Chapitre 11 - 3e partie : Suite du dénombrement des vaillants guerriers de David
Nous poursuivons le dénombrement des vaillants guerriers de David, qui s'étend jusqu'à la fin du chapitre. Jusqu'à présent, nous avons traité des trois guerriers du premier rang, et à partir d'ici, le texte énumère ceux du deuxième rang - Avshaï et Benaya - suivis des vaillants soldats et de la longue liste de noms qui clôt le chapitre.
Avshaï, frère de Yoav - Chef des trois
וְאַבְשַׁי אֲחִי יוֹאָב הוּא הָיָה רֹאשׁ הַשְּׁלוֹשָׁה, וְהוּא עוֹרֵר אֶת חֲנִיתוֹ עַל שְׁלֹשׁ מֵאוֹת חָלָל, וְלוֹ שֵׁם בַּשְּׁלוֹשָׁה׃ (כ) - Et Avshaï, frère de Yoav, était le chef des trois ; il brandit sa lance contre trois cents morts, et il eut un nom parmi les trois. (20)
« Avshaï » n'est autre que le fameux Avichaï que nous connaissons ; certains noms subissent des variations de lettres selon les passages du Tanakh. « Et il était le chef des trois » : le commentaire attribué à Rachi explique qu'il s'agit de ces trois hommes qui ont fendu le camp des Philistins pour puiser de l'eau, et qu'il était leur chef.
Le commentaire attribué à Rachi s'interroge : qu'en est-il de Yoav ? Pourquoi n'est-il pas compté parmi les vaillants guerriers ? Il répond qu'on ne l'a pas énuméré avec eux parce qu'il ne siérait pas à son rang de figurer parmi eux, étant le général en chef de l'armée et le chef de tous. Lorsqu'un homme est le commandant suprême, on ne le compte pas comme un simple soldat, car cela diminuerait son rang. C'est pourquoi on énumère les vaillants guerriers, et Yoav se tient au-dessus d'eux tous.
Le Malbim explique qu'ici le texte commence à détailler qui étaient ces vaillants guerriers, et le premier d'entre eux était Avshaï. « Et il eut un nom parmi les trois » : cela signifie que même au sein des trois guerriers du premier rang, il jouissait d'une grande renommée. En d'autres termes, bien qu'il soit compté dans les rangs des guerriers secondaires, l'Écriture vient enseigner combien il était remarquable : il était le chef des trois du deuxième rang, et même parmi les premiers il était tenu en haute estime. La preuve en est qu'« il brandit sa lance contre trois cents morts », tout comme Adino l'Etznite qui faisait partie des trois premiers guerriers. De là, on comprend que même parmi eux, il était considéré comme un héros.
מִן הַשְּׁלוֹשָׁה בַשְּׁנַיִם נִכְבָּד, וַיְהִי לָהֶם לְשָׂר, וְעַד הַשְּׁלוֹשָׁה לֹא בָא׃ (כא) - Parmi les trois du second rang, il était le plus considéré, et il fut leur chef ; mais il n'égala pas les trois premiers. (21)
Selon le Malbim, « parmi les trois dans le second rang » signifie parmi les trois de la seconde catégorie. Il y a un premier rang, et il y a le rang des « seconds », c'est-à-dire le deuxième niveau. Dans ce deuxième rang, Avshaï était le plus honoré et leur chef, mais « il n'égala pas les trois » : il n'atteignit pas le niveau des trois premiers guerriers. Certes, nous avons vu qu'il avait un nom auprès d'eux et qu'ils le tenaient en haute estime, mais il ne fut pas compté parmi eux, car il n'atteignait pas leur degré de valeur.
Le Malbim ajoute : ici Ezra intervient et explicite dans les Chroniques ce qui était resté obscur dans le livre de Samuel. Dans Samuel, il est dit : « Parmi les trois, il était le plus considéré », sans préciser de quels trois il s'agissait. Ezra vient donc clarifier : parmi les trois du deuxième rang, car il n'avait pas encore égalé les trois premiers. Selon le Radak, « parmi les trois, il était le plus considéré des deux » s'applique aux trois guerriers qui avaient rapporté l'eau : il était plus honoré que ses deux compagnons qui avaient puisé l'eau avec lui.
Benaya fils de Yehoyada - Trois actes de bravoure
בְּנָיָה בֶן יְהוֹיָדָע בֶּן אִישׁ חַיִל רַב פְּעָלִים מִן קַבְצְאֵל, הוּא הִכָּה אֵת שְׁנֵי אֲרִיאֵל מוֹאָב, וְהוּא יָרַד וְהִכָּה אֶת הָאֲרִי בְּתוֹךְ הַבּוֹר בְּיוֹם הַשָּׁלֶג׃ (כב) - Benaya, fils de Yehoyada, fils d'un homme valeureux et riche en hauts faits, originaire de Kavtséel ; c'est lui qui frappa les deux héros de Moab, et c'est lui qui descendit frapper le lion au milieu de la fosse un jour de neige. (22)
« Benaya » est le fameux Benayahou ben Yehoyada que nous connaissons bien. « Fils d'un homme valeureux » (ben ich 'hayil) : le commentaire attribué à Rachi explique qu'il ne s'agit pas d'une filiation biologique, mais d'une tournure semblable à « ben beliya'al » (fils de perversité). Lorsqu'on qualifie quelqu'un de « ben beliya'al », cela ne signifie nullement que son père s'appelait Beliya'al ; de même, quand on dit « bar mitsva », cela ne veut pas dire que sa mère est une mitsva. Il s'agit plutôt de celui qui incarne pleinement cette qualité, à l'instar de l'expression « cet homme est passible de mort » (ben mavet ha-ich). Ainsi, « ben ich 'hayil » désigne un homme d'une grande vaillance. Dans le livre de Chmouel, le texte dit « ben ich 'haï » (fils d'un homme vivant), et telle est l'habitude des hommes : lorsqu'on aperçoit un individu vif et prompt, on dit de lui qu'il est « plein de vie », animé d'une remarquable énergie d'action.
« Prodigue en exploits » (rav pe'alim) : il accomplit de nombreux actes d'héroïsme. « De Kavtseël » (min Kavtseël) : originaire de la localité appelée Kavtseël, et dans Chmouel « mi-Kavtseël », une ville située dans le territoire de Yéhouda. « Les deux Ariel de Moav » : des héros possédant la force d'un lion (arié), car le terme « El » exprime toujours la puissance, comme dans « il est au pouvoir (el) de ma main ». Il abattit ainsi les deux puissants guerriers de Moav.
« C'est lui qui descendit et abattit le lion au fond de la fosse, un jour de neige » : sans redouter les frimas ni le froid glacial. Le commentaire attribué à Rachi ajoute que certains expliquent que de toute l'année, le lion n'est jamais plus redoutable qu'un jour de neige ; lorsqu'un homme s'avance contre lui, l'animal projette de la neige avec sa patte entre les yeux de son adversaire jusqu'à l'aveugler, puis le dévore. « Et voilà ce que j'ai entendu à ce sujet », écrit le pseudo-Rachi, tout cela venant illustrer la grandeur de son courage.
Le Malbim explique que Benaya est le deuxième parmi les trois héros du second rang : le premier était Avichaï, frère de Yoav, et le second Benaya, homme valeureux et prodigue en exploits, issu de la ville de Kavtseël dans l'héritage de Yéhouda. Il fit montre de trois actes d'héroïsme : premièrement, d'avoir terrassé les deux Ariel de Moav, les grands guerriers moabites ; deuxièmement, d'avoir abattu le lion, bien que le fauve se trouvât au fond de sa propre fosse, où sa puissance est décuplée, et qui plus est un jour de neige, moment où l'animal gagne en vigueur tandis que l'homme est engourdi ; et troisièmement, d'avoir frappé l'homme égyptien, un géant d'une stature imposante de cinq coudées, soit environ deux mètres cinquante (et selon la mesure du 'Hazon Ich, plus grand encore), armé d'une lance, alors que Benaya descendit à sa rencontre muni d'un simple bâton.
וְהוּא הִכָּה אֶת הָאִישׁ הַמִּצְרִי אִישׁ מִדָּה חָמֵשׁ בָּאַמָּה, וּבְיַד הַמִּצְרִי חֲנִית כִּמְנוֹר אֹרְגִים, וַיֵּרֶד אֵלָיו בַּשָּׁבֶט, וַיִּגְזֹל אֶת הַחֲנִית מִיַּד הַמִּצְרִי וַיַּהַרְגֵהוּ בַּחֲנִיתוֹ׃ (כג) - C'est lui qui frappa l'homme égyptien, un homme d'une stature imposante de cinq coudées ; l'Égyptien tenait en main une lance comme l'ensouple des tisserands, mais il descendit contre lui avec un bâton, arracha la lance de la main de l'Égyptien et le tua avec sa propre lance. (23)
Le Malbim fait remarquer qu'Ezra précise ici des détails omis dans le livre de Chmouel, à savoir qu'il s'agissait d'un « homme de mesure » (ich mida). Qu'est-ce qu'un « homme de mesure » ? Le commentaire attribué à Rachi explique : pour le commun des mortels, la taille s'estime d'un simple coup d'œil, l'un mesure un mètre soixante-dix, l'autre un mètre quatre-vingts ; mais face à un homme d'une taille prodigieuse, il faut véritablement le mesurer pour le croire. « Ich mida » : quiconque le voit se met à le mesurer. C'est le sens du verset : « les gens que nous y avons vus sont des hommes de grande taille (anché midot) », des individus qu'il faut mesurer pour évaluer leur démesure.
« Une lance comme l'ensouple des tisserands » : cette précision non plus ne figurait pas dans Chmouel, c'est pourquoi l'Écriture la souligne ici. Le Metsoudat Tsiyon explique : l'ensouple des tisserands (menor oregim) est ce lourd cylindre de bois sur lequel le tisserand enroule les fils de chaîne. Les fils de chaîne constituent le fondement même du tissu (cheti, apparenté à tachtit), et on les tend sur le rouleau du métier à tisser - le cylindre supérieur et le cylindre inférieur. On passe ensuite les fils de trame ('erev), au-dessus et en dessous, en les entremêlant aux fils de chaîne (d'où le terme 'erev, qui se mélange au cheti). Une fois une pièce d'étoffe tissée, on l'enroule sur le cylindre supérieur tout en libérant de nouveaux fils de chaîne depuis le rouleau inférieur, pour poursuivre le travail. Ce rouleau épais et cylindrique s'appelle menor oregim, et telle était la dimension imposante de la lance de cet Égyptien. « Et il descendit contre lui avec un bâton » (be-chevet) - armé d'un simple gourdin, « arracha la lance de la main de l'Égyptien », et c'est avec cette arme qu'il le tua.
« Il arracha la lance de la main de l'Égyptien » - Combattre avec les armes de son époque
On a coutume de citer ce verset pour illustrer la manière dont il convient de se défendre face aux forces du mal : si nous nous obstinons à lutter uniquement avec des outils d'un autre temps, nous perdrons la bataille.
En son temps, des fidèles vinrent trouver le 'Hazon Ich et lui dirent : « Notre Maître, n'avez-vous pas entendu ce qui se passe à Jérusalem ? On a commencé à enseigner en hébreu dans les écoles, alors qu'il existe un décret solennel (herem) des anciens à Jérusalem interdisant formellement d'enseigner autrement qu'en yiddish ! » Il leur répondit : « Je vais vous donner une parabole. Un jeune général s'apprêtait à affronter les forces ennemies et réfléchissait à sa stratégie. Soudain, un vieux général très âgé s'avança vers lui, appuyé sur sa canne, marchant avec peine, et lui dit : Mon cher ami, tu es encore bien jeune ; nous avons mené une guerre ici il y a soixante-dix ans, laisse-moi te raconter comment nous les avons vaincus ! Le jeune homme lui répondit : Mon cher aîné, je ne sais pas ce que vous savez, mais toutes les règles de la guerre ont changé : les positions ont changé, les champs de bataille ont changé, les armes ont changé. Celui qui combat aujourd'hui comme on combattait autrefois ne sera pas seulement dépassé, il sera inévitablement balayé ; car vous voudriez combattre avec la lance et l'épée selon de vieilles tactiques. Souvenez-vous, jadis, il y avait des parachutistes ; certes, de telles unités existent encore, mais quand a-t-on entendu parler pour la dernière fois de parachutistes sautant derrière les lignes ennemies ? Aujourd'hui, la bataille se joue sur le cyberespace, sur un tout autre terrain. »
Et le 'Hazon Ich de conclure : « À l'époque, pour ériger un rempart face à Ben Yehouda et ses acolytes - ceux qui ont prétendu faire renaître la langue hébraïque tout en la dénaturant -, il fallait dresser une barrière stricte et interdire d'enseigner en hébreu. Mais aujourd'hui, le combat ne se situe plus là, et si nous nous trompons de bataille, nous irons droit à l'échec. »
Concrètement, qu'est-ce que cela signifie ? Il existe des objets totalement proscrits de notre point de vue, comme la télévision, considérée comme répugnante et bannie (mouktsé me'hamat mious). On se souvient encore, au marché de Netanya, des affiches géantes proclamant un herem sévère contre quiconque ferait entrer une télévision chez soi. Aujourd'hui, face aux nouveaux fléaux destructeurs, la télévision fait figure de jeu d'enfant - non pas qu'elle soit permise, elle reste strictement interdite, mais c'est comme comparer une bête abattue découverte taref à un animal mort de lui-même (nevélah). Et internet constitue la matrice de tous les périls. Il faut comprendre, à chaque génération, quel est le véritable front à mener, car si l'on focalise ses efforts sur la mauvaise cible, la bataille est d'avance perdue. Quelqu'un a un jour voulu illustrer à quel point certains combattants sont déconnectés de la réalité en disant : « Cela commence par internet, continue avec la télévision, et finit par l'écoute de la radio ! » Un individu déconnecté ignore comment affronter le mauvais penchant ; or pour lutter efficacement, il faut connaître la nature des armes en présence.
Et de fait, la télévision, contre laquelle un interdit sévère avait été prononcé, a ramené à la Téchouva ce que des milliers de militants n'avaient pas réussi à faire pendant des générations - grâce à l'organisation Hidabrout et à ses actions. Qui pouvait autrefois pénétrer dans un kibboutz ? Qui aurait accepté qu'un conférencier y entre ? Et aujourd'hui, on entend d'innombrables récits de gens qui zappent devant leur écran, lassés de toutes ces futilités, et qui tombent soudain sur « un religieux » et se disent : écoutons ce qu'il a à dire - et ils restent branchés. C'est ainsi qu'il faut combattre aujourd'hui. Et si l'on objecte : mais c'est pourtant répugnant, cela devrait être totalement rejeté (Mouktsé me'hamat mious) - vous avez raison, mais parfois il faut appliquer : « Il arracha la lance de la main de l'Égyptien et le tua avec sa propre lance », c'est précisément avec la lance de l'Égyptien qu'il convient de le vaincre.
Car si l'on continuait à combattre avec les anciens outils - allons-nous continuer à distribuer des opuscules ? Qui lit un livret aujourd'hui ? L'homme ordinaire non initié ne sait pas aborder de tels textes. Montrez-lui une page de Guémara - tout devient noir devant ses yeux : par où cela commence-t-il, où cela finit-il, il n'y a ni voyelles ni ponctuation, tout forme un texte continu. L'époque où l'on diffusait le judaïsme au moyen de livres est révolue depuis longtemps. Aujourd'hui, on diffuse le judaïsme sur Internet, sur Instagram, sur Facebook et sur d'autres inventions douteuses dont on connaît à peine les noms, grâce à Dieu.
Il ne s'agit nullement d'une recommandation d'y entrer, car c'est un très grand danger, et nombreux sont ceux qui, s'y aventurant, finissent par chuter ; il faut donc faire preuve d'une prudence extrême. Mais il faut savoir que le public s'y trouve, et c'est sur les plateformes où il est présent qu'il faut aller le chercher. Quand une personne en a assez de toutes ces vanités, elle y trouve la chaîne Hidabrout et d'autres espaces saints grâce auxquels elle peut s'instruire. Certes, c'est une arme à double tranchant, car le mauvais penchant peut venir suggérer à l'homme : j'ai besoin d'Internet pour des choses saintes - et l'entraîner ainsi vers des contenus impurs. C'est pourquoi, premièrement, celui qui n'en a pas l'utilité ne doit absolument pas s'en approcher. Deuxièmement, celui qui en possède déjà doit installer tous les filtres maximaux, afin de n'avoir aucun accès aux espaces menant à la perversion. Et grâce à Dieu, il existe aujourd'hui de très bons filtres, comme NetFree et d'autres, des filtrages extrêmement rigoureux où des personnes vérifient chaque image, et celui qui les utilise ne verra jamais la moindre silhouette féminine. Si l'on n'en a pas - il faut s'en abstenir totalement ; et si l'on en a déjà - que ce soit au moins d'une façon qui ne conduise jamais à la faute. Mais il faut savoir que la méthode consistant à « arracher la lance de la main de l'Égyptien » est la manière de combattre dans cette génération, et quiconque pense qu'il ne faut absolument pas y toucher perd finalement la bataille. Seulement, il faut le faire avec les barrières appropriées et la vigilance requise, et c'est ainsi que l'on peut atteindre ceux qui sont éloignés pour les rapprocher.
La grandeur de Benayahou - héros et homme d'honneur
אֵלֶּה עָשָׂה בְּנָיָהוּ בֶּן יְהוֹיָדָע, וְלוֹ שֵׁם בִּשְׁלוֹשָׁה הַגִּבֹּרִים׃ (כד) - Voilà ce que fit Benayahou, fils de Yehoyada, et il eut un nom parmi les trois héros.
« Voilà » - les exploits mentionnés : avoir frappé les deux héros de Moab, être descendu abattre le lion, et avoir vaincu l'homme égyptien. « Et il eut un nom parmi les trois héros » - selon le Metsoudat David, il était réputé comme héros parmi les trois guerriers qui avaient puisé l'eau, car malgré toute leur vaillance, ils le considéraient lui aussi comme un héros. En revanche, les trois premiers héros, en raison de leur bravoure incomparable, ne le comptaient pour rien - à la différence d'Avichaï, frère de Yoav, qui avait également un nom auprès des trois premiers et passait pour un héros à leurs yeux, bien qu'il ne fût pas compté parmi eux.
מִן הַשְּׁלוֹשִׁים הִנּוֹ נִכְבָּד הוּא, וְאֶל הַשְּׁלֹשָׁה לֹא בָא, וַיְשִׂימֵהוּ דָוִיד עַל מִשְׁמַעְתּוֹ׃ (כה) - Il était plus considéré que les trente, mais il n'égala pas les trois ; et David l'établit à son obéissance.
« Il était plus considéré que les trente » - il était plus honoré que les trente héros de David. Et le Radak explique : il ne faisait pas partie du compte des trente, mais était plus honoré que les trente, car ces trente occupent déjà un rang inférieur, et il était supérieur à eux. « Mais il n'égala pas les trois » - il n'atteignit pas le niveau des trois premiers, Ta'hkemoni, El'azar et Chamma. Il s'ensuit que lorsqu'il est dit « et il eut un nom parmi les trois héros », il s'agit des trois guerriers du second rang, et non des trois premiers.
Le Malbim explique : « considéré » (nikhbad) est entendu ici au sens d'honneur et de dignité, non de prouesse guerrière. Et en quoi consistait son honneur ? En ce qu'il était le chef du Sanhédrin. Il en résulte que « plus considéré que les trente » signifie que, sur le plan de l'honneur, il surpassait l'ensemble des trente héros, étant donné qu'il présidait le Sanhédrin, ce qui n'était pas leur cas. Et bien que, sous l'angle de la vaillance martiale, il n'ait pas atteint le niveau des trois premiers et n'ait même pas de renommée parmi eux, sur le plan de l'honneur, il était le plus illustre de tous. C'est pourquoi le roi David l'établit à son obéissance (« michma'ato »). Ce terme de « michma'ato » - le commentaire attribué à Rachi l'explique dans le sens de charge ou de commandement, c'est-à-dire les officiers placés sous ses ordres ; et selon le sens simple, ceux qui lui obéissent, auxquels le roi David transmet constamment des ordres d'action.
Les vaillants guerriers
וְגִבּוֹרֵי הַחֲיָלִים: עֲשָׂהאֵל אֲחִי יוֹאָב, אֶלְחָנָן בֶּן דּוֹדוֹ מִבֵּית לָחֶם׃ (כו) - Et les vaillants guerriers : Assahel, frère de Yoav ; El'hanan, fils de Dodo, de Bethléem.
« Et les vaillants guerriers » - le commentaire attribué à Rachi explique : ceux-ci étaient certes des héros, mais sans égaler ceux mentionnés plus haut. Le Malbim, quant à lui, rappelle qu'il a déjà expliqué que le troisième héros parmi les trois du second rang était Assahel, à propos duquel il est dit « Assahel, frère de Yoav, était parmi les trente » - c'est-à-dire qu'il comptait aussi parmi les six héros d'élite, mais qu'il ne se tenait pas auprès du roi comme les cinq premiers, mais seulement avec les trente, qui sont les trente guerriers énumérés ici.
C'est ainsi que nous trouvons plus loin : « Et Benayahou ben Yehoyada était préposé aux Kérétiens et aux Pélétiens », ce que le Targoum Yonatan traduit par : sur les frondeurs et les archers - ceux qui lancent des pierres et ceux qui tirent à l'arc. C'est pourquoi, ici aussi, le texte le mentionne parmi les vaillants guerriers, car il était à leur tête. Dans le livre de Chmouel, le texte mentionne encore d'autres guerriers jusqu'à Ouriyah le Hittite, qui apparaît chez nous au verset 41, et il y conclut : « en tout, trente-sept » - trente-sept en comptant les six premiers. Ici, certains d'entre eux sont mentionnés sous des noms différents ; le Malbim explique que certains portaient deux noms, comme nous en trouvons de nombreux exemples dans le livre des Divrei HaYamim. Autre possibilité : une partie de ces guerriers étaient morts, et il est question ici de ceux qui leur succédèrent dans un second temps, qu'Ezra mentionne à présent. Et à partir d'Ouriyah le Hittite, Ezra a recensé dans le livre des Divrei HaYamim seize vaillants guerriers supplémentaires qu'il énumère.
La liste des vaillants guerriers
שַׁמּוֹת הַהֲרוֹרִי, חֶלֶץ הַפְּלוֹנִי׃ עִירָא בֶן עִקֵּשׁ הַתְּקוֹעִי, אֲבִיעֶזֶר הָעַנְּתוֹתִי׃ סִבְּכַי הַחֻשָׁתִי, עִילַי הָאֲחוֹחִי׃ מַהְרַי הַנְּטֹפָתִי, חֵלֶד בֶּן בַּעֲנָה הַנְּטוֹפָתִי׃ אִיתַי בֶּן רִיבַי מִגִּבְעַת בְּנֵי בִנְיָמִן, בְּנָיָה הַפִּרְעָתֹנִי׃ חוּרַי מִנַּחֲלֵי גָעַשׁ, אֲבִיאֵל הָעַרְבָתִי׃ עַזְמָוֶת הַבַּחֲרוּמִי, אֶלְיַחְבָּא הַשַּׁעַלְבֹנִי׃ (כז-לג) - Chamot le Harorite, Hélets le Pélonite. Ira, fils d'Iqech, le Tékoïte ; Aviézer l'Anatotite. Sibekhaï le Houchatite, Ilaï l'Ahohite. Mahraï le Netophatite, Héled fils de Baana, le Netophatite. Itaï, fils de Rivaï, de Guivat des enfants de Binyamin ; Benaya le Piratonite. Houraï des torrents de Gaach, Aviel l'Arbatite. Azmavet le Bahroumite, Elyahba le Chaalbonite. (27-33)
La plupart de ces désignations renvoient au lieu d'origine de chacun : « le Chaalbonite » - originaire de l'endroit nommé Chaalbim, telle est l'origine du nom ; « le Piratonite » - d'un lieu appelé Piratone ; « des torrents de Gaach », « l'Arbatite » - chacun selon le nom de sa localité.
בְּנֵי הָשֵׁם הַגִּזוֹנִי, יוֹנָתָן בֶּן שָׁגֵה הַהֲרָרִי׃ אֲחִיאָם בֶּן שָׂכָר הַהֲרָרִי, אֱלִיפַל בֶּן אוּר׃ חֵפֶר הַמְּכֵרָתִי, אֲחִיָּה הַפְּלֹנִי׃ חֶצְרוֹ הַכַּרְמְלִי, נַעֲרַי בֶּן אֶזְבָּי׃ יוֹאֵל אֲחִי נָתָן, מִבְחָר בֶּן הַגְרִי׃ צֶלֶק הָעַמּוֹנִי, נַחְרַי הַבֵּרֹתִי נֹשֵׂא כְּלֵי יוֹאָב בֶּן צְרוּיָה׃ עִירָא הַיִּתְרִי, גָּרֵב הַיִּתְרִי׃ אוּרִיָּה הַחִתִּי, זָבָד בֶּן אַחְלָי׃ (לד-מא) - Les fils de Hachem le Guizonite ; Yehonatan, fils de Chagué, le Hararite. Ahiam, fils de Sakhar, le Hararite ; Eliphal, fils d'Our. Hépher le Mekheratite, Ahiya le Pélonite. Hetsro le Carmélite, Naaraï, fils d'Ezbaï. Yoël, frère de Nathan ; Mivhar, fils de Hagri. Tséleq l'Ammonite ; Nahraï le Bérotite, écuyer de Yoav fils de Tserouya. Ira l'Yitrite, Garev l'Yitrite. Ouriyah le Hittite, Zavad, fils d'Ahlaï. (34-41)
« Écuyer de Yoav fils de Tserouya » - le Metsoudat David explique que cette précision se rapporte à Nahraï le Bérotite, qui était le porteur des armes et des effets personnels de Yoav.
עֲדִינָא בֶן שִׁיזָא הָראוּבֵנִי רֹאשׁ לָראוּבֵנִי וְעָלָיו שְׁלֹשִׁים׃ (מב) - Adina, fils de Chiza, le Reouvénite, chef des Reouvénites, et ayant trente hommes sous ses ordres. (42)
« Et ayant trente hommes sous ses ordres » - il s'agit de ceux qui étaient rattachés à lui et marchaient sous son commandement, au nombre de trente.
חָנָן בֶּן מַעֲכָה וְיוֹשָׁפָט הַמִּתְנִי׃ עֻזִּיָּא הָעַשְׁתְּרָתִי, שָׁמָע וִיעִיאֵל בְּנֵי חוֹתָם הָעֲרֹעֵרִי׃ יְדִיעֲאֵל בֶּן שִׁמְרִי וְיֹחָא אָחִיו הַתִּיצִי׃ אֱלִיאֵל הַמַּחֲוִים וִירִיבַי וְיוֹשַׁוְיָה בְּנֵי אֶלְנָעַם וְיתְמָה הַמּוֹאָבִי׃ אֱלִיאֵל וְעוֹבֵד וְיַעֲשִׂיאֵל הַמְּצֹבָיָה׃ (מג-מז) - Hanan, fils de Maakha, et Yochaphat le Mitnite. Ouziya l'Achteratite ; Chama et Yeïel, fils de Hotam, l'Aroérite. Yediaël, fils de Chimri, et Yoha son frère, le Titsite. Eliel le Mahavite, Yerivaï et Yochavya, fils d'Elnaam, et Yitma le Moabite. Eliel, Oved et Yaassiel de Metsovaya. (43-47)
En conclusion : dans cette partie du chapitre, le texte énumère les différents rangs des vaillants guerriers de David : Avchaï, frère de Yoav, chef des trois du second rang, qui jouissait d'une grande renommée même parmi les trois premiers bien qu'il n'en fît pas partie ; Benayahou ben Yehoyada, homme vaillant et riche en exploits, qui accomplit trois actes de bravoure - les deux héros de Moab, le lion abattu dans la fosse un jour de neige, et le géant égyptien dont il arracha la lance des mains avant de le tuer avec sa propre arme - et qui était le plus estimé des trente en tant que chef du Sanhédrin, raison pour laquelle David le plaça à la tête de sa garde ; puis les vaillants guerriers et la liste des noms jusqu'à la fin du chapitre, dont certains apparaissent sous des noms différents de ceux du livre de Chmouel, soit parce qu'ils portaient deux noms, soit parce qu'il s'agissait de guerriers ayant succédé aux premiers. Enfin, du verset « il arracha la lance de la main de l'Égyptien », nous avons tiré un principe fondamental pour la mission de notre génération : combattre précisément avec les outils contemporains, avec prudence et selon les règles prescrites, car les armes mêmes dont se sert l'adversaire contre nous peuvent servir à rapprocher les cœurs et à les ramener vers notre Père céleste.