Le chapitre 12 de Néhémie s'ouvre sur les listes des Cohanim et des Léviim montés avec Zorobabel, puis se poursuit avec les chefs de famille à l'époque de Yoyakim et d'Éliashiv. Après ces listes, le texte passe au récit central du chapitre : l'inauguration de la muraille de Jérusalem dans une immense joie, avec des actions de grâce et des chants, pour s'achever sur l'organisation des dons destinés aux Cohanim et aux Léviim. Dans ce cours, nous suivrons l'ordre des versets, depuis les listes jusqu'à la fin du chapitre, à la lumière du commentaire du Malbim.
וּלְיוֹיָרִיב מַתְּנַי לִידַעְיָה עֻזִּי׃ לְסַלַּי קַלָּי לְעָמוֹק עֵבֶר׃ לְחִלְקִיָּה חֲשַׁבְיָה לִידַעְיָה נְתַנְאֵל׃ - Pour Yoyariv, Matnaï ; pour Yeda'ya, Ouzi ; pour Salaï, Qalaï ; pour Amoq, Éver ; pour 'Hilqiya, 'Hashavya ; pour Yeda'ya, Netanël.
Remarquez le nom « Ouzi ». Certains pensent qu'il s'agit d'un diminutif d'« Ouziel », mais en réalité, le nom Ouzi apparaît dans le Tanakh comme un nom à part entière, signifiant « ma force ».
הַלְוִיִּם בִּימֵי אֶלְיָשִׁיב יוֹיָדָע וְיוֹחָנָן וְיַדּוּעַ כְּתוּבִים רָאשֵׁי אָבוֹת וְהַכֹּהֲנִים עַל־מַלְכוּת דָּרְיָוֶשׁ הַפָּרְסִי׃ - Quant aux Léviim, aux jours d'Éliashiv, de Yoyada, de Yo'hanan et de Yadoua, les chefs de famille furent inscrits, ainsi que les Cohanim, sous le règne de Darius le Perse.
Le Malbim fait une remarque précise : à l'époque de Yoyakim, seuls les chefs de famille des Cohanim changèrent, et non ceux des Léviim. Pourquoi ? Comme nous l'avons vu, la majorité des Léviim ne montèrent pas à l'époque de Zorobabel, mais seulement à celle d'Ezra. On leur infligea même une sanction à ce sujet : le Cohen partage désormais avec eux les dons de la dîme lévitique (si un Cohen se présente, il a le droit de prélever les dîmes au même titre que le Lévi), parce qu'ils ne sont pas montés du temps de Zorobabel mais seulement aux jours d'Ezra. Ce n'est qu'à l'époque d'Éliashiv que changèrent les chefs de famille des Léviim, et les Cohanim changèrent à nouveau plus tard, aux jours de Yoyada et de Yo'hanan. C'est là le sens du verset : « les chefs de famille furent inscrits » - c'est-à-dire qu'ils sont déjà consignés ailleurs, et ce changement eut lieu à l'époque de la royauté de Darius le Perse.
בְּנֵי לֵוִי רָאשֵׁי הָאָבוֹת כְּתוּבִים עַל־סֵפֶר דִּבְרֵי הַיָּמִים וְעַד־יְמֵי יוֹחָנָן בֶּן־אֶלְיָשִׁיב׃ - Les fils de Lévi, chefs de famille, sont inscrits dans le livre des Chroniques, et ce jusqu'aux jours de Yo'hanan, fils d'Éliashiv.
Ici, le texte précise où ils sont consignés. « Les fils de Lévi » englobe à la fois les Cohanim et les Léviim, car tous sont appelés fils de Lévi, et leurs chefs de famille sont inscrits dans le livre des Chroniques. Il ne s'agit pas du livre des Chroniques biblique qui est entre nos mains, mais du recueil d'annales historiques en usage à leur époque. D'une manière générale, chaque fois que le Tanakh mentionne : « Ne sont-ils pas écrits dans le livre des chroniques des rois de Médie et de Perse » ou « des rois de Juda », il s'agit d'un livre d'histoire que chaque souverain faisait rédiger pour son compte, y consignant ses guerres, ses exploits et ses actes. La règle de ces chroniques officielles est que le roi y apparaît toujours victorieux ; jamais elles ne décrivent une défaite. À l'image des pays arabes aujourd'hui : dans leur récit historique, ils ont gagné toutes les batailles ; plus encore, pour eux nous n'existons même pas - Israël n'est pas mentionné, on écrit Al-Qods et Palestine, l'aéroport Ben-Gourion n'existe pas, rien du tout.
וְרָאשֵׁי הַלְוִיִּם חֲשַׁבְיָה שֵׁרֵבְיָה וְיֵשׁוּעַ בֶּן־קַדְמִיאֵל וַאֲחֵיהֶם לְנֶגְדָּם לְהַלֵּל לְהוֹדוֹת בְּמִצְוַת דָּוִיד אִישׁ־הָאֱלֹהִים מִשְׁמָר לְעֻמַּת מִשְׁמָר׃ - Et les chefs des Lévites : Hachavya, Chérévya, et Yéchoua fils de Kadmiel, et leurs frères vis-à-vis d'eux, pour louer et rendre grâce selon le commandement de David, homme de Dieu, une garde face à l'autre garde.
Après avoir énuméré les chefs de famille des Cohanim à l'époque de Yoyakim, le texte revient et dénombre les chefs des Lévites de cette même période.
מַתַּנְיָה וּבַקְבֻּקְיָה עֹבַדְיָה מְשֻׁלָּם טַלְמוֹן עַקּוּב שֹׁמְרִים שׁוֹעֲרִים מִשְׁמָר בַּאֲסֻפֵּי הַשְּׁעָרִים׃ - Matanya, Bakboukya, Ovadya, Mechoullam, Talmon et Akouv étaient des gardes, des portiers veillant aux réserves des portes.
Comme on le sait, les Lévites avaient deux fonctions : chantres et portiers - le chant et les portes. Ils étaient chargés de fermer les portes, et ils entonnaient des chants sur les quinze degrés. Le mot « Ma'alot » désigne des marches, d'où l'expression « Chir Hama'alot » - le chant qu'ils récitaient en se tenant sur les degrés, sur les marches. Certains Lévites étaient portiers et d'autres chantres, et chacun devait connaître précisément son attribution, sa place et son rôle : un chantre qui officiait comme portier ou un portier qui chantait était passible de mort. La Guémara rapporte l'histoire d'un portier qui s'apprêtait à fermer les portes, et celles-ci étaient extrêmement lourdes. Un autre Lévite, qui était chantre, vit qu'il peinait et vint lui prêter main-forte. Le portier lui dit : « Retire ta main ! Ne touche à rien ! Car un chantre qui fait office de portier est passible de mort - ce n'est pas ton rôle, et tu ne dois pas le faire. » Et que signifie « aux magasins des portes » (Assoufé Hacha'arim) ? Au seuil, comme les gardiens du seuil ; ils se tenaient au seuil des portes, et telle était leur mission.
אֵלֶּה בִּימֵי יוֹיָקִים בֶּן־יֵשׁוּעַ בֶּן־יוֹצָדָק וּבִימֵי נְחֶמְיָה הַפֶּחָה וְעֶזְרָא הַכֹּהֵן הַסּוֹפֵר׃ - Ceux-là vivaient au temps de Yoyakim, fils de Yéchoua, fils de Yotsadak, et au temps de Néhémie le gouverneur, et d'Ezra, le Cohen et scribe.
Tels étaient les portiers à l'époque de Yoyakim fils de Yéchoua fils de Yotsadak, et au temps de Néhémie le Péha. Le terme « Péha » désigne un gouverneur. Et que signifie « Sofer » ? Un sage. C'est ainsi que l'on dit : « le Sofer récite la bénédiction et l'ignorant est quitte ». Et lorsqu'on dit « Midivré Soferim » (d'après les paroles des scribes), on entend par là les paroles des Sages.
Et pourquoi les appelait-on ainsi « Soferim » (littéralement ceux qui comptent) ? La Guémara explique : parce qu'ils comptaient toutes les lettres de la Torah - « la lettre Vav du mot Gahon marque le milieu de la Torah », jusqu'ici se trouve la moitié des mots, et ainsi de suite. Autre explication : ils comptaient les Halakhot, nous apprenant par là comment les dénombrer et quelles elles étaient. Par exemple : « Il y a quatre débuts d'année », « Il y a quatre causes principales de dommages », « Quinze femmes exemptent leurs rivales », etc. Toutes ces formules sont des repères mnémoniques transmis par les Sages. Si l'on ne se souvient plus combien de débuts d'année existent, le texte précise « quatre », et l'on peut énumérer pour vérifier si le compte y est. En revanche, sans nombre précis, une fois arrivé à quatre, on pourrait se demander : y en a-t-il d'autres ? Quand un chiffre est posé, on sait exactement combien il y en a sans risquer de se tromper. C'est une autre raison pour laquelle ils portent le nom de « Soferim ».
Remarquez bien : Néhémie était Péha (gouverneur) et Ezra était Cohen et Sofer (scribe), car la rédemption s'était partagée entre eux. Il y avait une délivrance politique et matérielle, et une délivrance spirituelle. La rédemption politique fut l'œuvre de Néhémie : comme nous l'avons constaté tout au long du livre, il prit soin des remparts, combattit ceux qui tentaient d'entraver les travaux, et c'est lui qui les délivra sur le plan matériel - voilà pourquoi il est appelé Péha, gouverneur. Quant à Ezra le Cohen et scribe, il œuvra à la délivrance spirituelle : c'est lui qui leur enseigna la Torah et établit des hommes pour étudier et enseigner la Torah dans tous leurs lieux d'habitation. Ezra HaSofer était un géant parmi les géants ; il est écrit à son sujet qu'il était digne que la Torah fût donnée par son intermédiaire - un niveau spirituel exceptionnel. Ce n'est pas sans raison que chez les Juifs originaires d'Irak, beaucoup nomment leurs enfants Ezra, alors que chez les Juifs yéménites, ce prénom est rarissime : comme on le sait, les Yéménites n'étaient pas montés en terre d'Israël et eurent un différend avec Ezra HaSofer, raison pour laquelle ils ne donnent pas son nom.
וּבַחֲנֻכַּת חוֹמַת יְרוּשָׁלִַם בִּקְשׁוּ אֶת־הַלְוִיִּם מִכָּל־מְקוֹמֹתָם לַהֲבִיאָם לִירוּשָׁלִָם לַעֲשֹׂת חֲנֻכָּה וְשִׂמְחָה וּבְתוֹדוֹת וּבְשִׁיר מְצִלְתַּיִם נְבָלִים וּבְכִנֹּרוֹת׃ - Lors de l'inauguration de la muraille de Jérusalem, on rechercha les Lévites dans tous leurs lieux de résidence pour les faire venir à Jérusalem, afin de célébrer l'inauguration et la joie par des louanges, des chants, des cymbales, des luths et des harpes.
Après avoir bâti la muraille, on rassembla les Lévites de tous leurs lieux de séjour et on les fit venir à Jérusalem - dans quel but ? Pour « faire l'inauguration » (La'assot Hanouka). Et quelle nécessité y avait-il d'accomplir ici une inauguration ? Nos Sages disent, et c'est une Michna dans Sanhédrin, qu'il faut sanctifier les murailles de Jérusalem par des offrandes de reconnaissance (Toda), par le chant, et par l'intermédiaire des Sages, par un Beit Din. Et pourquoi faut-il sanctifier ? Un homme qui ajoute un balcon à sa maison a-t-il besoin de le sanctifier ? En réalité : celui qui agrandit la Azara (le parvis du Temple) doit sanctifier cette extension, et celui qui ajoute aux murailles de Jérusalem et les agrandit en a le droit, mais doit obligatoirement les sanctifier.
La raison en est que les remparts de Jérusalem délimitent précisément le périmètre où réside la sainteté de Jérusalem. La terre d'Israël est plus sainte que toutes les contrées, et Jérusalem est plus sainte encore. En quoi s'exprime sa sainteté sur le plan halakhique ? Le Ma'asser Chéni (la deuxième dîme) ne se consomme qu'à Jérusalem - intra-muros, à l'intérieur des remparts. Et les Kodachim Kalim (sacrifices de moindre sainteté) se mangent dans toute la ville, comme nous le récitons chaque matin : « Dans toute la ville, par tout homme, durant deux jours et une nuit ». Quelqu'un qui offre un sacrifice de Chlamim (sacrifices rémunératoires) - ce sont des Kodachim Kalim, et ils se mangent dans toute la ville, entre les remparts. Or, si un architecte venait décider d'ajouter cinquante mètres supplémentaires à Jérusalem, à quoi cela servirait-il ? Cet endroit ne serait pas saint, et comment pourrait-on y manger ? Comment toutes les lois et règles propres à Jérusalem s'y appliqueraient-elles ? C'est impossible. C'est pourquoi tout agrandissement doit se faire selon l'autorité du Sanhédrin, et il est nécessaire de le sanctifier. Et comment sanctifie-t-on ? Par des Todot et des chants - par des louanges, des offrandes de reconnaissance et des chants. Et avec quels chants ? Au son des cymbales, des harpes et des lyres, qui étaient les instruments de musique avec lesquels chantaient les Léviim.
וַיֵּאָסְפוּ בְּנֵי הַמְשֹׁרְרִים וּמִן־הַכִּכָּר סְבִיבוֹת יְרוּשָׁלִַם וּמִן־חַצְרֵי נְטֹפָתִי׃ - Les chantres se rassemblèrent, tant de la plaine des environs de Jérusalem que des bourgades des Netofatites.
Ils se rassemblèrent de tous les environs : de la « Kikhar », des bourgades de Nétofati - autant d'endroits situés aux alentours. Et qu'est-ce qu'un « Kikhar » ? C'est ici que l'on constate à quel point Ben Yehouda a faussé notre compréhension moderne : un « Kikhar » n'est pas un rond-point ou une place circulaire, c'est une plaine, une vallée plane. Où le voit-on ? À Sodome : « Et il vit toute la plaine (kikhar) du Jourdain ».
וּמִבֵּית הַגִּלְגָּל וּמִשְּׂדוֹת גֶּבַע וְעַזְמָוֶת כִּי חֲצֵרִים בָּנוּ לָהֶם הַמְשֹׁרְרִים סְבִיבוֹת יְרוּשָׁלִָם׃ - Et de Beth-Haguilgal, et des terroirs de Guéva et d'Azmaveth, car les chantres s'étaient bâti des bourgades autour de Jérusalem.
On les convoqua de Beth-Haguilgal, des champs de Guéva et d'Azmaveth - qui sont des noms de localités. Et pourquoi s'y trouvaient-ils ? Parce que tous n'habitaient pas dans l'enceinte même de Jérusalem ; les chantres s'étaient fait construire des bourgades, des sortes de villas champêtres, autour de Jérusalem.
וַיִּטַּהֲרוּ הַכֹּהֲנִים וְהַלְוִיִּם וַיְטַהֲרוּ אֶת־הָעָם וְאֶת־הַשְּׁעָרִים וְאֶת־הַחוֹמָה׃ - Les Cohanim et les Léviim se purifièrent, puis ils purifièrent le peuple, les portes et le rempart.
D'abord « ils se purifièrent » - eux-mêmes, à l'image du principe « et il expiera pour lui-même et pour sa maison » : d'abord pour lui-même, puis pour sa maisonnée. Ensuite seulement, ils purifièrent le peuple, les portes et le rempart - ils allèrent évacuer, nettoyer et vider tout ce qui était impur, afin qu'il ne reste aucune Touma (impureté) dans la ville.
וָאַעֲלֶה אֶת־שָׂרֵי יְהוּדָה מֵעַל לַחוֹמָה וָאַעֲמִידָה שְׁתֵּי תוֹדֹת גְּדוֹלֹת וְתַהֲלֻכֹת לַיָּמִין מֵעַל לַחוֹמָה לְשַׁעַר הָאַשְׁפֹּת׃ - Je fis monter les chefs de Juda sur le rempart, et je disposai deux grands cortèges d'action de grâce ; l'un partit vers la droite, sur le rempart, en direction de la porte des Déchets.
« Todot » désigne ici les deux pains de l'offrande de Toda, chaque pain étant appelé « Toda » ; et on les fit monter sur le rempart. Que signifie exactement « au-dessus du rempart » (mé'al la'homa) ? Le Malbim explique que cela peut s'interpréter de deux manières : soit ils marchaient réellement au sommet de la muraille, soit « sur le rempart » signifie tout près, le long de la muraille - car nous voyons fréquemment dans le texte que le terme « 'al » signifie « à proximité de ». Il mentionne que le Ritva s'est interrogé à ce sujet : où marchaient-ils véritablement, sur le haut du rempart ou à côté de lui ? Et le Ritva voulait prouver qu'ils marchaient bel et bien sur le haut de la muraille elle-même. Voici sa preuve : s'ils marchaient sur le rempart, on comprend comment les ouvertures et les portes ménagées dans le rempart ont été sanctifiées, puisqu'ils y sont passés et ont tout sanctifié ; en revanche, s'ils marchaient à l'intérieur, le long du rempart, comment les remparts eux-mêmes ont-ils été sanctifiés ? Et quelle est la Nafka Mina (l'incidence halakhique pratique) concernant les remparts eux-mêmes, ainsi que leurs fenêtres et leurs ouvertures - quel statut ont-ils ?
C'est pourquoi le Malbim conclut qu'il lui semble que lorsqu'il est dit « sur le rempart », l'intention est bien qu'ils marchèrent au sommet de la muraille elle-même. En effet, la Guémara enseigne : « L'épaisseur de la muraille est assimilée à l'intérieur » - il existe une controverse et deux opinions à ce sujet dans la Guémara - et selon l'avis qui soutient que l'épaisseur de la muraille équivaut à l'intérieur de la ville, elle fait partie intégrante de Jérusalem ; ainsi, quelqu'un qui s'asseyait dans l'épaisseur du rempart pour y consommer des Kodachim Kalim n'était pas considéré comme ayant mangé hors de l'enceinte de Jérusalem. Or, les remparts de Jérusalem sont particulièrement larges ; de nos jours encore, on organise des visites guidées au sommet même des remparts, tant ils sont spacieux.
וַיֵּלֶךְ אַחֲרֵיהֶם הוֹשַׁעְיָה וַחֲצִי שָׂרֵי יְהוּדָה׃ וַעֲזַרְיָה עֶזְרָא וּמְשֻׁלָּם׃ יְהוּדָה וּבִנְיָמִן וּשְׁמַעְיָה וְיִרְמְיָה׃ - Derrière eux marchaient Hocheaya et la moitié des chefs de Juda, ainsi qu'Azaria, Ezra et Mechoullam, Juda, Benjamin, Chemaya et Jérémie.
Derrière les porteurs des pains de la Todah marchaient Hocha'ya et la moitié des princes de Yehouda, suivis d'Azarya, Ezra et Mechoullam - ce sont les personnalités les plus éminentes, c'est pourquoi le verset les mentionne nommément. Quant à Yehouda et Binyamin, tous deux étaient des princes.
וּמִבְּנֵי הַכֹּהֲנִים בַּחֲצֹצְרוֹת זְכַרְיָה בֶן־יוֹנָתָן בֶּן־שְׁמַעְיָה בֶּן־מַתַּנְיָה בֶּן־מִיכָיָה בֶּן־זַכּוּר בֶּן־אָסָף׃ - Et parmi les fils des cohanim munis de trompettes : Zekharya fils de Yonatan, fils de Chema'ya, fils de Mattanya, fils de Mikhaïa, fils de Zakour, fils d'Assaf.
Ceux-ci faisaient partie des descendants des cohanim qui marchaient avec des trompettes, c'est-à-dire en jouant de divers instruments de musique.
וְאֶחָיו שְׁמַעְיָה וַעֲזַרְאֵל מִלְלַי גִּלְלַי מָעַי נְתַנְאֵל וִיהוּדָה חֲנָנִי בִּכְלֵי־שִׁיר דָּוִיד אִישׁ הָאֱלֹהִים וְעֶזְרָא הַסּוֹפֵר לִפְנֵיהֶם׃ - Et ses frères : Chema'ya, Azarel, Milalaï, Guilalaï, Ma'aï, Netanel, Yehouda et 'Hanani, avec les instruments de musique de David, homme de D.ieu ; et Ezra le scribe était devant eux.
« Et ses frères » - les compagnons de Zekharya le Cohen, selon l'explication de Rachi ; tandis que le Metsoudat David explique qu'il s'agissait littéralement de ses frères. Et ils avançaient avec « les instruments de musique de David » - c'est avec ces mêmes instruments dont jouait le roi David qu'ils marchaient.
וְעַל שַׁעַר הָעַיִן וְנֶגְדָּם עָלוּ עַל־מַעֲלוֹת עִיר דָּוִיד בַּמַּעֲלֶה לַחוֹמָה מֵעַל לְבֵית דָּוִיד וְעַד שַׁעַר הַמַּיִם מִזְרָח׃ - Près de la porte de la Source et droit devant eux, ils montèrent par les degrés de la Cité de David, par la montée de la muraille, au-dessus de la maison de David, jusqu'à la porte des Eaux, vers l'est.
Autrement dit, ils allèrent de la porte des Déchets en direction de la porte des Eaux.
וְהַתּוֹדָה הַשֵּׁנִית הַהוֹלֶכֶת לְמוֹאל וַאֲנִי אַחֲרֶיהָ וַחֲצִי הָעָם מֵעַל לְהַחוֹמָה מֵעַל לְמִגְדַּל הַתַּנּוּרִים וְעַד הַחוֹמָה הָרְחָבָה׃ - Et le second cortège de remerciement s'avançait en face, et moi derrière lui avec la moitié du peuple, sur la muraille, au-dessus de la tour des Fours et jusqu'à la Muraille large.
Le second cortège de la Todah marchait face au premier - non pas au même niveau, mais l'un en face de l'autre. Nechemya précise : « et moi derrière lui » - derrière ce second cortège. Et bien qu'il soit écrit « lemow'el » avec un alef, le sens est « lemoul » (en face), tout comme nous verrons plus loin le mot « da'ag » avec un alef, qui désigne le poisson et non l'inquiétude.
וּמֵעַל לְשַׁעַר־אֶפְרַיִם וְעַל־שַׁעַר הַיְשָׁנָה וְעַל־שַׁעַר הַדָּגִים וּמִגְדַּל חֲנַנְאֵל וּמִגְדַּל הַמֵּאָה וְעַד שַׁעַר הַצֹּאן וְעָמְדוּ בְּשַׁעַר הַמַּטָּרָה׃ - Et par-dessus la porte d'Ephraïm, la porte Ancienne, la porte des Poissons, la tour de 'Hananel et la tour de Méa, jusqu'à la porte des Brebis ; et ils s'arrêtèrent à la porte de la Prison.
Ils longèrent toutes ces portes jusqu'à s'arrêter à la porte de la Matarah. Et qu'est-ce que la « Matarah » ? Nous connaissons l'expression « la cour de la Matarah » - non pas parce qu'on y tirait sur une cible (sens moderne de matarah), mais du verbe signifiant garder, surveiller. Une maison de garde est une prison, et la cour de la Matarah est la cour de la prison, le poste de garde, le lieu où une personne est gardée et surveillée.
וַתַּעֲמֹדְנָה שְׁתֵּי הַתּוֹדֹת בְּבֵית הָאֱלֹהִים וַאֲנִי וַחֲצִי הַסְּגָנִים עִמִּי׃ - Les deux cortèges de remerciement prirent place dans la maison de D.ieu, ainsi que moi et la moitié des magistrats avec moi.
On les conduisit finalement jusqu'au Beth Hamikdach, et Néhémie ainsi que la moitié des dignitaires marchèrent avec lui.
וְהַכֹּהֲנִים אֶלְיָקִים מַעֲשֵׂיָה מִנְיָמִין מִיכָיָה אֶלְיוֹעֵינַי זְכַרְיָה חֲנַנְיָה בַּחֲצֹצְרוֹת׃ וּמַעֲשֵׂיָה וּשְׁמַעְיָה וְאֶלְעָזָר וְעֻזִּי וִיהוֹחָנָן וּמַלְכִּיָּה וְעֵילָם וָעָזֶר וַיַּשְׁמִיעוּ הַמְשֹׁרְרִים וְיִזְרַחְיָה הַפָּקִיד׃ - Et les Cohanim : Elyakim, Maasséya, Minyamin, Mikhaya, Elyoénaï, Zekharya, Hananya, avec des trompettes ; et Maasséya, Chemaya, Elazar, Ouzi, Yehohanan, Malkiya, Elam et Ezer. Les chantres firent entendre leur voix, avec Yizrahya pour préposé.
Tant la joie était grande, ils sonnaient des trompettes. Les deux cortèges de Toda s'arrêtèrent dans la Maison de Dieu, et c'est là qu'ils se rencontrèrent : Néhémie arrivait du côté sud, et les Cohanim Elyakim, Maasséya et leurs compagnons venaient avec des trompettes du côté nord. C'est alors que les chantres firent retentir leurs voix. Et qui est ce "Yizrahya le préposé" ? C'est le responsable des chants et des louanges, ce qu'on appellerait aujourd'hui un chef de chœur ou chef d'orchestre. Ce maître est le préposé chargé d'harmoniser les voix : vous faites ainsi, et vous faites ainsi. Un enfant qui observe un orchestre symphonique ne comprend pas pourquoi celui qui se tient devant agite les mains - après tout, on ne l'entend pas du tout, et de quel instrument joue-t-il donc ? Mais il ignore que toute l'harmonie dépend de cette seule personne : c'est lui qui veille à la manière dont les voix se font entendre, au moment des entrées et des sorties ; toute la cohérence repose sur lui. Tel était Yizrahya le préposé, qui dirigeait l'exécution des chants.
וַיִּזְבְּחוּ בַיּוֹם־הַהוּא זְבָחִים גְּדוֹלִים וַיִּשְׂמָחוּ כִּי הָאֱלֹהִים שִׂמְּחָם שִׂמְחָה גְדוֹלָה וְגַם הַנָּשִׁים וְהַיְלָדִים שָׂמֵחוּ וַתִּשָּׁמַע שִׂמְחַת יְרוּשָׁלִַם מֵרָחוֹק׃ - Ils offrirent en ce jour-là de grands sacrifices et se réjouirent, car Dieu leur avait procuré une grande joie ; les femmes et les enfants se réjouirent aussi, et la joie de Jérusalem s'entendit de loin.
Ils offrirent de grands sacrifices et se réjouirent - et pourquoi ? "Car Dieu leur avait procuré une grande joie", Hakadosh Baroukh Hou mit l'allégresse dans leur cœur. Et non seulement eux, mais les femmes et les enfants se réjouirent également, et c'est jusqu'au loin que résonnaient les clameurs de joie pour l'achèvement de la reconstruction des murailles de Jérusalem et son agrandissement. Leur joie fut immense.
וַיִּפָּקְדוּ בַיּוֹם הַהוּא אֲנָשִׁים עַל־הַנְּשָׁכוֹת לָאוֹצָרוֹת לַתְּרוּמוֹת לָרֵאשִׁית וְלַמַּעַשְׂרוֹת לִכְנוֹס בָּהֶם לִשְׂדֵי הֶעָרִים מְנָאוֹת הַתּוֹרָה לַכֹּהֲנִים וְלַלְוִיִּם כִּי שִׂמְחַת יְהוּדָה עַל־הַכֹּהֲנִים וְעַל־הַלְוִיִּם הָעֹמְדִים׃ - En ce jour-là, des hommes furent préposés aux chambres des trésors, pour les prélèvements (Teroumot), les prémices et les dîmes, afin d'y recueillir des champs des villes les parts fixées par la Torah pour les Cohanim et les Léviim ; car Juda se réjouissait de voir les Cohanim et les Léviim à leur poste.
Les "Nechakhot" sont des "Lechakhot", des pièces et magasins d'entrepôt. En ce jour-là, on nomma des responsables pour ces salles, dans lesquelles on stockait la Terouma, les prémices et les dîmes ; c'est là, dans ces chambres et entrepôts, que l'on rassemblait tout ce qui était apporté.
Le Malbim explique : à l'origine, les Léviim allaient dans les villes recueillir les dîmes, passant d'une aire de battage à l'autre en demandant : "Auriez-vous une dîme à m'accorder ?" En effet, on a l'obligation de donner la dîme, mais on n'est pas tenu de la donner à un Lévi en particulier ; ils faisaient donc la tournée pour qu'on la leur remette. Dès lors, Néhémie institua que tous ces prélèvements seraient centralisés dans les magasins des portions - "les parts fixées par la Torah", les portions que la Torah leur a destinées, car le terme "Vayeman" signifie assigner ou destiner, comme dans le livre de Jonas.
Et quelle est la portée de la conclusion : "car Juda se réjouissait de voir les Cohanim et les Léviim à leur poste" ? Le Malbim explique : on a changé ici l'usage habituel. Jusqu'alors, le Cohen et le Lévi faisaient la tournée des aires de battage pour solliciter leur part, et chacun donnait à qui bon lui semblait. Désormais, on mit en place des salles et réserves servant d'entrepôt pour les Teroumot, les prémices et les dîmes, afin d'y réunir, depuis les champs entourant les villes, les parts prescrites par la Torah, ce que la Torah avait alloué et assigné aux Cohanim et aux Léviim. Et pourquoi choisit-on de changer ce système, en faisant acheminer les parts au Beth Hamikdach au lieu de laisser les Cohanim et les Léviim quêter dans les granges comme autrefois ? C'est à ce propos que le texte déclare : "car Juda se réjouissait de voir les Cohanim et les Léviim à leur poste" - le peuple de Juda se réjouissait de voir les Cohanim et les Léviim consacrés pleinement à leur office sacré ; ils nommèrent donc des intendants pour que la dîme soit également acheminée vers les magasins du Temple et répartie entre les Cohanim et les Léviim qui veillaient sur la sainteté du service et se tenaient dans la Maison de Dieu.
וַיִּשְׁמְרוּ מִשְׁמֶרֶת אֱלֹהֵיהֶם וּמִשְׁמֶרֶת הַטָּהֳרָה וְהַמְשֹׁרְרִים וְהַשֹּׁעֲרִים כְּמִצְוַת דָּוִיד שְׁלֹמֹה בְנוֹ׃ כִּי־בִימֵי דָוִיד וְאָסָף מִקֶּדֶם רָאשֵׁי הַמְשֹׁרְרִים וְשִׁיר־תְּהִלָּה וְהֹדוֹת לֵאלֹהִים׃ - Ils observèrent les devoirs de leur Dieu et les devoirs de la pureté, de même que les chantres et les portiers, selon le commandement de David et de Salomon, son fils. Car jadis, à l'époque de David et d'Assaf, il y avait des chefs de chantres, et des cantiques de louange et d'action de grâces envers Dieu.
À l'époque de David et d'Assaf, autrefois, on avait déjà fixé qui seraient les chantres - David, Assaf et ses fils s'en étaient déjà occupés jadis - et les chefs des chantres avaient également été établis dès cette époque. Bien plus encore : les cantiques et les louanges eux-mêmes avaient été arrêtés du temps de David ; ils disposaient déjà de cantiques fixes et de familles attitrées pour le chant.
וְכָל־יִשְׂרָאֵל בִּימֵי זְרֻבָּבֶל וּבִימֵי נְחֶמְיָה נֹתְנִים מְנָיוֹת הַמְשֹׁרְרִים וְהַשֹּׁעֲרִים דְּבַר־יוֹם בְּיוֹמוֹ וּמַקְדִּשִׁים לַלְוִיִּם וְהַלְוִיִּם מַקְדִּשִׁים לִבְנֵי אַהֲרֹן׃ - Tout Israël, à l'époque de Zorobabel et à l'époque de Néhémie, donnait les portions des chantres et des portiers, au jour le jour ; ils prélevaient pour les Lévites, et les Lévites prélevaient pour les fils d'Aaron.
« Menayot » : on ne leur achetait pas des actions en bourse, mais on leur versait des parts (portions) ; on donnait aux chantres et aux portiers les rations qui leur revenaient, au jour le jour. « Et ils prélevaient pour les Lévites » : on réservait et consacrait ces parts aux Lévites, « et les Lévites prélevaient pour les fils d'Aaron ». Et pourquoi les Lévites devaient-ils à leur tour prélever pour les Cohanim ? En raison du « Ma'asser min ha-Ma'asser », c'est-à-dire la Teroumat Ma'asser : le Lévite doit prélever dix pour cent de sa dîme et la remettre au Cohen. Autrement dit, si un Israélite récolte cent oranges, il en donne dix au Lévite - ce qui constitue le Ma'asser Richone ; et le Lévite, tenu lui aussi à un prélèvement, donne dix pour cent de sa part au Cohen. Il reste ainsi neuf oranges au Lévite, et une orange revient au Cohen.
Le chapitre s'ouvre sur les listes des chefs de famille des Cohanim et des Lévites, et explique quand et pourquoi ils ont changé - car la majorité des Lévites ne sont pas montés à l'époque de Zorobabel, mais à celle d'Ezra. Ensuite est décrit le point culminant du livre de Néhémie : l'inauguration de la muraille de Jérusalem, accomplie avec des sacrifices de Toda, des cantiques et sous la conduite du Beth Din, conformément aux lois régissant la sanctification d'une extension de la ville, afin que la sainteté halakhique de Jérusalem s'étende à tout son périmètre intérieur. Deux cortèges de Toda marchèrent sur la muraille dans deux directions opposées et se rejoignirent au Temple de Dieu ; la joie fut si immense qu'on l'entendait de loin - « car Dieu les avait réjouis d'une grande joie ». Portés par cette allégresse et par la reconnaissance envers les Cohanim et les Lévites fidèles à leur charge, ils instaurèrent une nouvelle organisation : ils nommèrent des préposés aux chambres du Temple afin que les prélèvements et les dîmes soient directement centralisés dans les magasins, évitant ainsi aux Cohanim et aux Lévites d'avoir à faire la tournée des aires de battage - chacun se tenant désormais à son poste, selon le commandement de David, l'homme de Dieu.