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Chapitre 23 - Les vaillants guerriers de David et leurs hauts faits

Le chapitre 23 de Chmouel II est un chapitre de conclusion et d'achèvement : il s'ouvre sur les « dernières paroles de David » - une sorte de signature du livre des Téhilim, dans laquelle David fait savoir qui a composé ces cantiques, à quel sujet ils ont été écrits et quelle en est l'origine. De la prophétie concernant la royauté de la maison de David et l'époque messianique, le chapitre passe ensuite à la liste des vaillants guerriers de David, à leurs exploits et à leurs degrés de grandeur, pour se conclure par le décompte des trente-sept guerriers.

Trois catégories de cantiques
וְאֵלֶּה דִּבְרֵי דָוִד הָאַחֲרֹנִים נְאֻם דָּוִד בֶּן־יִשַׁי וּנְאֻם הַגֶּבֶר הֻקַם עָל מְשִׁיחַ אֱלֹהֵי יַעֲקֹב וּנְעִים זְמִרוֹת יִשְׂרָאֵל׃ - Voici les dernières paroles de David : Déclaration de David, fils d'Ichaï, déclaration de l'homme élevé en haut, l'oint du D.ieu de Jacob, et le doux chantre d'Israël.

Le Malbim explique : après avoir ordonné le livre des Téhilim, David l'a scellé pour faire savoir qui l'a composé, sur quoi reposent ces paroles, dans quel but elles ont été écrites, et quelle en est la source. En effet, un homme peut composer des textes issus de son propre cœur, ou au contraire composer des paroles qui viennent d'Hachem, béni soit-Il, par le Roua'h Hakodech (l'esprit de sainteté).

Les cantiques de David se divisent en trois catégories. Il y a des chants qu'il a composés sur lui-même, notamment ceux qu'il a entonnés alors qu'il n'était encore que berger, avant d'avoir reçu l'onction et d'avoir régné. À cette époque, il n'était nullement célèbre et n'était connu sous aucun titre particulier, sinon comme « David, fils d'Ichaï » - c'est là le sens de « Déclaration de David, fils d'Ichaï ». Il y a d'autres cantiques qu'il a récités après son onction et son accession à la royauté, qu'il fût alors persécuté ou qu'il régnât effectivement, et c'est à leur sujet qu'il est dit : « Déclaration de l'homme élevé en haut » - qu'on a hissé au sommet, « l'oint du D.ieu de Jacob » - qui avait déjà été intronisé roi et consacré par l'onction. Enfin, il y a des cantiques composés pour la collectivité, dans lesquels on loue et magnifie le Créateur du monde, et c'est ce que signifie « le doux chantre d'Israël ».

C'est de ces cantiques qu'est constituée la majeure partie de notre prière. Mis à part la 'Amida (le Chmoné Essré), la plupart des prières reposent sur les cantiques de David : les Pessouké Dézimra avant la bénédiction de Yotser Or, la bénédiction de Yotser Or elle-même dont de nombreux passages sont des versets, les cantiques supplémentaires de Chabbat, « Achré yochvé vétekha » après la prière, ainsi que le Chir Chel Yom (le psaume du jour). Une part considérable de la prière est tirée des cantiques du roi David, et c'est là le sens de « doux chantre d'Israël » - des cantiques qu'il a proclamés pour l'ensemble du peuple d'Israël, que le peuple a chéris et n'a cessé de réciter au fil des générations.

Le Radak explique pourquoi ces paroles sont qualifiées ici de « dernières paroles de David » : parce qu'elles viennent clore l'ensemble de ses cantiques et de ses psaumes, après quoi le Roua'h Hakodech ne reposa plus sur lui. Ce fut l'ultime occasion où l'esprit divin s'est manifesté sur lui pour la composition de ses cantiques. Selon le Radak, l'expression « le doux chantre d'Israël » désigne les chants que récite Israël : tout comme les Cohanim et les Léviim se tenaient au Beth Hamikdach sur les quinze marches et entonnaient les quinze « Chir Hama'alot », en plus du Chir Chel Yom. Ce sont les cantiques par lesquels Israël loue Hachem dans le Beth Hamikdach.

Deux niveaux dans le Roua'h Hakodech
רוּחַ יְהֹוָה דִּבֶּר־בִּי וּמִלָּתוֹ עַל־לְשׁוֹנִי׃ - L'esprit de l'Éternel a parlé en moi, et Sa parole est sur ma langue.

Le Malbim nous dévoile ici un principe fondamental : l'esprit divin repose sur le poète inspiré selon deux niveaux distincts. Il existe un degré où une force divine éveille son âme sur le thème du chant - c'est-à-dire que l'homme est investi d'une inspiration divine qui repose sur lui et qu'il commence à chanter, mais les mots eux-mêmes lui appartiennent. Dans le langage courant, on dit souvent d'un créateur qu'« il a eu une muse », ce qui signifie qu'un certain souffle d'inspiration s'est posé sur lui, sans qu'il s'agisse véritablement de Roua'h Hakodech ; mais il existe un cas où une personne compose guidée par un véritable Roua'h Hakodech qui l'élève vers le chant, tandis que le choix des mots demeure le sien.

En revanche, poursuit le Malbim, il arrive que les mots eux-mêmes proviennent directement d'Hachem, béni soit-Il, l'homme n'étant alors qu'un instrument qui les matérialise. De même que personne ne retire une feuille d'une imprimante en disant : « Cette imprimante écrit de belles choses et raconte de magnifiques récits » - l'imprimante n'a fait qu'imprimer, elle n'a rien rédigé. C'est précisément ce qu'affirme David : « L'esprit de l'Éternel a parlé en moi, et Sa parole est sur ma langue » - chez moi, chaque parole, chaque mot, et jusqu'à leur ordonnancement même, émanaient d'une révélation divine.

Nos Sages enseignent qu'il n'y a pas deux prophètes qui prophétisent dans le même style, car l'idée fondamentale est transmise au prophète, mais la forme de l'expression et les termes employés dépendent de la sensibilité propre à chaque prophète. Or, chez David, il est explicitement dit que les mots eux-mêmes et leur disposition venaient directement d'Hachem, béni soit-Il. On comprend dès lors pourquoi le livre des Téhilim est si précieux à nos yeux et pourquoi il constitue une ségoula absolue en toute circonstance : sous cet aspect, il s'apparente à un Séfer Torah, dont l'agencement exact des termes vient directement d'Hachem. Tout comme pour le Séfer Torah, où le Saint, béni soit-Il, dictait et Moché écrivait sous la dictée d'Hachem, sans que Moché puisse se permettre de dire « ici, un autre mot conviendrait mieux » - il en va exactement de même pour les Téhilim.

Qui domine qui ?
אָמַר אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל לִי דִבֶּר צוּר יִשְׂרָאֵל מוֹשֵׁל בָּאָדָם צַדִּיק מוֹשֵׁל יִרְאַת אֱלֹהִים׃ - Le Dieu d'Israël a dit, le Rocher d'Israël m'a parlé : un juste domine sur les hommes, il règne par la crainte de Dieu.

Ce verset, pour quiconque y prête attention, est très difficile dans son sens littéral. Rachi explique : David déclare que le Rocher d'Israël - le Créateur - lui a parlé et lui a ordonné d'être « celui qui domine sur l'homme », or l'homme désigne ici Israël, comme il est dit : « Vous êtes des hommes », c'est-à-dire que vous êtes appelés « homme ». « Un juste qui règne par la crainte de Dieu » : Il m'a ordonné d'être un juste, de régner sur Israël et de craindre Dieu.

Mais nos Sages ont interprété ce verset d'une manière différente et admirable : David a dit que le Rocher d'Israël lui a parlé et lui a dit : « Moi, Je domine sur l'homme, mais qui domine sur Moi ? Le juste ! Car Je décrète un décret et il l'annule. » « Celui qui domine sur l'homme », c'est Moi ; « un juste domine », c'est le juste qui domine pour ainsi dire sur Moi. Cela nous enseigne l'immense grandeur de la force d'Israël : un homme qui a atteint ici-bas le niveau de la piété et de la justice peut annuler jusqu'aux décrets que le Saint béni soit-Il a Lui-même prononcés.

Le Malbim explique qu'ici David commence la prophétie qu'Hachem lui a transmise concernant la continuité, sur la royauté de sa descendance après lui qui subsistera jusqu'aux temps messianiques. « Le Dieu d'Israël », car Il veille sur eux. Quant à l'expression « le Rocher d'Israël m'a parlé » (dibèr) : il y a une différence en hébreu entre dibour (parole développée) et amira (propos bref). Cette distinction se ressent aussi dans le langage courant : quand quelqu'un dit à son ami « j'ai à te parler », il ne s'agit pas d'une simple phrase avant de partir, mais d'une discussion d'au moins un quart d'heure ; tandis que « je t'ai dit » renvoie à un mot bref. Ainsi, « le Rocher d'Israël m'a parlé » signifie qu'Il lui a parlé longuement, et « à moi » (li) signifie à mon sujet et pour moi : sur ma famille et sur ma descendance.

Et qu'a-t-Il dit sur nous ? Qu'à l'avenir se lèvera celui qui sera « celui qui domine sur l'homme » : c'est le Machia'h, qui règnera sur tous les êtres humains et auquel tous obéiront. De plus, il sera « un juste ». Et comment le juste devient-il souverain sur l'homme ? « Il règne par la crainte de Dieu » : il commence d'abord par régner sur lui-même. Un homme qui ne se maîtrise pas n'a aucune chance de dominer sur les autres ; il a le statut d'esclave de ses désirs et ne possède pas la force d'être roi. Seul celui qui maîtrise ses désirs est capable d'être roi et de gouverner autrui.

Il est écrit à propos de Chlomo qu'au début il régnait sur le monde entier ; ensuite il régna de Tifsa'h jusqu'à Gaza ; puis sur la seule terre d'Israël ; ensuite sur Jérusalem seule, comme il est dit : « Moi, Kohélet, j'étais roi à Jérusalem » ; puis il ne régna plus que sur sa maison ; et enfin, il est écrit qu'il ne régnait plus que sur son bâton. C'est a priori étonnant : que signifie régner sur son bâton ? Donne-t-on des ordres à un bâton qu'il exécuterait ? Mais nos Sages viennent nous enseigner qu'il existe une réalité où l'homme règne sur son bâton. Certains occupent une haute fonction, ils sont chefs d'État, et pourtant ils sont considérés comme des esclaves - « des esclaves ont régné sur nous » - car ils sont esclaves de leurs pulsions. À l'inverse, la Guémara demande : « Qui sont les rois ? Ce sont les rabbanim. » Seraient-ils dépourvus de couronne ? On voit chez ce grand homme, qui domine ses volontés et ses désirs, qu'il porte la couronne royale. Un roi est celui qui maîtrise toutes les forces de son âme ; chez lui, il n'y a pas de « tout à coup, j'en ai envie », mais une maîtrise absolue. C'est pourquoi on nous enseigne que le titre de roi n'a jamais quitté Chlomo : même lorsqu'il ne lui restait plus que son bâton, quiconque le voyait apercevait un roi, un homme à la prestance royale.

À l'opposé, regardez Hérode. Bien qu'il régnât, il disposa deux rangées de colombes - celles qu'on appelait « les colombes hérodiennes » d'après son nom - qui, lorsqu'il passait chaque matin depuis le palais royal, criaient « Kiri, kiri », ce qui signifie roi en araméen. À quel point cet homme était-il vil, et à quel point était-il rongé par des complexes d'infériorité et des sentiments d'esclave, pour avoir besoin que des oiseaux lui crient : « Tu es roi, tu es roi » ? Parce qu'en lui-même, il ne possédait rien de tel. Qui a besoin qu'on lui crie « tu es roi » ? Celui qui, assurément, ne l'est pas. Mais celui qui est véritablement roi n'a nul besoin qu'on le proclame à grands cris : il le sait, et la royauté est inscrite au cœur même de sa personnalité.

C'est ce qui est dit ici : le Saint béni soit-Il a annoncé qu'il y aura un juste qui règne par la crainte de Dieu, c'est-à-dire qu'il dominera d'abord sur lui-même, puis pourra dominer sur les hommes. Quand un homme a la mentalité d'un esclave, il a besoin de beaucoup de bruit, d'éclat et de publicité ; mais lorsqu'il est un grand homme, sa Torah parle pour lui. Tel érudit est resté retiré chez lui, et jusqu'à l'âge de soixante ans personne n'avait entendu parler de lui ; on savait seulement à la yéchiva qu'il venait étudier, qu'il était roch yéchiva, et des roché yéchiva, il y en a beaucoup, puis soudain il est devenu célèbre et reconnu comme le guide de sa génération. Il en va de même pour de nombreux maîtres : dès son jeune âge, l'un était connu dans son entourage restreint, puis on voit que cet homme acquiert une renommée universelle. Celui qui règne sur lui-même finit par être à l'image d'un roi et par régner sur tous les hommes.

Le lever de soleil de ce monde et celui du monde à venir
וּכְאוֹר בֹּקֶר יִזְרַח־שָׁמֶשׁ בֹּקֶר לֹא עָבוֹת מִנֹּגַהּ מִמָּטָר דֶּשֶׁא מֵאָרֶץ׃ - Il est comme la lumière du matin quand le soleil se lève, un matin sans nuages ; par son éclat, après la pluie, l'herbe verdit hors de la terre.

Ce verset lui aussi n'est pas évident en lui-même. Le Malbim poursuit et explique qu'il existe une différence entre la royauté du Roi Machia'h, la royauté future, et la royauté de ce monde-ci. La royauté est comparée au soleil, et le lever du soleil correspond à l'avènement du règne. Dans ce monde, la royauté est semblable au lever du soleil : non pas d'un seul coup, mais avec lenteur. Soit dit en passant, c'est là une bonté d'Hachem : imaginez qu'il fasse nuit noire et qu'en une fraction de seconde le soleil apparaisse, l'homme en serait aveuglé. « Celui qui éclaire la terre et ceux qui y résident » le fait avec bonté et une immense miséricorde ; cette bonté et cette miséricorde consistent à agir progressivement, jusqu'à ce que l'on reçoive le soleil dans toute sa puissance. Si cela se produisait en un instant, ce serait pour nous d'une grande cruauté.

Telle fut la royauté de David en ce monde. Au début, il fut oint comme roi, mais régna-t-il immédiatement ? Il était encore persécuté, on cherchait encore à le tuer, et plusieurs fois il n'y eut qu'un pas entre lui et la mort. Ensuite Shaoul mourut, et pourtant il ne régna d'abord que sur Yehouda depuis Hevron. Et finalement, sa royauté fut reconnue sur tout Israël. Comme le lever du soleil, lentement, pas à pas.

Mais pour le Roi Machia'h, il n'en sera pas ainsi. Chez lui, soudain le soleil se lèvera et rayonnera d'une grande clarté, non pas graduellement, mais à l'instant même. Et c'est le sens de « וכאור בוקר יזרח שמש » : la lettre kaf indique le temps, c'est-à-dire qu'au moment même où le matin poindra, le soleil brillera déjà de toute sa force, et non pas comme aujourd'hui où le soleil n'atteint son plein éclat qu'à midi. L'attente de la venue du Machia'h doit être telle que nous ne nous disions pas : « Jusqu'à présent, rien ne s'est passé, alors comment cela arriverait-il soudain maintenant ? ». L'un des grands d'Israël, me semble-t-il le Netsiv de Volozhin, disait autrefois : la Guémara enseigne que l'une des choses qui arrivent à l'improviste (par hessa'h hadaat), c'est la venue du Machia'h, à la manière d'une trouvaille. Et comment adviendra la venue du Machia'h ? Tu seras dans la cuisine et tu me demanderas ce que je désire manger aujourd'hui pour le déjeuner, je te dirai de préparer telle ou telle chose, j'ajouterai oui c'est bien fais ainsi - et soudain il viendra, le Machia'h est arrivé. En un instant, sans qu'on s'y attende. Pas comme pour David HaMélekh, pour qui il a fallu des années avant que sa royauté ne soit acceptée.

Autre différence : « בוקר לא עבות » (un matin sans nuages). En ce monde, le soleil est parfois voilé par les nuages - hier soir, nous n'avons pas pu réciter Birkat HaLévana parce que la lune était couverte de nuages. Mais lors du lever de soleil du monde à venir, il n'y aura aucun nuage, il n'y aura aucune circonstance où la royauté ne rayonnerait pas de toute sa puissance ; dès le matin, ce sera un lever complet, et d'emblée elle resplendira dans toute sa force.

Il y a aussi l'état de « noga » - une lueur perçue à travers les nuages, non pas une lumière directe, mais comme un halo de clarté tout autour. Et c'est le sens de « מנוגה ממטר דשא מארץ » : parfois il fait soleil ici et là-bas tombe une averse pour faire germer l'herbe, et l'on ne voit pas la lumière elle-même mais seulement sa lueur diffuse, sans que le soleil ne brille pleinement. Mais dans le monde à venir, ce sera un matin sans nuages : ni nuages ni pluies pour dissimuler la lumière du soleil, ni simple lueur tamisée, mais tout sera lumière immédiate où tout se révélera et tout sera manifeste, et alors « ושבתם וראיתם בין עובד אלוקים לאשר לא עבדו » (Et vous reviendrez et verrez la différence entre celui qui sert D.ieu et celui qui ne L'a pas servi), et la royauté sera une royauté parfaite.

Une alliance éternelle qu'aucun nuage ne voile
כִּי־לֹא־כֵן בֵּיתִי עִם־אֵל כִּי בְרִית עוֹלָם שָׂם לִי עֲרוּכָה בַכֹּל וּשְׁמֻרָה כִּי־כׇל־יִשְׁעִי וְכׇל־חֵפֶץ כִּי־לֹא יַצְמִיחַ׃ - Car ma maison n'est-elle pas ainsi auprès de D.ieu ? Car Il a établi pour moi une alliance éternelle, ordonnée en tout et préservée ; car tout mon salut et tout mon désir, Il ne les fera pas germer [au moyen de nuages obscurcissants].

David explicite maintenant l'expression « בוקר לא עבות » : la maison qu'Hachem doit m'édifier, aucun nuage ne la couvrira - la royauté ne s'interrompra jamais, et il n'y aura aucune situation où des nuages viendraient la masquer, c'est-à-dire où quelqu'un d'autre se lèverait soudain pour régner. Mais elle sera « ordonnée en tout et préservée » (ערוכה בכל ושמורה) - Hachem m'établira roi de telle sorte que la royauté soit parée de puissance et de splendeur, et préservée pour ne jamais être abolie.

« Car tout mon salut et tout désir, Il ne fera point germer » : dans le verset précédent, nous avons appris qu'il existe parfois des nuages déversant une pluie qui fait germer l'herbe, et qu'ils voilent ainsi quelque peu le soleil. Ici, David affirme qu'il n'y aura pas de nuages ni de pluie venant faire germer et créant ainsi une obscurité. Aucune averse ne descendra pour couvrir le soleil. Et le sens profond : il n'y aura aucune situation où les dirigeants des nations, par les voies naturelles, viendraient abolir la royauté ; la royauté sera absolue et parfaite, la royauté de David.

Les impies comme une épine chassée
וּבְלִיַּעַל כְּקוֹץ מֻנָד כֻּלָּהַם כִּי־לֹא בְיָד יִקָּחוּ׃ - Quant aux impies, ils sont tous comme l'épine que l'on chasse, car on ne les prend point avec la main.

« ובליעל » (Bélial) désigne la maison des impies - tels que Yarov'am et ses semblables, ou la maison d'A'hav - qui sont appelés la maison de Bélial. Le Saint, béni soit-Il, veillera à ce qu'à l'avenir il n'y ait plus de telles épines, mais qu'elles soient « comme l'épine chassée » (כקוץ מונד) : comme une épine que l'on repousse d'un endroit à un autre. « Car on ne les prend point avec la main » (כי לא ביד יקחו) - car on ne peut saisir une épine à la main pour l'attraper, mais on la repousse avec les pieds et on la chasse d'un lieu à l'autre. Tel est le sort de Bélial. Mais ma maison, elle, subsistera à jamais, non point comme une épine que l'on repousse du pied de place en place, mais comme une réalité dotée d'une pérennité et d'une assise éternelles.

וְאִישׁ יִגַּע בָּהֶם יִמָּלֵא בַרְזֶל וְעֵץ חֲנִית וּבָאֵשׁ שָׂרוֹף יִשָּׂרְפוּ בַּשָּׁבֶת׃ - Et l'homme qui les touche s'arme de fer et du bois d'une lance, et ils seront entièrement consumés par le feu sur place.

Lorsqu'un homme veut toucher à ces épines, il doit s'armer de fer et d'une lance, c'est-à-dire qu'il doit posséder la force nécessaire pour les affronter. Mais dans les temps futurs, il est dit : « De leurs épées ils forgeront des socs de charrue », et il n'y aura plus d'armes de guerre. C'est pourquoi « ils seront entièrement consumés par le feu » : en fin de compte, toutes ces forces mauvaises, toutes ces épines, seront anéanties et brûlées. Et quelle royauté subsistera ? Seule la royauté de la maison de David, la royauté parfaite et absolue.

Les vaillants guerriers de David : des groupes de trois
אֵלֶּה שְׁמוֹת הַגִּבֹּרִים אֲשֶׁר לְדָוִד יֹשֵׁב בַּשֶּׁבֶת תַּחְכְּמֹנִי רֹאשׁ הַשָּׁלִשִׁי הוּא עֲדִינוֹ הָעֶצְנִי עַל־שְׁמֹנֶה מֵאוֹת חָלָל בְּפַעַם אֶחָת׃ - Voici les noms des vaillants guerriers qui appartenaient à David : Yochev-Bacheveth Tahkemoni, premier des trois ; c'est Adino Haetsni, dressé contre huit cents hommes qu'il terrassa en une seule fois.

À partir d'ici, le texte détaille les vaillants guerriers de David et leurs exploits. Il les divise en groupes, chaque groupe comptant trois guerriers : d'abord les trois premiers, puis un second groupe de trois qui n'atteignit pas le rang des premiers, et ensuite un troisième, le tout selon leur force, leur bravoure et leurs actes dans les guerres de David.

Nos Sages appliquent d'abord ce verset à David lui-même. « Yochev bacheveth tahkemoni » : il siégeait au Sanhédrin. « Roch hachalichi » : il excellait dans trois vertus distinctes (la beauté, la sagesse et la vaillance). « Adino haetsni » se rapporte aussi à David : lorsqu'il s'asseyait pour étudier la Torah, il se rendait délicat et souple comme un ver (« adino »), mais lorsqu'il partait au combat, il devenait dur et inflexible comme le bois (« ets »). « Contre huit cents morts en une seule fois » : il abattait huit cents hommes en une seule bataille. Les Sages précisent qu'auparavant, il en tuait mille, mais par la suite seulement huit cents, ainsi qu'il est écrit : « seulement dans l'affaire d'Ouriya le Hittite » - sans la faute d'Ouriya le Hittite et de Bethsabée, il en aurait abattu mille à la fois, mais après cette faute, il n'en tua plus que huit cents par combat.

Toutefois, le sens littéral du texte traite des vaillants guerriers de David et non de David lui-même : il s'agissait d'un homme nommé Adino Haetsni, qui était à la tête des trois, le plus éminent de la première triade de héros.

Elazar ben Dodo
וְאַחֲרָו אֶלְעָזָר בֶּן־דֹּדוֹ בֶּן־אֲחֹחִי בִּשְׁלֹשָׁה הַגִּבֹּרִים עִם־דָּוִד בְּחָרְפָם בַּפְּלִשְׁתִּים נֶאֶסְפוּ־שָׁם לַמִּלְחָמָה וַיַּעֲלוּ אִישׁ יִשְׂרָאֵל׃ - Après lui se trouvait Elazar, fils de Dodo, fils d'Ahohi, parmi les trois vaillants guerriers qui étaient avec David lorsqu'ils défièrent les Philistins rassemblés là pour le combat, alors que les hommes d'Israël se repliaient.

Les commentateurs expliquent que « ben Dodo » n'indique pas un lien de parenté (le fils de son oncle), mais constitue son véritable nom, comme l'affirme Rachi : « Ben Dodo » est son nom propre. « Ben Ahohi » désigne son ascendance paternelle. Il était le deuxième des trois vaillants guerriers aux côtés de David : le premier était Adino Haetsni, le troisième Chama que nous verrons bientôt, et au milieu Elazar ben Dodo ben Ahohi. « Lorsqu'ils défièrent les Philistins » : ils exposèrent héroïquement leur vie dans cette bataille.

הוּא קָם וַיַּךְ בַּפְּלִשְׁתִּים עַד כִּי־יָגְעָה יָדוֹ וַתִּדְבַּק יָדוֹ אֶל־הַחֶרֶב וַיַּעַשׂ יְהֹוָה תְּשׁוּעָה גְדוֹלָה בַּיּוֹם הַהוּא וְהָעָם יָשֻׁבוּ אַחֲרָיו אַךְ־לְפַשֵּׁט׃ - Il se leva et frappa les Philistins jusqu'à ce que sa main fût épuisée et restât collée à l'épée. L'Éternel opéra une grande délivrance ce jour-là, et le peuple ne revint après lui que pour dépouiller les morts.

Le texte rapporte qu'ils livrèrent bataille contre les Philistins, et qu'il en frappa un si grand nombre que sa main s'engourdit : ses doigts et ses muscles semblaient s'être tétanisés sur l'épée au point qu'il ne pouvait plus l'en détacher, comme si l'arme avait fusionné avec sa main. Certains expliquent que sous l'abondance du sang versé, celui-ci s'était coagulé et avait soudé sa main à l'épée. « L'Éternel opéra une grande délivrance ce jour-là » : tout cela fut accompli par un seul homme. Le peuple ne revint ensuite que « pour dépouiller » : lorsqu'on remportait la victoire, on ôtait aux cadavres tout ce qu'ils portaient - les vêtements, extrêmement précieux à l'époque, ainsi que les épées et les armures. Ils ne revinrent que pour ramasser le butin, car lui seul avait déjà mené le combat à son terme.

Chama ben Agué et le champ de lentilles
וְאַחֲרָיו שַׁמָּה בֶן־אָגֵא הָרָרִי וַיֵּאָסְפוּ פְלִשְׁתִּים לַחַיָּה וַתְּהִי־שָׁם חֶלְקַת הַשָּׂדֶה מְלֵאָה עֲדָשִׁים וְהָעָם נָס מִפְּנֵי פְלִשְׁתִּים׃ - Après lui, Chamma, fils d'Agué le Hararite. Les Philistins s'étaient rassemblés en troupe ; il y avait là une parcelle de champ pleine de lentilles, et le peuple fuyait devant les Philistins.

Après lui en rang, le troisième de ce premier trio est Chamma, fils d'Agué, Agué étant le nom de son père. « Les Philistins s'étaient rassemblés en troupe » (la'haya) : une garnison de Philistins s'était regroupée là en force pour la bataille. « Il y avait là une parcelle de champ pleine de lentilles », alors que dans les Chroniques (Divré HaYamim), il est écrit « pleine d'orge ». Le Metsoudat David explique qu'il s'agissait d'une autre guerre. Mais le Malbim suggère qu'il s'agissait peut-être de la même campagne : il y avait sur les lieux une parcelle d'orge où se tenait Elazar, et une parcelle de lentilles défendue par Chamma. La délivrance fut le fait de tous réunis, et c'est pourquoi il est écrit « et il la sauva » (vayatsiléha), car le sauvetage fut accompli à la fois par David, par Chamma et par Elazar.

Le Radak explique quant à lui que « pleine d'orge » signifie en réalité pleine de gerbes : le champ avait déjà été moissonné, mais on y avait entreposé des gerbes apportées d'autres parcelles, les unes issues de champs de lentilles et les autres de champs d'orge. Dès lors, le champ se trouvait garni à la fois de lentilles et d'orge, car on ne saurait supposer qu'une même terre ait été ensemencée à la fois de lentilles et d'orge.

וַיִּתְיַצֵּב בְּתוֹךְ־הַחֶלְקָה וַיַּצִּילֶהָ וַיַּךְ אֶת־פְּלִשְׁתִּים וַיַּעַשׂ יְהֹוָה תְּשׁוּעָה גְדוֹלָה׃ - Il prit position au milieu de la parcelle, la sauva et frappa les Philistins ; et l'Éternel opéra une grande délivrance.

Il se tint au milieu du champ et le sauva - pour empêcher qu'ils ne le brûlent - puis il frappa les Philistins, et Hachem réalisa un grand salut. Nous verrons immédiatement plus en détail ce qui s'est précisément passé dans ce combat.

Les trois vaillants guerriers et : « Qui me fera boire de l'eau ? »
וַיֵּרְדוּ שְׁלֹשָׁה מֵהַשְּׁלֹשִׁים רֹאשׁ וַיָּבֹאוּ אֶל־קָצִיר אֶל־דָּוִד אֶל־מְעָרַת עֲדֻלָּם וְחַיַּת פְּלִשְׁתִּים חֹנָה בְּעֵמֶק רְפָאִים׃ - Trois des trente chefs descendirent, au temps de la moisson, auprès de David à la caverne d'Adoulam, alors qu'une troupe de Philistins campait dans la vallée de Refaïm.

Ce sont trois vaillants hommes du second ordre, descendus auprès de David pour lui prêter main-forte à la caverne d'Adoulam, au moment où le camp des Philistins était posté dans la vallée de Refaïm. Le Malbim précise que cette guerre eut lieu au début du règne de David : nous avons déjà vu plus haut, au chapitre 5, que David se trouvait dans la forteresse et que les Philistins campaient dans la vallée de Refaïm. Le texte décrit ici les actes d'héroïsme accomplis lors de cette bataille.

וְדָוִד אָז בַּמְּצוּדָה וּמַצַּב פְּלִשְׁתִּים אָז בֵּית לָחֶם׃ - David était alors dans la forteresse, et le poste des Philistins se trouvait alors à Bethléem.

« Matsav Pelishtim » désigne le gouverneur ou la garnison des Philistins. Yonatan traduit par « stratège » : le commandant en chef, celui qui dirige la guerre et en fixe la stratégie. Ce poste de commandement était alors établi à Bethléem.

וַיִּתְאַוֶּה דָוִד וַיֹּאמַר מִי יַשְׁקֵנִי מַיִם מִבֹּאר בֵּית־לֶחֶם אֲשֶׁר בַּשָּׁעַר׃ - David eut un désir et dit : « Qui me fera boire de l'eau du puits de Bethléem qui est à la porte ? »

Expliquons d'abord selon le sens littéral, avant de voir ce qu'en ont dégagé nos Sages. David ressentit le vif désir de boire de l'eau du puits de Bethléem situé à la porte de la ville. Or, à Bethléem, comme nous l'avons expliqué, se trouvaient l'avant-poste philistin et les officiers de leur armée. C'était donc un lieu extrêmement gardé et totalement inaccessible, et pourtant David manifesta l'envie d'en boire l'eau. Les Metsoudot indiquent qu'il s'agissait d'une eau particulièrement fraîche et douce.

וַיִּבְקְעוּ שְׁלֹשֶׁת הַגִּבֹּרִים בְּמַחֲנֵה פְלִשְׁתִּים וַיִּשְׁאֲבוּ־מַיִם מִבֹּאר בֵּית־לֶחֶם אֲשֶׁר בַּשַּׁעַר וַיִּשְׂאוּ וַיָּבִאוּ אֶל־דָּוִד וְלֹא אָבָה לִשְׁתּוֹתָם וַיַּסֵּךְ אֹתָם לַיהֹוָה׃ - Les trois héros s'ouvrirent un passage à travers le camp des Philistins, puisèrent de l'eau à la citerne de Bethléem qui se trouve à la porte, la rapportèrent et la présentèrent à David ; mais il refusa de la boire et en fit une libation pour l'Éternel.

Ils percent le camp des Philistins, parviennent au puits, combattent les Philistins qui l'entourent, puisent de l'eau et l'apportent à David - mais David refuse de la boire et la répand en libation pour Hachem. « Vayassekh » signifie qu'il la versa devant Dieu, à la manière d'une offrande. Et quand offre-t-on de l'eau ? À Soukkot, lors de la libation de l'eau (Nissoukh Hamayim). Puisqu'il n'y avait pas d'autel sur place, les commentateurs expliquent qu'il la versa à même le sol, mais en l'honneur d'Hachem béni soit-Il.

Et quel est le sens profond de ce geste ? Le Malbim cite l'Abarbanel : la finalité d'une chose se mesure à l'intensité des efforts déployés pour l'obtenir. Plus l'effort est considérable, plus la chose est précieuse. Personne ne part en Amérique, ne travaille de longs mois durant et ne se coupe de sa famille simplement pour gagner vingt dollars ; si l'on s'est donné tant de mal, c'est forcément dans un but grandiose, pour rapporter une fortune considérable. Personne ne construit une immense machine simplement pour fabriquer au bout du compte une aiguille ordinaire ; si l'on a bâti une machine si colossale, c'est qu'elle est censée produire au moins des diamants.

Soit dit en passant, c'est là un principe fondamental pour comprendre ce qu'est le Monde futur. Certains se plaignent : il est si difficile d'être juif, cela exige de vous des efforts matin, midi et soir, on scrute chacun de vos actes du réveil au coucher, il faut être constamment concentré pour ne pas fauter, pour accomplir la volonté divine, pour mesurer chaque geste. Mais si la valeur du but se mesure à l'effort fourni, rappelons-nous que « la terre d'Israël s'acquiert par les épreuves », ce qui prouve l'incommensurable grandeur d'Eretz Israël ; de même, le Monde futur s'acquiert par des épreuves, d'où l'on mesure son infinie grandeur, puisqu'un homme doit s'investir et peiner pendant soixante-dix ans pour le mériter.

C'est précisément ce que David s'est dit : ces hommes ont risqué leur vie et sont allés se battre, mais pour quoi ? Pour un verre d'eau que je boirais ? Convient-il qu'un homme donne sa vie et déploie un tel effort pour un simple verre d'eau aussitôt consommé ? Ce ne serait pas convenable. Et puisqu'une telle bataille a été livrée et un tel effort accompli pour ce verre d'eau, il convient que cette offrande soit dédiée au Maître du monde. C'est pourquoi il prit l'eau et en fit une libation pour Hachem, car un effort si immense et un tel don de soi ne sauraient être accomplis pour un être humain, mais uniquement pour le Créateur béni soit-Il.

L'enseignement de nos Sages : l'eau désigne la Torah

Nos Sages expliquent que tout cet épisode est en réalité une métaphore, car la Torah est comparée à l'eau. Lorsque David a dit : « Qui me donnera à boire de l'eau ? », son intention était qu'il avait une question halakhique à soumettre au Sanhédrin - selon le verset : « Vous tous qui avez soif, venez vers l'eau ! » - or le Sanhédrin siégeait alors à Bethléem.

Et sur quoi portait cette question ? Il existe deux opinions parmi nos Sages. Selon la première, la question concernait ce champ rempli d'orge et de lentilles : les meules appartenaient à des Juifs et les Philistins s'y étaient dissimulés. David demanda : m'est-il permis d'incendier le champ d'un Juif, plein d'orge et de lentilles, afin de brûler les Philistins qui s'y cachent, ou bien m'est-il interdit de détruire les biens d'un Juif pour remporter la victoire ? On lui répondit : il est interdit à un individu de se sauver aux dépens des biens d'autrui, mais toi, tu es roi, or le roi a le droit d'abattre une clôture pour se frayer un chemin sans que personne ne s'y oppose.

Selon la seconde opinion, les meules d'orge appartenaient à Israël et les meules de lentilles aux Philistins. David demanda s'il avait le droit de nourrir ses bêtes de guerre avec l'orge des Juifs, car elles étaient affamées et ne mangent pas de lentilles, quitte à dédommager ensuite les propriétaires juifs avec les lentilles prises aux Philistins. La question de fond était : a-t-on le droit de voler dans l'intention de rembourser ? Les Sages lui répondirent qu'il est rigoureusement interdit de voler avec l'intention de restituer, comme il est dit : « S'il rend le gage, le méchant, et s'il restitue ce qu'il a dérobé » - bien qu'il restitue, il reste qualifié de méchant. Cependant, ajoutèrent-ils, toi, tu es roi, or le roi a le droit de percer une brèche sans qu'on l'en empêche ; en d'autres termes, en raison de l'état de guerre, cela t'est permis, même si en temps ordinaire, dire « je te dérobe pour te rembourser plus tard » est proscrit. Finalement, « il se posta au milieu du champ et le délivra » : David refusa aussi bien de brûler les meules que de les donner en pâture à ses bêtes, rejetant cette facilité.

De plus, nos Maîtres rapportent que David ne transmit pas cette halakha au nom des trois guerriers, bien que ce fussent eux qui l'eussent rapportée du Sanhédrin. David déclara en effet : j'ai reçu cette tradition du tribunal de Chmouël Haramati (Samuel de Rama) : quiconque s'expose à la mort pour des paroles de Torah, on ne rapporte aucun enseignement en son nom. Or, eux s'étaient exposés à la mort pour éclaircir un point de Torah. Aux yeux de David, dès lors qu'ils constataient un danger de mort (pikou'ah néfech), ils auraient dû rebrousser chemin et ne pas s'obstiner à aller interroger le Sanhédrin. C'est pourquoi David refusa de citer la sentence en leur nom, mais l'énonça comme une tradition générale d'enseignement (michmei digmara) : il transmit la halakha elle-même, mais sans la leur attribuer. Ils ne méritèrent pas qu'elle soit rapportée en leur nom parce qu'ils avaient posé un acte injustifié, en risquant leur vie pour une simple précision halakhique.

וַיֹּאמֶר חָלִילָה לִּי יְהֹוָה מֵעֲשֹׂתִי זֹאת הֲדַם הָאֲנָשִׁים הַהֹלְכִים בְּנַפְשׁוֹתָם וְלֹא אָבָה לִשְׁתּוֹתָם אֵלֶּה עָשׂוּ שְׁלֹשֶׁת הַגִּבֹּרִים׃ - Il dit : Loin de moi, par l'Éternel, de faire une telle chose ! Boirais-je le sang de ces hommes qui sont partis au péril de leur vie ? Et il refusa de la boire. Voilà ce que firent les trois héros.

« Halila li » (à Dieu ne plaise) : boire cette eau serait pour moi un acte profane (houlin). Au sens littéral (pchat), il refusa de boire cette eau en se disant : ce serait comme si je buvais le sang de ces hommes qui sont allés risquer leur existence, qui ont exposé leur vie pour cette eau. Cette même explication s'applique au niveau homilétique (drach), où ils étaient allés poser une question de halakha : ces hommes ont mis leur vie en jeu pour éclaircir cette halakha, et il ne convenait donc pas que cette règle fût transmise en leur nom.

Avichaï ben Tsérouya
וַאֲבִישַׁי אֲחִי יוֹאָב בֶּן־צְרוּיָה הוּא רֹאשׁ הַשְּׁלֹשָׁה וְהוּא עוֹרֵר אֶת־חֲנִיתוֹ עַל־שְׁלֹשׁ מֵאוֹת חָלָל וְלוֹ־שֵׁם בַּשְּׁלֹשָׁה׃ - Et Avichaï, frère de Yoav, fils de Tsérouya, était le chef de ce groupe de trois. Il brandit sa lance contre trois cents hommes qu'il terrassa, et il eut un renom parmi les trois.

À présent, le texte nous révèle qui étaient ces trois vaillants guerriers qui avaient risqué leur vie. Le premier d'entre eux était Avichaï. Nous avons déjà mentionné les trois premiers - Adino Haétsni, Elazar et Chamma - et Avichaï est le chef du second groupe de trois. « Et il eut un renom parmi les trois » : par rapport aux trois premiers, son nom était très estimé, comme s'il était digne d'être compté parmi eux, tant il approchait de leur niveau ; au sein même du premier trio, on le tenait en haute estime.

מִן־הַשְּׁלֹשָׁה הֲכִי נִכְבָּד וַיְהִי לָהֶם לְשָׂר וְעַד־הַשְּׁלֹשָׁה לֹא־בָא׃ - Il était le plus considéré des trois et devint leur chef, mais il n'égalait point les trois premiers.

Parmi les trois du second groupe, il était le plus illustre, puisqu'il était leur chef. Cependant, « mais jusqu'aux trois il ne parvint point » : il n'atteignit pas le rang de faire véritablement partie des trois premiers ; il jouissait certes d'une grande considération auprès d'eux, mais il n'atteignit pas leur niveau.

Bénayahou ben Yehoyada
וּבְנָיָהוּ בֶן־יְהוֹיָדָע בֶּן־אִישׁ־חַיִל רַב־פְּעָלִים מִקַּבְצְאֵל הוּא הִכָּה אֵת שְׁנֵי אֲרִאֵל מוֹאָב וְהוּא יָרַד וְהִכָּה אֶת־הָאֲרִי בְּתוֹךְ הַבֹּאר בְּיוֹם הַשָּׁלֶג׃ - Et Bénayahou, fils de Yehoyada, fils d'un homme valeureux et aux multiples exploits, originaire de Kavtséel : c'est lui qui frappa les deux colosses de Moav, et c'est lui qui descendit frapper le lion au milieu de la citerne un jour de neige.

Bénayahou ben Yehoyada est le deuxième de ce second groupe de trois héros. « Fils d'un homme vaillant » (ben ich 'haïl) : son père était lui-même un vaillant guerrier ; le texte écrit « 'haï » (vivant) et se lit « 'haïl » (vaillant), ce qui renvoie à l'empressement et à la vigueur, un homme entreprenant et plein de célérité. « Il frappa les deux Ariél de Moav » : selon le sens simple, il s'agit de deux chefs éminents de Moav, deux géants moabites.

Nos Sages (Hazal) interprètent quant à eux le terme « Ariél » en référence au Beth Hamikdache. Et pourquoi le Temple est-il appelé Ariél ? Certains expliquent que c'est parce que le feu céleste y était accroupi tel un lion (ari) ; une explication plus simple indique que quiconque observait le Beth Hamikdache d'en haut le voyait sous la forme d'un lion - étroit par-derrière et large par-devant, semblable à un lion accroupi. Nos Sages ont ainsi interprété « Il frappa les deux Ariél de Moav » : il ne laissa personne de comparable à lui, ni à l'époque du premier Temple, ni à celle du second Temple, tant sa piété était sans égale. Et pourquoi est-il appelé « Ariél de Moav » ? Parce que Chlomo (Salomon) a bâti le Beth Hamikdache, or Chlomo descendait de Ruth la Moabite.

Selon le sens littéral du texte, l'Écriture nous dépeint plusieurs exploits prodigieux. Premièrement, il terrassa les deux héros de Moav. Deuxièmement, il frappa le lion au fond de la fosse par un jour de neige : abattre un lion constitue déjà en soi un acte d'une bravoure inouïe ; d'autant plus par un jour de neige - quand on se trouve dans la neige, on s'enlise et l'on patauge, les mouvements sont entravés et les forces diminuent ; de surcroît, le froid engourdit et ralentit considérablement les réflexes. Malgré tout cela, il accomplit ce tour de force exceptionnel.

Nos Sages rapportent également ces descriptions à sa grandeur spirituelle. « Fils d'un homme vaillant » se rapporte à son père Yehoyada, qui était un homme vertueux et un Juste parfait ; et le Targoum traduit : « fils d'un homme qui craint le péché ». « Aux multiples exploits » signifie qu'il excellait dans les bonnes actions, multipliant les œuvres pour la gloire de Hachem. « De Kavtséel » est le nom d'un lieu, mais certains expliquent par dérivation qu'il rassembla (kibets) de nombreux ouvriers voués à la Torah. Enfin, « un jour de neige » évoque sa piété et sa dévotion : Hazal enseignent qu'il brisa la glace pour s'immerger dans l'eau un jour de neige afin de se purifier, et d'autres disent qu'il étudia le Sifra de Vérav en plein cœur de l'hiver - montrant que même lors des jours les plus rigoureux, il n'interrompait jamais son étude de la Torah.

Toutefois, le Radak précise que tout cela relève du Midrach, tandis que le sens obvie du texte correspond à ce que nous avons expliqué : la description d'une prouesse physique, que nos Sages ont transposée sur le plan spirituel. Mais à la vérité, l'un dépend étroitement de l'autre. Observons Yaakov Avinou : il n'avait rien d'un colosse, et pourtant il roula la pierre de dessus l'ouverture du puits aussi aisément qu'on ôte le bouchon d'une carafe ; cette pierre qu'une troupe entière de bergers peinait à soulever, il la roula à lui seul. Yaakov avait passé quatorze ans dans la maison d'étude de Chem et Éver ; loin de s'entraîner aux haltères, de faire du sport ou de fréquenter une salle de musculation, nos Sages enseignent que durant toute cette période il ne s'est même pas couché - quatorze ans sans dormir sur un lit ! D'où lui venait une telle force ? « Il unifia son cœur et roula la pierre », dit le poète liturgique (payetan) : on peut soulever une telle pierre par l'unification du cœur, en concentrant l'ensemble de ses énergies intérieures.

Ainsi, l'enseignement de nos Sages se rattache au sens littéral du texte : il y avait là une vaillance prodigieuse, et une telle bravoure ne peut émaner d'un cœur craintif ou hésitant. Une grande part du courage dépend de la force d'âme de l'homme et de l'importance de la cause pour laquelle il combat ; c'est alors qu'il puise en lui-même l'audace et l'énergie nécessaires pour agir avec héroïsme. C'est pourquoi nos Sages ont interprété tout cela en référence à une grandeur spirituelle supplémentaire qui les animait.

Soit dit en passant, les ouvrages du Ben Ich 'Haï reposent tous sur ce verset : "Ben Yehoyada", "Ben Ich 'Haï", "Ben Ich 'Hayil", "Rav Pé'alim", "Mékabtseël". Et pourquoi a-t-il donné ces noms à ses livres ? On raconte qu'il s'était rendu sur la tombe de Benayahou ben Yehoyada, où il ressentit une intense illumination spirituelle, et il comprit qu'il portait une étincelle de l'âme de Benayahou ben Yehoyada. Dès lors, il décida de nommer tous ses ouvrages d'après lui, en s'inspirant de ce verset.

Il arracha la lance de la main de l'Égyptien
וְהוּא־הִכָּה אֶת־אִישׁ מִצְרִי אִישׁ מַרְאֶה וּבְיַד הַמִּצְרִי חֲנִית וַיֵּרֶד אֵלָיו בַּשָּׁבֶט וַיִּגְזֹל אֶת־הַחֲנִית מִיַּד הַמִּצְרִי וַיַּהַרְגֵהוּ בַּחֲנִיתוֹ׃ - Et lui frappa un homme égyptien, un homme d'apparence impressionnante, et dans la main de l'Égyptien se trouvait une lance ; il descendit vers lui avec un bâton, arracha la lance de la main de l'Égyptien et le tua avec sa propre lance.

C'est un autre acte de bravoure qu'il accomplit. "Un homme d'apparence impressionnante" : un homme dont la seule vue effrayait, un géant à l'allure redoutable. "Et dans la main de l'Égyptien se trouvait une lance", alors que Benayahou avait les mains vides, armé d'un simple bâton - "il descendit vers lui avec un bâton", le mot chévet désignant un bâton - et il parvint à lui arracher sa lance des mains, le transperça avec elle et le tua.

De ce verset, les maîtres du Moussar ont tiré une directive fondamentale dans le service divin : l'Égyptien représente le Yetser Hara, la force du mal qui vient nous combattre, et nous devons lui arracher sa lance et l'utiliser pour le vaincre. En d'autres termes, nous devons analyser les méthodes du mauvais penchant. Aujourd'hui, ses armes de prédilection sont les divers médias par lesquels il attire l'homme vers le bas, toujours plus profondément dans l'abîme. Et comment riposte-t-on ? "Il arracha la lance de la main de l'Égyptien" : on lui subtilise ces mêmes instruments en utilisant les canaux de communication pour y diffuser la sainteté. On investit les écrans, comme le fait aujourd'hui l'organisation Hidabroot qui transmet la Torah à des centaines de milliers de personnes qui ignoraient tout du judaïsme et qui commencent à écouter et à découvrir. On utilise toute cette technologie, qui ne servait jusqu'alors qu'aux futilités, aux vanités et aux divertissements futiles, pour diffuser des cours et des paroles de Torah. Il existe aujourd'hui "Kol Halachon", une technologie très avancée qui permet de charger sur son lecteur des centaines de cours de Torah, puis de les écouter en chemin. Ce dont le mauvais penchant se sert, on le lui arrache des mains, et on utilise cette technologie même pour accomplir la volonté d'Hachem.

אֵלֶּה עָשָׂה בְּנָיָהוּ בֶּן־יְהוֹיָדָע וְלוֹ־שֵׁם בִּשְׁלֹשָׁה הַגִּבֹּרִים׃ - Voilà ce que fit Benayahou, fils de Yehoyada, et il se fit un nom parmi les trois vaillants guerriers.

Il était considéré et réputé comme un héros parmi les trois guerriers, ce second trio dont nous avons parlé.

מִן־הַשְּׁלֹשִׁים נִכְבָּד וְאֶל־הַשְּׁלֹשָׁה לֹא־בָא וַיְשִׂמֵהוּ דָוִד אֶל־מִשְׁמַעְתּוֹ׃ - Il était le plus honoré des Trente, mais il n'atteignit pas les Trois ; et David l'admit dans son conseil intime.

"Il était plus honoré que les Trente" : de tous ces vaillants guerriers, il était le plus illustre ; "mais il n'atteignit pas les Trois" : il n'égala pas la stature des trois premiers. Sa situation diffère de celle d'Avichaï, car Avichaï s'était fait un nom même auprès des trois premiers bien qu'il fût le chef du second trio, tandis que Benayahou n'atteignit nullement le rang du premier trio. "Et David l'admit dans son conseil intime" : il devint le conseiller de David, qui l'associa à ses délibérations et lui confia la responsabilité des hommes les plus proches de lui, comme nous avons vu que Benayahou ben Yehoyada commandait les Kérétiens et les Pélétiens (Kéréti ou-Péléti). Et qui étaient ces Kérétiens et Pélétiens ? Nos Sages enseignent qu'il s'agit des Ourim vé-Toumim, mais une explication plus littérale indique qu'il s'agissait des archers et des frondeurs, comme l'explique le Targoum.

Le décompte des Trente
עֲשָׂהאֵל אֲחִי־יוֹאָב בַּשְּׁלֹשִׁים אֶלְחָנָן בֶּן־דֹּדוֹ בֵּית לָחֶם׃ - Assahel, frère de Yoav, était parmi les Trente ; El'hanan, fils de Dodo, de Bethléem.

Asaël était légèrement plus considéré que les trente, mais sa supériorité sur eux n'était pas si grande, et c'est pourquoi il est compté avec eux. Notons une autre explication à l'expression « plus considéré que les trente » : nous avons expliqué plus haut qu'il s'agissait des premiers officiers d'élite, mais certains expliquent, selon le sens littéral, qu'il s'agit des trente héros énumérés ci-après.

שַׁמָּה הַחֲרֹדִי אֱלִיקָא הַחֲרֹדִי׃ חֶלֶץ הַפַּלְטִי עִירָא בֶן־עִקֵּשׁ הַתְּקוֹעִי׃ אֲבִיעֶזֶר הָעַנְּתֹתִי מְבֻנַּי הַחֻשָׁתִי׃ צַלְמוֹן הָאֲחֹחִי מַהְרַי הַנְּטֹפָתִי׃ חֵלֶב בֶּן־בַּעֲנָה הַנְּטֹפָתִי אִתַּי בֶּן־רִיבַי מִגִּבְעַת בְּנֵי בִנְיָמִן׃ בְּנָיָהוּ פִּרְעָתֹנִי הִדַּי מִנַּחֲלֵי גָעַשׁ׃ אֲבִי־עַלְבוֹן הָעַרְבָתִי עַזְמָוֶת הַבַּרְחֻמִי׃ אֶלְיַחְבָּא הַשַּׁעַלְבֹנִי בְּנֵי יָשֵׁן יְהוֹנָתָן׃ - Chamma le Harodite, Elika le Harodite ; Hélets le Paltite, Ira fils d'Ikkech, le Tekoïte ; Aviézer d'Anatot, Mebounnaï le Houchatite ; Tsalmon l'Ahohite, Mahraï le Netofatite ; Héleb fils de Baana, le Netofatite, Itaï fils de Ribaï, de Guivat-Bené-Binyamin ; Benayahou le Piratonite, Hiddaï des torrents de Gaach ; Avi-Albon l'Arbatite, Azmavet le Barhoumite ; Elyahba le Chaalbonite, les fils de Yachen, Yehonatan ;
שַׁמָּה הַהֲרָרִי אֲחִיאָם בֶּן־שָׁרָר הָארָרִי׃ - Chamma le Hararite, Ahiam fils de Charar, le Hararite ;

« Harari » signifie montagnard, originaire des montagnes, comme le rend le Targoum : « mitouraya ». Et dans le second nom, le alef ne se prononce pas : « Ha-arari ».

אֱלִיפֶלֶט בֶּן־אֲחַסְבַּי בֶּן־הַמַּעֲכָתִי אֱלִיעָם בֶּן־אֲחִיתֹפֶל הַגִּלֹנִי׃ חֶצְרַי הַכַּרְמְלִי פַּעֲרַי הָאַרְבִּי׃ יִגְאָל בֶּן־נָתָן מִצֹּבָה בָּנִי הַגָּדִי׃ צֶלֶק הָעַמֹּנִי נַחְרַי הַבְּאֵרֹתִי נֹשֵׂא כְּלֵי יוֹאָב בֶּן־צְרֻיָה׃ - Eliphélet fils d'Ahasbaï, fils du Maakatite, Eliam fils d'Ahitophel, le Guilonite ; Hetsraï le Carmélite, Paarai l'Arbite ; Yigal fils de Nathan, de Tsova, Bani le Gadite ; Tselek l'Ammonite, Nahraï le Béérotite, écuyer de Yoav fils de Tserouya ;

« Porteur des armes de Yoav » se rapporte à Nahraï le Béérotite, qui était l'écuyer de Yoav, portant ses armes de guerre.

עִירָא הַיִּתְרִי גָּרֵב הַיִּתְרִי׃ אוּרִיָּה הַחִתִּי כֹּל שְׁלֹשִׁים וְשִׁבְעָה׃ - Ira le Yitrite, Garev le Yitrite ; Ouriya le Hittite : en tout, trente-sept.

Et comment parvient-on au compte de trente-sept ? Les trois premiers, les trois seconds, Asaël qui est compté à part, et encore trente héros : cela fait bien au total trente-sept.

En résumé :

Ce chapitre s'ouvre sur les ultimes cantiques de David et nous enseigne que David ne fut pas seulement inspiré par un esprit divin, mais que les mots eux-mêmes provenaient d'Hachem - d'où la sainteté et la vertu particulière du livre des Téhilim. De la prophétie qui lui fut transmise au sujet de la royauté de la maison de David, nous apprenons que le véritable souverain est celui qui commence par se dominer lui-même, et que le Tsaddik, pour ainsi dire, règne même sur les décrets du Saint béni soit-Il. La royauté de ce monde s'élève comme un lever de soleil lent et voilé de nuages, tandis que la royauté du Machia'h brillera d'emblée de tout son éclat, tel un « matin sans nuages », alors que les impies seront semblables à une épine rejetée et vouée au feu. Dans sa seconde partie, le chapitre dénombre les héros de David selon leurs rangs et révèle que leur bravoure physique découlait de leur grandeur spirituelle : Elazar dont la main resta collée à l'épée, Chamma qui se tint fermement au milieu du champ, les trois héros qui franchirent les lignes ennemies pour puiser de l'eau - ou pour élucider un point de Halakha - et David qui offrit cette eau en libation à Hachem, car un tel effort et un tel dévouement ne conviennent que pour la gloire du Ciel ; enfin, Benayahou fils de Yehoyada, qui terrassa le lion un jour de neige et arracha la lance des mains de l'Égyptien. De là découle notre voie : s'emparer des armes du penchant au mal pour les mettre au service de la volonté d'Hachem.