִּי־מִן־כּוֹרֶשׁ מַלְכָּא שִׂים טְעֵם לְמִבְנֵא בֵּית־אֱלָהָא דֵךְ בִּירוּשְׁלֶם וּרְעוּת מַלְכָּא עַל־דְּנָה יִשְׁלַח עֲלֶינָא׃ - Et maintenant, si le roi le juge bon, qu'on cherche dans la maison des trésors du roi, là-bas à Babylone, s'il est vrai qu'un ordre a été donné par le roi Cyrus de rebâtir cette maison de Dieu à Jérusalem, et que le roi nous fasse connaître sa volonté à ce sujet.
Enfin, ils concluent en suggérant au roi : si tu souhaites t'assurer de la véracité de ces dires, que l'on procède à des recherches dans la maison des trésors du roi à Babylone - les archives royales - où ce document pourra être examiné, et tu constateras que Cyrus a bel et bien promulgué un édit ordonnant de rebâtir la maison de Dieu à Jérusalem. « Et que le roi nous fasse connaître sa volonté à ce sujet » : transmets-nous ton avis et tes instructions dans cette affaire. Tel est le texte de la lettre que Tatenaï et Chethar-Bozenai adressèrent au roi pour connaître sa décision concernant la reconstruction du Beit HaMikdach.