Voici une michna magnifique, la michna 13 du chapitre 4 du traité Terumot, qui traite de la question de l'annulation d'un mélange de type mimoua.
Présentation du cas :
Une botte de légumes dont une moitié est Terumah et l'autre moitié 'houlin (produits profanes) : son statut est connu. Il n'y a pas dans le 'houlin cent fois la quantité de la Terumah, et par conséquent tout le mélange devient interdit et est considéré comme Terumah. Ce mélange s'appelle 'mimoua'. Ajoutons maintenant un étage supplémentaire : nous avons devant nous cinquante bottes identiques de 'houlin entièrement profane, et dans lesquelles est tombée cette botte de mimoua, que nous traitons comme de la Terumah. Comment faut-il calculer le rapport entre le permis et l'interdit ?
Deux voies s'offrent à nous :
Compter des bottes entières : il y a ici cinquante bottes de 'houlin face à une seule botte de mimoua. Il n'y a pas cent fois plus, et par conséquent tout le mélange devient interdit.
Compter par moitiés : dans les cinquante bottes de 'houlin il y a cent demi-bottes de 'houlin, et face à elles une seule demi-botte de Terumah, et cela sans même ajouter la moitié de 'houlin contenue dans la botte de mimoua elle-même. Il se trouve donc qu'il y a ici cent face à un, la Terumah est annulée et tout le mélange est permis.
Le texte de la michna :
"Amar rabbi Yossi : maassé ba lefanaï rabbi Akiva be'hamichim agoudot chel yaraq, chenafla a'hat mehem letokhan" - il y avait là cinquante bottes de légumes 'houlin, et il tomba parmi elles une cinquante et unième botte dont la moitié était Terumah, c'est-à-dire une botte de mimoua. La question est celle décrite plus haut : compte-t-on cinquante bottes de 'houlin face à une seule botte de mimoua, et alors tout est interdit, ou bien compte-t-on cent demis et deux demis dont un seul est Terumah, et alors tout est annulé et permis.
"Veamarti lefanav : taalé" - rabbi Yossi trancha devant rabbi Akiva que la Terumah remonte et est annulée, et que tout le mélange est permis. "Lo chehaTerumah taalé be'a'had va'hamichim, ela chehayou cham méa oushnei 'hatzaïm" - la raison n'est pas que cinquante et une bottes suffisent à annuler la Terumah, mais que l'on n'a pas ici cinquante et une bottes dont l'une est un mimoua, mais cent et deux demi-bottes, dont une seule est Terumah, et cette proportion suffit à l'annuler.
Rabbi Akiva ne répliqua rien à ses paroles, ce qui indique qu'il fut d'accord avec lui et que la halakha suit rabbi Yossi.
En résumé : nous avons appris que dans un mélange d'une botte de mimoua parmi des bottes de 'houlin, on ne compte pas des bottes entières, mais on décompose le calcul en moitiés, et dès que l'on trouve la proportion de cent face à un, la Terumah est annulée et le mélange est permis.
Dans la partie suivante, à la michna 6 du chapitre 5, nous reviendrons sur ce sujet et demanderons quelle est la nouveauté enseignée par notre michna. Un petit indice : ici tous les composants de l'interdit sont mélangés ensemble, tandis que là-bas seule une partie d'entre eux sera mélangée.