Le chapitre 10 de Kohélet s'ouvre sur un verset qui semble court et simple, mais qui recèle en réalité de grands fondements : un principe grammatical qui éclairera de nombreux versets du Tanakh, un principe sur la gravité de la faute selon la grandeur de celui qui la commet, et un enseignement majeur du Malbim sur la distinction entre une acquisition intrinsèque et une acquisition circonstancielle. Avançons pas à pas et voyons comment une petite mouche peut nous éclairer sur toute la vie spirituelle de l'homme.
זְבוּבֵי מָוֶת יַבְאִישׁ יַבִּיעַ שֶׁמֶן רוֹקֵחַ, יָקָר מֵחָכְמָה מִכָּבוֹד סִכְלוּת מְעָט. - Des mouches mortes font puer et fermenter l'huile du parfumeur ; ainsi un peu de folie l'emporte sur la sagesse et sur l'honneur.
Avant d'aborder le sens littéral du texte, penchons-nous sur une question de grammaire essentielle pour la compréhension d'autres versets. Le texte dit « Zevouvei mavet yav'ish yabia » (des mouches mortes fait puer, fait fermenter), ce qui est surprenant : il aurait fallu écrire soit au pluriel « des mouches mortes font puer », soit au singulier « une mouche morte fait puer ». On ne peut pas employer un pluriel suivi d'un verbe au singulier ! L'Ibn Ezra énonce ici un principe fondamental : le verset commence par une généralité - il y a plusieurs mouches - puis descend dans le détail pour nous enseigner que chacune d'entre elles fait puer et fermenter l'huile du parfumeur. Le verbe au singulier se rapporte individuellement à chaque élément de l'ensemble.
Grâce à cela, de nombreux versets s'expliquent. « Banot tsa'ada alei chour » - le verbe n'est pas au pluriel (« tsa'adou »), car chaque fille a marché séparément, chacune à sa place. « Et la femme prit les deux hommes et le cacha » (vatitspeino, au singulier) à propos des explorateurs envoyés par Yéhoshoua - l'Ibn Ezra explique : le texte n'emploie pas le pluriel « les cacha » (vatitspeinem), car elle a caché chacun d'eux séparément, l'un ici et l'autre là-bas. (Dans un cours sur les Prophètes, il a déjà été expliqué que Pin'has n'avait aucunement besoin d'être caché, étant un ange, mais tel est le sens littéral selon l'Ibn Ezra.) De même, « Ézéchias prit les lettres et le lut » (vayikra'éhou) - et non « les lut » au pluriel, car il a lu chaque lettre séparément : d'abord celle-ci, puis celle-là. Il est donc tout à fait légitime de commencer au pluriel et de poursuivre au singulier lorsque l'Écriture descend dans le détail.
L'Ibn Ezra poursuit son explication : les mouches mortes corrompent l'huile parfumée, et il en va de même pour un homme qui est « précieux » (yakar) par sa sagesse et son honneur - or « yakar » a ici le sens de lourd, comme dans « vayikhbad lev Par'o » que le Targoum traduit par « ve-yitakar liba de-Far'o ». Un homme doté de sagesse et de dignité, s'il a en lui un peu de folie, celle-ci détruit sa réputation et le discrédite. De même qu'une minuscule mouche gâte une grande quantité d'huile raffinée, ainsi ce peu de folie pèse plus lourd que la sagesse et que l'honneur. Si l'on plaçait les deux sur les plateaux d'une balance, cette mince folie l'emporterait sur l'honneur et la sagesse situés sur l'autre plateau.
De quelle folie s'agit-il ici ? L'Ibn Ezra précise : cette folie, c'est la faute. Cela rejoint la conclusion du chapitre précédent : « mais un seul pécheur détruit beaucoup de bien ». Chez un sage, une seule faute est déjà un acte très grave, elle pèse lourdement.
L'Ibn Ezra en apporte une preuve : ne voit-on pas que le Tout-Puissant est apparu deux fois au roi Salomon, qu'il a mérité une révélation divine, a édifié le Temple pour la gloire de Hachem, et que sa sagesse a surpassé celle de tous les hommes passés et futurs, sans qu'aucune injustice ne soit trouvée en lui ? Et pourtant, pour une seule faute - ne pas avoir surveillé les agissements de ses épouses, qui ont bâti des temples à leurs idoles avec ses richesses - l'Écriture formule à son encontre des termes d'une extrême sévérité. Pourquoi tout cela ? Venez et constatez combien un peu de folie a fait pencher la balance face à tant de sagesse et d'honneur.
Et que l'on ne s'en étonne pas, car il y a là un principe fondamental : toute faute est grande ou petite selon la stature spirituelle de celui qui la commet. La gravité d'un péché ne s'évalue pas seulement en soi, mais par rapport à la personne. Pour un grand homme, la plus infime faute peut être considérée comme monumentale. À l'inverse, chez un individu très médiocre, même une faute grave ne sera pas perçue avec autant de rigueur, car dépourvu de discernement et insensé, son acte a moins de portée. C'est tout le sens de « C'est par Mes proches que Je Me sanctifie », et combien sont profondes les paroles de nos Sages sur le verset « et autour de Lui s'agite une violente tempête » (nis'ara me'od) : le Saint, béni soit-Il, se montre rigoureux envers les Justes jusqu'à l'épaisseur d'un cheveu (ke-'hout ha-sa'ara).
C'est ainsi que des paroles sévères ont également été écrites à propos de personnages plus grands encore que le roi Salomon, pour une faute minime commise sans intention délibérée, mais du fait que la chose est arrivée par leur intermédiaire, on leur a imputé de graves péchés. Comme il est écrit au sujet de Moshé Rabbénou : « Puisque vous n'avez pas cru en Moi » - pour ainsi dire accusé d'un manque de foi. Et que s'était-il réellement passé là-bas ? Un péché que les commentateurs ont peiné à identifier : le saint Or Ha'haïm cite dix explications et les réfute toutes. Nous constatons à quel point, chez les grands de la Torah, il est difficile de discerner le péché, et malgré tout - voyez comment un peu de folie pèse plus lourd que la sagesse et la gloire, tout comme une petite mouche gâte une grande quantité d'huile parfumée et raffinée.
La Guémara dans Berakhot (61a) enseigne : Rav a dit, le mauvais penchant est comparable à une mouche, car il est dit : « Les mouches mortes font puer et fermenter l'huile du parfumeur ». La parabole est d'une grande précision : on ne vainc jamais définitivement le Yétser Hara', exactement comme la mouche. On a beau la chasser, elle revient toujours. C'est comme si la mouche disait : regardez comme on se réjouit de ma venue, chaque fois que j'arrive, on m'applaudit aussitôt !
On raconte à propos du 'Hazon Ich qu'alors qu'il étudiait avec quelqu'un, une mouche importune ne cessait de tourner autour d'eux, et son compagnon d'étude s'efforçait à chaque fois de la chasser. À un moment donné, le 'Hazon Ich lui dit : laisse-la, « a flig de Roch Hachana » - c'est une mouche dont il a été décrété à Roch Hachana que nous devrions la subir. S'il a été décrété que nous devions en souffrir, alors subissons-la. Et c'est exactement la confrontation avec la mouche : elle revient sans cesse, elle ne renonce jamais. De même, le mauvais penchant ne se décourage jamais. Il est « les mouches mortes » - une mouche qui veut conduire l'homme jusqu'à la mort, et qui ne prend aucun repos jusqu'au dernier instant de sa vie terrestre.
Ben Azaï a enseigné : « Les mouches mortes font puer et fermenter l'huile du parfumeur », et ce verset est juxtaposé à « mais un seul pécheur détruit beaucoup de bien ». Cela vient t'enseigner : une seule mouche morte ne fait-elle pas puer et bouillonner l'huile parfumée ? Croirais-tu donc qu'une seule mouche ne suffit pas ? De même, par un seul péché commis, l'homme perd tous les mérites qu'il possédait. Et de quel péché s'agit-il ? Lorsqu'il regrette ses bonnes actions passées (tohé 'al harichonot) - par cela, il efface toutes ses vertus antérieures. C'est ce que rapporte le Talmud de Jérusalem dans Kidouchine (chapitre 1, halakha 9).
Nos Sages expliquent également ce principe à propos de personnages historiques, en précisant que le mot « yabia' » vient du sens d'exprimer des paroles, des propos qui jaillissent de soi. Autre explication : « Les mouches mortes font puer et fermenter [yabia'] l'huile du parfumeur » - cela s'applique à l'assemblée de Kora'h. La veille, ils empuantissaient l'atmosphère (mév'ichim) contre Moshé en affirmant : « Moshé n'est pas un vrai prophète et Aharon n'est pas le Grand Prêtre » - c'est là le sens de « yab'ich » (il empeste). Et le lendemain, « yabia' » - ils expriment et proclament des paroles devant Moshé en disant : « Moshé est un prophète de vérité, Aharon est le Grand Prêtre et la Torah vient du Ciel ». Une fois le châtiment reçu, c'est un tout autre discours qui sort de leur bouche.
Autre explication : cela s'applique à Doëg et A'hitophel. Hier, ils tenaient des propos fétides contre David en disant : « Sa lignée est imparfaite - avant de demander s'il est digne de la royauté, demande-toi s'il a seulement le droit d'entrer dans l'assemblée d'Israël ». Et aujourd'hui, après leur mort, ils expriment des regrets, honteux et repentants de leurs actes. Autre explication : cela s'applique à la génération d'Élie. Hier, ils tenaient des propos vils contre lui, disant : « Baal, réponds-nous ! », le traitant de faux prophète, et aujourd'hui, ils proclament haut et fort : « Hachem est Dieu ! » - ils se repentent, entonnant désormais un tout autre refrain.
La Peskita Zoutreta enseigne : si des mouches tombent et meurent dans l'huile parfumée destinée aux rois, elles la font puer et la dégradent (« yabia' », au sens de brèche, comme dans l'expression « brèche dans une haute muraille »). Remarquez bien la finesse de l'analyse : même une huile dans laquelle une mouche est tombée et qui s'est légèrement gâtée, bien qu'elle ne soit plus digne des rois, reste une huile précieuse, encore propre aux ministres et aux notables. Mais la sagesse et l'honneur qu'un homme possédait, un tout petit peu de folie suffit à les anéantir complètement. L'huile perd seulement de son rang et conserve une certaine valeur, tandis que pour le sage, un peu de folie peut le faire déchoir totalement, comme il est dit : « Mais un seul pécheur détruit beaucoup de bien ».
Que signifie l'expression « mouches de mort » (zvouvei mavet) ? On aurait pu penser de prime abord qu'il s'agit d'une espèce particulière de mouches. Rachi explique : « mouches de mort » - comme en hiver, lorsque les mouches n'ont plus de force et sont proches de la mort. C'est-à-dire une mouche affaiblie, agonisante, qui a du mal à voler. Et pourtant, si elle tombe dans l'huile du parfumeur et se mélange à ces essences précieuses et raffinées, elle la rend fétide.
Et que signifie « yabia » ? Rachi explique : il fait monter de l'écume, ce que l'on appelle « escuma » en ancien français, et cela ressemble à des bulles ou des cloques. Quand une chose se gâte, une fermentation commence et produit de l'écume - comme un vin qui tourne, à la surface duquel apparaissent des bulles et de la mousse. Et c'est là tout le paradoxe : une mouche agonisante, si faible et impuissante, est parvenue à gâcher une huile si précieuse et raffinée ! Rachi poursuit : imaginez un homme dont les fautes et les mérites s'équilibrent parfaitement ; s'il commet ne serait-ce qu'une seule transgression, elle fait pencher la balance du côté du blâme. Un soupçon de folie, une faute infime, s'avère « plus précieuse », c'est-à-dire plus lourde et plus pesante que toute la sagesse et tout l'honneur qu'il possède, et c'est elle qui fait tout basculer.
Nos Sages enseignent : le mauvais penchant ressemble à des mouches mortes, et il corrompt la bonne réputation - car « bonne renommée vaut mieux qu'une huile précieuse », et le nom a plus de valeur que la meilleure des huiles. « L'huile du parfumeur » désigne ici la bonne réputation de l'homme ; or, lorsqu'un bruit malveillant court sur lui, il prend le dessus sur sa renommée. C'est une réalité tangible : pour acquérir un bon nom, il faut des années d'efforts - des années d'intégrité, de loyauté et de droiture. En revanche, si quelqu'un colporte la moindre médisance à son sujet, elle lui colle immédiatement à la peau. On dit aussitôt : « Ce qu'on raconte est vrai, d'ailleurs cela lui ressemble, et tout semble le prouver ». Une mauvaise réputation s'attache avec une facilité déconcertante, tandis qu'une bonne réputation soulève le doute : qui dit qu'il est vraiment honnête ? Comment le savoir ? Peut-être lui faudra-t-il des années pour faire ses preuves. C'est infiniment frustrant : quelqu'un a inventé une petite histoire, et cela suffit pour que l'huile précieuse au parfum suave - sa bonne réputation - soit gâtée et anéantie par une minuscule mouche.
Nos Sages appliquent également cet enseignement à la Torah. Dans Chir Hachirim Rabba : pourquoi les paroles de Torah sont-elles comparées à l'huile ? De même que pour l'huile, lorsqu'on y introduit un peu d'eau, c'est l'huile qui s'échappe, ainsi pour les paroles de Torah : dès qu'un soupçon de raillerie (létsanout) s'y infiltre, on perd beaucoup de Torah. L'explication en est simple : n'importe quel liquide versé dans un autre se mélange. Mettez de l'eau dans du vin : en versant, l'eau et le vin s'écoulent ensemble. Mettez de l'eau dans du jus : jus et eau se mélangent. Mais avec l'huile, il en va autrement : mettez de l'eau dans de l'huile, l'eau, plus lourde, descend immédiatement au fond, tandis que l'huile, plus légère, flotte à la surface. Quand on verse, seule l'huile sort, sans aucun mélange, et l'eau reste au fond. Voilà ce que le texte cherche à nous enseigner : les paroles de Torah sont comparées à l'huile, et dès qu'un brin de frivolité ou de moquerie s'y introduit, c'est la Torah qui disparaît la première. « Un seul fauteur détruit beaucoup de bien » - ne lis pas « tovah » (bien), mais « Torah ».
Il y a ici un commentaire du Malbim, et lorsqu'on le lit sur ce verset, on ne peut que regretter davantage de ne pas disposer de son commentaire sur l'ensemble du livre de Kohelet. Ce texte du Malbim se trouve dans son ouvrage Artsot Ha'haïm, dans le traité Afsei Erets, page 25, discours 1. L'auteur y consacre un développement complet à un tout autre sujet, au sein duquel il insère une explication de notre verset. Nous avons ainsi le privilège de bénéficier de son éclairage au moins sur ce passage de Kohelet. Il existe d'autres versets qu'il a expliqués incidemment ailleurs, et nous nous efforçons de les réunir au fil du texte.
Le Malbim explique : un homme qui s'applique à la sagesse par amour de la sagesse est appelé un amoureux de la sagesse, un chercheur de sagesse. Mais celui qui s'y applique dans un autre but - la richesse ou les honneurs - n'est pas qualifié d'amoureux de la sagesse, mais de chercheur de richesse ou de poursuivant d'honneurs, car c'est la finalité qui définit l'acte. Si quelqu'un s'assoit et étudie dans le seul but d'obtenir un diplôme de Dayane (juge rabbinique) et un salaire de magistrat, dans quel but investit-il tous ces efforts ? Il ressemble à un étudiant en droit dont l'unique objectif est de gagner de l'argent ; sans cela, il étudierait n'importe quelle matière sans débouché. Celui qui recherche la sagesse mais dont la fin est pécuniaire est appelé un chercheur de richesse, « puisque tels sont les aboutissements de son étude et le but ultime de son intention ».
Et si l'on venait à se demander : quelle importance cela a-t-il qu'on le nomme chercheur de sagesse ou chercheur de richesse et de gloire ? Après tout, il a médité la Torah, il s'est donné de la peine, il s'est appliqué à la sagesse et elle a pénétré en lui comme de l'eau ! Quelle différence y a-t-il entre un homme qui cherchait une perle qu'il avait perdue dans le sable et un autre qui cherchait de simples galets et a trouvé une perle ? Au bout du compte, qu'a-t-il trouvé ? Une perle. Alors pourquoi porter un regard si sévère sur cette démarche ?
À cela, le Malbim répond : prête l'oreille et écoute les paroles du philosophe, c'est-à-dire du penseur profond : « L'acquisition essentielle n'est pas affectée par l'accident, tandis que ce qui est accidentel subit l'effet de l'accident et de ce qui lui ressemble ». En termes simples : ce qui constitue une acquisition intrinsèque ne peut être altéré par aucun accident ou circonstance extérieure. En revanche, une acquisition accidentelle, venue de manière accessoire, reste vulnérable aux aléas extérieurs, qui peuvent l'endommager et agir sur elle.
Le Rav donne un exemple remarquable tiré de la réalité matérielle. Il y a le feu et il y a l'eau chaude. Quelle est la différence ? Le feu possède une chaleur intrinsèque, essentielle. L'eau, quant à elle, a une chaleur accidentelle, contingente, qu'elle a reçue du feu. Le feu ne reçoit sa chaleur de personne. Comme l'écrit le Malbim : sa chaleur essentielle ne saurait être refroidie par la froidure ni gelée par le givre et la neige ; bien au contraire, ils fondent et disparaissent à son contact. Quelqu'un pourrait-il jamais geler le feu ? Jamais. Tout au plus le feu fera-t-il fondre la glace et la neige. Mais pour l'eau chaude, la chaleur n'est qu'un accident, un élément surajouté : c'est pourquoi elle subit l'effet du froid, se refroidit et finit par geler. Si on la refroidit, elle gèle. Nul n'a jamais réussi à congeler le feu, mais l'eau, oui. Voilà la différence entre une chaleur essentielle et une chaleur accidentelle.
De même, explique le Rav, l'huile de myrrhe et l'huile de baume possèdent un parfum intrinsèque. Elles n'ont pas emprunté leur senteur à une source extérieure. C'est pourquoi elles ne se corrompent pas au contact de mouches mortes, ni d'aucune mauvaise odeur qu'on y introduirait ; bien au contraire, elles la transforment en une fragrance agréable et durable. On en veut pour preuve l'embaumement pratiqué dans l'Antiquité : on prenait un corps sans vie, qui par nature exhale une odeur fétide capable de gâter l'huile dont on l'oint, et l'on utilisait ces huiles au parfum naturel ; celles-ci prenaient le dessus sur l'odeur de la mort et lui conféraient une bonne senteur. En revanche, l'huile du parfumeur (« chemen rokea'h ») est une huile ordinaire dans laquelle on a fait macérer et cuire des aromates - le terme « mirka'hat » évoquant la cuisson. Son parfum n'est pas essentiel, il a été acquis de façon accidentelle. C'est précisément pour cela que le verset dit : « Les mouches mortes infectent et font fermenter l'huile du parfumeur ». Tout le pouvoir corrupteur des mouches ne s'exerce que sur l'huile du parfumeur, et non sur le baume ou la myrrhe dont le parfum est intrinsèque. Ce qui possède une essence propre ne peut être altéré ; ce qui n'a qu'un parfum d'emprunt, contingent, sera corrompu par les mouches mortes.
Tel est le machal, et voici le nimchal. Il en va de même pour l'acquisition de la sagesse : celui qui s'est approprié l'étude de la sagesse au point qu'elle fasse corps avec son être, sans viser un but extérieur, sans céder à l'orgueil et aux convoitises du siècle - sans chercher à obtenir des diplômes ou à amasser des richesses -, « son goût demeurera en lui et son parfum ne s'altérera point », quel que soit l'accident survenant. Cette saveur persistera toujours, car la sagesse est devenue sa nature même, à l'image du feu dont la chaleur est essentielle et de l'huile de baume dont le parfum est intrinsèque. Rien parmi la multitude d'épreuves et de vicissitudes qui se bousculent pour « faire reculer les sages et rendre vains les conseils des avisés » ne pourra avoir prise sur lui.
Mais celui dont l'acquisition de la sagesse n'est qu'accidentelle - motivée par la soif des honneurs et l'amour des richesses, qui furent les véritables moteurs de son entrée dans les maisons d'étude, cherchant au milieu des perles de la sagesse les tessons futiles de ce monde, n'ayant en vue que l'argent, la renommée, le prestige ou un diplôme -, cet homme-là, dès que fondront sur lui les épreuves tirant leurs flèches et le prenant pour cible, c'est-à-dire dès que surgiront les difficultés et les combats, s'emportera, chassera la sagesse de son domaine et renversera tout. Comme la sagesse n'était pour lui qu'un vêtement d'emprunt, dès l'apparition d'obstacles, il la jettera au loin. En revanche, celui pour qui la sagesse est une acquisition essentielle ne réagira jamais ainsi : au contraire, face aux obstacles, il triomphera, car une qualité essentielle ne saurait s'anéantir, à l'image du feu dont la chaleur est indissociable de sa nature.
Un jour, une question fut posée au sujet d'un certain établissement d'enseignement - dont on taira le nom - où, en lieu et place du cursus traditionnel d'une Yéchiva Kétana et contre l'avis des Guedolei Israël, on enseigne toutes sortes de matières profanes pour préparer le baccalauréat, tout en étudiant la Guémara à un niveau élevé. L'endroit passe en effet pour être d'un très bon niveau ; à la Yéchiva de Hévrone, arrivaient des élèves formés dans ces cadres qui affichaient de réelles compétences dans l'étude. Un père voulait y inscrire son fils, et une autre personne s'enquit de ce même institut à propos d'un chidoukh. La réponse qui leur fut donnée s'appuyait sur une longue fréquentation de ces milieux, tant à la yéchiva qu'au kollel par la suite : un constat particulièrement saisissant s'en dégage, et l'on comprend après coup qu'il illustre mot pour mot les propos du Malbim.
Il y avait au kollel un jeune homme brillant, doté d'un esprit aiguisé et d'une réelle finesse d'étude. De fait, sur le plan de l'assiduité et de la méthode, ces étudiants n'ont rien à envier à ceux des yéchivot classiques : méthode universitaire, exigences élevées, obtention de diplômes. Et puis un jour, en arrivant au kollel, sa place est vide. On s'enquiert de son absence, et l'on apprend qu'il est parti dans la haute technologie. La rapidité de cette rupture fut stupéfiante. Il avait appris un peu de programmation le soir, et les recruteurs se le sont arraché. Du jour au lendemain, d'avrekh assidu - non pas un simple figurant, mais quelqu'un qui étudiait avec sérieux -, il a tout quitté. Et ce n'est pas un cas isolé : on a pu constater avec quelle célérité s'opère une telle volte-face. En revanche, un jeune homme formé dans une Yéchiva Kétana, nourri des si'hot du Machguiya'h et exclusivement voué aux saintes études, offre un profil tout autre. Même s'il venait à faiblir, ce serait un fléchissement progressif, jamais une coupure nette et immédiate. Le piège de ces filières réside dans cette approche universitaire : on rédige des fiches de synthèse, on révise les textes, tout cela semble parfait, mais comme à l'université, dès qu'une opportunité mieux rémunérée ou un poste plus prestigieux se présente, on tourne la page. C'est un déchirement, mais c'est la réalité. Tout dépend d'une seule question : l'acquisition de la sagesse est-elle venue comme un accident extérieur, ou fait-elle corps avec son être ? Pour celui dont la sagesse n'est que contingente, que « surgissent les mille assauts décochant leurs flèches », et aussitôt « il s'emporte, bannit la sagesse de son domaine et renverse tout ». Dès lors qu'une voie plus rapide et plus facile s'offre pour faire fortune, il abandonne toute son étude.
On a ainsi vu un individu devenir député à la Knesset, puis en arriver à contester l'autorité de ses propres maîtres : balayant d'un revers de main le Rav Ovadia Yossef ou le Rav Mazuz. Il allait de tribune en tribune pour glaner des voix aux dépens de ses frères fidèles à la Torah et aux mitsvot, prétendant que ces derniers ne comprenaient pas la situation et que lui seul savait comment valider des conversions, même en l'absence de toute intention sincère de pratiquer les mitsvot. Il a rédigé une longue techouva, peu lui important que le Rav Ovadia Yossef ait jugé ses écrits sans valeur et totalement erronés, ordonnant même à son fils de combattre ces dérives - le Rav Yits'hak Yossef l'a rappelé lors de sa venue, soulignant que la volonté testamentaire de son père était de lutter sans concession contre l'introduction de non-Juifs dans le vignoble d'Israël sans désir sincère de conversion. Il avançait toutes sortes d'arguments tirés par les cheveux, bravant les Guedolei HaDor. Comment prétendre contredire le Rav Elyashiv, le Rav Ovadia Yossef, le Rav Nissim Karelitz, le Rav Mazuz et son propre maître ? Qu'aurait-il donc découvert dans la Torah qu'ils ignoraient ? C'est stupéfiant. Mais lorsqu'on étudie sur un mode purement académique, avec pour finalité le pouvoir et les honneurs, dès lors qu'un siège de député offre davantage de pouvoir et d'éclat, on brade tout : les maîtres, la Torah et les principes. Car là était le véritable but. Celui pour qui la sagesse n'est qu'accidentelle s'en défait avec la plus grande facilité. Mais pour celui dont la sagesse est devenue la substance même, son goût et son parfum ne s'altéreront devant aucune des innombrables épreuves dressées pour faire reculer les sages et rendre vains les desseins des clairvoyants.
Dès lors, explique le Malbim, nous comprenons le verset : de même que les mouches mortes gâtent et font fermenter l'huile du parfumeur - une huile mélangée et parfumée aux aromates, dont l'odeur n'est qu'accidentelle puisqu'elle ne l'a reçue que des épices, à la différence de l'huile de myrrhe dont le parfum est intrinsèque et ne subit pas l'atteinte des mouches -, ainsi s'éclaire la suite du verset. La formulation est en effet singulière : « yikar me'hokhma mikavod sikhlout me'at ». Le texte aurait dû dire « me'hokhma oumikavod » (« plus que la sagesse et que l'honneur ») ! Que signifie donc « me'hokhma mikavod » ? Le Malbim précise qu'il ne s'agit nullement d'une redondance : il s'agit d'une sagesse qui découle de l'honneur. Une sagesse acquise en vue de la gloriole, une sagesse dont la seule finalité et l'unique source furent la quête d'honneurs - une sagesse obtenue de manière accidentelle par amour du prestige, ce dernier étant la seule chose réellement chevillée au cœur. C'est à propos d'un tel savoir qu'il est dit : « yakar sikhlout me'at », un peu de folie pèse plus lourd dans la balance, et aussitôt cette pointe d'égarement fait que sa sagesse « s'envole comme un oiseau ». Tout son savoir se volatilise en un instant. Pourquoi ? Parce que c'était une sagesse issue de l'honneur (« 'hokhma mikavod »), et non une sagesse née de la recherche sincère de la vérité.
Selon cela, explique le Rav, on peut parfois affirmer à juste titre une chose surprenante. Voilà deux hommes qui se séparent : l'un se rend au marché pour faire du commerce, et l'autre se rend au beit hamidrash pour s'adonner à la sagesse. Or, nous pourrions affirmer que le premier est allé au marché pour s'adonner à la sagesse, et que le second est allé au beit hamidrash pour faire du commerce. N'est-ce pas inverser les rôles ? Mais le Rav explique : « Si l'on considère le but de leurs actes et l'intention ultime de leur démarche ». Si l'on examine véritablement la finalité pour laquelle ils se sont déplacés, on comprend que celui qui est allé au beit hamidrash est en réalité allé au marché, et celui qui est allé au marché est en réalité allé au beit hamidrash.
En effet, si le premier s'en va faire du commerce pour subvenir aux besoins de sa maison afin de pouvoir étudier la Torah - telle est toute sa visée. Hillel, lorsqu'il partait travailler pour gagner un demi-denier (tarpe'ik) - ira-t-on dire qu'il était un homme d'affaires sous prétexte qu'il allait au marché ? Il est évident pour nous tous que ce n'est pas ainsi qu'on le définit, bien qu'en apparence cela y ressemble. Il allait au marché, certes, mais il gagnait cette pièce pour pouvoir entrer au beit hamidrash. Le Rav dit alors : « Cette activité commerciale elle-même devient alors une occupation de Torah ». Au Ciel, on lui comptera ce temps passé dans le commerce comme de l'étude de la Torah, car toute sa visée était l'étude de la Torah. La Torah est ici l'acquisition véritable. « Car les moyens qui mènent au but d'une chose sont eux aussi comptés comme faisant partie de la chose à laquelle ils contribuent ».
Nous avons déjà expliqué par le passé pourquoi, dans le christianisme, on affirme que la fin justifie les moyens, alors que dans le judaïsme, à Dieu ne plaise, c'est exactement l'inverse, et cela s'exprime dans d'innombrables exemples. La fin ne justifie pas les moyens ; même si votre but est saint, les moyens doivent eux aussi être saints. Et si vous parvenez à un but saint par des moyens profanes ou impurs, vous manquez totalement la cible. Prenons quelqu'un qui veut ramener des gens à la techouva au moyen d'histoires inventées de toutes pièces - et certains en ont fait un véritable commerce : ils montent à la tribune et racontent un récit qui ne s'est jamais produit. Comme le dit Rabbi Eliyahou Robi : « Une histoire qui a failli arriver » - et parfois, elle n'a même pas failli, elle n'est même pas passée à proximité de la réalité ! Un jour, un orateur est monté faire un discours et a dit : Sachez qu'il m'arrivera peut-être de vous raconter des histoires inventées, ne vous en étonnez pas, car j'ai posé la question à un Rav et il m'a dit que pour rapprocher des Juifs, il est permis de raconter des faits imaginaires. Puis il a ajouté : Et ceci était la première histoire.
Une telle chose n'existe pas. La vérité se transmet par la vérité, on ne peut pas véhiculer la vérité par le mensonge. C'est pourquoi Hachem a en horreur le vol dans l'holocauste : si vous offrez un 'olah, il doit être au sommet de la sainteté et de la pureté, faute de quoi Hachem dit : « Qu'ai-je affaire de la multitude de vos sacrifices ? », Je n'en veux point. Celui qui accomplit la mitsva du loulav avec un loulav ou un etrog volé commet une transgression et non une mitsva, « le profiteur qui bénit outrage l'Éternel ». Dans la conception générale des nations, la fin est le seul objectif ; dans le judaïsme, les moyens font partie intégrante du but, et c'est ce que rappelle le Rav ici : « Car les moyens qui mènent au but d'une chose sont eux aussi comptés comme faisant partie de la chose à laquelle ils contribuent ».
Donnons un exemple : un homme a peiné pendant quatre heures sous une chaleur accablante, arpentant le marché jusqu'à trouver un etrog splendide et parfait, tandis qu'un autre a trouvé un etrog tout aussi magnifique en un instant. Tous deux ont accompli la mitsva - recevront-ils le même salaire ? Certainement pas. Car si nous ne regardions que le but, peut-être même le second recevrait-il une plus grande récompense, puisque son etrog est magnifique et obtenu sans peine. Mais on ne regarde pas seulement l'aboutissement : les moyens sont considérés comme une partie de la mitsva, et l'on reçoit une récompense pour l'effort au même titre que pour la mitsva. Il existe même des sources montrant que la préparation de la mitsva est plus précieuse et plus importante que la mitsva elle-même - nous en avons parlé longuement par le passé, et j'en donnerai un indice : l'allumage de la Ménorah est valide s'il est accompli par un non-cohen (zar), alors que la préparation des lampes (hatavat hanérot) ne peut être faite que par un cohen. La préparation de la mitsva est plus précieuse que la mitsva elle-même, à ce point ; la 'Hassidout en parle abondamment. Nous apprenons donc que le moyen n'est pas seulement un préparatif (hekhcher mitsva), mais une part intégrante de la mitsva elle-même. Dès lors, pour celui qui va commercer au marché avec pour visée d'étudier la Torah - ce commerce lui-même lui est compté comme de l'étude de la Torah.
Et le Rav ajoute une parabole : à l'image de celui qui foule la glaise et écrase la paille dans le bourbier - vous voyez un homme piétiner dans la boue et le mortier, et que fait-il ? Il prépare le mortier pour la construction. Allez-vous lui dire : « Tu patauges dans la boue » ? Non, monsieur, quelle est la finalité ? De cette glaise, il confectionne des briques, et avec ces briques, il bâtit une maison ; il est donc considéré comme travaillant à la construction. De même, celui qui vaque à ses affaires commerciales pour les besoins de son étude de la Torah - au moment même de son commerce, il est considéré comme s'adonnant à la Torah.
Et c'est le sens de cet enseignement : « L'étude de la Torah est belle associée à une activité professionnelle (derekh erets), car la peine consacrée aux deux fait oublier le péché ». Les commentateurs - les Tossafot Yéchanim dans Yoma 85 - remarquent qu'il y a là de quoi s'étonner. Rien n'est plus précieux que la Torah ! Soit dit en passant, il y a des expressions qu'il ne faut pas employer, comme « le Saint, béni soit-Il, et... » - le Saint, béni soit-Il, ne s'associe jamais à quoi que ce soit d'autre. La Torah est ce qu'il y a de plus sublime, « le Saint, béni soit-Il, la Torah et Israël ne font qu'un ». Comment donc peut-on dire « la Torah et une activité professionnelle, la peine consacrée aux deux » ? Associer la Torah au derekh erets, qui est une préoccupation matérielle et terrestre, et mentionner les deux dans le même souffle, ne revient-il pas à reléguer la Torah au second plan ?
Mais, répond le Rav d'après notre principe, l'enseignement vient nous apprendre ceci : même lorsque vous vous consacrez à un travail avec pour intention ultime de pouvoir vous adonner à la sagesse, pendant que vous vous occupez de derekh erets, cela est considéré comme de l'étude de la Torah, et cela vous préserve du péché tout comme lorsque vous étudiez la Torah proprement dite. Lorsque vous travaillez avec la Torah pour objectif, ce labeur acquiert la puissance de la Torah, et la Torah protège (agouni magana) l'homme dans son travail profane.
Nous avons déjà développé ce point en détail, et l'on pourra s'y référer dans les cours sur le Nefech Ha'haïm, où est expliqué le sens de « Conduis-les selon la coutume du monde (derekh erets) ». Que signifie « les » ? Conduis les paroles de Torah selon la voie du derekh erets - c'est-à-dire que lorsque vous vous occupez de n'importe quelle affaire du monde matériel, que tout soit imprégné de Torah.
Les gens connaissaient les Téhilim par cœur et, tout en travaillant, ils achevaient le livre des Téhilim - même de simples gens, en Irak, au Yémen, au Maroc. Ils marchaient en récitant constamment des Téhilim, révisant et répétant des Mishnayot. On rapporte sur le Steipler qu'il était habile de ses mains et savait réparer les objets ; il avait chez lui des chaises qu'il réparait périodiquement - en acheter de nouvelles ? Pas question ! Il prenait un marteau, des clous et de la colle, réparait, et on le voyait tout le long murmurer des Mishnayot. Il faut réparer la chaise - certes, mais « use d'une conduite de Dérekh Erets » : tout en étant occupé de paroles de Torah, accomplis ce qui t'est nécessaire pour les besoins matériels de ce monde.
C'est pourquoi nous avons expliqué par le passé que les grands maîtres ne choisissaient pas des métiers à la mesure de leur grandeur, mais des métiers simples : Rabbi Yohanan était cordonnier, Rabbi Yits'hak était forgeron, Hillel était portefaix. Et pourquoi choisissaient-ils des métiers aussi simples ? Chacun d'eux était pourtant un génie immense, et on aurait pu leur confier des professions impliquant des calculs complexes et des affaires exigeantes, des fonctions dont les rois s'enorgueillissent. Mais ils ne voulaient pas de métiers qui accaparent l'esprit. Tous les métiers qu'ils choisissaient étaient des travaux qui laissaient l'esprit libre : on enfonce des clous sans avoir besoin d'une intense réflexion, on peut méditer sur des paroles de Torah tout en enfonçant des clous - en veillant simplement à ne pas se taper sur les doigts. On peut être forgeron et méditer sur des paroles de Torah. En revanche, un métier qui requiert des calculs prend la tête : allait-il donner son esprit à cela, alors qu'il pouvait pendant ce temps s'adonner à l'étude de la Torah ?
Un seul verset, « Les mouches mortes font puer et fermenter l'huile du parfumeur ; un peu de folie pèse plus que la sagesse et que l'honneur », et il renferme tout un monde. Nous avons appris la méthode du texte qui commence par une règle générale avant d'entrer dans le détail ; nous avons appris d'Ibn Ezra et de Rachi qu'un peu de folie - une seule faute - pèse plus lourd et l'emporte sur une sagesse et un honneur entiers, et que la gravité du péché se mesure à l'élévation de celui qui le commet ; nous avons vu que le mauvais penchant est comme une mouche qui ne lâche jamais prise, qu'un seul pécheur détruit beaucoup de bien, et qu'une bonne réputation se bâtit en des années mais se détruit en un instant. Et le Malbim nous a apporté ce principe fondamental : une acquisition intrinsèque n'est pas altérée par un accident fortuit, alors que ce qui est accidentel - le moindre accident l'annule. Une sagesse acquise pour les honneurs ou l'argent est semblable à l'huile du parfumeur dont le parfum n'est qu'un apport extérieur, et une petite mouche suffit à la corrompre ; une sagesse acquise par amour de la sagesse est comme le feu dont la chaleur est intrinsèque ou comme l'huile de myrrhe dont le parfum est essentiel, et aucun accident ne peut l'éteindre. Et de là découle aussi la conclusion pratique : tout dépend de la finalité, les moyens font partie du but, et celui dont l'unique aspiration est la Torah - même le temps qu'il passe au marché ou au travail lui est compté comme de la Torah.