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Chapitre 25 - Se renforcer comme un lion et l'éternité de l'action de la mitsva

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Dans la partie précédente, nous nous sommes arrêtés sur le langage employé par l'Alter Rebbe à propos du sour méra (« écarte-toi du mal »). À présent, lorsqu'il aborde le vaassé tov (« et fais le bien »), l'Alter Rebbe emploie des expressions qu'il n'avait pas utilisées jusqu'ici : "להתגבר כארי בגבורה ואומץ הלב נגד היצר המכביד את גופו מבחינת יסוד העפר שבנפש הבהמית" - « se renforcer comme un lion, avec force et courage du cœur, face au yétser qui alourdit son corps à partir de l'élément de la terre (yessod ha'afar) présent dans la nefesh habahamis », l'âme animale.

Le yétser hara provoque chez l'homme une lourdeur et une paresse, et la source de cette paresse se trouve dans le yessod ha'afar, l'élément « terre » de la nefesh habahamis. Nous l'avons déjà appris au chapitre 1 du Tanya, où l'Alter Rebbe explique comment chacun des quatre éléments de l'âme animale entraîne des traits de caractère négatifs : l'élément terre, lui, conduit à la paresse. Par la force de cette paresse, le yétser empêche l'homme "מלהטריח גופו בזריזות בכל מיני טורח ועבודת משא בעבודת ה'" - « de faire peiner son corps avec diligence, dans toutes sortes d'efforts et de travaux pénibles au service de D.ieu ». Ses arguments sont : pourquoi se donner tant de mal ? Pourquoi un labeur si pénible dans le service divin ? Je n'ai pas de force, il fait froid, il fait chaud, je suis fatigué, et cela peut aussi attendre demain ou après-demain. Et de fait, le service de D.ieu dans son versant actif n'est pas chose facile : "שיש בה טורח ועמל" - « il y a là peine et labeur », un effort physique et psychique, du temps, de l'argent, de la famille.

L'Alter Rebbe apporte un exemple tiré de chacun des trois piliers, la Torah, la prière et les actes de bonté, et montre quel effort est exigé de l'homme dans chacun d'eux :

  • Le pilier de la Torah : "כגון לעמול בתורה בעיון ובפה" - « peiner dans la Torah, par l'étude approfondie et par la bouche ». Un effort pour s'asseoir et approfondir, et un effort supplémentaire par la bouche, "לא פסיק פומיה מגירסא", « que sa bouche ne cesse d'étudier ». Et comme le disent nos Sages : "לעולם ישים אדם עצמו על דברי תורה כשור לעול וכחמור למשאוי" - « l'homme doit toujours se placer face aux paroles de Torah comme le bœuf sous le joug et comme l'âne sous sa charge ». Pourquoi deux images ? Le bœuf, c'est le labour : persévérer dans l'étude et y ouvrir un chemin nouveau. L'âne qui porte la charge, c'est veiller à ne pas laisser tomber ce qui a déjà été amassé et appris. Car se garder de l'oubli est un travail à part entière, parfois plus ardu que la nouveauté : l'homme trouve bien plus de plaisir à étudier des choses nouvelles, tandis que réviser un chapitre déjà connu lui pèse intérieurement. Et malgré cela, il doit revenir et répéter pour retenir.

  • Le pilier de la prière : "וכן לתפלה בכונה" - « de même pour la prière avec kavana », la concentration sur le sens des mots, comprendre chaque mot que l'on prononce, "בכל כחו ממש", « de toute sa force, littéralement » : non seulement par la force de la concentration, mais aussi par la force physique, en se donnant du mal et en y investissant du temps supplémentaire, ce qui est en soi peine et labeur.

  • Le pilier de la tsedaka : "וכן בעבודת ה' שהוא בדבר שבממון כמו עבודת הצדקה" - « de même dans le service de D.ieu qui touche à l'argent, comme le service de la tsedaka ». L'occasion d'une mitsva de tsedaka se présente à lui, il a les moyens de donner, mais l'envie et le désir lui font défaut : il doit alors se faire violence et donner.

"וכיוצא באלו ממלחמות היצר ותחבולותיו" - « et d'autres cas semblables, parmi les guerres du yétser et ses ruses ». Les exemples sont nombreux, et dans tous le yétser cherche à refroidir l'âme de l'homme et à y installer indifférence, lourdeur et paresse, "שלא להפקיר ממונו ובריאות גופו" - « pour qu'il n'abandonne pas son argent ni la santé de son corps ». Il argumente : vas-tu vraiment laisser filer cet argent pour lequel tu as tant peiné ? Vas-tu négliger la santé de ton corps en te levant tôt chaque matin pour le minyan, en te trempant au mikvé chaque jour pendant les froids de l'hiver, au risque d'attraper froid ? C'est ainsi qu'il introduit dans la tête de l'homme quantité de pensées au nom de la préservation du corps et de l'argent.

Sur tout cela, l'Alter Rebbe affirme que la chose est "קרוב מאד אל האדם", « très proche de l'homme » : tenir tête au yétser et le vaincre, et lui dire : malgré tout, je fais l'effort et j'agis.

Mais en quoi est-ce « très proche » ? Il faut bien quelque chose qui éveille cette proximité.

À cela l'Alter Rebbe répond qu'une réflexion toute simple suffit à éveiller l'amour caché (ahava messoutéret) qui est en lui : "כשישים אל לבו שלנצח היצר בכל זה ויותר מזה" - « lorsqu'il mettra à son cœur que vaincre le yétser dans tout cela et même davantage », dans la Torah, la prière, la tsedaka et choses semblables, "ולעשות הפכו ממש", « et faire exactement le contraire de ce qu'il réclame », est "קל מאד מיסורי מיתה ה' ישמרנו, ויסורי מיתה ה' ישמרנו היה מקבל באהבה וברצון שלא ליפרד מיחודו ואחדותו יתברך אפילו לפי שעה להשתחות לעבודה זרה חס ושלום" - « bien plus facile que les souffrances de la mort, que D.ieu nous en préserve ; or ces souffrances de la mort, que D.ieu nous en préserve, il les accepterait avec amour et de bon gré, pour ne pas se séparer de Son unité et de Son unicité, béni soit-Il, ne serait-ce qu'un instant, en se prosternant devant une idole, à D.ieu ne plaise ». Car si l'on venait dire à un homme que, s'il ne se prosterne pas maintenant devant une idole, il subira les souffrances de la mort, à cet instant même s'éveille en lui son amour pour le Créateur du monde : il est prêt à donner sa vie et à dire : faites de moi ce que vous voulez, me prosterner, je ne me prosternerai pas. De là, que chacun fasse son propre calcul : les souffrances de la mort, les plus dures de toutes, il les accepterait avec amour et de bon gré par la force de cet amour ; alors les « souffrances » que représente un petit effort supplémentaire dans la Torah, la prière et la tsedaka sont incomparablement plus légères. "וכל שכן שיש לו לקבל באהבה וברצון כדי לדבקה בו לעולם ועד" - « à plus forte raison doit-il les accepter avec amour et de bon gré, afin de s'attacher à Lui pour toujours et à jamais » : accepter la peine et le labeur, et ne pas se laisser aller à la paresse devant ce qui est demandé de lui.

Ce raisonnement a fortiori (kal vachomer) fonctionne de deux manières :

  1. Si l'homme est prêt à donner sa vie uniquement pour ne pas se séparer du Créateur, à plus forte raison lorsqu'on lui offre l'occasion de s'unir à Lui et de resserrer le lien. Car tout son désir est de ne pas être coupé et de demeurer toujours avec Lui ; or par l'accomplissement de la mitsva, la voie s'ouvre devant lui pour s'attacher réellement à Lui.

  2. Le don de soi est exigé même pour « un seul instant » : même si on lui disait de se prosterner un instant seulement, après quoi il ferait ce qu'il veut, comme le roi l'avait proposé au septième fils de 'Hana, qui n'avait qu'à ramasser un anneau un instant, un Juif donne sa vie. Or dans la mitsva qu'il accomplit sous le mode du vaassé tov, l'union qui se crée entre lui et son Créateur n'est pas d'un instant mais « pour toujours et à jamais » : bien que l'acte s'accomplisse en un instant, l'union qu'il produit est éternelle, comme l'Alter Rebbe va le développer par la suite.

Et la raison, dans ses propres termes : "דהיינו כשיעשה רצונו יתברך בעבודה זו" - « c'est-à-dire lorsqu'il accomplira Sa volonté, bénie soit-elle, par ce service ». Quand l'homme réalise la volonté divine dans ce service de Torah, de prière, de tsedaka et autres, alors "יתגלה בה פנימית רצון העליון בבחינת פנים וגילוי רב ולא בהסתר כלל" - « s'y révèle l'intériorité de la Volonté suprême, sous l'aspect du « visage » et d'une grande révélation, sans aucune dissimulation ». Car l'essence d'une mitsva, comme nous l'avons longuement expliqué dans les chapitres précédents, est que la volonté du Saint béni soit-Il s'y trouve de façon intérieure et révélée ; et au moment où la mitsva est accomplie, cette volonté intérieure se révèle sur son corps, sur son âme, sur son argent et sur tout ce qui l'entoure.

"וכשאין שום הסתר פנים ברצון העליון, אזי אין דבר נפרד כלל וכלל" - « et lorsqu'il n'y a aucune dissimulation du visage dans la Volonté suprême, alors il n'existe absolument rien de séparé ». Car comment l'idolâtrie peut-elle exister dans le monde ? Nous l'avons appris à propos de la notion d'élohim a'hérim : tout reçoit sa vitalité du Saint béni soit-Il, et il n'existe pas d'autre source de vitalité dans la Création, y compris pour l'impureté et la klipa. Simplement, cette vitalité leur parvient sous l'aspect des a'horayim, « l'arrière », par voie de dissimulation. Et puisque la vitalité est reçue de manière cachée par rapport à la volonté intérieure, naît un sentiment d'existence propre et d'ego, qui est séparation d'avec la vérité, d'avec la divinité et d'avec la sainteté. L'Alter Rebbe l'a déjà dit au chapitre 6 : le propre de la sainteté est le bittul, l'annulation devant la divinité, et ce qui n'est pas annulé devant la divinité est yéch, existence propre.

Dès lors, un homme chez qui la volonté du Créateur brille de façon révélée est annulé devant la divinité et il n'y a chez lui aucune existence propre ; à l'instant même où il accomplit la mitsva et se relie à la volonté divine, il n'y a plus rien en lui de séparé, absolument rien, "להיות יש ודבר בפני עצמו" - « au point d'être une entité et une chose en soi ».

Et de ce fait, lorsqu'il accomplit concrètement ce qui lui incombe (une minute d'étude en plus, une prière avec un peu plus de kavana, une pièce supplémentaire à la tsedaka), "ולזאת תהיינה נפשו האלוקית והחיונית ולבושיהן כולן מיוחדות בתכלית הייחוד ברצון העליון ואור אין סוף ברוך הוא כנ"ל" - « c'est pourquoi son âme divine et son âme vitale, ainsi que tous leurs vêtements, seront unies de l'union la plus parfaite à la Volonté suprême et à la lumière de l'Ein Sof, béni soit-Il, comme expliqué plus haut ». Tout le système qui participe à l'acte de la mitsva se relie à cet instant à la volonté divine, d'une union infinie et éternelle ; et bien que l'homme soit limité et que son acte s'accomplisse dans un temps limité, il s'est pourtant relié à l'infini. Cette union est réelle et éternelle, et elle ne s'interrompt pas.

Voici une analogie, très matérielle certes, mais utile à la compréhension : un homme intelligent s'assoit et invente un procédé ou une idée nouvelle, il la découvre, la met au point et la publie, puis passe à d'autres occupations. L'idée disparaît-elle parce que son auteur s'est tourné vers autre chose ? Nullement. Dès lors qu'il l'a fait descendre dans le monde, elle demeure : en tout lieu, en tout temps et pour tout homme. L'idée existe de façon permanente dans le monde de l'intellect, et même lorsque l'inventeur lui-même n'est plus, son idée, elle, subsiste.

En résumé : dans cette partie, nous avons appris que, dans le vaassé tov, il est demandé à l'homme de « se renforcer comme un lion » contre le yétser qui alourdit son corps par la force du yessod ha'afar de la nefesh habahamis. Nous nous sommes arrêtés sur les trois exemples apportés par l'Alter Rebbe, tirés des piliers de la Torah, de la prière et de la tsedaka, ainsi que sur les ruses du yétser qui refroidit l'âme de l'homme par des arguments de préservation de l'argent et de la santé du corps. Nous avons vu en quoi la chose est « très proche » : par la réflexion que cet effort est bien plus léger que les souffrances de la mort, qu'il accepterait pourtant avec amour et de bon gré afin de ne pas se séparer de Son unité, ne serait-ce qu'un instant. De là, un double kal vachomer : à plus forte raison pour s'attacher à Lui, et à plus forte raison lorsque l'action de la mitsva est « pour toujours et à jamais ». Nous avons également appris que, dans l'accomplissement de la mitsva, se révèle l'intériorité de la Volonté suprême sous l'aspect du « visage » et d'une grande révélation ; et puisqu'il n'y a là aucune dissimulation du visage, il n'y a rien de séparé, et son âme divine, son âme vitale et leurs vêtements s'unissent de l'union la plus parfaite à la Volonté suprême.

Dans la partie suivante, l'Alter Rebbe poursuivra et développera longuement l'éternité de l'action de la mitsva et le lien qu'elle crée entre le Juif et son Créateur.