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Baba Batra Chapitre 6, Michna 3: La vente de vin gâté

Nous poursuivons l'étude du sixième chapitre du traité Bava Batra, et nous abordons la troisième Michna - une autre Michna traitant de la vente de vin.

Hamo'her yayin la'havero vehi'hmits - Celui qui vend du vin à son prochain et qu'il a tourné au vinaigre :

Reouven vend du vin à Chimon, et le vin s'abîme et devient du vinaigre. Il faut d'abord comprendre une chose : de nos jours, un vin qui a tourné est considéré comme un déchet, alors qu'à l'époque de la Michna, le vinaigre servait à de nombreux usages - pour la cuisson, pour y tremper le pain et comme condiment. Il ne s'agit donc pas d'un produit sans valeur, mais le vin ne remplit plus sa fonction de vin, et ce n'est pas ce que l'acheteur a demandé au moment de l'acquisition.

La répartition des responsabilités entre le vendeur et l'acheteur :

  • Le vin est resté dans les récipients du vendeur - Si le vin a tourné alors qu'il se trouvait encore dans le récipient fourni par le vendeur, l'acheteur est en droit de prétendre qu'on lui a vendu une marchandise défectueuse.

  • L'acheteur a transvasé le vin dans ses propres récipients - Si l'acheteur a transvasé le vin du tonneau dans ses propres cruches et les a emportées chez lui, le vendeur peut affirmer que son vin était en bon état, et que l'altération a été causée par les récipients : peut-être n'étaient-ils pas propres, peut-être sont-ils restés ouverts, etc.

C'est pour cette raison que la Michna établit que le vendeur eino 'hayav bea'harayoto - n'est pas responsable : il n'est pas tenu de remplacer le vin, car il peut prétendre que l'altération n'est pas de sa faute.

Ve'im yadoua cheyeno ma'hmits, harei ze meka'h taout - Et s'il est connu que son vin a tendance à tourner, c'est une vente annulée :

S'il est de notoriété publique que le vin de ce vendeur a tendance à s'aigrir - en raison de sa méthode de préparation, de son stockage ou de sa conservation - il s'agit d'une vente conclue par erreur (Meka'h Taout). L'acheteur n'en était pas conscient et a été trompé, car il cherchait un vin qui ne tourne pas. Par conséquent, il a le droit d'obtenir le remboursement intégral de son argent.

Ve'im amar lo : yayin mevoussam ani mokher lakh - Et s'il lui a dit : Je te vends un vin parfumé :

Le terme 'vin parfumé' (yayin mevoussam) désigne au sens littéral un vin auquel on a ajouté des épices, et certains l'ont expliqué comme une expression désignant un vin particulièrement fin et de grande qualité.

Dans ce cas, 'hayav leha'amid lo ad ha'Atseret - il doit le lui garantir jusqu'à la fête de Chavouot : il y a une attente raisonnable qu'un vin de qualité se conserve sur la durée, et au moins jusqu'à la fête de Chavouot, qui marque le début de l'été. L'ordre habituel était de vendanger les raisins près de la fête de Souccot, de les presser immédiatement pour en faire du vin, et celui-ci était censé se conserver tout au long de l'hiver. Avec la chaleur de l'été, le vin a tendance à s'abîmer, c'est pourquoi cette limite de temps a été fixée. Celui qui a acheté un vin parfumé et qui a tourné avant l'Atseret a été trompé, et il est en droit de réclamer son argent.

Des niveaux de qualité supérieurs :

  • "yachan" - "michel echtaqad" : du vin vendangé l'année dernière, c'est-à-dire non pas au dernier Souccot mais au Souccot précédent, et qui entre à présent dans sa deuxième année. Un tel vin, s'il est bien conservé, dans une cave sous terre, comme c'était leur usage, est de meilleure qualité, et il est donc censé se maintenir jusqu'au Souccot suivant.

  • "meyouchan" - "michel chaloch chanim" : du vin de trois ans, qui a été vendangé il y a deux ans et se trouve à présent dans sa troisième année. Il doit se maintenir jusqu'à la venue de Souccot, qui constitue pour ainsi dire le début de sa quatrième année. C'est la durée requise pour un vin vieilli, qui est d'une qualité particulièrement élevée.

Au-delà de cela, on n'avait pas l'usage de conserver les vins, car les vins de cette époque, du fait de leur mode de préparation, ne se maintenaient pas aussi longtemps, contrairement à ce qui se pratique aujourd'hui.