Le chapitre 18 s'ouvre par les mots « Et ce fut après cela », et le commentaire attribué à Rachi explique : après quoi ? Après que le roi David a demandé à bâtir une maison pour Hachem, et que le Saint, béni soit-Il, lui a répondu : ce n'est pas toi qui bâtiras une maison pour Mon Nom, mais ton fils. David s'est alors dit : si ce n'est pas moi qui construis - du moins organiserai-je les matériaux. Et c'est ce que David fit tout au long de sa vie : il veilla à ce que son fils Salomon dispose de tout le nécessaire pour ériger et édifier le Temple, afin que lorsque son fils viendrait à construire, tout soit déjà prêt. Le présent chapitre décrit la manière dont David rassembla ces matériaux - à travers ses guerres contre les ennemis, dont il consacra le butin à l'édification du Beth HaMikdach.
Nous avons déjà mentionné par le passé qu'il s'agissait là de l'un des griefs formulés contre David au sujet de « tu as versé beaucoup de sang » : nos Sages expliquent que, comme il avait amassé des sommes considérables pour la construction du Beth HaMikdach, lorsqu'une famine survint et qu'on vint lui demander de venir en aide au peuple en danger de mort (pikouah nefesh) - David leur répondit que ces biens étaient consacrés au Temple et qu'il ne pouvait en disposer, ce qui entraîna des pertes humaines. Quoi qu'il en soit, nous voyons que David s'efforça et peina toute sa vie pour garantir les moyens nécessaires à la construction du Beth HaMikdach, dans le droit fil de ce que nous avons vu plus haut : si je ne bâtis pas moi-même - du moins préparerai-je le terrain pour la construction.
Ce chapitre, indique le Malbim, est repris du chapitre 8 du livre de Samuel avec des ajouts et des variantes, et le Malbim s'attache tout au long du texte à en analyser les divergences.
וַיְהִי אַחֲרֵי כֵן וַיַּךְ דָּוִיד אֶת פְּלִשְׁתִּים וַיַּכְנִיעֵם וַיִּקַּח אֶת גַּת וּבְנֹתֶיהָ מִיַּד פְּלִשְׁתִּים׃ - Et ce fut après cela : David battit les Philistins et les soumit, et il prit Gath et ses dépendances de la main des Philistins.
Dans le livre de Samuel, il est écrit : « il prit Meteg HaAma », et ici Ezra nous révèle que c'est la ville de Gath qui est appelée Meteg HaAma. Qu'est-ce que « Meteg HaAma » ? Le Radak cite le Targoum Yonatan, « Tikoun Amata » : un canal d'eau (ama) y passait, et on avait aménagé cet aqueduc pour qu'il contourne l'extérieur et pénètre au cœur de la ville - une sorte d'aqueduc national miniature qui acheminait l'eau dans la cité, et c'est en référence à cela que la ville fut ainsi nommée. Le Radak note également que dans notre texte, le lieu est appelé « Gath et ses filles », c'est-à-dire que Gath et toutes ses localités environnantes étaient englobées sous l'appellation de Meteg HaAma. « Ses filles » (banoteha), selon la traduction araméenne « ses villages » : de même que dans le verset « Que les filles de Juda soient dans l'allégresse », il ne s'agit pas de filles au sens propre mais des villes satellites et des bourgs entourant les cités de Juda, de même ici pour Gath et ses dépendances.
Cependant, le Malbim fait également allusion à l'explication allégorique (Derach), rapportée dans la Baraïta de Rabbi Éliézer. Quand Avimelekh vint trouver Isaac et lui dit : « Nous avons bien vu que l'Éternel est avec toi », ils déclarèrent : nous savons que le Saint, béni soit-Il, te donnera, à toi et à ta descendance, toutes ces terres ; conclus donc avec nous une alliance et un serment garantissant que tes descendants n'hériteront pas du pays des Philistins. Ils voulaient s'assurer qu'on ne les expulserait pas de là. Que fit Isaac ? Il coupa une coudée (ama) du mors (meteg) de l'âne sur lequel il montait - le mors placé sur le cou de l'âne - et la leur remit, afin qu'elle serve entre leurs mains de gage d'alliance et de serment. Lorsque David voulut pénétrer en terre des Philistins, il ne le pouvait pas en raison de ce gage lié au serment d'Isaac, jusqu'à ce qu'il leur reprît cette marque d'alliance. Ils la conservaient précieusement, comme une pièce de musée : « Regardez ce mors, c'est notre police d'assurance ». Pour que David puisse les vaincre, il lui fallut leur retirer cette assurance, et c'est pourquoi il est dit : « Et David prit Meteg HaAma [le mors d'une coudée] de la main des Philistins » - et dès l'instant où ils ne l'eurent plus en main, il put conquérir leur pays.
וַיַּךְ אֶת מוֹאָב וַיִּהְיוּ מוֹאָב עֲבָדִים לְדָוִיד נֹשְׂאֵי מִנְחָה׃ - Il battit Moab, et les Moabites devinrent assujettis à David, lui payant un tribut.
Le Malbim fait remarquer : dans le livre de Samuel, le texte s'étend longuement sur la défaite infligée à Moab, alors qu'ici il se montre très concis - il battit Moab, et Moab devint serviteur de David, lui apportant le tribut.
וַיַּךְ דָּוִיד אֶת הֲדַדְעֶזֶר מֶלֶךְ צוֹבָה חֲמָתָה בְּלֶכְתּוֹ לְהַצִּיב יָדוֹ בִּנְהַר פְּרָת׃ - David battit Hadadézer, roi de Tsova, vers Hamat, lorsqu'il alla établir sa domination sur le fleuve de l'Euphrate.
David frappe Hadadézer (appelé ailleurs Hadarézer, ce qui revient au même) à Hamat, où eut lieu la bataille. Que signifie « établir sa domination [littéralement : dresser sa main] sur le fleuve de l'Euphrate » ? Le commentaire attribué à Rachi explique : il alla établir sa puissance et rétablir sa frontière sur l'Euphrate, c'est-à-dire mettre la main sur cet endroit pour le réintégrer à son territoire. On en trouve une illustration dans le verset : « Or Absalom avait pris et dressé pour lui de son vivant... et il l'appela Yad Avshalom » - « Yad » (la main) désigne ici la puissance et la frontière, signifiant : jusqu'ici s'étendent la force et le domaine d'Avshalom. Il rapporte également une autre explication au nom de Rabbi Yits'hak bar Chmouel de Narbonne : à l'intérieur du monument, il avait sculpté la forme d'une main, d'où l'appellation de « Yad Avshalom ».
Le Malbim met en lumière une nuance remarquable grâce à l'ajout du mot « vers Hamat » : le roi de Tsova était parti en campagne contre Hamat pour combattre Toou, roi de Hamat. C'est pourquoi Toou envoya des présents à David, car David lui était venu en aide en écrasant Hadadézer - Hadadézer était en guerre contre Toou, et David le vainquit, secourant ainsi Toou. C'est précisément ce qu'énonce le verset 10 : « car Hadadézer était continuellement en guerre contre Toou ».
Et pourquoi David est-il intervenu ? En quoi le différend entre Toou et Hadadézer le concernait-il ? La réponse réside ici, enseigne le Malbim : Hadadézer voulait s'emparer de Hamat, ce qui lui aurait conféré une assise et une puissance sur l'Euphrate, fleuve marquant l'une des frontières de la terre d'Israël - et cela, David ne pouvait le tolérer. Si l'on veut une analogie moderne, c'est comparable à l'implantation iranienne en Syrie, qui préoccupe l'État d'Israël et qu'il s'efforce de neutraliser : David était alarmé de voir Hadadézer s'enraciner sur sa frontière et devenir une menace imminente, c'est pourquoi il voulut l'en éloigner. Dans le livre de Chmouel (Samuel), il est écrit « pour rétablir sa domination [lehechiv yado] », car depuis Hamat, il se tournait vers l'Euphrate afin d'approcher de la terre d'Israël ; tandis qu'Ezra emploie l'expression « pour établir sa domination [lehatsiv yado] », afin d'y disposer d'un point d'ancrage solide où poser sa main - c'est-à-dire pour y établir une présence pérenne.
וַיִּלְכֹּד דָּוִיד מִמֶּנּוּ אֶלֶף רֶכֶב וְשִׁבְעַת אֲלָפִים פָּרָשִׁים וְעֶשְׂרִים אֶלֶף אִישׁ רַגְלִי וַיְעַקֵּר דָּוִיד אֶת כָּל הָרֶכֶב וַיּוֹתֵר מִמֶּנּוּ מֵאָה רָכֶב׃ - David lui prit mille chars, sept mille cavaliers et vingt mille hommes de pied ; David coupa les jarrets à tous les chevaux de trait et n'en conserva que pour cent chars.
Dans le livre de Chmouel, les nombres diffèrent : il y est mentionné « mille et sept cents cavaliers », tandis qu'il est question ici de sept mille. Le Radak concilie les textes en expliquant que dans Chmouel, l'Écriture ne compte que les grands officiers de l'armée d'Hadadézer, alors qu'ici, l'ensemble des cavaliers est dénombré ; de surcroît, le livre de Chmouel ne mentionne ni le nombre de chars ni celui des fantassins, alors que notre texte les précise. Le Malbim pousse l'explication plus loin : le terme « cavaliers » employé là-bas désigne en fait les chefs de cavalerie, chacun d'eux étant préposé à dix chevaux. Dès lors, tout s'accorde à merveille : le millier mentionné dans Chmouel correspond aux mille chars, et les sept cents sont les chefs de cavalerie commandant chacun dix montures - voilà qui donne précisément les sept mille mentionnés dans notre livre.
Que signifie « David coupa les jarrets à tous les attelages » ? Le commentaire attribué à Rachi précise : parce qu'il est ordonné dans la Torah « Qu'il ne se procure pas un grand nombre de chevaux », et comme il est dit dans Yehochoua : « Tu couperas les jarrets à leurs chevaux ». David ne garda donc pour lui que cent attelages, juste ce qui était nécessaire pour son char royal. Tout ce qui dépasse le strict besoin du déplacement constitue des montures superflues, conservées uniquement pour le prestige et la grandeur. De nos jours, cela ressemble à quelqu'un qui remplirait son garage de voitures de luxe : utilise ce dont tu as besoin pour rouler, mais n'achète pas des véhicules dans le seul but d'étaler ton rang. En ce temps-là, on acquérait des chevaux pour afficher sa puissance, et c'est ce que la Torah a proscrit en déclarant « Qu'il ne se procure pas un grand nombre de chevaux ». Quant au verbe couper les jarrets (la'akor), il signifie sectionner le nerf moteur principal (ha'ikar) des membres, rendant de fait l'animal inapte au service.
Une question s'impose : puisqu'il mutile l'animal au point de l'empêcher d'avancer, qu'en est-il de l'interdiction de faire souffrir les animaux (tsaar baalé 'haïm) ? Les Tossafot dans le traité Avoda Zara (page 11a, comme le cite le Divré Tova) traitent du fait que l'on coupait les jarrets du cheval personnel du roi après sa disparition afin que nul autre ne puisse le monter, et ils soulèvent la difficulté : « Si l'on demande pourquoi la Guémara ne soulève pas l'interdiction de faire souffrir les bêtes ? » Ils répondent : l'honneur d'un roi est particulier, car son honneur incarne celui de tout Israël, et l'honneur de la collectivité repousse la considération de la souffrance animale. La dignité royale se situe à un degré supérieur à la souffrance animale.
Cela met en lumière une réalité fondamentale : le judaïsme repose sur une hiérarchie de valeurs parfaitement structurée. Une part de l'égarement de notre époque vient du fait que ceux qui ne s'en remettent pas à la parole divine établie dans les Cieux sont dépourvus du « Anokhi » (« Je suis »), ce fil à plomb absolu descendu lors du don de la Torah au mont Sinaï. Ce fil à plomb fait office de niveau : vous voulez vérifier si une conduite est droite ou faussée ? Évaluez-la à l'aune de la Torah. Mais chez celui qui est étranger à la Torah, le seul fil à plomb reste son propre raisonnement, et cette logique humaine s'avère bien souvent bancale.
On en voit une démonstration frappante au sein de certains cercles qui agitent constamment l'étendard de la cause animale - allant jusqu'à chercher des justifications dans la Torah - et qui fondent des refuges et se dévouent au bien-être des bêtes, à l'instar de cette députée à la Knesset qui affichait dans son parcours être « nourrisseuse de chats de troisième génération ». Or, au moment de l'expulsion des habitants du Goush Katif (soit dit en passant, Ariel Sharon avait demandé une bénédiction au Rav Ovadia Yossef, et le Rav lui avait souhaité de prolonger ses jours - ce qui s'est accompli à la lettre : il s'est retrouvé cloué au lit sans jamais se relever, prolongeant de longues années dans un état végétatif), des familles entières se sont retrouvées sans toit, cherchant où poser leur tête et confinées dans des préfabriqués de fortune. C'est alors que des organisations bien-pensantes lancèrent une campagne : « Adoptez un chien ! » - car chaque famille possédait des chiens de garde indispensables dans ces zones dangereuses, et après leur départ forcé, les bêtes erraient sur place. Mais lancer un « Adoptez un expulsé » ? Jamais de la vie. Un représentant de la gauche avait même été jusqu'à suggérer aux terroristes arabes de cibler les implantations plutôt que Tel Aviv, estimant qu'ils nuisaient à leurs propres intérêts politiques - en dehors de fournir des coordonnées précises, il avait tout dit. Pour des chiens, on déborde de compassion et d'attendrissement, mais pour des êtres humains jetés à la rue sans abri, la réponse fut : « C'est leur faute, ils n'avaient qu'à pas aller s'installer là-bas ». Voilà jusqu'où s'égarent les repères éthiques lorsqu'un être humain forge par lui-même, selon son bon vouloir, ses propres critères de justice et de moralité.
Nous l'avons déjà mentionné : Heinrich Himmler, que son nom soit effacé, avait un chien qu'il appelait « Mensch » (être humain), et il l'incitait contre les détenus des camps - « lui est un homme ». Et le Maguid de Kelm, lorsqu'il vit une femme allemande embrasser un chien, déclara au séminaire rabbinique de Berlin qu'en cet endroit, on égorgerait un jour des hommes comme des veaux. On lui dit : le Rav exagère, le Rav vient d'Europe de l'Est, le Rav ne connaît pas Berlin - ici règnent la politesse, les bonnes manières et le savoir-vivre. Il leur répondit : je ne connais pas Berlin, mais je connais un verset - « Ceux qui sacrifient des hommes embrassent des veaux ». Celui qui est capable d'embrasser un veau sera capable d'égorger des hommes comme des veaux sans le moindre remords. Et peu d'années passèrent avant que ces paroles ne s'accomplissent.
La conclusion est claire : on ne doit apprendre la morale que de la Torah. Celui qui vous a créés, qui a créé les animaux et l'univers tout entier, est le seul à pouvoir déterminer ce qui convient d'être fait et ce qui ne l'est pas, qui doit mourir et qui doit vivre, contre qui agir et envers qui faire le bien. Et si le Saint, béni soit-Il, a prescrit ici de couper les jarrets des bêtes pour l'honneur royal, cela prouve que le respect de la royauté prime sur l'interdiction de faire souffrir les animaux (tza'ar ba'alei 'haïm). C'est précisément l'allusion contenue dans les termes du verset : « Et David coupa les jarrets de tous les attelages » - pourquoi répéter « David », alors qu'il a déjà été dit : « David lui prit » ? C'est pour enseigner qu'il y avait là un honneur lié à son statut de roi David : tous voient que le roi accomplit l'ordre divin « qu'il n'ait pas un grand nombre de chevaux », et cet honneur royal l'emporte sur la souffrance animale. En revanche, un homme ordinaire qui n'est pas roi, et pour qui l'honneur de la royauté n'entre pas en ligne de compte, n'aurait pas le droit d'agir ainsi.
Les Tossafot écrivent en outre qu'il n'y a pas non plus ici de transgression de l'interdit de destruction injustifiée (bal tach'hit), car par égard pour la dignité du roi, on ne craint pas le bal tach'hit. C'est ainsi que l'on confectionne pour un roi des linceuls d'une valeur de cent mané - et pour quelle raison ? On les dépose pourtant dans la tombe, et cent mané représentent une somme colossale ; mais l'honneur de la royauté l'autorise. C'est à partir de ce principe que l'on a également débattu de la coutume de jeter dans le brasier, sur la tombe de Rabbi Chimon bar Yo'haï, des étoffes de soie très précieuses (des vêtements coûteux) : certains y voyaient un problème de bal tach'hit, tandis que ceux qui l'ont permis ont expliqué qu'il s'agit d'une forme d'honneur royal, puisque cela est fait en l'honneur du Tsadik.
וַיָּבֹא אֲרַם דַּרְמֶשֶׂק לַעְזוֹר לַהֲדַדְעֶזֶר מֶלֶךְ צוֹבָה וַיַּךְ דָּוִיד בַּאֲרָם עֶשְׂרִים וּשְׁנַיִם אֶלֶף אִישׁ׃ - Les Syriens de Darmésseq vinrent au secours de Hadadézer, roi de Tsova, et David battit parmi les Syriens vingt-deux mille hommes.
Dans le deuxième livre de Samuel, il est écrit « Damas » (Dammésseq), et ici « Darmésseq ». Ne t'en étonne point, explique le commentaire attribué à Rachi, car le texte biblique a parfois pour habitude d'ajouter la lettre Rech. On en trouve un exemple avec Chévet et Charvit (bâton et sceptre) - pour « [mon père] vous a châtiés avec des fouets », le Targoum traduit « charvitine ». Ainsi, Dammésseq et Darmésseq désignent exactement le même lieu.
וַיָּשֶׂם דָּוִיד בַּאֲרַם דַּרְמֶשֶׂק וַיְהִי אֲרָם לְדָוִיד עֲבָדִים נֹשְׂאֵי מִנְחָה וַיּוֹשַׁע ה' לְדָוִיד בְּכֹל אֲשֶׁר הָלָךְ׃ - David mit [des garnisons] dans la Syrie de Darmésseq, et les Syriens devinrent assujettis à David, payant tribut ; et l'Éternel sauvait David partout où il allait.
Le commentaire attribué à Rachi explique « et il mit » par « il mit des garnisons (ou gouverneurs) », car dans Samuel, il est dit explicitement : « David mit des garnisons dans la Syrie de Damas », c'est-à-dire des officiers et des gouverneurs mandatés par David après la conquête de l'endroit. Mais le Malbim explique que ce n'est pas sans raison qu'Ezra a omis le mot « garnisons » : en effet, nous verrons au chapitre 19 qu'Aram reprit les armes contre Israël ; David avait donc l'intention d'installer des gouverneurs mais n'a finalement pas pu le faire durablement. C'est pourquoi le texte dit ici simplement « David mit en Aram Darmésseq », sans précision - il avait le projet d'y placer des garnisons, mais Ezra ne les mentionne pas car ils revinrent finalement nous combattre et ce plan n'aboutit pas. Samuel évoque l'intention initiale, tandis qu'Ezra - écrivant bien après les événements - peut rapporter le résultat final et pas seulement les projets.
וַיִּקַּח דָּוִיד אֵת שִׁלְטֵי הַזָּהָב אֲשֶׁר הָיוּ עַל עַבְדֵי הֲדַדְעָזֶר וַיְבִיאֵם יְרוּשָׁלָ͏ִם׃ - David prit les boucliers d'or que portaient les serviteurs de Hadadézer et les apporta à Jérusalem.
Les « chelatim » d'or sont les boucliers d'or, comme il est écrit dans Jérémie 51 : « Aiguisez les flèches, remplissez les boucliers » - les chelatim sont les boucliers, et « habérou » vient de la racine qui signifie pur et net, c'est-à-dire nettoyez ou aiguisez les flèches et garnissez les boucliers.
וּמִטִּבְחַת וּמִכּוּן עָרֵי הֲדַדְעֶזֶר לָקַח דָּוִיד נְחֹשֶׁת רַבָּה מְאֹד בָּהּ עָשָׂה שְׁלֹמֹה אֶת יָם הַנְּחֹשֶׁת וְאֶת הָעַמּוּדִים וְאֵת כְּלֵי הַנְּחֹשֶׁת׃ - De Tiv'hat et de Koun, villes de Hadadézer, David prit une très grande quantité de cuivre ; c'est avec lui que Salomon fit la mer de cuivre, les colonnes et les ustensiles de cuivre.
Dans le livre de Samuel, il est écrit : « De Béta'h et de Bérotaï, villes de Hadadézer », alors que chez nous il est dit : « De Tiv'hat et de Koun ». Le Radak explique que ces villes portaient deux noms : Tiv'hat et Béta'h forment une anagramme du même nom, et Bérotaï est la ville appelée Koun. Tout comme on peut désigner un même endroit par le nom d'Angleterre ou de Grande-Bretagne. Le Malbim propose une explication plus simple, fidèle à sa démarche tout au long du livre : Ezra désigne les lieux selon leurs appellations à son époque. Du temps de Samuel, elles s'appelaient Béta'h et Bérotaï, puis leurs noms ont changé, et Ezra emploie les noms connus des gens de sa génération, car il n'allait pas mentionner des villes sous des noms qu'ils ne reconnaîtraient pas.
Nous trouvons ici un nouvel exemple du lien unissant ce chapitre au précédent : c'est avec cette grande quantité de cuivre que Salomon fabriqua la mer de cuivre - un bassin aux dimensions gigantesques - ainsi que les colonnes et les ustensiles de cuivre, qui exigeaient eux aussi une quantité phénoménale de métal. David avait tout rapporté des villes de Hadadézer, fournissant ainsi à Salomon les matériaux nécessaires à la construction. Dans le livre de Samuel, ce détail n'est pas mentionné ; le texte s'y contente d'une formule générale : « et d'Amalek, et du butin de Hadadézer, roi de Tsova », tandis qu'Ezra vient ici préciser et détailler.
וַיִּשְׁמַע תֹּעוּ מֶלֶךְ חֲמָת כִּי הִכָּה דָוִיד אֶת כָּל חֵיל הֲדַדְעֶזֶר מֶלֶךְ צוֹבָה׃ - To'ou, roi de 'Hamat, apprit que David avait défait toute l'armée de Hadadézer, roi de Tsova.
וַיִּשְׁלַח אֶת הֲדוֹרָם בְּנוֹ אֶל הַמֶּלֶךְ דָּוִיד לִשְׁאָל לוֹ לְשָׁלוֹם וּלְבָרְכוֹ עַל אֲשֶׁר נִלְחַם בַּהֲדַדְעֶזֶר וַיַּכֵּהוּ כִּי אִישׁ מִלְחֲמוֹת תֹּעוּ הָיָה הֲדַדְעָזֶר וְכֹל כְּלֵי זָהָב וָכֶסֶף וּנְחֹשֶׁת׃ - Il envoya Hadoram, son fils, auprès du roi David pour le saluer et le féliciter d'avoir combattu et battu Hadadézer, car Hadadézer était continuellement en guerre contre To'ou ; et il lui envoya toutes sortes d'ustensiles d'or, d'argent et de cuivre.
Nous avons déjà expliqué pourquoi David avait agi ainsi : il redoutait que Hadadézer n'établisse son emprise près de l'Euphrate et ne devienne une menace pour lui. Or, To'ou étant lui-même en guerre contre Hadadézer, lorsqu'il apprend que David l'a vaincu, la nouvelle est providentielle : David a fait le travail à sa place. To'ou envoie donc son fils Hadoram prendre des nouvelles de David et le bénir, lui faisant remettre en présent des objets d'or, d'argent et de cuivre pour avoir combattu Hadadézer et l'avoir délivré de sa menace.
גַּם אֹתָם הִקְדִּישׁ הַמֶּלֶךְ דָּוִיד לַה' עִם הַכֶּסֶף וְהַזָּהָב אֲשֶׁר נָשָׂא מִכָּל הַגּוֹיִם מֵאֱדוֹם וּמִמּוֹאָב וּמִבְּנֵי עַמּוֹן וּמִפְּלִשְׁתִּים וּמֵעֲמָלֵק׃ - Le roi David les consacra également à Hachem, avec l'argent et l'or qu'il avait prélevés sur toutes les nations : d'Edom, de Moab, des enfants d'Amon, des Philistins et d'Amalek.
Comme nous l'avons souligné, le texte nous montre comment David prépare le terrain pour la construction du Beth Hamikdach : il consacra les objets précieux en or, en argent et en cuivre offerts par To'ou, tout comme l'argent et l'or remportés sur l'ensemble des nations lors de ses victoires - Edom, Moab, les enfants d'Amon, les Philistins et Amalek. David dédia l'ensemble de ces richesses à l'édification du Sanctuaire.
וְאַבְשַׁי בֶּן צְרוּיָה הִכָּה אֶת אֱדוֹם בְּגֵיא הַמֶּלַח שְׁמוֹנָה עָשָׂר אָלֶף׃ - Et Avichaï, fils de Tsérouya, frappa dix-huit mille hommes d'Edom dans la vallée du Sel.
Pourquoi est-il appelé ici « Avshaï » et non « Avishaï » ? Nous l'aborderons plus loin. Mais ce qui retient ici l'attention des commentateurs, ce sont les difficultés textuelles : dans les Téhilim, il est mentionné que ce n'est pas Avishaï qui les a frappés, mais Yoav ; ici, il s'agit de dix-huit mille hommes, alors que dans les Téhilim, il est question de douze mille (et dans Samuel, dix-huit mille comme chez nous) ; enfin, dans ces deux livres, il est dit « Édom », tandis que dans Samuel figure « Aram ». Quelle est donc la conciliation exacte ?
La première explication est rapportée au nom du Radak : la guerre contre Édom s'est déroulée pendant la guerre d'Aram, comme il est écrit dans les Téhilim « lorsqu'il lutta contre Aram Naharayim et Aram Tsova », et le total des ennemis tombés d'Aram et d'Édom s'élevait à dix-huit mille. Quant au décompte : Avishaï a engagé le combat et en a abattu six mille, puis Yoav est arrivé pour achever la bataille et en a frappé douze mille de plus - ce qui fait dix-huit mille. C'est pourquoi il est écrit dans les Téhilim « et Yoav revint », car il est intervenu après Avishaï qui avait ouvert les hostilités. Et pourquoi attribue-t-on ici à Avishaï le compte total des dix-huit mille ? Le Radak explique que l'ensemble de la campagne est portée à son actif parce qu'il l'a commencée, et celui qui initie une guerre voit toute la victoire lui être attribuée. Enfin, dans le livre de Samuel, il est mentionné que la victoire fut remportée par David, car David HaMélekh était le commandant suprême, supervisant toutes les armées et représentant l'autorité essentielle.
Le Malbim nous renvoie à son commentaire sur le livre de Samuel, où il présente deux explications. Habituellement, nous ne répétons pas ici ce qu'il a déjà expliqué là-bas, sinon il faudrait réétudier tout le livre de Samuel, alors que notre propos porte principalement sur les divergences textuelles. Mentionnons toutefois sa seconde explication : il cite la parole de nos Sages, rapportée également ici par le Metsoudat David, selon laquelle Édom fut frappé à deux reprises - une première fois à hauteur de douze mille hommes, et une seconde fois à hauteur de dix-huit mille. C'est ainsi que le Midrash Tanhouma résout la difficulté : David les soumit d'abord et y plaça des gouverneurs, puis ils se révoltèrent ; il revint alors les soumettre à nouveau, et c'est là qu'il est dit « et il plaça des garnisons dans tout Édom ».
וַיָּשֶׂם בֶּאֱדוֹם נְצִיבִים וַיִּהְיוּ כָל אֱדוֹם עֲבָדִים לְדָוִיד וַיּוֹשַׁע ה' אֶת דָּוִיד בְּכֹל אֲשֶׁר הָלָךְ׃ - Il plaça des garnisons en Édom, et tout Édom fut asservi à David ; et Hachem sauvait David partout où il allait.
« Des garnisons » (netsivim) - le commentaire attribué à Rachi explique : des gouverneurs militaires. David ne voulut pas établir de roi sur eux, car un roi confère une marque d'importance. Un gouverneur (netsiv) est comparable à un commandant militaire préposé à une région occupée, une nomination décidée par des généraux et non par un roi, car la royauté supposerait l'existence d'un royaume de premier rang.
Sur l'expression « et Hachem sauvait David », le Malbim explique, en se référant également au verset 6, que David avait alors conquis Aram Naharayim - c'est-à-dire la Syrie - et que cette conquête n'était pas conforme à la Torah. En effet, il est écrit : « Tout lieu où foulera la plante de votre pied sera à vous », et tout territoire qu'un roi d'Israël conquiert prend le statut de Terre d'Israël, mais à la condition expresse qu'il ait d'abord achevé la conquête intégrale d'Erets Israël, sans s'engager dans la prise de territoires extérieurs tant que la terre n'est pas entièrement conquise. C'est pourquoi la conquête d'Aram Naharayim s'est faite en dehors des règles de la Torah, comme l'enseigne le Sifré à la fin de la Parashat Ékev, et elle est qualifiée de « conquête individuelle » (kiboush ya'hid). Malgré cela, le verset nous révèle : « et Hachem sauvait David » - le Saint, béni soit-Il, lui accorda Son assistance, même dans cette entreprise non conforme à la Halakha.
De plus, ce que le texte nous rapporte sur la conquête d'Édom contient une allusion à l'avenir : il avait été énoncé dans la promesse originelle que le Kénite, le Kénizite et le Kadmonite nous appartiendraient, or ils ne les avaient pas conquis, et le Roi Machia'h est appelé à les soumettre à l'avenir - ceux-ci correspondant à Édom, Ammon et Moav. Le Saint, béni soit-Il, donna donc à David un aperçu des temps futurs en lui accordant la délivrance dans ces conquêtes.
וַיִּמְלֹךְ דָּוִיד עַל כָּל יִשְׂרָאֵל וַיְהִי עֹשֶׂה מִשְׁפָּט וּצְדָקָה לְכָל עַמּוֹ׃ - David régna sur tout Israël, et il exerçait la justice et la charité envers tout son peuple.
Le commentaire attribué à Rachi explique : David s'abstint alors de livrer de nouvelles batailles et de partir en guerre ; il siégeait constamment pour juger Israël avec équité. Autrement dit, « et il exerçait la justice » intervient après qu'il eut achevé ses guerres.
La Guémara dans Sanhédrin soulève la contradiction apparente : là où règne la justice stricte (mishpat), il n'y a pas de charité (tsedaka), et là où s'exerce la charité, il n'y a pas de justice ! La tsedaka consiste à faire preuve de bonté, tandis que le mishpat consiste à accorder ce qui revient de droit selon la loi, sans faveur. Lorsqu'un homme se présente devant le tribunal rabbinique, il réclame : « Rendez le jugement selon mon droit, je ne demande pas une aumône ! » L'expression « justice et charité » semble donc être une contradiction dans les termes (tartéi desatri).
La Guémara répond : quel est le jugement qui comporte de la bienfaisance (tsédaka) ? C'est le compromis - la conciliation. Et la valeur du compromis est immense : avant d'entamer le procès, le juge doit s'efforcer de trouver un compromis, d'aboutir à un terrain d'entente auquel les deux parties souscriront. C'est cela, un jugement assorti de bienfaisance.
Et la Guémara apporte une autre explication : il a jugé selon le droit strict, acquitté celui qui était innocent et condamné le coupable ; constatant ensuite que le débiteur condamné était un pauvre sans ressources, il a payé pour lui de ses propres deniers - voilà la justice et la bienfaisance : la justice pour l'un, la bienfaisance pour l'autre. En d'autres termes, un pauvre et un riche se sont présentés à son tribunal, et le pauvre a été reconnu redevable ; David avait le cœur serré de savoir que le pauvre n'avait pas de quoi payer. Allait-il pour autant faire dévier le jugement ? À Dieu ne plaise ! La Torah stipule explicitement qu'il est interdit de fausser le droit pour faire preuve de compassion envers l'indigent : la justice doit rester la justice. Simplement, David donnait ensuite discrètement, de sa propre bourse, à ce pauvre homme, afin qu'il ait de quoi rembourser le riche.
À ce propos, le saint Chlah, ainsi que le Midrach Chmouel, rapportent que David a prié (Psaumes 119) : « J'ai pratiqué le droit et la justice, ne m'abandonne pas à mes oppresseurs ! ». Quel est le rapport ? C'est qu'une telle conduite ouvre la porte aux charlatans et aux imposteurs : deux complices pourraient venir et monter une machination - l'un se ferait passer pour un homme riche et l'autre s'habillerait en pauvre misérable ; le premier le poursuivrait en justice, David condamnerait le second, celui-ci pleurerait en disant qu'il n'a rien pour payer, David sortirait l'argent de sa poche pour le lui donner, et ils se partageraient le butin ! C'est pourquoi David a prié : Maître du monde, j'ai agi avec droiture et justice, « ne m'abandonne pas à mes oppresseurs », ne permets pas à des gens malintentionnés de m'escroquer et de tramer des complots contre moi.
Rabbi soulève une objection contre cette explication : le texte dit « pour tout son peuple », alors qu'il aurait dû dire « pour les pauvres » ! Car au riche, il n'a rien donné, il s'est contenté de lui rendre justice, tandis qu'au pauvre, il a fait la charité sur ses propres deniers ; ce n'est donc pas « tout son peuple ». C'est pourquoi Rabbi déclare : même s'il n'a pas payé de sa poche, c'est cela la justice et la bienfaisance - la justice pour celui à qui l'on a restitué son bien, et la bienfaisance pour celui à qui l'on a retiré un bien dérobé. Où est la bienfaisance ? Dans le fait de t'avoir sauvé du péché de vol, voilà une véritable bienfaisance ! Mais apparemment, même ici, ce n'est pas encore « tout son peuple », seulement une partie, car le jugement concerne celui qui a obtenu gain de cause et la bienfaisance concerne celui qui a été condamné. Cependant, on peut expliquer qu'ici, cela s'applique véritablement à tout le peuple, car un individu peut être tantôt le débiteur condamné, tantôt le créancier qui l'emporte ; alors que pour les riches et les pauvres, en règle générale, le pauvre reste pauvre et le riche reste riche, même s'il existe des retournements de situation dans des cas exceptionnels.
וְיוֹאָב בֶּן צְרוּיָה עַל הַצָּבָא וִיהוֹשָׁפָט בֶּן אֲחִילוּד מַזְכִּיר׃ - Yoav, fils de Tsérouya, commandait l'armée, et Yéhochafate, fils d'A'hiloud, était mémorialiste.
Le commentaire attribué à Rachi explique : étant donné que David avait cessé de partir en campagne avec l'armée - comme nous l'avons vu lorsqu'il s'était trouvé en péril face aux descendants des géants et qu'on lui avait demandé de ne pas éteindre le flambeau d'Israël -, et qu'il siégeait pour rendre la justice et pratiquer la bienfaisance, qui allait mener ses guerres ? C'est pourquoi il préposa Yoav, fils de Tsérouya, à la tête de l'armée. Cela s'inscrit dans la continuité directe de « rendant la justice et l'équité » : David se consacrait au droit et à la bienfaisance, et confiait l'armée à Yoav. « Mémorialiste » (mazkir) : il rappelait au roi quelles causes s'étaient présentées à lui en premier, à la manière de la présentation du livre des chroniques.
וְצָדוֹק בֶּן אֲחִיטוּב וַאֲבִימֶלֶךְ בֶּן אֶבְיָתָר כֹּהֲנִים וְשַׁוְשָׁא סוֹפֵר׃ - Tsadok, fils d'A'hitouv, et Avimélekh, fils d'Evyatar, étaient cohanim, et Chavcha était scribe.
Le Malbim explique : dans le livre de Samuel, il est écrit « A'himélekh, fils d'Evyatar », car son père Evyatar était le Cohen Gadol, et Tsadok ainsi qu'A'himélekh étaient des cohanim sous son autorité. Quant au scribe, il est écrit dans Samuel « et Chéraya était scribe », puis plus loin « et Cheva était scribe » ; il apparaît donc qu'à un certain moment Chéraya est décédé et que Cheva lui a succédé comme scribe, et c'est lui qui est nommé ici Chavcha.
וּבְנָיָהוּ בֶּן יְהוֹיָדָע עַל הַכְּרֵתִי וְהַפְּלֵתִי וּבְנֵי דָוִיד הָרִאשֹׁנִים לְיַד הַמֶּלֶךְ׃ - Et Benayahou, fils de Yéhoyada, commandait les Kéréthiens et les Péléthiens, et les fils de David étaient les premiers aux côtés du roi.
De nombreuses explications ont été avancées pour identifier les Kéréthiens et les Péléthiens. Le commentaire attribué à Rachi explique qu'il s'agissait de nations, comme il est écrit : « Malheur à la nation des Kéréthiens ! », et parmi ces nations se trouvaient des guerriers d'élite au service de David - une sorte de mercenaires qu'il avait engagés -, et Benayahou, fils de Yéhoyada, était placé à leur tête, comme il est dit : « Tous ses serviteurs défilaient à ses côtés, ainsi que tous les Kéréthiens, tous les Péléthiens et tous les Gitiens » : tout comme les Gitiens sont un peuple originaire de Gat, de même les Kéréthiens et les Péléthiens sont des peuples habitant la Crète ou ses environs. L'interprétation la plus connue chez nos Sages (Hazal) est que le Kéréti et le Péléti désignent les Ourim véToumim, car leurs sentences tranchaient (koretim) et accomplissaient des merveilles (mafli'im) par leurs paroles. D'autres expliquent, tout comme le Targoum et d'autres commentateurs, que les Kéréthiens et les Péléthiens étaient les archers et les frondeurs.
« Et les fils de David étaient les premiers aux côtés du roi » - le commentaire attribué à Rachi explique : cela signifie que les fils de David étaient toujours les premiers auprès du roi pour pourvoir à tous ses besoins. Il ne faut pas y voir une distinction entre ses premiers fils et ses derniers, comme si les aînés étaient auprès du roi et pas les cadets ; mais bien « et les fils de David » - virgule -, « les premiers aux côtés du roi », c'est-à-dire qu'ils étaient les premiers à servir le roi. Bien qu'en apparence la cantilation ne semble pas aller dans ce sens, puisqu'elle lie « Et les fils de David, les premiers - aux côtés du roi ».
Le chapitre 18 est le chapitre de la préparation à la construction du Temple : après qu'il a été signifié à David que ce n'était pas lui qui bâtirait, il a pris sur lui d'en réunir les matériaux, et ses guerres comme leurs butins furent tous consacrés à Hachem - à tel point qu'avec le cuivre pris dans les villes de Hadadézer, Salomon fabriqua la mer de cuivre, les colonnes et les ustensiles de cuivre. Tout au long du chapitre, nous avons pu observer la méthode d'Ezra, telle que l'explique le Malbim : désigner les lieux sous les noms familiers à son époque, ajouter des précisions qui éclairent les motifs des guerres (« 'Hamat » - indiquant que Hadadézer venait imposer son emprise à la frontière de la terre d'Israël) et omettre les faits qui n'avaient pas perduré (les garnisons en Aram). Nous avons également appris la hiérarchie établie par la Torah - où la dignité royale l'emporte sur la souffrance animale (Tsa'ar Ba'alé 'Haïm) et sur l'interdiction de détruire inutilement (Bal Tach'hit) - ainsi que la grandeur de David qui, une fois ses guerres achevées, siégeait pour rendre justice et équité à tout son peuple : le droit pour l'un et la charité pour l'autre.