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Chapitre 59 - Vos fautes vous séparent - Partie 1

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Sefer Yeshayahou, chapitre 59. "Voici, la main de Hachem n'est pas trop courte pour sauver, ni son oreille trop sourde pour entendre." Si vous n'avez pas été sauvés, ce n'est pas à cause d'une main trop courte de Hachem. Ici en réalité il revient au chapitre précédent. Dans le chapitre précédent, nous avons vu qu'il y a une plainte : pourquoi crions-nous et le Saint béni soit-Il ne répond pas ? Pourquoi prions-nous et le Saint béni soit-Il ne sauve pas ? La réponse est : la main de Hachem n'est pas trop courte pour sauver. Ce n'est pas par manque de puissance que vous n'avez pas été sauvés jusqu'à aujourd'hui. Et c'était en réalité l'argument, pour ainsi dire : pourquoi le Saint béni soit-Il ne nous sauve-t-Il pas ? Peut-être sa main est-elle trop courte ? Peut-être son oreille est-elle trop sourde pour entendre ? Le Malbim explique : "sa main est trop courte" signifie un manque de capacité. Peut-être le Saint béni soit-Il ne peut-Il pas nous sauver. "Son oreille trop sourde pour entendre" signifie que Hachem le peut, mais qu'Il ne veille plus sur nous. Il ne pose plus les yeux sur nous. Et s'Il ne veille pas sur nous, alors bien des malheurs peuvent survenir, et le Saint béni soit-Il aurait pour ainsi dire l'oreille trop sourde pour entendre. Hachem, pour ainsi dire, ne nous entend pas, Il est loin, Il ne veut pas connaître notre détresse.

"Mais ce sont vos fautes qui font séparation entre vous et votre Dieu, et vos péchés qui vous ont caché sa face pour ne plus entendre." Le prophète dit : je vais vous donner la solution de la chose. Savez-vous quelle est la raison pour laquelle, pour ainsi dire, vous voyez que vous criez et que le Saint béni soit-Il ne répond pas ? Ce n'est pas que la main de Hachem soit trop courte pour sauver, ni que son oreille soit trop sourde pour entendre, mais ce sont vos fautes qui constituent une barrière. Elles constituent comme des voiles séparateurs, comme nous disons à Yom Kippour et à Roch Hachana, des voiles qui séparent entre nous et Hachem béni soit-Il. Vos fautes ont fait séparation entre vous et votre Dieu, et vos péchés vous ont caché sa face pour ne plus entendre.

La voie du Malbim est toujours d'expliquer que la faute (avon) exprime l'hérésie. La faute vient toujours du terme de déformation, déformation de l'intellect. En revanche le péché (het), le péché n'est pas nécessairement lié à l'hérésie, mais au fait de suivre ses désirs. C'est pourquoi le péché exprime davantage une erreur involontaire que la faute. Car la faute est une déformation de l'intellect : l'homme a déformé son intellect afin de suivre le néant. En revanche le péché est davantage involontaire, car l'homme se laisse entraîner par son désir. Et le péché exprime toujours une erreur involontaire. Les péchés signifient se laisser entraîner par le désir et suivre les affaires de la matérialité et du corporel, et par là s'éloigner de Hachem.

Sur cela il vient leur dire : voyez, vous avez d'abord vos fautes. La faute, c'est l'hérésie. Et cela relève de la notion de séparation. Le Malbim dit : l'hérésie est un mur, une séparation, une barrière, entre nous et Hachem béni soit-Il. C'est une muraille entre nous et Hachem béni soit-Il. Et c'est cela : vos fautes ont fait séparation entre vous et votre Dieu. Cette séparation est un éloignement à la fois de notre côté et du côté de Hachem. De ton côté, tu es hérétique, tu ne veux pas accepter la foi en Hachem. Du côté de Hachem, Hachem ne sauvera certainement pas celui qui Le renie. Ainsi, en pratique, des deux côtés les fautes font séparation entre vous et votre Dieu. Remarquez : c'est pourquoi ici l'expression est "entre vous et votre Dieu". Bilatéral. Entre toi et Hachem, et entre Hachem et toi.

En revanche, au sujet des péchés, il dit seulement "vous ont caché sa face". Il ne dit pas "entre vous et Hachem", mais seulement Hachem par rapport à vous. Et pourquoi ? Parce que les péchés, comme nous l'avons dit, ne renient pas Hachem. On ne peut donc pas dire que je cache ma face de Hachem. Je continue à croire en Hachem, je continue seulement à suivre les désirs de mon cœur. Mais qu'est-ce que cela provoque ? Que le Saint béni soit-Il cache sa face de toi. Et c'est ce qui est dit : "vous ont caché sa face". Je ne peux pas dire "entre vous et votre Dieu", car toi tu ne caches pas ta face de Hachem, mais Hachem cache sa face de toi. C'est pourquoi "vous ont caché sa face pour ne plus entendre".

Le Malbim dit : les deux membres du verset se correspondent. Face à ce qu'ils ont argué, face à ce que nous avons dit : la main de Hachem n'est pas trop courte, tu penses que la main de Hachem est trop courte ? Que le Saint béni soit-Il s'empêche ? Il répond : non, ce sont vos fautes qui font séparation. Et à cause de cela, pour ainsi dire, Hachem ne peut pas te sauver, il y a un mur séparateur. Et face à ce que vous dites : son oreille est trop sourde pour entendre, c'est-à-dire qu'Il entend mais n'entend pas bien, son oreille est lourde pour entendre. Sur cela il dit : Hachem cache sa face. Cacher sa face, ce n'est pas un mur. Cacher sa face, c'est sentir ta présence mais ne pas sauver. Un mur, cela signifie pour ainsi dire que Hachem s'est retiré. En revanche, cacher sa face, c'est comme "trop sourde pour entendre". Vous pensez que son oreille est trop sourde pour entendre, ce n'est pas que son oreille soit trop sourde pour entendre, comme s'il fallait crier beaucoup jusqu'à ce que Hachem entende. Non, il y a une occultation de la face. Et cette occultation de la face découle de vos péchés, du fait que vous suivez les désirs de votre cœur.

Le Maharcha explique, il y a un Maharcha dans Sanhédrin 65, qui dit d'après ce qui est expliqué par les maîtres de la vérité : à chaque action de l'homme est créée une chose spirituelle selon l'action, qu'elle soit bonne ou mauvaise. Et les anges destructeurs qui proviennent de vos fautes, ce sont eux qui faisaient séparation entre vous, empêchant que l'esprit saint ne repose sur vous. Que signifie "vos fautes faisaient séparation" ? Il dit : au sens littéral. Il dit : ce n'est pas que tu aies un péché et qu'en conséquence Je cache ma face, que Je ne regarde pas. Il dit : non, ce n'est pas ainsi. Mais c'est cela même, la faute elle-même, qui cache. Pourquoi ? Parce qu'en réalité la faute est la création d'un ange destructeur. Et dès l'instant où tu as créé un ange destructeur, cet ange destructeur se tient entre toi et Hachem béni soit-Il. C'est donc au sens littéral : vos fautes font séparation. La faute elle-même, l'ange destructeur lui-même qui est le produit de la faute, c'est lui-même qui sépare. Ce n'est pas une action de punition, du genre : puisque tu as péché, en conséquence Je cacherai ma face. Non. Mais péché signifie que tu as créé ici un ange destructeur, et le Saint béni soit-Il dit : Je n'ai pas la possibilité de me lier à toi. L'ange destructeur se tient là au milieu. C'est donc au sens littéral : vos fautes faisaient séparation entre vous et votre Dieu.

"Car vos mains sont souillées de sang, et vos doigts d'iniquité ; vos lèvres profèrent le mensonge, votre langue murmure la perfidie." "Car vos mains sont souillées de sang", c'est-à-dire qu'il commence maintenant à énumérer les fautes qu'ils ont, en lien avec ce qu'il a dit précédemment. Vous versez le sang innocent. "Vos doigts d'iniquité", de quoi parle-t-il ici avec les doigts ? Le Radak donne deux possibilités. Soit comme nous l'avons vu plus haut, que l'homme tend un doigt accusateur envers son prochain. Soit, si c'est plus grave, que l'homme donne un coup de poing à son prochain, et le poing est fait de doigts. Donc "vos doigts d'iniquité". "Vos lèvres profèrent le mensonge", cela parle de la faute par la parole. "Votre langue murmure la perfidie", ce qui est également lié à la faute, au péché de la bouche. Quant à "vos mains sont souillées", que signifie "souillées" ? Le Radak l'explique, et Rachi aussi, que cela vient du terme de saleté. Comme "un pain souillé", ce qui désigne un pain sali.

Le Malbim explique qu'il y a ici une référence à deux sortes de fautes. Il y a la faute entre l'homme et son prochain, et c'est la première partie : "car vos mains sont souillées de sang". Toute la main est souillée par l'effusion de sang. Puis il passe à parler des doigts. Le Malbim dit : lorsque nous parlons de la main puis des doigts, cela signifie que nous avons parlé du général puis que nous sommes descendus aux détails. Car les doigts sont les détails de la main. Ainsi, dit le Malbim, au début il parle du fait que toute la main est souillée par le sang de l'effusion de sang. Puis les doigts, cela désigne les détails des actions, l'aboutissement des actes, cela aussi est fait dans la faute. Que veut-il dire ? Cela parle de la première partie, qui parle de l'acte délibéré, de l'hérétique qui accomplit ses actes avec mépris. Il dit : vos mains sont pleines de sang. "Vos lèvres" : maintenant il passe à parler de l'homme envers Dieu. "Vos lèvres profèrent le mensonge", cela désigne des croyances corrompues, des opinions mensongères. Et non seulement vous faites cela seulement du bout des lèvres, "vos lèvres profèrent le mensonge", mais aussi "votre langue murmure la perfidie".

Le Malbim explique en plusieurs endroits, et nous le rapportons surtout dans les cours sur Sefer Michlé, qu'il y a une différence entre "vos lèvres" et "votre langue". Chaque fois qu'il est écrit "lèvre", cela parle de la parole extérieure. "Langue" parle de la parole intérieure. C'est pourquoi, en lien avec la langue, nous trouvons toujours l'expression "murmurer", "penser". Pourquoi ? Parce qu'en réalité cela parle de la parole intérieure. Que dit l'homme en lui-même ? Que penses-je pour moi-même ? L'expression la plus appropriée est alors "langue", car la langue est intérieure. En revanche, la lèvre, les lèvres sont extérieures. Il y a donc ce que tu émets au-dehors, comment tu t'exprimes, et il y a ce qui se passe en toi à l'intérieur, comment tu parles avec toi-même. C'est pourquoi ici il dit : vous avez deux choses, deux défauts. Non seulement la première partie, qui est la parole extérieure, "vos lèvres profèrent le mensonge" (car parfois il peut y avoir une situation où au plus profond de moi je connais la vérité mais je profère des mensonges, et c'est moins grave que de me tromper moi-même aussi ; car si au plus profond de moi je connais la vérité et profère des mensonges, il y a une chance qu'un jour je revienne encore dans le droit chemin, il y a une chance qu'un jour je me repente et change mes voies ; mais si non seulement je profère le mensonge, mais que je crois aussi au mensonge que je profère, quelles sont mes chances de me corriger ? Les chances sont minces, car je suis imprégné de foi dans le mensonge). C'est pourquoi il dit : il y a ici une faute au-delà du péché. La première partie, "vos lèvres profèrent le mensonge". On aurait pu penser que peut-être, plus à l'intérieur, vous connaissez au moins la vérité, et alors vous avez une chance. Il dit : non, "votre langue", ce qui, comme nous l'avons expliqué, est la parole intérieure, "murmure la perfidie". Vous le pensez aussi et le murmurez ainsi dans votre cœur. De sorte qu'en pratique il n'y a aucune chance de vous corriger, car vous croyez à votre mensonge, et à l'intérieur aussi votre langue, qui est la parole intérieure, murmure la perfidie. Alors comment peut-on corriger cette situation ?

Et puisqu'il en est ainsi : "Nul n'invoque avec justice, nul ne plaide avec sincérité ; on se fie au néant, on profère des paroles vaines, on conçoit la peine et on enfante l'iniquité." Le Radak explique : "nul n'invoque avec justice" signifie qu'il n'y a personne pour reprocher à son prochain et lui dire : accomplis tes actes avec justice. C'est-à-dire que s'il y a un péché et une faute, et qu'il y a encore quelqu'un qui reprend, il y a une chance de correction. Mais "nul n'invoque avec justice". Il n'y a même pas quelqu'un qui se lèverait et crierait : Messieurs, il faut qu'il y ait de la justice. Nul n'invoque avec justice.

Le Targoum Yonatan dit une chose qui est un reproche terrible pour chacun d'entre nous : "Il n'y a personne qui prie en vérité." Il n'y a personne qui prie une prière véritable. Il n'y a personne qui prie vraiment. C'est-à-dire qu'ici, quand l'homme prie, sa prière est du bout des lèvres. Bien souvent, tant il est pressé de partir, sa prière est du bout des lèvres et il est aussi stressé. Vous comprenez ? Tant il est stressé, sa prière est du bout des lèvres. Et le plus terrible dans tout cela, c'est qu'en réalité "de leur bouche et de leurs lèvres ils Me glorifient, mais leur cœur est loin de Moi". Sur cela il dit : il n'y a personne qui prie vraiment. "Hachem est proche de tous ceux qui L'invoquent", à quelle condition ? "De tous ceux qui L'invoquent en vérité." L'essentiel de la chose, c'est en vérité.

Un des grands d'Israël a dit un jour que l'homme prie sur beaucoup de sujets. Mais il y a un sujet sur lequel l'homme prie de tout son cœur. Et lequel ? La subsistance. Il dit : malheureusement, c'est justement sur la subsistance que nous prions de tout notre cœur. Mais sur la venue du Machiah, sur le salut de Hachem, sur le fait que les malfaisants disparaissent de la terre, que cessent les faiseurs de méchanceté, que le Saint béni soit-Il soit roi sur toute la terre, Lui seul, sur cela il dit que notre prière n'est pas véritable. Quelqu'un a dit un jour à un des grands d'Israël : regarde, il exposait devant lui ses malheurs. Et il lui dit : Rabbi, quand donc viendra le Machiah ? Ce Admour lui répondit : je suis désolé de te décevoir, mais le Machiah que tu attends ne viendra jamais. Et le Machiah qui viendra, c'est quelqu'un que tu n'as jamais attendu. Que veux-tu dire ? Je l'attends toujours, comment cela, comment ? Les paroles du Rav sont pour moi une énigme. Le Rav lui dit : je vais t'expliquer. Le Machiah viendra pour révéler la lumière de Hachem dans le monde. Le Machiah ne viendra pas résoudre les problèmes de ton découvert à la banque. Et si l'homme attend le Machiah pour cela, alors il lui dit : ce n'est pas ce Machiah qui viendra. Le Machiah que tu attends ne viendra jamais. Et celui qui viendra n'a pas l'intention de réaliser tes projets. C'est donc quelqu'un que tu n'as jamais attendu. Car il viendra révéler la lumière de Hachem dans le monde, afin d'enseigner l'intelligence aux égarés. Il dit : c'est cela que tu attendais ? C'est ce Machiah-là que tu attendais ? C'est sur cela que tu as prié ? De sorte qu'en pratique, ce que dit le Targoum est terriblement effrayant : "il n'y a personne qui prie en vérité". Il n'y a personne qui prie vraiment en vérité, de tout son cœur. Sur cela nous disons : pourquoi le fils de Yichaï n'est-il pas venu ? Mais bien à cause de vous. Les maîtres du moussar disent : pourquoi le fils de Yichaï n'est-il venu ni hier ni aujourd'hui ? On prie déjà depuis des milliers d'années pour le Machiah. Pourquoi ? Parce que nos prières sont pour le pain. Nous demandons qu'il y ait de la subsistance, c'est pourquoi nous réclamons le fils de Yichaï. Nous demandons que soient supprimés les décrets économiques, c'est pourquoi nous voulons le Machiah. C'est donc pourquoi le fils de Yichaï n'est pas venu, car les prières ne sont pas pour le fils de Yichaï, elles sont pour le pain. Les demandes sont pour le pain. C'est cela qu'il dit : "nul n'invoque avec justice", "il n'y a personne qui prie en vérité".

"Nul ne plaide avec sincérité", pourquoi ? Parce que le juge fausse le jugement. "On se fie au néant, on profère des paroles vaines." Quand l'homme parle avec son ami, il lui parle avec une chose dans la bouche et une autre dans le cœur. Il lui parle vainement. Et sur quoi s'appuie-t-il ? Comment te permets-tu de mentir ainsi à ton ami ? Il se fie au néant. Que signifie "se fier au néant" ? Il s'appuie sur une chose sur laquelle on ne peut pas s'appuyer, à savoir que l'ami ne devinera sûrement pas que je l'entortille par la tromperie, que l'ami ne devinera sûrement pas que je le trompe. Alors tu te fies au néant, tu t'appuies sur une chose qui est néant et tu te permets de tromper ton ami et de proférer des paroles vaines.

"On conçoit la peine et on enfante l'iniquité." La pensée, dit le Radak, c'est l'idée. C'est ce que l'on appelle les premières étapes de la réalisation de la chose. Ensuite, quand j'accomplis l'action, cela est déjà considéré comme un enfantement. C'est déjà la mise en œuvre. Je planifie d'abord et ensuite je réalise. Il dit donc : chez vous, même les projets, "on conçoit la peine". L'idée elle-même est peine. "Peine" (amal) vient toujours exprimer le mensonge, comme dans "des écrits de peine". "Et on enfante l'iniquité." C'est pourquoi il n'est pas étonnant qu'en fin de compte vous enfantiez l'iniquité, vous enfantez, les résultats de la chose sont l'iniquité et le mensonge. Des actions qui sont des actions de mal, de corruption.

Le Metsoudat David explique davantage : "on conçoit la peine et on enfante l'iniquité". Parfois un homme a fait une action négative. Pourquoi as-tu fait cela ? En vérité, non, je n'ai pas beaucoup réfléchi. C'est moins grave que si tu lui demandes pourquoi as-tu fait cela ? Oui, parce qu'il le mérite, il doit recevoir cela. Quand l'homme fait le mal de manière planifiée, cela indique une méchanceté du cœur. Quand l'homme fait le mal impulsivement, tu peux dire, allons, un moment de folie passagère. Il y en a chez qui la folie passagère est permanente, c'est un problème. Mais en tout cas, tu dis qu'il n'a pas fait attention, qu'il a réagi de manière irrationnelle, illogique. Mais chez vous, dit le prophète, "on conçoit la peine". Vous planifiez d'abord soigneusement la chose de peine et de falsification, et ensuite "on enfante l'iniquité". Et alors vous réalisez l'action. C'est très grave. Cela signifie que tout votre mal est planifié. Ce n'est pas un mal fortuit fait sur le moment, impulsivement. "Nul n'invoque avec justice", il n'y a personne qui invoque Hachem avec justice et intention du cœur, comme la ligne que le Targoum Yonatan a suivie.

Le Malbim dit : après nous avoir décrit toutes les injustices qui étaient en eux, il dit qu'il y a un problème supplémentaire : il n'y a personne qui reprenne, comme nous l'avons expliqué d'après le Radak, "nul n'invoque avec justice". Maintenant, au sujet de "avec justice", le Malbim dit que cela concerne les affaires entre l'homme et son prochain. "Nul ne plaide avec sincérité", c'est la foi entre nous et Dieu. C'est "nul ne plaide avec sincérité". Cela signifie qu'il n'y a personne non plus qui reprocherait le fait que nous commettons des transgressions et des affaires entre nous et Hachem béni soit-Il. "On se fie au néant, on profère des paroles vaines." Le Malbim dit : chez les hérétiques il y a deux catégories. Le Malbim parle des hérétiques d'autrefois, qui étaient des hérétiques d'un certain niveau. Aujourd'hui, les hérétiques d'aujourd'hui, ce sont les émissions de télé-réalité. C'est le niveau, n'est-ce pas ? Le niveau des chaussures. Non, pas de niveau. Mais autrefois les hérétiques venaient avec des arguments. Ils venaient avec des raisonnements, ils venaient avec des prémisses. Le Malbim dit : il y avait deux sortes d'hérétiques. Autrefois aussi, il y en avait qui ne se fondaient sur rien. Pourquoi es-tu hérétique ? J'en ai envie. Voilà. Je ne crois pas, un point c'est tout. Laisse-moi tranquille. C'est une sorte d'hérésie. Ils n'ont ni preuves, ni démonstrations, ni arguments. Avec ceux-là il est très difficile de discuter. Dès l'instant où l'homme vient et présente des arguments, je peux entrer en débat avec lui. Mais dès l'instant où l'homme dit laisse-moi tranquille, j'en ai envie, voilà, il n'y a pas grand-chose à discuter avec lui. C'est la première catégorie. C'est elle qu'il définit par "on se fie au néant, on profère des paroles vaines". Ils profèrent des paroles vaines et se fient d'une confiance de néant. Car de toute façon, si tu venais avec un argument, je dirais qu'il y a de quoi fonder ta confiance. Mais si tu viens sans argument, sur quoi te fies-tu ? Tu te fies au néant. Ta confiance est une confiance vide, une confiance vaine. Alors sur quoi te fies-tu ?

Et la deuxième catégorie : "on conçoit la peine et on enfante l'iniquité". La deuxième catégorie, c'est la catégorie qui philosophe. Comme dit le Malbim : les philosophes. Nous ne connaissons pas de telles choses aujourd'hui, mais celui qui verra les paroles du Rambam qui a composé le Guide des égarés, celui qui verra Rabbeinou Bahyé qui a composé le Chaar Hayihoud, et verra combien ils affrontent la conception philosophique, comprendra que cette conception, à ces époques, avait pris racine. Cela parle d'il y a 1000 ans, d'il y a 700 ans. La conception philosophique avait pris racine. Et il fallait affronter par des arguments les hommes de la philosophie. Ceux qui viennent démontrer toutes sortes de démonstrations qui se fondent sur des prémisses, et ces prémisses sont erronées, et par là ils en tirent toutes sortes de déductions et toutes sortes d'analogies d'une chose à l'autre et des conclusions qui sont erronées. Par exemple : toute matière est créée ou formée à partir d'une autre matière. Formée à partir d'une autre matière. Maintenant, j'ai justement donné un exemple à partir duquel on peut voir l'erreur. La conception philosophique fonctionne de la manière suivante : il y a des principes, ce sont les principes de la philosophie, et à partir de là, par la logique, par une déduction logique, par un raisonnement, on peut arriver à des conclusions. Alors si je dis que toute chose dans la création a été créée à partir de quelque chose d'autre. Il n'y a pas dans la création, vous ne trouverez pas une chose créée à partir du néant. Il n'y en a pas. Il n'y a rien qui ait été créé à partir du néant, à partir de quelque chose qui n'existait pas auparavant. Aujourd'hui on appelle cela la loi de conservation de la matière, la loi de conservation de l'énergie. Rien ne disparaît dans la création. Toujours, quand une chose disparaît, elle se transforme en autre chose. Prends un arbre, brûle-le, il s'est transformé en énergie. Ce n'est pas, il n'a pas disparu. Il n'existe pas de réalité de disparition dans le monde. Et s'il en est ainsi, toute chose a été créée à partir d'une autre force. Que peuvent argumenter les philosophes ? Alors s'il en est ainsi, on demandera aussitôt au sujet du Maître du monde : de quoi a-t-Il donc été créé ? C'est une question dont l'essence est l'hérésie. Mais la déduction elle-même est erronée. Et pourquoi ? Parce que d'où l'apprends-tu ? Du monde de la matière. Le Maître du monde est au-delà du monde de la matière, il relève de la réalité de l'esprit. La réalité de l'esprit, comment peux-tu faire des analogies à partir du monde de la matière ? Ce que tu connais dans la réalité du monde de la matière n'a aucun rapport avec la réalité de l'esprit. Voilà pour toi un exemple où l'homme vient avec une prémisse, fait une déduction et en tire une conclusion logique qui est erronée. Sur cela il dit : "on conçoit la peine". Ils posent des prémisses erronées et en enfantent des conséquences, "on enfante l'iniquité". De là ils enfantent des conséquences erronées, ils enfantent le mensonge.

"Ils couvent des œufs de vipère et tissent des toiles d'araignée ; qui mange de leurs œufs meurt, et si l'un se brise, il en sort une aspic." "Ils couvent des œufs de vipère." La vipère est une sorte de serpent malfaisant. Leurs actes sont si mauvais et si laids comme les actes des vipères, comme ceux des serpents malfaisants. "Toiles d'araignée", pourquoi appelle-t-on cela "toiles d'araignée" ? D'abord il y a l'explication de Menahem, que Rachi rapporte, qui explique que le mot "kouré" vient du terme "kourot" (poutres). Où l'araignée tisse-t-elle ses toiles ? Dans les poutres du bâtiment. C'est pourquoi on appelle cela toiles d'araignée. Donc les toiles d'araignée sont les fils que tisse l'araignée. Et "celui qui presse", que signifie "celui qui presse" ? Il écrit "si l'un se brise, il en sort une aspic". "Presser" (zoré), explique le Targoum Yonatan, cela signifie chauffer. Chauffer, qu'est-ce que cela ? Le hamin, n'est-ce pas ? Celui qui fend du bois, celui qui coupe du bois, se réchauffe avec. Donc "il lui servit de sokhenet", pas de danger (sakana). Que signifie "sokhenet" ? Réchauffante, n'est-ce pas ? "Soh'en" en arabe signifie chaud. Ainsi le Targoum l'explique, que cela signifie réchauffer, chauffer. C'est d'ailleurs aussi l'origine de l'expression du mot "chehin" (inflammation). Pourquoi "chehin" ? Parce que toute sa peau se réchauffe. C'est donc de la même racine. Donc "celui qui presse" ici vient du terme de chauffage. Celui qui réchauffe les œufs de la vipère, celui qui presse, "il en sort une aspic" : tu réchauffes l'œuf, la coquille se brise et il en sort un serpent. Comment "presser" se relie-t-il à "réchauffer", à la chaleur ? Rachi l'explique : "presser" vient du terme de pression. "Il pressa la toison." À propos de qui cela a-t-il été dit ? De Guidéon, n'est-ce pas ? Lorsqu'il fit une épreuve. Que fit-il en réalité ? Il pressa la toison et fit sortir ce qui était absorbé en elle. Une action où tu réchauffes des œufs, que se passe-t-il ? Quelque chose se brise et sort de l'intérieur. C'est donc une action semblable au pressage. Seulement la toison, on la presse par une pression forte, et l'œuf, on le presse en le réchauffant, et alors le poussin en sort et se déploie. C'est "il pressa la toison". Cela vient du terme de chauffage. "Aspic", c'est une sorte de serpent comme nous l'avons expliqué. Alors il dit : vos actes sont des actes corrompus qui enfantent la corruption.

Et le Radak explique davantage. Le Radak dit qu'il compare leurs pensées et leurs actes à des œufs de vipère. Ces œufs enfantent et produisent des serpents-vipères. Cela signifie : vos pensées sont mauvaises et vos actes sont mauvais. Et voici, tu verras, "ils couvent des œufs de vipère". Le Radak explique que cela ne se rapporte pas aux hommes, mais aux vipères. Il faudrait alors pour ainsi dire dire : les vipères font éclore les œufs. Que signifie la chose ? Qui fait éclore l'œuf quand le poussin sort ? Le poussin, de l'intérieur, n'est-ce pas ? Jusqu'à ce qu'il sorte. De même les œufs, "la vipère les fait éclore". Les vipères sont celles qui font éclore l'œuf afin d'en sortir. Comme on le sait, le serpent pond des œufs, et la vipère qui en sort sort de l'œuf, de l'œuf du serpent. Il dit donc : les vipères font éclore l'œuf et en sortent. De même eux méditent en eux-mêmes des pensées mauvaises jusqu'à les mettre en œuvre, comme la vipère qui sort de l'œuf. "Et ils tissent des toiles d'araignée." Les tissus que l'araignée tisse n'ont pas de consistance. Tu les déchires facilement. Ils tissent donc des toiles d'araignée, une chose qui n'a pas de tenue, mais il raconte des histoires et bâtit des projets, et tout est dans le mensonge. Cela n'a pas de consistance. Cela ne restera pas dans le temps. C'est comme des toiles d'araignée. De même leurs actes ne leur seront d'aucune utilité. Il est important de souligner que la toile d'araignée est considérée comme le fil le plus solide au monde. On n'a pas encore réussi à inventer un fil plus solide que la toile d'araignée. Si nous la déchirons facilement, c'est seulement parce qu'elle est très fine. Mais en réalité, la toile d'araignée est considérée, du point de vue de la matière, comme le fil le plus solide au monde. Il dit donc : en tout cas, puisqu'il est facile pour l'homme de la déchirer, il compare leurs idées à une chose tissée en toiles d'araignée qui se déchire facilement. Vous bâtissez des fondations et créez des choses dont le déchirement, la rupture, est facile, car tout est bâti sur le mensonge. "Qui mange de leurs œufs meurt." De quoi parle-t-on ici ? Celui qui mange les œufs de la vipère mourra. Pourquoi ? Parce que la vipère a du venin en elle. Et la vipère, nous l'avons dit, c'est le serpent le plus dangereux qui soit. Donc celui qui la mange, qui mange de ses œufs, mange aussi son venin, et il mourra. "Et si l'un se brise", que signifie "celui qui presse" ? Celui qui marche seulement sur les œufs de la vipère. Cela signifie, comme dans "elle oublie que le pied peut les fouler". N'est-ce pas ? "Presser" vient du terme de disperser. Quand l'homme marche et donne des coups de pied, il presse, il disperse. Ainsi celui qui mange des œufs de la vipère mourra, et celui qui ne mange pas mais dont seulement le pied les foule et heurte l'œuf, le serpent en sortira, le mordra et le tuera. "Et si l'un se brise", par le fait qu'il presse de son pied, qu'il marche, "il en sort une aspic". L'œuf se brise et il en sort une aspic qui lui nuira. De même il dit : ces gens qui sont des gens de mensonge, ces gens qui font tous leurs actes par la ruse, quiconque a un lien avec eux subira un dommage, comme l'homme qui a un lien avec un serpent.

Le Malbim explique, selon la ligne qu'il a expliquée précédemment, qu'en réalité tout parle ici de ces gens qui sont des gens, des hommes de philosophie, qui corrompent la raison par leur philosophie. Et maintenant il compare leurs conséquences et dit : la conséquence de toutes les idées philosophiques dont la source est le mensonge, leur conséquence est des œufs de vipère. Les prémisses, c'est-à-dire nous avons dit qu'il y a une prémisse, un fondement, et sur lui il bâtit sa théorie erronée. Les prémisses qu'ils utilisent pour en tirer la conséquence sont semblables à celui qui tisse des toiles d'araignée. Cela signifie : l'homme qui rapproche un raisonnement d'un autre et une idée d'une autre et a créé à la fin une chose qui est une seule erreur complète, dont tout est bâti sur des prémisses erronées, alors les résultats sont des toiles d'araignée. Ce n'est pas un tissage qui tient. C'est une chose dont, dès que tu commences à la toucher, tu verras comment elle se désagrège. De même ces gens qui font des analogies d'une chose à l'autre et rapprochent une chose d'une autre et bâtissent fondation sur fondation, alors que déjà le début du fondement est branlant, c'est comme celui qui tisse des toiles d'araignée. Mais ces fils, dit-il, ce sont des toiles d'araignée. Que signifie "toiles d'araignée" ? Non seulement à cause de leur faiblesse. D'où l'araignée tire-t-elle ses fils ? D'elle-même. De sa bouche. De sa propre bouche. C'est-à-dire, quand je viens présenter un argument et que je le bâtis sur des fondations, alors je peux dire : écoute, ce fondement, tu es d'accord avec lui, n'est-ce pas ? C'est un fondement clair. Et sur lui je bâtis un argument. Mais en revanche, si le fondement aussi c'est moi qui l'ai bâti, comment peut-on être d'accord avec ce que j'ai dit ? Car les choses que tu dis, c'est toi qui les affirmes. C'est toi qui les penses. Si tu commences avec un fondement, par exemple, le fondement est qu'il existe la force de gravitation dans la création. La force de pesanteur, une chose que tu lâches dans l'air tombe. Alors le fondement sur lequel je veux maintenant bâtir ma théorie est un fondement établi, car personne ne peut contester que la force de pesanteur existe. Alors au moins le fondement existe. Mais si je veux maintenant présenter un argument et que pour cela je pose un fondement, et que la pose du fondement n'est pas démontrée, c'est sept fois plus grave. L'autre s'est du moins trompé dans la suite, mais le fondement est clair. Mais toi, même le fondement, tu l'as inventé. Alors comment veux-tu que nous acceptions les choses ? C'est en réalité ce qu'il argue. Les œufs de vipère, c'est la conséquence. Quels sont les fondements ? Ce sont les toiles d'araignée. Cela s'effrite comme des toiles d'araignée, tu as joint un raisonnement à un autre, un argument à un autre, et tu as créé des toiles d'araignée, un lien sans consistance. Et le plus terrible, c'est que ces fils, tu les as créés toi-même. Ces fondements branlants, c'est toi qui les as inventés. Ce sont les philosophes qui viennent argumenter des arguments de vanité, inventent des fondements, y bâtissent des étages, et sur cette base viennent te vendre une marchandise finie, comme si voici leurs paroles contenaient de la vérité. Et les fondements eux-mêmes ne relèvent que de son imagination. Maintenant le verset continue et dit : face à ce que nous avons dit "ils couvent des œufs de vipère", il te dit : "qui mange de leurs œufs meurt". Cela signifie : celui qui prendra, nous avons expliqué que les œufs de la vipère, ce sont déjà les conclusions. Celui qui prendra leurs conclusions mourra. Puisque leurs conclusions sont de l'hérésie et contre la foi en Hachem et contre la réalité du Créateur, et l'idée que le monde est éternel, et encore toutes sortes d'arguments de ce genre, celui qui mange de cela, c'est-à-dire qui en vient à croire à ces choses, s'attire la mort sur lui-même. C'est "qui mange de leurs œufs", qui sont les conséquences et les conclusions. Mais "si l'un se brise, il en sort une aspic". Celui qui ne mange pas des œufs, mais les place sous un oiseau pour qu'il les réchauffe, pour qu'il en sorte des poussins, que veut-il dire ? Il ne se conduit pas selon les conséquences, mais il prend les prémisses comme nous l'avons expliqué. Les prémisses, le début de la chose, cela il le prend. C'est-à-dire les fondements sur lesquels ils ont bâti les conclusions, les fondements, lui les utilise. Il te dit : sache-le, "il en sortira une aspic". De là finiront par éclore et sortir des conclusions d'aspic, de serpent en qui il y a la mort. Que veut-il dire ? Tu n'utilises pas les conséquences, les conclusions des hérétiques. Tu veux seulement utiliser les fondements qu'ils ont utilisés. Il te dit : des fondements d'hérésie mèneront à des conséquences d'hérésie. Tu ne peux pas dire non, je ne suis pas leurs méthodes. Non, tu commences avec leurs prémisses, tu peux aussi arriver à leurs conclusions. Mais ce dont tu as besoin, c'est de laisser de côté et de ne pas utiliser et de ne pas t'occuper du tout de la pensée de l'hérésie. Sortez et voyez ce qu'on a écrit sur le Rambam, que le Rambam a nié l'existence des démons et la réalité de l'évocation par le ov et de la consultation des morts. Le Rambam a écrit que tout cela sont des vanités, qu'il n'y a pas de consistance en elles. Et que seulement des gens y croyaient, et que ce n'est pas, qu'il n'existe pas de telles choses dans la réalité. Que écrit à ce sujet le Gaon de Vilna ? "Et la philosophie maudite l'a égaré par son abondante séduction." Ainsi écrit le Gaon de Vilna. Des paroles très tranchantes. Très tranchantes, c'est ainsi qu'il a écrit sur le Rambam. La philosophie maudite l'a égaré par son abondante séduction. Cela signifie que la philosophie a un attrait, elle attire, et c'est la femme dépravée décrite dans le Sefer Michlé dont Chelomo parle abondamment. Ce sont les opinions philosophiques, c'est cela qu'il vise, la sagesse qui a attiré l'homme par ses paroles. Et le Rambam, pour ainsi dire, s'est laissé entraîner après des fondements posés par les hommes de l'hérésie et de la philosophie, Aristote dont le Rambam était un grand admirateur, et il a écrit qu'il était à un degré à peine inférieur à la prophétie. Alors il écrit à son sujet que la philosophie maudite l'a pour ainsi dire attiré, car certes il n'a pas suivi leurs conclusions, à Dieu ne plaise, mais les fondements, dans certaines choses le Rambam les a acceptés. Et à la suite de cela il n'a pas cru du tout à l'existence des démons. Et le Gaon de Vilna écrit : nous avons des Guemarot explicites et des midrachim et une infinité dans nos Sages sur les affaires des démons et sur des lois qui y sont liées, et les affaires de la consultation des morts et des descriptions dans les prophètes de l'évocation par le ov, etc. Alors comment le Rambam peut-il dire que ces choses n'existent pas dans la réalité ? Et le Rav Ratzabi écrit déjà que, bien que les Yéménites aient suivi dans leurs lois le Rambam, il écrit : en aucun cas nous n'avons accepté les opinions du Rambam dans les affaires de conception. Ainsi écrit le Rav Ratzabi de la manière la plus claire. À la différence de toutes sortes de ces novateurs de tout genre qui sont venus en cette génération et sont devenus des "rambamistes". Pour toute chose il te dit le Rambam et le Rambam et le Rambam. Tu lui dis : il y a une halakha, il y a ceci, non, le Rambam. Pour lui il n'y a que le Rambam. Et c'est une grande erreur, car en halakha nous ne tranchons pas dans de nombreuses affaires comme le Rambam, et même les Yéménites, le Rav Ratzabi rapporte qu'ils ne tranchent pas comme le Rambam mais seulement suivent dans de nombreuses affaires le Rambam, et dans les affaires de conception il écrit : nous n'avons pas accepté les opinions du Rambam. De sorte qu'en pratique, nous avons un exemple, à Dieu ne plaise nous ne serions pas capables de dire une telle chose sur le Rambam, mais nous avons un exemple des choses qu'a écrites le Gaon de Vilna, comment les prémisses de ces gens éloignés du judaïsme, ces prémisses peuvent causer une erreur, même s'il n'a pas utilisé les conclusions mais seulement utilisé les prémisses. Et c'est ce qu'il écrit ici. C'est ce qu'il dit : "si l'un se brise, il en sort une aspic". "Celui qui presse" signifie celui qui touchera seulement à cela, prendra cet œuf et voudra le réchauffer, il n'utilisera pas les conclusions mais le réchauffera seulement, utilisera les prémisses, et déjà par là il en sortira une aspic et il peut en venir à l'hérésie.

"Leurs toiles ne serviront pas de vêtement, et ils ne se couvriront pas de leurs œuvres ; leurs œuvres sont des œuvres d'iniquité, et une action de violence est dans leurs mains." "Leurs toiles ne serviront pas de vêtement." Les toiles sont si faibles qu'on ne peut en tisser rien de concret, en faire un vêtement. Et de même en fin de compte, s'ils voudront se couvrir des œuvres qu'ils ont faites, il dit : leurs œuvres sont mensonge et par conséquent ils ne pourront pas se couvrir de leurs œuvres. En mots simples : tous les arguments que tu avances ne te protégeront pas au jour du malheur. Quand viendra le malheur, tes œuvres ne te protégeront pas.

Jusqu'à présent il a parlé de l'hérésie envers Dieu. La fin du verset parle des péchés entre l'homme et son prochain. "Leurs œuvres sont des œuvres d'iniquité, et une action de violence est dans leurs mains." Ne dis pas qu'en tout cas peut-être dans l'hérésie ils sont hérétiques, mais dans les relations entre l'homme et son prochain, oh, quels hommes bons, quels hommes agréables. Un Juif m'a raconté pas plus tard qu'hier qu'un Argentin travaillait avec lui à l'école, un gardien. Et il lui dit : je veux retourner en Argentine. Il lui demande pourquoi ? Il lui dit : regarde, là-bas les gens sont si humains. Il dit : là-bas en Argentine, il n'existe pas qu'on passe à côté de toi sans te dire bonjour, bonne journée, comment vas-tu. Il dit : ici je me tourne un instant à l'école, quelqu'un vient et passe à côté de lui : dis-moi, où est la classe de CE2 ? Il lui dit : là-bas, et l'autre court. Il dit : tu as vu, pas de bonjour, pas de merci. Il dit : tu as vu le comportement des Juifs, il dit ici cela ne m'a vraiment vraiment pas plu, je veux retourner en Argentine.

Celui qui lui parlait, le Juif observant les mitsvot, lui dit : dis-moi, maintenant si un terroriste arrive ici, il y a un attentat, que Hachem nous en préserve, il se passe quelque chose. Il dit : que se passe-t-il avec tous ? Tous s'enfuient, on ne te voit plus à un mètre. Chacun ne pense qu'à lui-même. Il dit : mais tous ces gens ici dont tu dis que peut-être leur attitude envers toi est un peu vulgaire, que peut-être ils ne sont pas assez délicats, il dit : il mourra pour toi, il donnera sa vie pour toi, il entrera dans le danger pour te sauver, tu es juif, il courra pour toi. Il dit : mais qu'un non-juif meure, que lui importe de toi ? On entend sans fin des cas. Il y a eu quelqu'un un jour, il y avait une image des plus atroces et bouleversantes, une histoire qui a fait le tour du monde entier. Comment un homme est tombé dans le métro, tombé en bas, car le rail est en contrebas, il est tombé en bas. On entend le train et tout est filmé. On entend le train arriver de loin, et l'homme crie, il essaie de grimper et il glisse, essaie de grimper et il glisse, et il crie qu'on le sauve. Et on voit sur les caméras 15 personnes qui se tiennent là, et personne ne bouge, tous regardent. Et il y en a encore qui sortent leur iPhone et filment. Et l'homme crie. Et la fin fut une fin très déplaisante. Une fin très... quelle affaire. À l'étranger. Il dit : alors, agréables, agréables, tout est beau et bien. Il semble que s'il t'arrive quelque chose, quelqu'un viendra t'aider.

C'est cela que dit le Malbim : tu me diras, écoute, peut-être dans la philosophie sont-ils arrivés au mensonge, mais dans les relations entre l'homme et son prochain, tu vois quels types humanistes, ils se soucient tellement, ils souffrent tellement de la douleur de leurs frères palestiniens, tu vois qu'ils ont quelque chose au niveau des traits de caractère. Il dit : non, leurs œuvres sont des œuvres d'iniquité, une action de violence est dans leurs mains. L'un dévore l'autre vivant. Et s'il ne le fait pas, c'est seulement parce qu'il a de la politesse. La politesse est extérieure. Les Allemands, combien étaient-ils polis. Merci, pardon, s'il vous plaît, combien étaient-ils polis. Et nous savons tous, et aussi quelle sensibilité ils avaient pour les chiens, c'était tout simplement émouvant. Vous comprenez, qui est Goebbels, il me semble qu'il avait un chien, il l'appelait "Mensch". C'était son nom. Vous comprenez ce qu'est "Mensch" ? Homme, être humain. "Mensch". C'était le nom de son chien. Ce sont des gens qui ont envoyé des hommes dans les chambres à gaz comme des mouches. Alors de quoi parles-tu ? Il n'y a pas seulement de l'hérésie ici. Leurs œuvres sont des œuvres d'iniquité, une action de violence est dans leurs mains. Ce dont ils s'occupent en pratique, ce qu'ils mettent en œuvre, c'est une action de violence. Alors tu veux arguer que peut-être ces gens sont seulement hérétiques et que dans les affaires entre l'homme et son prochain ce sont des gens honnêtes ? Ni cela ni une partie de cela.