La michna 6 du chapitre 6 traite elle aussi du fenugrec. Rappelons le principe qui a été exposé : dans le fenugrec, les graines sont propres à la consommation tandis que les tiges ne le sont pas, mais le goût des tiges est semblable à celui des graines, à savoir le goût du fenugrec.
Des bottes de fenugrec provenant de kilei hakerem :
"Mi shehayou lo 'havilei tiltan shel kilei hakerem - yidalkou" - une personne qui possédait des bottes de tiges de fenugrec portant des graines de fenugrec, ces plantes ayant poussé dans la vigne et étant ainsi devenues kilei hakerem, leur loi est qu'elles doivent être brûlées. Tant les graines propres à la consommation que les tiges qui ne le sont pas, toutes doivent être brûlées, car toutes sont kilei hakerem.
Des bottes de fenugrec constituant du tevel :
"Hayou 'havilei tiltan shel tevel" - il avait entre les mains des bottes de fenugrec dont on n'avait pas prélevé les teroumot et les maasserot, et ces bottes comprenaient à la fois les tiges et les graines. Il doit les dîmer et donner au kohen la quantité requise à partir des graines, à savoir un cinquantième.
"Kotesh oume'hashev kama zera yesh bahem oumafrish et hazera" - il ne s'agit pas de piler dans un mortier avec un pilon, mais de battre les bottes afin d'en détacher les graines. Il bat une partie des graines, estime d'après elles la quantité totale de graines contenue dans l'ensemble des bottes, et prélève la quantité requise.
Par exemple : s'il a estimé que l'ensemble des graines de toutes les bottes s'élève à cinquante coupes, il lui suffit de battre une seule coupe de graines et de la donner au kohen comme teroumah, en laissant le reste attaché aux tiges. C'est une règle générale concernant la teroumah : elle se donne selon une estimation et il n'y a pas d'obligation de la mesurer avec précision, c'est pourquoi cela est permis lekhat'hila.
"Veeino tzarikh lehafrish et haetz" - il n'est pas nécessaire de donner au kohen les tiges avec les graines, puisqu'elles ne sont pas propres à la consommation.
S'il a prélevé les tiges avec les graines :
Bien que les tiges ne soient pas propres à la consommation, leur goût est semblable à celui des graines. C'est pourquoi, même si elles ne peuvent pas constituer une teroumah selon la Torah, elles peuvent constituer une teroumah miderabanan lorsqu'il leur a attribué le statut de teroumah.
C'est pourquoi, une personne qui avait devant elle cinquante tiges chargées de graines et qui a dit : une tige avec ses graines sera teroumah - "im hifrish, lo yomar : ekhtosh veetol et haetz veeten et hazera, ela noten et haetz im hazera". Elle ne peut pas battre d'abord les graines, les donner au kohen et garder les tiges pour elle-même afin de nourrir son bétail. Puisqu'elle a désigné la tige avec les graines comme teroumah, et puisque dans le fenugrec s'applique une règle particulière (le goût de la tige est semblable à celui de la graine et elle est donc utilisable du point de vue du goût), elle doit donner au kohen la tige et la graine ensemble.
En résumé : cette michna a exposé deux lois concernant les bottes de fenugrec. Pour les kilei hakerem, les graines et les tiges ensemble doivent être brûlées. Pour le tevel, on bat une partie des graines, on estime leur quantité totale et on en prélève la teroumah, sans avoir besoin de prélever les tiges avec elles ; mais si l'on a prélevé une tige avec ses graines et qu'on lui a attribué le statut de teroumah, du fait que le goût de la tige est semblable à celui de la graine, on donne la tige avec la graine au kohen et on ne la garde pas pour soi.