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3 Sivan

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La cent quatre-vingt-onzième "chambre" dans le palais du Hayom Yom.

Dimanche 3 Sivan, 47e jour du Omer, 5703.

Shiourim : Houmach, on commence une nouvelle paracha, Nasso, première section avec le commentaire de Rachi.

Tehillim, 3 du mois, du chapitre 18 au chapitre 22 inclus.

Tanya, ce jour on commence le chapitre 53 à partir du premier mot "Vehineh". L'étude se termine page 148 avec les mots "leyodei hen". Il y a dans l'étude quotidienne deux parties : une conduite à tenir et un enseignement.

En introduction à la conduite à tenir, précisons l'expression connue à propos des élèves de Rabbi Akiva, qui entre Pessa'h et Atseret - entre Pessa'h et la fête de Chavouot - vingt-quatre mille élèves sont morts au cours d'une seule période. De quelle période s'agit-il ? Le Choulhan Aroukh rapporte deux avis à ce sujet. De toute façon il s'agit de trente-trois jours, et la question est de savoir quels jours du compte du Omer ce sont. Il y a un avis que ce sont les 33 premiers jours, d'après Pessa'h jusqu'à Lag BaOmer; et il y a un avis que ce sont les 33 derniers jours, du 2 Iyar jusqu'à la veille de la fête de Chavouot.

Selon le deuxième avis, selon lequel le deuil se prolonge du 2 Iyar à la veille de la fête de Chavouot, il est écrit dans le Choulhan Aroukh qu'il y en a qui ont la coutume de se couper les cheveux dès les trois jours de restriction (yemei hagbalah), bien qu'on soit apparemment encore dans les trente-trois jours. Pourquoi ? Car selon cet avis, on ajoute aussi le 1er Iyar, et au premier des trois jours de restriction, le principe qu'"une partie du jour équivaut à tout le jour" complète le compte, et il en ressort que pendant les trois jours de restriction on peut déjà se couper les cheveux.

A ce sujet, l'enseignement quotidien dit dans le premier passage : "Lorsqu'on se coupait les cheveux pendant les jours de restriction avant la veille de la fête de Chavouot - l'esprit de mon saint père, mon maître [le Rebbe Rashab] n'en était pas satisfait". Ceux qui avaient la coutume de se couper les cheveux non pas à la veille de Chavouot même, mais l'avançaient de deux jours, dès le début des trois jours de restriction - l'esprit du Rebbe Rashab n'était pas satisfait de cette indulgence de se couper les cheveux dès les trois jours de restriction, mais il estimait que la coupe de cheveux ne pouvait avoir lieu qu'à la veille de la fête de Chavouot.

Et bien sûr, s'il arrive que la veille de la fête de Chavouot tombe un Chabbat - c'est-à-dire quand la fête de Chavouot tombe un dimanche - alors cette année-là on peut se couper les cheveux dès le vendredi précédent, en l'honneur de Chabbat, car on ne peut pas se couper les cheveux la veille de la fête elle-même parce que c'est Chabbat. Mais lors d'une année normale, quand la veille de la fête de Chavouot tombe un jour de semaine, c'est seulement la veille de la fête de Chavouot elle-même qu'on peut se couper les cheveux.

Et maintenant nous allons étudier l'enseignement quotidien, dont la suite est l'enseignement du 4 Sivan, de demain. Sa source est dans une lettre qu'a écrite le Rebbe Rayatz le 25 Iyar 5700, adressée aux élèves des yéchivot aux États-Unis et au Canada. Dans la lettre, qui est un peu longue, le Rebbe Rayatz écrit que chaque fête de l'année est appelée "Moed" - du point de vue du temps - car à chaque fête que nous atteignons, la même lumière divine qui a éclairé le monde la première fois, lorsque la chose s'est produite, éclaire le monde à nouveau au même moment exact, tout comme c'était la première fois. Et il en est ainsi pour toutes les fêtes.

Ensuite, le Rebbe Rayatz passe à l'explication du sujet particulier de la fête de Chavouot, et du rôle particulier des élèves par rapport à la fête de Chavouot dans l'étude de la Torah. Et dans la continuité de cela, il apporte le point intéressant, que la phrase complète, comme mentionné, apparaît pour moitié aujourd'hui et pour moitié demain. Nous allons examiner aujourd'hui la première partie de l'enseignement.

Lisons le texte : "Celui qui approfondit l'opinion des Tossafot (s.v. Torah) dans le traité Chabbat 89a" - celui qui approfondira l'opinion des Tossafot dans le traité Chabbat, page 89 folio a. Que disent là-bas les Tossafot ? Examinons les mots de la Guemara et des Tossafot, et nous pourrons alors comprendre ce que dit l'enseignement.

La Guemara dans le traité Chabbat page 89 décrit tout le sujet autour du don de la Torah - la discussion qu'il y a eue avec les anges et Moshé Rabbeinou avant le don de la Torah, et tout le processus. Par la suite, la Guemara dit que Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : Quand Moshé est descendu d'en haut, après avoir reçu la Torah, "le Satan est venu et a dit devant Lui : Maître de l'Univers, où est la Torah ?" - le Satan vient et demande : "Que s'est-il passé ? La Torah a disparu ? Où se trouve-t-elle ?". Et le Saint béni soit-Il lui répond qu'Il l'a donnée sur terre, et il est parti chercher la Torah.

Sur ces mots - "où est la Torah ?", que demande le Satan, où la Torah a-t-elle disparu - il y a un Tossafot court et intéressant. Le Tossafot demande : Comment le Satan peut-il demander où est la Torah ? Ne savait-il donc pas qu'il y a eu le don de la Torah ? Pourtant, le monde entier a vu et ressenti qu'il y avait quelque chose; et le Satan arrive après quarante jours, lorsque Moshé Rabbeinou descend en bas, et demande "où la Torah a-t-elle disparu ?" - ne sait-il donc pas qu'il y a eu quelque chose ici ?

Le Tossafot répond que le Saint béni soit-Il, au moment du don de la Torah, "a importuné" l'ange de la mort - Il l'a troublé et distrait afin qu'il ne fasse pas attention à ce qui se passait. Pourquoi ? Car le Satan pourrait accuser et dire : "Tu donnes la Torah à un peuple qui quarante jours plus tard va faire le veau d'or ?" - et le Satan est l'ange de la mort. C'est pourquoi le Saint béni soit-Il a décidé de donner la Torah de manière à ce que le Satan ne remarque pas qu'elle a été donnée, et c'est pourquoi, après quarante jours, il demande soudain "où la Torah a-t-elle disparu ?", car le grand événement lui avait été caché. C'est ce que dit le Tossafot.

A ce sujet, le Rebbe Rayatz dit dans l'enseignement : "Celui qui approfondit l'opinion des Tossafot (s.v. Torah) comprendra que la fête de Chavouot est un moment de volonté en Haut". Ce n'est pas seulement la première fois, lorsque la Torah a été donnée, que le Saint béni soit-Il a caché la chose au Satan et que le Satan a disparu ce jour-là; mais de là, celui qui approfondit "comprendra que la fête de Chavouot est un moment de volonté en Haut, et que l'Eternel, béni soit-Il, distrait l'accusateur du peuple d'Israël" car chaque année, quand arrive la fête de Chavouot, c'est un moment de volonté. Etant donné que les fêtes se répètent à chaque fois, l'Eternel béni soit-Il distrait l'accusateur du peuple d'Israël chaque année, et à la fête de Chavouot l'accusateur n'a pas la possibilité d'accuser. "A l'exemple de sa distraction au moment des sonneries de Roch Hachana" - exactement comme au moment des sonneries le Satan ne peut pas accuser, ainsi que le jour saint, le jeûne de Kippour; la fête de Chavouot a elle aussi cette même grande qualité.

Dans ce contexte, il y a une explication intéressante que le Rebbe Rashab a dite le Chabbat parachat Bamidbar 5655. Le Rebbe Rashab a demandé : il est écrit que de tous les jours de l'année, il y a un seul jour où le Satan n'accuse pas - le jour de Kippour; or, de là il ressort qu'il y a un autre jour pareil, la fête de Chavouot, alors pourquoi n'est-il pas inclus dans la liste des jours ? Et le Rebbe Rashab explique l'essence du sujet : à Yom Kippour, le Satan n'accuse pas à cause de la qualité du jour - un concept appelé "l'essence du jour" (itsoumo chel yom), la sainteté du jour - c'est le jour lui-même qui fait qu'il n'accuse pas. Mais à la fête de Chavouot, ce n'est pas à cause de la qualité du jour, mais à cause de la qualité de l'avodah du peuple d'Israël qui a reçu la Torah; c'est leur avodah qui fait qu'il n'y ait pas d'accusation. C'est pourquoi, lorsqu'on mentionne un jour dans l'année de par le jour lui-même, c'est Yom Kippour. En pratique, cela se produit aussi un autre jour, mais pas de par la qualité du jour, mais du fait qu'il y a ici des Juifs à qui on a donné la Torah et qui l'ont reçue - et c'est cela qui fait qu'il n'accusera pas.

Ajoutons ici un point intéressant dans la précision des termes. Apparemment, pour voir ce que disent les Tossafot que nous avons cités, il n'est pas nécessaire d'"approfondir", mais simplement de lire leurs paroles; car les Tossafot le disent en des mots très simples - que le Saint béni soit-Il a distrait l'ange de la mort pour qu'il n'accuse pas. S'il en est ainsi, pourquoi le Rebbe Rayatz emploie-t-il le terme "celui qui approfondit" ? Qu'y a-t-il à approfondir ? Il suffit de lire ce qui est écrit. Et de plus : il faut examiner ce que signifie "l'opinion des Tossafot" - l'expression "l'opinion des Tossafot" signifie qu'il y a quelqu'un qui pense autrement à ce sujet, et que c'est l'opinion des Tossafot; y a-t-il donc plusieurs opinions ici, et pourquoi faut-il approfondir précisément dans les Tossafot ?

Mais en fait, lorsqu'on approfondit, on voit que le Maharsha pose une question sur les Tossafot. Que demande-t-il ? Qu'un passage plus tôt dans la Guemara, il y a une longue description, selon laquelle Moshé Rabbeinou est monté en haut et les anges lui demandent ce qu'il fait là, et il répond qu'il est venu recevoir la Torah, et tout le dialogue autour de leur demande de la Torah. Et à la fin de la description, il est écrit que les anges ont donné des cadeaux à Moshé Rabbeinou, et non seulement cela, mais la Guemara conclut que même l'ange de la mort lui a remis un cadeau - le secret de l'encens (ketoret). Il s'avère donc que l'ange de la mort sait que Moshé Rabbeinou est présent et va recevoir la Torah, et il lui donne même des cadeaux; s'il en est ainsi, comment les Tossafot expliquent-ils, quelques lignes plus tard, que l'ange de la mort n'était pas du tout au courant, et demande naïvement "où est la Torah ?". C'est pourquoi le Maharsha rejette l'explication des Tossafot et dit qu'on ne peut pas expliquer le sujet de la manière dont les Tossafot l'ont expliqué.

La question du Maharsha est une excellente question. Si c'est ainsi, revenons aux Tossafot : comment les Tossafot disent-ils une telle chose, alors qu'il y a une Guemara explicite juste avant qui montre que ce n'est pas le cas ? Il faut approfondir l'opinion des Tossafot, examiner et comprendre, et trouver vraiment une réponse à la question du Maharsha, afin de comprendre quelle est son opinion. Et on peut peut-être dire que le Satan, au début, a été d'accord et a même donné un cadeau, mais par la suite il a changé d'avis et a décidé qu'il ne voulait pas, et s'est tenu prêt à déranger; et pour qu'il ne dérange pas, le Saint béni soit-Il l'a distrait. Il s'avère que les Tossafot suivent leur propre opinion, qu'il y avait effectivement besoin de distraire le Satan. Le fait qu'un jour avant, ou quelques minutes avant, il était d'accord, ne dit rien sur le moment d'après, où s'est réveillée en lui la volonté de déranger. Et il en ressort que l'opinion des Tossafot, lorsqu'on l'approfondit, est cohérente avec le fait que c'est un jour particulier, où le Saint béni soit-Il a distrait l'ange de la mort.