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Menahot Chapitre 11, Michna 6: La Table et ses supports (Menachot 11, 6)

Menachot chapitre 11, Michna 6. Cette Michna décrit le fonctionnement de la Table dans le Sanctuaire (Kodech), l'ustensile sur lequel était posé le Lé'hèm Hapanim (pain de proposition). Il s'agit d'un mécanisme assez complexe, et il est donc vivement recommandé de consulter une image ou un croquis de la structure, car une description verbale ne remplace pas ce que les yeux peuvent voir. Essayons néanmoins de décrire les choses dans l'ordre.

Le principe de la structure :

La Table est en or, et les pains du Lé'hèm Hapanim y sont disposés en deux colonnes - deux rangées - de six pains chacune. Pour éviter que les pains ne moisissent, il faut laisser un espace d'air entre eux au moyen de 'roseaux' (Kanim) : des demi-tubes creux, coupés dans le sens de la longueur, en forme de U inversé, qui séparent chaque pain. Les pains ne reposent pas tous sur ces roseaux - les deux pains inférieurs (un dans chaque rangée) sont posés directement sur la Table sans espace, tandis que les cinq pains situés au-dessus d'eux dans chaque rangée sont surélevés les uns par rapport aux autres au moyen de ces mêmes roseaux.

Le nombre de roseaux :

Au total, il y avait vingt-huit roseaux, quatorze pour chaque rangée. Ce nombre semble étonnant à première vue - comment y parvient-on ?

  • Le pain inférieur repose sur la Table elle-même, il ne reste donc que cinq espaces dans chaque rangée : entre le premier et le deuxième, entre le deuxième et le troisième, entre le troisième et le quatrième, entre le quatrième et le cinquième, et entre le cinquième et le sixième.

  • Dans les quatre espaces inférieurs, trois roseaux étaient placés dans chaque espace - trois fois quatre font douze.

  • Dans l'espace supérieur, qui supporte un poids plus léger et nécessite moins de soutien, seuls deux roseaux étaient placés.

  • Douze plus deux font quatorze pour chaque rangée, multiplié par deux : vingt-huit.

Les montants (Snifim) - le soutien latéral :

Les pains ont également besoin d'un soutien sur les côtés, pour ne pas tomber du bord et ne pas se briser - car si un seul pain se brise, tous sont invalidés. Ces supports sont appelés 'montants' (Snifim), et ce sont des poutres de soutien placées sur le côté.

Il y a une divergence d'opinion sur la forme exacte des montants, et Rachi décrit à quoi ils ressemblaient : il se peut qu'ils aient été comme les deux côtés d'une étagère - des piliers verticaux en or maintenant la pile des deux côtés ; ou bien il se peut qu'ils aient été comme trois piliers verticaux en or servant de soutien latéral. Quoi qu'il en soit, le résultat est le même : les pains sont maintenus et pressés sur les côtés, contre les faces des pains qui se font face. Les montants reposent sur le sol, s'appuient vers le haut contre la Table, et leur sommet atteint la hauteur du sommet du sixième pain dans chacune des deux rangées.

Le texte de la Michna :

"Arbaah snifim chel zahav hayou cham" - quatre supports appuyés sur la Table, pour maintenir le pain en place et conserver sa forme. "Oumfoutsalin berocheihen" - il y avait des encoches et des fentes dans leur partie supérieure. "Chehayou somkhin bahen, chnayim leseder zeh ouchnayim leseder zeh" - comme deux serre-livres : deux soutiennent la pile de six pains de la première rangée, et deux soutiennent la pile de six pains de la seconde rangée, afin qu'ils restent à leur place.

"Veesrim ouchemonah kanim" - le terme 'Kaneh' désigne une tige de roseau, mais aussi un tube, d'où dérive le mot 'Kaneh' pour désigner la trachée. Ici, il s'agit de tubes coupés en deux dans le sens de la longueur, en forme de U, et disposés à l'envers - et dans les mots de la Michna : "Ke'hatsi kaneh 'haloul". Ces vingt-huit roseaux servaient à soutenir les pains, selon le compte détaillé plus haut : trois entre le premier et le deuxième pain, trois entre le deuxième et le troisième, trois entre le troisième et le quatrième, trois entre le quatrième et le cinquième, et deux entre le cinquième et le sixième. "Arbaah asar leseder zeh vearbaah asar leseder zeh" - quatorze roseaux dans chacune des deux piles, soit un total de vingt-huit.

Lo sidour kanim velo netilatan docheh et HaChabbat - L'installation des tubes et leur retrait ne repoussent pas le Chabbat :

L'insertion des tubes ne se fait pas pendant Chabbat, et on ne les retire pas non plus pendant Chabbat, car d'ordre rabbinique (miderabbanan), cela s'apparente à la construction et à la démolition d'un ustensile - l'assemblage et le démontage des parties séparées de cette structure complexe. Bien qu'il ne s'agisse pas d'une construction permanente mais d'une partie d'un ustensile, et que son interdiction soit seulement miderabbanan, cela ne change rien : puisqu'il n'est pas absolument nécessaire de le faire spécifiquement le Chabbat pour maintenir l'ordre du service (la Avoda), on ne le fait pas le Chabbat. C'est le principe que nous avons déjà vu plus tôt dans le chapitre, le principe de Rabbi Akiva : tout ce qu'il est possible de faire à la veille du Chabbat ne repousse pas le Chabbat.

Ela nichnas meerev Chabbat vechomtan venotnan leorko chel choulchan - Mais il entre à la veille du Chabbat, les retire et les place le long de la table : le vendredi après-midi, le kohen entre dans le Kodech et retire les vingt-huit tubes, afin de ne pas avoir besoin de les enlever et de les démonter le Chabbat au moment où l'on retire les pains, et pour éviter qu'ils ne tombent. Ensuite, il les pose dans le sens de la longueur de la table : selon la plupart des avis, sur le sol près des pieds de la table, ou peut-être sur la table elle-même s'il y a de la place. L'expression « dans le sens de sa longueur » (leorko) signifie dans la direction de la longueur de la table - ses deux coudées de long s'étendent d'est en ouest, c'est pourquoi on oriente également les tubes d'est en ouest.

Vechol hakelim chehayou baMikdach orkan leorko chel bayit - Et tous les ustensiles qui se trouvaient dans le Temple, leur longueur était dans le sens de la longueur de la Maison :

Tous les ustensiles du Temple sont orientés de manière à ce que leur côté le plus long soit dirigé d'est en ouest :

  • Le Choulchan : sa longueur est orientée d'est en ouest.

  • La Ménorah : ses sept branches s'alignent sur la longueur, d'est en ouest.

  • Le Aron : les deux barres qui en dépassent jusqu'à la Parohet s'étendent également d'ouest en est.