Introduction : deux dates à la fin de la vision de Daniel
À la fin du livre de Daniel, après l'ensemble des visions et des allusions, deux dates explicites sont transmises à Daniel - un calcul bien plus clair que tout ce qui précédait. D'abord « mille deux cent quatre-vingt-dix jours », puis « mille trois cent trente-cinq jours ». Le Malbim explique qu'il s'agit de deux échéances : la première est le moment à partir duquel s'ouvre la possibilité de la Délivrance - s'ils le méritent, selon le principe de « A'hichena » (Je la hâterai) ; la seconde est l'échéance ultime, le temps de la Délivrance selon le principe de « Be'ita » (en son temps). Avant la première échéance, il n'y a rien à attendre ni à espérer, mais à partir de celle-ci, l'attente devient légitime.
« Depuis le temps où sera aboli le sacrifice perpétuel » - À partir de quelle destruction compte-t-on ?
וּמֵעֵת הוּסַר הַתָּמִיד וְלָתֵת שִׁקּוּץ שֹׁמֵם יָמִים אֶלֶף מָאתַיִם וְתִשְׁעִים׃ (יב, יא) - Et depuis le temps où sera aboli le sacrifice perpétuel et dressée l'abomination dévastatrice, il y aura mille deux cent quatre-vingt-dix jours. (12, 11)
Il convient d'abord d'élucider le point de départ de ce décompte. Si l'on applique ces versets à la destruction du Second Temple, souligne le Malbim, cela s'avère impossible : car en ajoutant à la date de la destruction 1 290 ans, puis encore 1 335 ans, on entrerait déjà dans le septième millénaire. Or, c'est inconcevable, puisque selon le principe talmudique, « le monde subsiste six mille ans, et un millénaire sera désolé » - le septième millénaire correspond déjà à l'époque finale du monde, et tous ces événements doivent obligatoirement se dérouler avant la fin du sixième millénaire dans lequel nous nous trouvons (nous sommes en l'an 5769, au cœur du sixième millénaire). Par conséquent, ce calcul ne peut pas se rapporter à la destruction du Second Temple.
Faut-il alors l'appliquer au Premier Temple ? Là aussi surgit une difficulté : sous le Second Temple, une idole fut installée dans le Sanctuaire, mais sous le Premier Temple, aucune abomination dévastatrice ne fut dressée - Nabuchodonosor est venu et a détruit le Temple immédiatement. Dès lors, démontre le Malbim, le verset ne parle pas du moment même de la destruction, mais d'une époque sous le Premier Temple où le sacrifice perpétuel fut aboli et une profanation introduite dans le Sanctuaire, bien avant la destruction. En effet, le texte précise explicitement le point de départ : « Depuis le temps où sera aboli le sacrifice perpétuel et dressée l'abomination dévastatrice » - depuis l'interruption de l'offrande quotidienne et l'érection de l'idole.
Le sacrifice perpétuel aboli à trois reprises
À la suite d'un examen minutieux de l'histoire, observe le Malbim, nous découvrons trois occurrences où le sacrifice perpétuel fut interrompu et une abomination dressée. Une première fois à l'époque de Manassé, qui abolit le service du Temple et plaça une idole dans le Sanctuaire. Auparavant, sous le règne d'Achaz, qui ferma les portes de la Maison de Dieu - d'où son nom Achaz, car il verrouilla (a'haz) les portes du Beth Hamidrach - et brûla de l'encens pour d'autres divinités. Et bien avant eux encore, au temps de la perfide Athalie, dont il est écrit que ses fils saccagèrent la Maison de Dieu et consacrèrent tous les objets sacrés du Temple aux Baals ; à cette époque, le sacrifice perpétuel cessa. La preuve en est que Yehoyada rétablit ensuite les offices pour offrir les holocaustes, comme le rapporte le livre des Chroniques : « et ils offrirent continuellement des holocaustes dans la Maison de Dieu durant tous les jours de Yehoyada » - ce qui démontre qu'avant Yehoyada, sous le règne d'Athalie, les holocaustes avaient cessé. Même si une abomination n'a pas été matériellement dressée au cœur du Sanctuaire, les objets sacrés furent transférés au culte de Baal et le temple de Baal fut érigé - l'abomination se dressait ainsi en lieu et place du Temple de Dieu.
Puisque le verset mentionne sans précision que « le sacrifice perpétuel a été aboli », la logique veut que l'on compte à partir de la première interruption, c'est-à-dire l'époque d'Athalie. Athalie régna six ans, et c'est à la fin de son règne que le culte perpétuel fut interrompu. Elle mourut en l'an 3061, ce qui situe l'abolition du sacrifice un an avant sa mort, en l'an 3060 de la Création du monde. C'est à partir de cette année que s'établit le calcul.
1 290 : l'an 4350 - l'an 590 du calendrier civil
En ajoutant 1 290 à 3 060, nous parvenons à l'an 4350 de la Création du monde, correspondant à l'an 590 de l'ère commune. (Ces correspondances avec le calendrier civil sont rappelées ici, hélas, parce que beaucoup ne sont pas familiers de la chronologie hébraïque depuis la Création.) À partir de cette année-là s'ouvre la possibilité de la venue de la Délivrance. C'est le premier jalon : on entre alors dans la période propice où la Guéoula peut survenir, tandis qu'auparavant il n'y avait rien à espérer. C'est à ce propos qu'il est dit : « Heureux celui qui attend ! » - car c'est à partir de ce moment que commence l'attente légitime.
Et que s'est-il passé à cette époque ? En consultant le Séfer Seder HaDorot, au quatrième millénaire, on découvre un fait historique remarquable méconnu de beaucoup. L'empereur romain Julien avait accordé l'autorisation de reconstruire le Temple à Jérusalem, et les Juifs entreprirent effectivement ces travaux sur ordre impérial, avec des investissements considérables. Or, en l'an 4349 (589), un immense séisme secoua le monde et le temple en construction s'effondra - un violent tremblement de terre renversa l'édifice imposant qu'ils bâtissaient. Le lendemain, un grand feu descendit du ciel, fit fondre toutes les armatures de fer du bâtiment et brûla de nombreux Juifs ; il y est écrit qu'un nombre incalculable de Juifs périrent alors dans cette catastrophe. L'année suivante, en 4350, survint « une grande corruption de l'air dans le monde entier » - selon l'expression du Seder HaDorot : un air empesté, ce qui correspond dans nos termes modernes à une épidémie foudroyante, semblable à ces fièvres meurtrières ; les gens éternuaient, et quiconque éternuait s'effondrait et mourait sur le coup.
Que déduit-on de là ? Que cette époque était propice à la Guéoula, et c'est exactement le calcul exposé : depuis l'an 3060, moment où Athalie installa l'abomination, plus 1290 ans - nous arrivons à l'an 4350, qui constituait véritablement un moment favorable pour le début de la rédemption. Certes, il y eut un réveil spirituel, mais manifestement pas suffisant ; et lorsque le réveil spirituel ne suffit pas, les malheurs et les catastrophes surviennent à sa place.
1335 : l'année 5685
אַשְׁרֵי הַמְחַכֶּה וְיַגִּיעַ לְיָמִים אֶלֶף שְׁלֹשׁ מֵאוֹת שְׁלֹשִׁים וַחֲמִשָּׁה׃ (יב, יב) - « Heureux celui qui attendra et atteindra mille trois cent trente-cinq jours ! » (12, 12)
À partir de cette époque, l'an 4350 (590 de l'ère commune), il y a lieu de commencer à attendre et à espérer la rédemption - « Heureux celui qui attendra ». Jusqu'à quand faut-il attendre ? Jusqu'à atteindre 1335 jours. Ajoutons 1335 à 4350, et nous obtenons l'an 5685 (תרפ"ה), c'est-à-dire l'année 1925 du calendrier civil. C'est alors, explique le Malbim, qu'aura lieu le terme merveilleux tant attendu. Ce qui s'est passé en 1940, nous nous en souvenons tous ; et même avant cela, en 1930, survint le grand effondrement économique mondial. Et il n'est pas impératif que l'événement survienne cette année-là même : la mesure des fautes a fini par se combler, et en 1940 a débuté la terrible Shoah, qu'Hachem ait pitié.
Les trois échéances s'unissent
Deux autres échéances nous ont déjà été expliquées. « Une époque, deux époques et une demi-époque » - *« 'idan vé'idanine oufleg 'idan »* - qui, selon le calcul exposé plus haut au chapitre 7, verset 25, nous amène à l'année 5673 (תרע"ג), soit l'année 1913. Et la seconde échéance, « Jusqu'à deux mille trois cents soirs et matins, alors le sanctuaire sera purifié », montrée lors de la seconde vision, se termine en l'an 5688 (תרפ"ח), soit 1928. Nous avons donc sous les yeux 5685 et 5688, 1925 et 1928.
Et maintenant, voyez, dit le Malbim, comment ces trois échéances s'unissent : l'année 5673 (1913) en marque le commencement, et la période s'étendra sur deux cycles de Chemitah, quatorze ans - ce sont là « deux septénaires », deux périodes de sept ans, conformément aux paroles de nos Sages sur la septaine où le fils de David viendra et la septaine de la guerre de Gog et Magog. Cela s'étend donc de l'an 5673 jusqu'à l'an 5688. Et en 5685, trois ans avant la fin, commencera la reconstruction du Beth Hamikdach ; les travaux dureront trois ans, et en 5688, tout s'achèvera.
Pourquoi cela ne s'est-il pas réalisé
Or, nous le savons tous, hélas, rien de tout cela n'a eu lieu. Qu'est-ce que cela signifie ? Nous avions une époque extrêmement propice, mais ce potentiel ne s'est pas concrétisé. Le Malbim précise expressément qu'il rédige ses lignes en l'an 5628 (תרכ"ח) - c'est-à-dire qu'il décrit ce qui devait survenir soixante ans plus tard. Et malheureusement, cela non plus ne s'est pas accompli, tout comme ce qu'avaient écrit Rachi et Rav Saadia Gaon : toutes les dates calculées sont passées sans que la promesse ne s'accomplisse encore.
Et le Malbim ajoute : « Et puisqu'il n'est pas chose aisée de voir grandir la gloire d'Israël de nos propres yeux et de l'attendre chaque jour » - car la question se pose en effet : pourquoi repousser l'échéance à dans soixante ans ? Nous voulons voir la Guéoula maintenant ! En vérité, les maîtres des générations passées ont expliqué que chaque commentateur situait la rédemption à une époque proche de la sienne, chacun interprétant selon son inspiration. On ne verra jamais Rachi écrire que la Guéoula aura lieu dans sept cents ans ; il la situait dans une période proche de son époque, et ainsi firent tous les autres. Il s'agissait également d'encourager et de fortifier le peuple, en montrant que la rédemption était imminente et que le Machia'h était sur le point d'arriver.
Une autre raison encore : il est écrit dans le Zohar que durant les soixante dernières années précédant la venue du Machia'h, il y aura un réveil en faveur de la rédemption. Le Malbim s'est donc dit : s'il en est ainsi, il convient que les paroles que j'écris aujourd'hui - soit exactement soixante ans auparavant - suscitent au sein du peuple ce réveil pour la rédemption, afin que ces prédictions s'accomplissent et que la Guéoula survienne au terme de ces soixante années.
Mais, hélas, à cette époque, la Haskalah frappa de plein fouet. Non seulement on ne s'est pas rapproché de la rédemption, mais on s'en est au contraire éloigné, descendant d'époque en époque toujours plus bas. Et pour qui le sait, toute l'œuvre du Malbim sur le Tanakh fut rédigée en réponse aux maskilim. Les esprits assimilés de notre époque ne s'intéressent qu'à la devise « mangeons et buvons car demain nous mourrons », aux divertissements et aux plaisirs ; mais les maskilim de cette génération-là étaient des érudits, des esprits très aguerris dans la Torah et le Tanakh. Quiconque lit leurs écrits en reste stupéfait : leurs textes regorgent de citations bibliques, et même les futilités qu'ils écrivaient étaient formulées dans la langue des versets - il fallait être un talmid 'hakham pour comprendre les inepties qu'ils formulaient ! Et lorsqu'ils soulevaient des questions et des objections sur le Tanakh, il fallait quelqu'un pour leur répondre. C'est pourquoi le Malbim composa son commentaire : pour démontrer à quel point chaque expression et chaque terme du Tanakh est précis, qu'il n'y a aucune contradiction, et combien chaque parole est exacte et rigoureuse.
Et cette époque ne fut pas facile : la Haskala faisait des ravages, les gens abandonnaient la Torah pour se tourner vers les universités. Non seulement aucun réveil n'eut lieu pour hâter la délivrance, mais la situation empira, provoquant une léthargie spirituelle qui précipita la Shoah, à Dieu ne plaise. C'est pourquoi nous sommes encore aujourd'hui dans l'attente de notre rédemption.
Deuxième calcul : un temps, des temps et une moitié de temps
Mais le Malbim nous ouvre une porte de sortie en expliquant qu'il est possible de calculer cette expression « un temps, des temps et une moitié de temps » d'une autre manière - une autre voie qui pourrait être le calcul qui se réalisera. Combien vaut « un temps » (idan) ? Quatre cents ans, en référence à l'exil d'Égypte : « ils les asserviront et les opprimeront pendant quatre cents ans ». « Des temps » (idanin) représentent huit cents ans, ce qui donne avec le premier temps 1200 ans. « Et une moitié de temps » (ou-flèg idan) : divisez ces 1200 par deux, vous obtenez 600, soit un total de 1800 ans. Et ce total correspond, précise le Malbim, à l'année où nous nous trouvons dans notre exil : exactement 1800 ans après la destruction du Temple. (Nous sommes aujourd'hui à près de deux mille ans de la destruction.)
Le Malbim ajoute que bien que le temps doive encore s'étirer avant d'atteindre la fin absolue, cette date marque déjà le début de la rédemption concrète, très proche du dénouement final. C'est le sens de « pour un temps, des temps et une moitié » : ces princes célestes aperçus au-dessus du fleuve, qui insufflent leur force aux royaumes des nations, s'épuiseront ; « et quand sera achevé le brisement de la force du peuple saint », ils ne seront plus opprimés comme auparavant. En d'autres termes, à l'arrivée de ce terme, soit l'année 5628 (1868), les souffrances du peuple d'Israël devaient s'atténuer. Malheureusement, cela non plus ne s'est pas accompli de cette manière, car la terrible et monstrueuse Shoah a suivi : non seulement les tourments n'ont pas diminué, mais ils sont devenus d'une violence inouïe.
Les trois échéances selon le second calcul
La première échéance est donc fixée à 1800 ans après la destruction du Temple, soit l'année 5628 (1868). La deuxième échéance correspond à la vision de « deux mille trois cents soirs et matins », dont le compte s'ouvre à la destruction du Premier Temple en l'an 3338 pour s'achever en 5638. Le processus commence donc en 5628, et dix ans plus tard, en 5638, « le sanctuaire sera justifié » - dès lors, les nations reconnaîtraient la justice d'Israël et cesseraient de les tourmenter.
La troisième échéance part « du moment où le sacrifice perpétuel aura été aboli », c'est-à-dire lors de la destruction du Premier Temple. Et bien que nous ayons objecté qu'aucune abomination désolante n'avait été érigée lors de la ruine du Premier Temple, le Malbim explique ici que « et pour placer l'abomination désolante » signifie que la destruction donna de la force et du prestige à l'idolâtrie. Les nations se disaient alors que leur culte avait triomphé - non pas qu'une idole eût été physiquement installée dans le sanctuaire, mais un surcroît de puissance et de gloire apparente fut accordé à leurs faux cultes par l'humiliation du Beth Hamikdach : ils avaient détruit notre Maison, rehaussant d'autant l'importance de leurs divinités. La ruine du Premier Temple a eu lieu en 3338 ; en y ajoutant 1290 ans, on parvient à l'an 4628 - la date même obtenue par le calcul d'« un temps, des temps et une moitié ». Il apparaît ainsi que ces repères temporels concordent avec précision.
Et que signifie selon ce calcul « Heureux celui qui attendra et parviendra à mille trois cent trente-cinq jours » ? On scinde ce chiffre en deux : mille, plus trois cent trente-cinq. Au terme des mille ans à compter du premier terme - de 4628 plus mille ans -, on atteint l'an 5628, soit l'année 1868 de l'ère commune. C'est alors que commence à s'élever la puissance d'Israël, correspondant à « un temps, des temps et une moitié ». Ajoutez-y encore 335 ans jusqu'à l'époque de la résurrection des morts, et l'on parvient à l'an 5963 (l'année 2203 du calendrier civil) - là, le calcul prend une résonance plus frappante. En d'autres termes : la délivrance était censée s'amorcer en 5628 (1868), et la résurrection des morts aurait lieu en 2203, soit trente-sept ans avant la clôture du sixième millénaire et l'aube du septième.
« Et toi, va vers la fin, et repose-toi »
וְאַתָּה לֵךְ לַקֵּץ וְתָנוּחַ וְתַעֲמֹד לְגֹרָלְךָ לְקֵץ הַיָּמִין׃ (יב, יג) - Et toi, va vers la fin et repose-toi, puis tu te lèveras pour recevoir ton lot à la fin des jours.
« Va vers la fin et repose-toi » : le terme s'ouvrira en 5628, comme nous l'avons expliqué, et se prolongera, tandis que toi, tu resteras encore en repos, car la résurrection des morts n'interviendra qu'à l'aboutissement, en l'an 5963 (2203). C'est seulement alors que « tu te lèveras pour recevoir ton lot à la fin des jours » : c'est à ce moment que tu ressusciteras et verras. Le Malbim fait remarquer que cela correspond également par la guématria : « Lekets Hayamin » équivaut en valeur numérique au début de la première échéance en l'an 5628, tandis que le mot « Hayamin » a une valeur de 335, soit le nombre d'années entre 5628 et 5963, très exactement le calcul établi entre l'amorce du terme et la résurrection des morts en l'an 2203.
Voilà pourquoi le texte emploie le terme « Kets Hayamin » avec un Noun final, et non « Kets Hayamim » avec un Mem. Quelle est la différence ? « Yom » désigne un jour unique, « yamim » est un pluriel ordinaire, tandis que « yamin » est un superlatif pluriel : une multitude de jours s'ajoutant à une autre multitude de jours, d'où ce pluriel en « in ». Le Malbim l'explique ainsi : ce terme est désigné comme « kets hayamin » parce qu'il englobe deux échéances, celle de 5628 et celle de 5963 ; c'est pourquoi il est formulé dans une tournure qui unit deux périodes distinctes.
Et le Malbim conclut : à cette époque - que ce soit selon la première explication, de l'année 5673 (1913) à l'année 5688 (1928), ou selon la seconde, de l'année 5628 (1868) jusqu'en 5963 (2203) - « la ville sera rebâtie sur sa colline et le palais sera habité selon son ordonnance », toutes les prophéties des prophètes s'accompliront, la royauté appartiendra à Hachem et Hachem sera Roi sur toute la terre. Tout cela doit arriver d'ici l'an 5963, correspondant à l'an 2203 du calendrier civil, ce qui se situe au minimum soixante-dix ans avant la fin du monde [l'an 6000]. Puisse Hachem nous accorder de voir la venue du Machia'h rapidement et de nos jours, amen.
« Que périsse l'esprit de ceux qui calculent la fin des temps » - et pourquoi certains ont-ils pourtant calculé ?
Bien qu'une partie de ces calculs ait été repoussée et qu'une autre appartienne au passé, j'attends malgré tout sa venue chaque jour. Même si toutes sortes de calculs soulèvent des interrogations et des incompréhensions, il est écrit : « Que périsse l'esprit de ceux qui calculent la fin des temps » - il ne faut pas chercher à calculer la fin (le Kets), mais espérer et garder une foi entière. Si l'on demande : dans ce cas, pourquoi les Sages ont-ils eux-mêmes calculé la fin des temps ?
Le Maguid de Doubno proposait à ce sujet une parabole. Un père et son fils quittèrent leur cité pour se rendre dans une autre ville, un voyage de trois mois de marche. Au bout de deux heures de marche, le fils demanda : « Papa, quand arrivons-nous ? » Le père le fit aussitôt taire et le réprimanda : pourquoi poses-tu des questions maintenant ? Avance, la route est encore très longue. Plus tard, ils poursuivirent leur voyage en calèche, et une semaine avant d'atteindre leur destination, le père demanda au cocher : dis-moi, quand arrivons-nous ? Le cocher répondit : dans encore six ou sept jours. Le fils, vexé, demanda : papa, quand j'ai demandé quand nous arrivions, tu m'as grondé, et maintenant tu le demandes toi-même au cocher ? Le père lui répondit : ce n'est pas la même chose. Tu posais la question il y a trois mois, et si je t'avais dit que nous n'arriverions que dans trois mois, cela ne t'aurait que découragé. Mais aujourd'hui, après presque trois mois de voyage et alors qu'il ne reste plus qu'une semaine, la question « quand arrivons-nous ? » est au contraire un encouragement : voilà, nous touchons presque au but. À présent, on peut poser la question.
Il en va de même ici : lorsqu'ils ont dit « Que périsse l'esprit de ceux qui calculent la fin des temps », ils parlaient il y a deux mille ans, il y a treize ou quinze siècles, à l'époque talmudique ; annoncer alors que cela n'aurait lieu que deux mille ans plus tard aurait brisé les cœurs. Mais aujourd'hui, alors que cela doit se produire véritablement à notre époque, et que s'accomplissent sous nos yeux tous les signes et les présages annoncés par nos Sages - il est désormais permis d'entreprendre ces calculs.
En résumé :
À la fin du livre, deux nombres furent transmis à Daniel : 1 290, le moment où s'ouvre la possibilité de la délivrance, et 1 335, l'époque de la délivrance elle-même. Selon le premier calcul, on compte à partir de l'abolition du sacrifice perpétuel (le Tamid) aux jours d'Athalie en l'an 3060, pour parvenir à l'an 4350 (590 de l'ère commune) - l'époque de la tentative de reconstruction du Temple sous l'empereur Julien, avec le tremblement de terre, le feu et la peste, un temps propice dont nous n'avons malheureusement pas mérité de voir l'aboutissement ; et de là, 1 335 ans mènent à l'an 5685, venant concorder avec les calculs d'« une période, deux périodes et une demi-période » (5673) et de « deux mille trois cents soirs et matins » (5688). Selon le second calcul, on interprète « une période, deux périodes et une demi-période » comme 1 800 ans depuis la Destruction du Temple, ce qui conduit à l'an 5628, et de là mille ans puis encore 335 ans mènent à 5963 (2203), époque de la résurrection des morts, secret de la « fin des jours » (Kets hayamin, avec l'allusion aux deux fins). Ces époques étaient propices, mais le réveil spirituel n'a pas eu lieu, la Haskala a fait ses ravages, et les souffrances n'ont pas cessé. Quoi qu'il en soit, même si ces calculs sont passés sans s'accomplir, j'attends sa venue chaque jour - et puisse Hachem nous accorder le mérite d'assister à la venue de notre juste Machia'h, rapidement et de nos jours, amen.