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Baba Batra Chapitre 8, Michna 1: Les principes fondamentaux de l'héritage

Nous entamons le huitième chapitre du traité Bava Batra, le chapitre "Yech No'halin", un chapitre célèbre qui traite des lois de la succession, c'est-à-dire des lois de l'héritage. La question centrale qui s'y pose est la suivante : lorsqu'une personne décède, qui devient le propriétaire légal de son patrimoine ? La Michna étant quelque peu complexe, nous présenterons d'abord les principes fondamentaux qui régissent le partage de l'héritage, et ce n'est qu'ensuite que nous aborderons le texte de la Michna elle-même. Ces règles de base peuvent être résumées en cinq principes.

Les cinq principes fondamentaux des lois de succession :

  1. L'ordre de parenté : L'héritier naturel du défunt est sa descendance - ses fils, ses filles et ses petits-enfants. En l'absence de descendants, l'héritage passe au père du défunt. Si le père n'est plus en vie, on répète le processus en examinant les autres descendants du père, c'est-à-dire les frères et sœurs du défunt, ainsi que ses neveux et nièces. En leur absence, on remonte d'une génération supplémentaire vers le grand-père paternel, et si lui non plus n'est pas en vie, on cherche ses descendants, tels que les oncles et les cousins, et ainsi de suite, génération après génération, jusqu'à ce qu'un héritier soit trouvé. Il s'avère donc que tout Juif a des héritiers dans son arbre généalogique, la seule question étant de savoir jusqu'où il faut pousser la recherche.

  2. La priorité des mâles : Lorsqu'il y a plusieurs héritiers ayant un degré de parenté égal avec le testateur, les hommes ont priorité sur les femmes. Si un homme avait un fils et une fille, le fils hérite et non la fille ; s'il avait deux fils et deux filles, les fils héritent et les filles n'héritent pas. En l'absence de fils, les filles héritent, qu'elles soient deux ou une seule. Cette règle s'applique à toutes les générations : s'il n'y a aucun descendant et que l'on passe aux descendants du père, ce sont les frères du défunt qui héritent et non ses sœurs, et ce n'est qu'en l'absence de frères que les sœurs héritent.

  3. Les descendants remplacent leurs parents : Les descendants survivants prennent la place de leurs parents décédés. Par exemple : le défunt avait un fils et une fille, le fils a eu une fille et la fille un fils, et tous les enfants sont décédés du vivant de leur père. Au moment du décès, il ne reste donc que deux petits-enfants. La petite-fille vient à la place de son père, et le petit-fils vient à la place de sa mère. Puisque le fils a priorité sur la fille, c'est la petite-fille qui est l'héritière, car elle vient à la place du fils.

  4. La parenté se calcule du côté paternel : Tous les calculs de parenté se font par le côté du père dans l'arbre généalogique et non par le côté de la mère. Par exemple : si un homme décède sans descendants et que son père n'est plus en vie, ses frères ont droit à son héritage et se le partagent à parts égales, et toute personne qui est le fils de son père est considérée comme un frère, qu'il s'agisse d'un frère germain ou d'un demi-frère du côté du père. En revanche, un demi-frère du côté de la mère uniquement - avec lequel il a une mère commune mais pas de père commun - n'est pas du tout considéré comme un frère et n'hérite pas. À cette règle, il y a deux exceptions :

    • Le mari hérite de sa femme : L'héritier principal d'une femme est son mari, indépendamment de l'arbre généalogique de son père et de ses propres descendants. Si une femme décède alors qu'elle est mariée, son mari hérite d'elle.

    • Le fils hérite de sa mère : Bien que le principe suive toujours l'arbre généalogique du père, si une femme n'a pas de mari mais qu'elle a des enfants, ce sont eux qui héritent d'elle, de sorte que le fils hérite de sa mère de son côté à elle.

  5. Le partage à parts égales : Lorsqu'il y a plusieurs héritiers ayant un degré de parenté égal avec le testateur, ils se partagent l'héritage à parts égales.

Exemple récapitulatif :

Le défunt avait trois enfants : Sarah la fille, Reouven le premier fils et Chimon le second fils. Reouven a eu une fille nommée Rahel, qui est la petite-fille du défunt. Supposons que Reouven soit décédé du vivant de son père, de sorte qu'au moment du décès il ne reste que trois descendants : Sarah la fille, Rahel la petite-fille et Chimon le fils. Qui hérite ? (Il convient de s'arrêter ici et d'essayer de résoudre ce cas par nous-mêmes.)

La réponse est que Rahel la petite-fille et Chimon le fils héritent à parts égales, tandis que Sarah ne reçoit rien. La raison en est la suivante : les descendants vivants prennent la place de leurs parents décédés, et par conséquent Rahel vient à la place de son père Reouven. Puisque les fils ont priorité sur les filles, Reouven et Chimon auraient partagé l'héritage par moitié, et la part de Reouven passe à sa fille Rahel. Il s'avère donc que Rahel prend la moitié, Chimon prend la moitié, et Sarah ne reçoit rien.

À l'aide de ces règles, il est possible de comprendre la plupart des cas de la Michna et de la Guemara, et nous en verrons les détails plus en profondeur au fur et à mesure de notre progression. Il convient d'ajouter que toutes ces lois sont fondées sur des versets et sur les interprétations qu'en font nos Sages, dans l'épisode des filles de Tselofhad, dans le livre de Bamidbar au chapitre 27, à partir du verset 8. Nous allons maintenant aborder le texte de la Michna.

Les quatre types de relations dans la Michna :

La Michna énumère quatre types de relations de parenté. No'hel - un héritier, qui se trouve du côté de celui qui reçoit ; man'hil - un testateur, qui se trouve du côté de celui qui donne :

  • No'halin ouman'hilin - des relations de parenté qui fonctionnent dans les deux sens : si l'un meurt en premier, le second hérite de lui.

  • No'halin velo man'hilin - si A meurt, B hérite de lui, mais si B meurt, A n'hérite pas de lui.

  • Man'hilin velo no'halin - si A meurt, B n'hérite pas de lui, mais si B meurt, A hérite de lui.

  • Lo no'halin velo man'hilin - des parents consanguins pour lesquels il n'y a de succession dans aucun sens et en aucune circonstance.

La Michna apporte trois exemples pour chacune des catégories.

Elou no'halin ouman'hilin - ceux-ci héritent et transmettent l'héritage :

  • Ha'av et habanim - quand le père meurt, son fils hérite de lui.

  • Vehabanim et ha'av - et vice-versa : quand le fils meurt sans héritiers, son père hérite de lui. La redondance sert à créer un parallélisme dans le langage de la Michna.

  • Veha'achin min ha'av nochalin umanchilin - des frères d'un père commun héritent et se transmettent en héritage l'un à l'autre, selon celui qui décède en premier.

Dans le dernier cas, il y a deux possibilités. Yaakov et Léa ont deux fils, Réouven et Chimon. Si les parents ne sont plus en vie et que Réouven décède sans enfants - Chimon hérite de lui, car en l'absence de descendance et en l'absence de père ce sont les descendants du père qui héritent, c'est-à-dire les frères. Et si Yaakov avait une autre femme, Rahel, et d'elle un fils nommé Yossef - Yossef hérite lui aussi de Réouven à parts égales avec Chimon, bien que Chimon soit son frère germain et Yossef seulement son demi-frère, car le calcul se fait uniquement du côté paternel.

Héritent mais ne transmettent pas en héritage :

  • Ha'ich et imo - une femme décédée, son fils hérite d'elle, et par conséquent il hérite. Mais un homme décédé, sa mère n'hérite jamais de lui, car l'héritage passe à son père et au côté paternel de l'arbre généalogique, et par conséquent il ne transmet pas en héritage.

  • Ha'ich et ichto - une femme décédée dont le mari est en vie, le mari hérite. Mais un mari décédé, sa femme n'hérite pas de lui, et il s'avère qu'il ne lui transmet pas en héritage.

  • Uvnei achayot - les fils de la sœur de la personne, ce sont les neveux. Chimon a une sœur nommée Dina, et Dina a un fils nommé Chaoul. Si Chimon décède sans enfants, sans père et sans frères, et que Dina non plus n'est plus en vie - Chaoul hérite de Chimon. Mais si Chaoul décède, l'héritage ne remonte pas du côté de sa mère vers son frère Chimon. Il s'avère que Chaoul hérite et ne transmet pas en héritage.

Transmettent en héritage mais n'héritent pas :

Ce sont les trois mêmes cas précédents, vus dans le sens inverse :

  • Ha'icha et baneha - la femme transmet en héritage à ses enfants et n'hérite jamais d'eux.

  • Veha'icha et ba'alah - la femme transmet en héritage à son mari et n'hérite jamais de lui.

  • Va'achi ha'em - les frères de la mère d'une personne. Dans notre exemple : Dina est la mère de Chaoul, et Dina a un frère nommé Chimon. Chimon peut transmettre en héritage à Chaoul, mais il n'hérite jamais de lui.

N'héritent pas et ne transmettent pas en héritage :

Le quatrième cas est ha'achin min ha'em - des demi-frères qui ont une mère commune mais pas de père commun. Une femme qui était mariée à un premier homme et a eu un fils avec lui, puis s'est mariée à un second et a eu un fils avec lui - les deux fils sont demi-frères du côté maternel uniquement. Puisque la parenté est mesurée selon le côté paternel, ils ne sont pas du tout considérés comme membres de la famille, et il n'y a donc pas d'héritage entre eux dans aucune direction : ils n'héritent pas et ne transmettent pas en héritage.

En résumé : Au début du chapitre "Yech nochalin", nous avons étudié les cinq règles fondamentales des lois de l'héritage - l'ordre de parenté depuis les descendants en remontant, la priorité des mâles sur les femelles, le remplacement des parents par leurs descendants, le calcul de la parenté du côté paternel (et les deux exceptions : le mari pour sa femme et le fils pour sa mère), et le partage à parts égales entre les proches. Ensuite, nous avons appris les quatre types de relations dans la Michna : ceux qui héritent et transmettent en héritage, ceux qui héritent mais ne transmettent pas, ceux qui transmettent mais n'héritent pas, et ceux qui n'héritent pas et ne transmettent pas, à travers les trois exemples apportés par la Michna pour chacun d'eux. Par la suite, nous examinerons plus en détail les cas particuliers de la Michna et de la Guémara.