La neuvième Michna du neuvième chapitre du traité Menachot conclut le sujet de la semichah. Bien que la semichah appartienne principalement au domaine des zevachim - les sacrifices d'animaux - et non aux menachot, elle est néanmoins enseignée ici. La Michna compare l'obligation de la semichah pour les sacrifices d'animaux à l'obligation de la tenoufah, le balancement, qui s'applique à divers sacrifices.
La Michna présente deux rigueurs : une rigueur qui s'applique à la semichah et non à la tenoufah, et une rigueur générale qui s'applique à la tenoufah et non à la semichah. Voici ses mots : Chomer bassemichah batenoufah, ouvatenoufah bassemichah - il y a un aspect où la semichah est plus rigoureuse que la tenoufah, le balancement du sacrifice, et il y a un aspect où la tenoufah est plus rigoureuse que la semichah, le fait de poser les mains et de les presser vers le bas sur la tête de l'animal.
La rigueur de la semichah :
Une personne qui se porte volontaire pour apporter un sacrifice peut l'apporter seule, ou elle peut l'apporter en association avec d'autres. Par exemple, vingt personnes qui participent ensemble au coût d'un sacrifice de chelamim et l'apportent en commun pour tous. Dans un tel cas, chacun d'entre eux doit faire la semichah lui-même, et il s'avère que la semichah est effectuée vingt fois sur le même animal, car chaque propriétaire est obligé de faire la semichah.
En revanche, pour la tenoufah : dans un sacrifice de chelamim, on balance la poitrine et la cuisse, lorsque le kohen place ses mains sous les mains des propriétaires, sous les emourim, la poitrine et la cuisse, et le tout est balancé dans les six directions. Même si un groupe de vingt personnes apporte le sacrifice en association, il suffit qu'une seule personne fasse le balancement pour tous, car le balancement concerne le sacrifice lui-même. Ce qui n'est pas le cas pour la semichah, où chaque propriétaire et chaque associé - selon les termes de la Michna, chaque membre du groupe - fait la semichah séparément.
Voici les mots de la Michna : Cheechad menif lechol hachouvarim, veein echad somech lechol hachouvarim - une seule personne fait le balancement, là où une tenoufah est requise, pour tous les membres du groupe ; tandis que pour la semichah, une seule personne ne peut pas faire la semichah pour les autres, mais chacun fait la semichah lui-même.
La version que nous avons devant nous est "chouvarim", et certains lisent "chaverim". "Chaverim" - les collègues et les associés ; "chouvarim" - les membres du groupe. L'idée est très similaire.
La rigueur de la tenoufah :
La rigueur de la tenoufah réside dans sa large portée : la tenoufah s'applique à de nombreux types différents de sacrifices, tandis que la semichah ne s'applique qu'à l'offrande d'un sacrifice animal - un zevach. Ce n'est pas une règle absolue, car il n'y a pas de tenoufah pour toute chose, mais son champ d'application est beaucoup plus vaste. Et ainsi la Michna détaille :
Bekorbanot hayachid ouvekorbanot hatsibour - la tenoufah s'applique aux sacrifices publics, comme les Chtei Halechem, ainsi qu'aux sacrifices individuels ; ce qui n'est pas le cas pour la semichah, car il n'y a pas de semichah pour les sacrifices publics, à l'exception des deux exceptions discutées dans les Michnayot précédentes. Et il y a d'autres exemples à ce sujet.
Bachayim ouvechechoutin - la tenoufah s'applique aussi bien aux animaux vivants qu'aux animaux abattus. Par exemple, pour les kivchei atseret, les deux agneaux de Chavouot, que l'on balance de leur vivant et que l'on balance à nouveau après leur abattage. En revanche, la semichah ne se fait que sur un animal vivant, avant son abattage.
Bedavar cheyech bo rouach chayim ouvedavar cheein bo rouach chayim - la tenoufah s'applique de manière égale aux êtres vivants et à ce qui n'est pas vivant, comme les Chtei Halechem, ces miches de pain qui sont balancées et ne sont pas des êtres vivants ; tandis que la semichah ne se fait que sur un être vivant.
Il s'avère donc que mah cheein ken bassemichah - toutes ces applications de la tenoufah dans les divers types de cas ne s'appliquent pas du tout à la semichah, qui ne se fait que sur un animal vivant apporté comme zevach.