Le chapitre 13 de Zacharie poursuit les prophéties relatives à la fin des temps : l'ouverture d'une source d'eau pour la maison de David et les habitants de Jérusalem, l'éradication de l'idolâtrie et des faux prophètes de la terre, et enfin la prophétie de l'épée, du raffinement et de l'épuration que traversera le monde jusqu'à ce qu'il ne reste que le tiers éprouvé et purifié. Nous suivrons l'ordre des versets, principalement selon le Malbim, et à ses côtés le Radak, Rachi, Ibn Ezra, les Metsoudot et le Targoum Yonathan.
בַּיּוֹם הַהוּא יִהְיֶה מָקוֹר נִפְתָּח לְבֵית דָּוִיד וּלְיֹשְׁבֵי יְרוּשָׁלָ͏ִם לְחַטַּאת וּלְנִדָּה׃ - En ce jour-là, une source sera ouverte pour la maison de David et pour les habitants de Jérusalem, pour la purification du péché et pour l'aspersion.
Le Radak explique qu'il est tout à fait possible d'entendre ce verset dans son sens littéral. De même, nos Sages ont rattaché ce passage à ce qui est dit plus loin : « Des eaux vives sortiront de Jérusalem ». Pourrait-on supposer que d'autres cours d'eau viennent s'y mêler ? L'Écriture précise : « Une source sera ouverte pour la maison de David » : il s'agit d'une source unique, à la fois pour la purification et pour l'aspersion. Nos Sages ajoutent que dès que ces eaux parviendront à l'entrée de la maison de David, elles formeront un grand fleuve, comme il est dit : « En ce jour-là, une source sera ouverte pour la maison de David ». Ainsi, au sens propre, l'Écriture annonce un véritable cours d'eau vive qui jaillira de Jérusalem.
Le Malbim précise selon le sens littéral : à notre époque, il n'y a pas d'eau de source à Jérusalem, et le texte promet ici qu'une source d'eau vive jaillira spécialement pour la maison de David et pour les habitants de Jérusalem, « pour la purification » (le'hatat), c'est-à-dire pour s'y purifier, ainsi que pour les eaux d'aspersion (mei nida). Que désignent ces « mei nida » ? Le Malbim écarte l'explication rapportée par le Radak, selon laquelle il s'agirait de la femme atteinte de flux (zava) qui requiert des eaux vives : en effet, la halakha n'exige pas d'eaux vives pour la zava, un mikvé ordinaire lui suffisant, et seul l'homme atteint d'un flux (zav) doit s'immerger dans une eau vive. L'expression « mei nida » renvoie plutôt à l'eau mêlée aux cendres de la vache rousse, dont on asperge celui qui a contracté une impureté.
Beaucoup pensent à tort que le terme « nida » est ici lié au statut de la femme nida, mais il n'en est rien. « Nida » découle ici de la racine signifiant lancer ou projeter, comme dans le verset « ils ont jeté (vayadou) une pierre sur moi », ou encore « tant que l'eau d'aspersion (mei nida) n'a pas été projetée sur lui, il demeure impur » : ce sont des eaux que l'on projette et dont on fait aspersion. Ainsi, les « mei nida » sont bien ici les eaux contenant les cendres de la vache rousse.
Le Malbim ajoute : Ézéchiel avait déjà prophétisé sur ce sujet en décrivant un fleuve puissant jaillissant du Saint des Saints et s'étendant vers la mer orientale et vers la mer occidentale. Zacharie lui-même prophétisera au chapitre suivant : « En ce jour-là, des eaux vives sortiront de Jérusalem, la moitié vers la mer orientale... ». Toutefois, cela n'aura lieu qu'après l'ultime guerre de Gog et Magog, moment où un déversement prodigieux grossira ce cours d'eau. Mais après la première guerre de Gog et Magog, dont traite notre verset, les eaux ne se répandront pas encore au dehors : elles seront réservées à la maison de David et aux habitants de Jérusalem. Gog mènera trois assauts, et lors de la dernière confrontation, les eaux deviendront surabondantes jusqu'à atteindre la mer orientale et la mer occidentale. Tel est le sens littéral du texte d'après le Radak et le Malbim.
Le Targoum Yonathan transpose cette prophétie sur le plan spirituel : « En ce temps-là, l'enseignement de la Torah sera dévoilé et jaillira comme une source d'eau pour la maison de David et pour les habitants de Jérusalem, et Je pardonnerai leurs fautes comme on est purifié par les eaux d'aspersion et par la cendre de la vache d'expiation ». Autrement dit : en ce temps-là, l'étude de la Torah sera révélée et vive comme une source jaillissante pour la maison de David et les habitants de Jérusalem, et Dieu leur pardonnera leurs iniquités, tout comme l'on est purifié par les eaux d'aspersion et les cendres de la vache rousse.
Le Malbim s'inscrit dans cette perspective et la développe. Il a déjà expliqué dans le livre d'Ézéchiel, à propos de la source et du grand fleuve issus du Saint des Saints, qu'il s'agit d'une métaphore sur la diffusion des eaux de la connaissance divine, le fleuve de la Torah et de la foi, souvent comparées à l'eau. Après la première guerre, cette diffusion commencera uniquement depuis la maison de David et les habitants de Jérusalem. Ce fleuve est le symbole d'un nettoyage, d'un raffinement et d'une purification : effacer la souillure des doctrines étrangères et purifier l'impureté née de l'ignorance, de la sottise, des croyances perverties et du moindre vestige d'idolâtrie. La preuve en est le verset contigu : « En ce jour-là, Je retrancherai de la terre les noms des idoles » : ce sont bien ces eaux, les eaux de la connaissance, qui viennent purifier les esprits des égarements et des croyances vaines.
Après la dernière guerre de Gog et Magog, le fleuve s'étendra désormais au dehors, jusqu'à la mer orientale et la mer occidentale, et la terre sera alors remplie de la connaissance de l'Éternel comme les eaux recouvrent le lit des mers. C'est à ce propos qu'il est écrit : « En ce jour-là, des eaux vives sortiront de Jérusalem... et l'Éternel sera Roi sur toute la terre ». Il s'agit alors d'eaux qui se déversent au loin, et la connaissance ne sera plus le bien exclusif de la maison de David et des habitants de Jérusalem. Lors de cette troisième étape interviendra la victoire définitive, et ce fleuve ne cessera de progresser, ce qui signifie que la connaissance divine se répandra dans le monde entier.
וְהָיָה בַיּוֹם הַהוּא נְאֻם ה' צְבָאוֹת אַכְרִית אֶת־שְׁמוֹת הָעֲצַבִּים מִן־הָאָרֶץ וְלֹא יִזָּכְרוּ עוֹד וְגַם אֶת־הַנְּבִיאִים וְאֶת־רוּחַ הַטֻּמְאָה אַעֲבִיר מִן־הָאָרֶץ׃ - En ce jour-là, déclare l'Éternel Tsévaot, Je retrancherai de la terre les noms des idoles, et l'on ne s'en souviendra plus ; et J'ôterai également de la terre les prophètes et l'esprit d'impureté.
Les « Atsabim » désignent l'idolâtrie (Avoda Zara). A priori, si Hachem retranche leurs noms, pourquoi ajouter : « et l'on ne s'en souviendra plus » ? Le Malbim explique : cela signifie que même après leur disparition, on ne s'en souviendra plus. Car aujourd'hui, un homme peut se rappeler qu'il existait jadis telle ou telle forme d'idolâtrie ; c'est pourquoi le verset nous enseigne qu'à l'avenir, même ce souvenir sera totalement effacé.
« Et également les prophètes » - ce sont les prophètes de Baal. Le Malbim précise qu'il s'agit des prophètes que l'on trouve encore en Inde, en Chine et au Japon, où l'on sert encore des idoles. De plus, ajoute le Malbim, cela vise aussi les prédicateurs dont les discours éloquents cherchent à attirer les hommes vers de vaines croyances. Il cite également l'Abarbanel, qui mentionne qu'il se trouve encore en Terre d'Israël des prophètes de la religion du Coran, qui tombent à terre comme des épileptiques et profèrent de prétendues prophéties au nom de leur faux prophète sous l'emprise de l'esprit d'impureté qui s'empare d'eux ; or, lorsque Hachem Se révélera, Il fera également disparaître cet esprit de mensonge.
Baroukh Hachem, cet esprit de mensonge s'est dissipé depuis longtemps, et il n'y a plus aujourd'hui de musulmans qui prétendent prophétiser et débitent de telles futilités. Mais il y a cinq cents ans, c'était une réalité : des hommes imitaient Mahomet. C'était d'ailleurs la manière d'agir de Mahomet lui-même : les historiens rapportent qu'il souffrait d'épilepsie, qu'il s'effondrait au sol agité de tremblements, et pour justifier son état, ses partisans prétendaient qu'il recevait des révélations et racontaient de soi-disant messages reçus, au gré de ses délires et de ses hallucinations. Ses adeptes suivirent ses traces et agirent de la sorte, à la manière d'un insensé - comme le Rambam qualifiait lui-même Mahomet (« le fou »).
Le Metsoudat Tsion explique : les idoles sont appelées ainsi parce qu'elles attristent (mé'atsvim) le cœur de ceux qui les servent. Elles plongent dans la peine leur adorateur, car on les implore sans jamais recevoir de réponse, ce qui cause une immense amertume à celui qui crie vers elles. En jouant sur les mots en hébreu moderne, on pourrait dire que cela « tape sur les nerfs » (osseh atsabim) de celui qui l'implore. À un moment donné, excédé, il lui donne un coup de pied et s'en va. Il crie encore et encore, mais constate qu'il n'y a aucun réseau, aucun signal, et que « le correspondant n'est pas joignable » ; finalement, il s'énerve complètement contre elle. Voilà pourquoi, selon notre langage contemporain, elles méritent bien leur nom d'« Atsabim ».
וְהָיָה כִּי־יִנָּבֵא אִישׁ עוֹד וְאָמְרוּ אֵלָיו אָבִיו וְאִמּוֹ יֹלְדָיו לֹא תִחְיֶה כִּי שֶׁקֶר דִּבַּרְתָּ בְּשֵׁם ה' וּדְקָרֻהוּ אָבִיהוּ וְאִמּוֹ יֹלְדָיו בְּהִנָּבְאוֹ׃ - Et si quelqu'un prophétise encore, son père et sa mère qui lui ont donné la vie lui diront : « Tu ne vivras point, car c'est un mensonge que tu as proféré au nom de l'Éternel », et son père et sa mère qui lui ont donné la vie le transperceront pendant qu'il prophétisera.
Le Malbim explique : les hommes ne prophétiseront plus pour deux raisons. La première, c'est qu'il ne se trouvera plus personne pour les croire, et par conséquent il n'y aura plus de faux prophètes. La seconde, c'est que même ses propres parents le transperceront à cause de sa prophétie, sachant pertinemment qu'il s'agit d'une fausse prophétie.
Et pourquoi est-il précisé « son père et sa mère qui lui ont donné la vie » (yoldav) ? Le Malbim explique : les éducateurs, c'est-à-dire une nourrice ou des parents adoptifs, sont également désignés au sens large par les termes de père et de mère. C'est pourquoi le texte ajoute souvent « qui lui ont donné la vie » - pour désigner expressément ses géniteurs et non des parents adoptifs. De même dans l'expression « ta mère qui t'a enfanté », sans quoi on aurait pu penser qu'il s'agissait d'une mère adoptive.
וְהָיָה בַּיּוֹם הַהוּא יֵבֹשׁוּ הַנְּבִיאִים אִישׁ מֵחֶזְיֹנוֹ בְּהִנָּבְאֹתוֹ וְלֹא יִלְבְּשׁוּ אַדֶּרֶת שֵׂעָר לְמַעַן כַּחֵשׁ׃ - En ce jour-là, les prophètes auront honte, chacun de sa vision lorsqu'il prophétisera, et ils ne revêtiront plus de manteau de poil pour tromper leur monde.
En ce jour-là, chacun d'eux aura honte de sa vision : il comprendra que ce qu'il a contemplé n'était qu'une vision mensongère, le simple fruit de son imagination, et il aura donc honte de prophétiser. De plus, « ils ne revêtiront plus le manteau de poils ». Le manteau de poils était un vêtement distinctif propre aux prophètes et aux nazirs, et quiconque désirait leur ressembler et passer pour un prophète revêtait un tel manteau - se confectionnant ainsi un déguisement. Le prophète annonce qu'ils n'agiront plus ainsi et que, bien au contraire, en ne le portant pas, chacun pourra prétendre : « Je ne suis pas prophète, puisque je n'ai pas de manteau de poils ! » Tel est le sens de « pour tromper » (lema'an ka'hech) selon le Malbim : afin de pouvoir nier et affirmer qu'il n'est nullement prophète.
Le Malbim propose une autre explication : le manteau de poils est semblable à un habit de sac, et le sac affaiblit la chair, c'est-à-dire qu'il la mortifie et l'émacie, comme dans le verset « et ma chair a dépéri, privée d'huile » (oubechari ka'hach michamen). Dès lors, l'expression « lema'an ka'hech » ne viendrait pas du déni ou du mensonge, mais de l'amaigrissement et de l'exténuation du corps, ces mortifications qu'ils s'imposaient servant pour ainsi dire à faire reposer sur eux l'esprit d'impureté.
Rachi explique une chose qui semble avoir été rédigée à notre époque : telle est la coutume des séducteurs et des égareurs, ils se drapent dans leur talith comme s'ils étaient de saints Tsadikim, afin que leurs mensonges soient acceptés. En somme, Rachi connaissait déjà le phénomène de certains prétendus « babas ». Toutes sortes d'imposteurs qui enfilent une cape dénichée dans le grenier d'un grand-père du Maroc, prétendant qu'il s'agit du manteau d'un illustre rabbin ; ils s'enveloppent de leur talith, certains portent même leurs téfilines toute la journée tout en commettant leurs abominations, et quiconque les aperçoit s'imagine avoir affaire à un saint homme - « afin que leurs mensonges soient acceptés », pour faire croire à un maître authentique, et non à Ali Baba et les quarante voleurs.
Généralement, tout cela va de pair, car chez tous ces imposteurs, la caisse est bien garnie et les rentrées d'argent sont très organisées. On a déjà vu un homme se faire envoyer chez l'un d'eux, s'entendant dire que le rabbin pouvait lui faire un « tikoun » : un tikoun standard pour 600 shekels, et un tikoun « extra » - où le rabbin ouvre l'Arche sainte - pour 1 200 shekels. C'était il y a une vingtaine d'années, quand 1 200 shekels représentaient toute une allocation mensuelle de kollel ! L'homme fit remarquer que c'était une somme considérable, mais on lui répondit : « Ne vous inquiétez pas, il y a le prélèvement automatique, la carte bancaire, un secrétariat, tous les moyens de paiement sont prévus, l'essentiel est de payer. » C'est précisément cela : « ils revêtent un manteau de poils pour tromper ». L'homme endosse une cape, devient un « baba », puis se transforme en Ali Baba et les quarante voleurs. C'est le genre de supercherie et de tromperie que l'on observe malheureusement de nos jours. Les grands d'Israël ont d'ailleurs vigoureusement mis en garde contre ces pratiques et appelé à s'en écarter totalement.
וְאָמַר לֹא נָבִיא אָנֹכִי אִישׁ־עֹבֵד אֲדָמָה אָנֹכִי כִּי אָדָם הִקְנַנִי מִנְּעוּרָי׃ - Et il dira : « Je ne suis point prophète, je suis un cultivateur de la terre, car un homme m'a asservi dès ma jeunesse. »
Le Metsoudat David explique : il niera et dira : « Je ne suis point prophète, je suis un simple cultivateur de la terre. » Et si on lui demande pourquoi il s'isole dans les champs, à la manière des prophètes qui recherchaient la solitude dans la nature, il répondra que ce n'est nullement pour recevoir une prophétie, mais bien pour accomplir son labeur agricole, labourer et semer. Quant aux mots « car un homme m'a acquis (hiknani) dès ma jeunesse », il propose une explication novatrice : même ce que j'ai prophétisé dans ma jeunesse - car il s'agit d'individus ayant un passé de prophètes - ne venait pas de la parole d'Hachem ; c'est un séducteur semblable à moi qui m'a inculqué cet art trompeur de la fausse prophétie, m'a dupé et fourvoyé. En d'autres termes : ce que vous m'avez vu prophétiser autrefois n'était qu'illusion, un imposteur m'a en quelque sorte transmis la pratique prophétique dès ma jeunesse et je croyais que c'était vrai. À présent, il cherchera par tous les moyens à s'en désolidariser, comprenant la honte et l'ignominie de ses actes passés.
Le terme « hiknani » fait l'objet de plusieurs interprétations. La première est celle mentionnée ci-dessus : un séducteur lui a inculqué la fausse prophétie. Rachi rapporte au nom de Menahem que le mot dérive de « mikné » (bétail), c'est-à-dire : je ne me mêle nullement de prophétie, on m'a chargé dès ma jeunesse de garder le bétail - on m'a préposé aux troupeaux. Le Malbim, quant à lui, explique que « hiknani mine'ouraï » signifie que quelqu'un l'a acheté dès son jeune âge comme ouvrier asservi pour cultiver son champ. De là, fait remarquer le Malbim, on mesure à quel point il sera plus honorable pour un homme de se prétendre simple paysan, et même d'affirmer qu'il est un esclave acquis à prix d'argent pour les travaux des champs, plutôt que de déclarer « je suis prophète ». L'opprobre jeté sur les faux prophètes sera si terrible qu'il préférera passer pour un esclave soumis à un maître depuis son enfance, pourvu qu'on ne l'accuse pas de prophétie.
וְאָמַר אֵלָיו מָה הַמַּכּוֹת הָאֵלֶּה בֵּין יָדֶיךָ וְאָמַר אֲשֶׁר הֻכֵּיתִי בֵּית מְאַהֲבָי׃ - Et on lui dira : « Quelles sont ces blessures entre tes mains ? » Et il répondra : « Celles dont j'ai été frappé dans la maison de mes amis. »
Mais on ne le laissera pas s'en tirer si facilement, et on le soumettra à des questions embarrassantes. Le Malbim explique : les faux prophètes, lorsqu'ils prophétisaient, se faisaient des incisions avec des épées et des lances et se frappaient mutuellement pour provoquer la transe et faire reposer sur eux l'esprit impur, faisant couler leur propre sang, comme il est dit : « Et ils se firent des incisions avec des épées jusqu'à ce que le sang ruisselle sur eux ». Lorsqu'il niera et prétendra n'être point prophète, on lui demandera : « Si tu n'es pas prophète, que signifient ces marques entre tes mains, aux articulations de tes bras - sur tes coudes ? » Ces cicatrices et ces meurtrissures prouvent incontestablement qu'il a été un faux prophète, car telle était leur coutume.
Et même cela, il le niera en disant : non, ce ne sont pas là des scarifications de faux prophètes, mais des blessures reçues dans la maison de ceux qui m'aiment ; c'est parce que je ne me suis pas conduit avec droiture qu'ils m'ont frappé. On constate une fois de plus à quel point un homme s'efforcera de nier sa qualité de prophète : il préférera admettre avoir été battu pour une mauvaise conduite, pourvu qu'on ne l'accuse pas de prophétie. Car être accusé de fausse prophétie constitue une honte immense et un opprobre éternel, selon les termes du Malbim.
חֶרֶב עוּרִי עַל־רֹעִי וְעַל־גֶּבֶר עֲמִיתִי נְאֻם ה' צְבָאוֹת הַךְ אֶת־הָרֹעֶה וּתְפוּצֶיןָ הַצֹּאן וַהֲשִׁבֹתִי יָדִי עַל־הַצֹּעֲרִים׃ - Épée, réveille-toi contre Mon berger et contre l'homme qui est Mon compagnon, dit Hachem Tsevaot ! Frappe le berger et que les brebis se dispersent, et Je ramènerai Ma main sur les humbles.
Rachi explique que l'épée s'abattra sur Essav, que le Saint, béni soit-Il, avait préposé sur le troupeau de Son exil. Essav est tel un berger auquel Hachem a confié le peuple d'Israël, mais au lieu de veiller sur le troupeau, il l'a opprimé, persécuté, traqué et massacré. C'est pourquoi le verset dit : « Épée, réveille-toi » - que l'épée s'éveille contre celui que J'avais préposé sur le troupeau de Mon exil.
Il convient de remarquer que dans nos éditions imprimées de Rachi, il est écrit : « contre celui que J'avais préposé sur le troupeau de Mon exil », sans mentionner Essav, et plus loin : « Frappe le berger - le roi de la coupable Moab ». En réalité, la main de la censure a sévi sur le texte de Rachi, et partout où apparaissaient Essav ou Rome, les censeurs ont corrigé ou effacé. Le Radak, plus ancien, cite Rachi dans sa version originale : « contre Essav, que J'avais préposé sur le troupeau de Mon exil », et « Frappe le berger - le roi de la Rome coupable ». En effet, Rome et Essav incarnent Edom, ce qui déplaisait à la censure chrétienne ; on a donc remplacé « Rome » par « Moab », nation disparue qui ne posait aucun problème, pourvu que Rome ne fût pas mentionnée.
Et qui est cet « homme qui est Mon compagnon » ? Rachi explique : celui que J'avais associé à Moi pour garder Mon troupeau comme Moi, tel un pair d'Hachem - pour ainsi dire Son égal en ce domaine, car Je garde Mon troupeau et il agit comme Mon associé, à qui J'ai dit : viens et garde toi-même Mes brebis. Dès lors, l'épée s'éveille et proclame : « Frappe le berger » - frappe Essav, le roi de Rome l'impie, car au lieu de protéger le troupeau, il l'a frappé et maltraité ; et Hachem retranchera ces bergers.
Le Radak rapporte également une explication au nom d'Ibn Ezra, selon laquelle cette prophétie décrit les nombreuses guerres qui surviendront à l'avènement du Machia'h ben Yossef. « Mon berger » désigne alors tout monarque parmi les nations auquel le Saint, béni soit-Il, a donné la domination sur la terre et qui s'imagine être un dieu, à l'instar de Nabuchodonosor ou de Hiram, roi de Tyr, qui se prenaient pour des divinités. C'est pourquoi le verset l'appelle « l'homme qui est Mon compagnon ». Selon ce sens, l'intention ne correspond pas à celle de Rachi (qui y voyait un délégué associé à la garde du troupeau), mais « Mon compagnon » reflète plutôt l'illusion de ce roi : Je l'ai désigné pour paître Israël, et dans son esprit, il se voit déjà comme Mon pair, il s'imagine être Dieu. Telle est l'illusion mégalomane de ce roi. Dès lors, « frappe le berger » signifie qu'Hachem frappera ce souverain et retranchera ces dirigeants issus des nations qui prétendent gouverner le peuple d'Israël.
« Et que le troupeau se disperse » : les brebis elles aussi se disperseront, c'est-à-dire qu'elles sortiront de l'exil. Et qui sont « les petits » (hatso'arim) ? Le Malbim explique : ce sont les subalternes, les prêtres placés sous son autorité, qui s'imposent des privations en son honneur pour vivre dans l'ascétisme, comme cela est connu. Ici encore, le Malbim s'exprime par allusion : il fait référence aux moines, ces ascètes qui font vœu de célibat et d'abstinence ; à leur sujet également, le Saint, béni soit-Il, déclare : « et Je ramènerai Ma main » pour sévir contre eux.
וְהָיָה בְכָל־הָאָרֶץ נְאֻם־ה' פִּי־שְׁנַיִם בָּהּ יִכָּרְתוּ יִגְוָעוּ וְהַשְּׁלִשִׁית יִוָּתֶר בָּהּ׃ - Et il arrivera dans tout le pays, oracle de Hachem, que deux parts y seront retranchées et périront, et la troisième y subsistera.
Le Malbim explique : l'épée se lèvera, dressant l'homme contre son semblable, et les deux tiers seront retranchés ; il ne restera alors qu'un tiers, constitué par les adeptes de la vraie foi, laquelle subsistera avec ses fidèles. Remarquons qu'ici non plus, le Malbim n'écrit pas expressément « le judaïsme », mais « les adeptes de la vraie foi » ; afin de ne pas s'attirer les foudres des chrétiens, il n'a pas écrit noir sur blanc que la chrétienté serait anéantie. Or, sachant qu'il existe trois grandes religions, si un tiers seulement subsiste, composé des fidèles de la foi véritable, cela signifie que les deux autres - l'Islam et le christianisme - disparaîtront, et que seule la troisième subsistera.
Le Radak propose quant à lui deux explications : selon certains, c'est un tiers des habitants de la terre d'Israël qui subsistera ; selon d'autres, il s'agit d'un tiers des habitants du monde entier, signifiant que les deux tiers de l'humanité périront. Le Radak précise que parmi les nations du monde également, seuls les justes subsisteront, ceux qui serviront le Tout-Puissant, tandis que les deux tiers - deux parts d'entre eux - seront retranchés : certains par l'épée, comme nous l'avons vu au verset précédent (« Épée, réveille-toi »), et d'autres « expireront », c'est-à-dire par la peste et les épidémies. Et la troisième part, celle qui subsistera, demeurera sur la terre des vivants. Rachi, pour sa part, enseigne que le tiers restant se convertira au judaïsme et vivra : il n'y aura plus de nations idolâtres, car les survivants acquerront tous le statut de prosélytes.
וְהֵבֵאתִי אֶת־הַשְּׁלִשִׁית בָּאֵשׁ וּצְרַפְתִּים כִּצְרֹף אֶת־הַכֶּסֶף וּבְחַנְתִּים כִּבְחֹן אֶת־הַזָּהָב הוּא יִקְרָא בִשְׁמִי וַאֲנִי אֶעֱנֶה אֹתוֹ אָמַרְתִּי עַמִּי הוּא וְהוּא יֹאמַר ה' אֱלֹהָי׃ - Et je ferai passer ce tiers par le feu, je les épurerai comme on épure l'argent, et je les éprouverai comme on éprouve l'or. Il invoquera mon Nom et je lui répondrai ; je dirai : « C'est mon peuple ! », et il dira : « Hachem est mon Dieu ! »
Rachi, fidèle à sa démarche, explique qu'il s'agit ici des convertis : ce tiers restant parmi les nations qui se convertira subira et portera les épreuves des douleurs messianiques (Hevlé Machia'h) ainsi que les guerres de Gog et Magog aux côtés d'Israël. Et pourquoi ? Parce que ce sera là leur grand test, où l'on éprouvera s'ils se sont véritablement joints au peuple d'Israël avec l'intention sincère de partager son destin, ou bien s'ils retourneront à leurs anciennes voies. Rachi souligne d'ailleurs que beaucoup d'entre eux commenceront par faire défection pour se rallier à Gog. Ce sera donc une épreuve d'une authenticité absolue, et c'est pourquoi il est dit : « Et je ferai passer ce tiers par le feu, et je les épurerai » - il y aura ici un travail d'épuration et de clarification pour discerner qui s'est converti en toute sincérité et qui l'a fait par simple opportunisme afin de chercher protection auprès du peuple d'Israël. Alors seulement, « lui invoquera mon Nom et je lui répondrai » : lorsqu'il priera, c'est vers Hachem qu'il se tournera en proclamant « Hachem est mon Dieu », et non plus vers ses anciennes divinités. Voilà pour l'explication de Rachi.
Le Malbim, quant à lui, explique que l'expression « je ferai passer ce tiers par le feu » se rapporte au tiers des enfants d'Israël qui subsistera : Je les ferai passer par le feu des épreuves et des souffrances afin de les débarrasser de leurs scories, à la manière de l'orfèvre qui purifie le métal au creuset. « Et je les éprouverai » - c'est une étape supplémentaire : une fois les impuretés grossières ôtées, une nouvelle vérification permettra de constater s'ils ont été convenablement raffinés, à l'image de l'or que l'on fond et que l'on affine avec bien plus d'exigence que l'argent. Et au terme de ce processus, seuls subsisteront les justes parfaits.
Et qui sont ces justes parfaits ? « Il invoquera mon Nom et je lui répondrai » - un juste d'une telle envergure que dès qu'il priera, sa supplication sera immédiatement agréée. « Je dirai : C'est mon peuple !, et il dira : Hachem est mon Dieu ! » - un homme qui aura mérité une véritable proximité avec le Créateur, acceptant pleinement et sans partage son joug divin, proclamant exclusivement « Hachem est mon Dieu », sans compromis avec des divinités étrangères, des idéologies trompeuses ou des croyances vaines. Telle sera l'épuration et l'épreuve des temps messianiques.
Les maîtres d'Israël soulignent déjà que telles sont précisément les épreuves de notre génération. Nous vivons une époque d'affinage, de clarification et d'épuration, un temps où le Ciel sonde les cœurs pour savoir si nous appartenons réellement à Hachem, ou si l'on se laisse attirer par toutes les sottises et les vanités ambiantes, affirmant croire au Saint béni soit-Il tout en accordant du crédit à mille et une futilités. Marche-t-on avec les sommités de la Torah (Guedolé Israël), ou marche-t-on au rythme de son smartphone ? Où se situe-t-on véritablement ? C'est là-dessus que l'on sera jaugé, et dans le monde futur, nul ne pourra justifier la possession d'un appareil non conforme.
Toute la difficulté de l'époque réside dans ce sentiment illusoire de dépendance absolue, l'impression qu'il est impossible de vivre sans cet outil. Pourtant, il y a dix ans à peine, chacun s'en passait parfaitement, vivait et subsistait, Baroukh Hachem. Aujourd'hui encore, certaines personnes font le choix de n'avoir aucun téléphone portable, pas même un appareil cacher. Le Rav Yits'hak Yossef a lui-même confié que la simple détention d'un téléphone le distrayait de son étude, raison pour laquelle il n'en porte absolument aucun. Certes, tout le monde n'atteint pas un tel niveau d'exigence, et des appareils strictement filtrés ont été conçus pour répondre aux besoins indispensables ; mais c'est précisément pour cela qu'il n'y a plus aucune excuse pour manipuler des contenus non autorisés. Notre époque en est une de tamisage, de discernement et de purification, et c'est au sein de cette réalité que chacun choisit son camp : fait-on partie des serviteurs dévoués d'Hachem, ou à Dieu ne plaise, de l'opposé ?
Le chapitre s'ouvre sur la source d'eau qui jaillira pour la maison de David et les habitants de Jérusalem : au sens littéral, une source d'eaux vives servant aux aspersions purificatrices et aux cendres de la vache rousse ; au sens figuré, le fleuve de la connaissance, de la Torah et de la foi qui lavera des souillures de l'ignorance et des fausses croyances, se propageant d'abord à Jérusalem avant d'inonder la terre entière. Le prophète dépeint ensuite l'éradication des idoles et des faux prophètes, au point que l'imposteur lui-même rougira de ses prétendues visions, préférant passer pour un laboureur ou un simple esclave plutôt que de revendiquer le titre de prophète. Enfin retentit l'oracle de l'épée frappant le berger, entraînant la disparition des deux tiers et la préservation du dernier tiers, lequel traversera le feu de l'affinage et l'épreuve de l'or jusqu'à ce que ne subsistent que les justes intègres, ceux dont l'appel vers Hachem sera immédiatement exaucé. C'est là également le défi majeur de notre génération : un temps d'affinage, de discernement et d'épuration. Puisse Hachem nous accorder le mérite de Le servir d'un cœur entier, Amen et Amen.