Introduction : De l'inscription sur le mur à Daniel
Dans ce chapitre, nous sommes au cœur de la nuit du festin de Belshatsar. Le roi a sorti les ustensiles du Beth Hamikdach, y a bu avec ses ministres et ses femmes, a loué les dieux d'or et d'argent, et aussitôt les doigts d'une main humaine sont apparus et ont écrit sur le mur. Le roi, terrifié, a fait appeler tous les sages de Babylone, mais aucun d'entre eux n'a su lire l'écriture ni en donner l'interprétation. À partir d'ici, nous aborderons l'entrée de la reine, la venue de Daniel devant le roi, le grand reproche qu'il lui adressa, le sens de l'inscription - et la fin de Belshatsar cette nuit-là même.
L'entrée de la reine dans la salle du festin
מַלְכְּתָא לׇקֳבֵל מִלֵּי מַלְכָּא וְרַבְרְבָנוֹהִי לְבֵית מִשְׁתְּיָא עַלַּת. עֲנָת מַלְכְּתָא וַאֲמֶרֶת מַלְכָּא לְעָלְמִין חֱיִי, אַל יְבַהֲלוּךְ רַעְיוֹנָךְ וְזִיוָךְ אַל יִשְׁתַּנּוֹ. - La reine, à la suite des paroles du roi et de ses grands, entra dans la maison du festin. La reine prit la parole et dit : Ô roi, vis à jamais ! Que tes pensées ne t'effraient point, et que l'éclat de ton visage ne s'altère pas.
La reine entendit les paroles du roi et de ses ministres ainsi que la panique qui s'était emparée d'eux, et elle entra dans la salle du festin. « Anat » n'est pas un nom propre, mais signifie « elle répondit » - la reine prit la parole et dit : que mon seigneur le roi vive à jamais, que tes pensées ne t'effraient point et que l'éclat de ton visage ne s'altère pas.
Qui était cette reine ? Certains disent qu'elle était l'épouse de Nevoukhadnetsar, et comme nous le verrons bientôt, elle connaissait fort bien l'histoire et ce qui était arrivé à Nevoukhadnetsar - signe qu'elle était présente de longue date à la cour royale. Selon cette optique, si elle était l'épouse de Nevoukhadnetsar, elle était la mère de Belshatsar selon ceux qui soutiennent qu'il était son fils, ou sa grand-mère selon ceux qui soutiennent qu'il était son petit-fils. D'autres disent que, bien que les autres femmes eussent été amenées au festin, la reine en titre était restée retirée dans son palais, car il ne convenait point à sa dignité d'y paraître. Cela résout une difficulté : faire venir les femmes au festin faisait partie de la faute, comment peut-il donc être dit ici que la reine « entra » ? En réalité, elle n'y était pas entrée au début, et ce n'est qu'en apprenant le drame qu'elle se rendit dans la salle du festin et lui dit : ne t'effraie pas de ces visions que tu as eues.
« Il est un homme dans ton royaume » - Tu disposes d'un homme qui sait
אִיתַי גְּבַר בְּמַלְכוּתָךְ דִּי רוּחַ אֱלָהִין קַדִּישִׁין בֵּהּ, וּבְיוֹמֵי אֲבוּךְ נַהִירוּ וְשׇׂכְלְתָנוּ וְחׇכְמָה כְּחׇכְמַת אֱלָהִין הִשְׁתְּכַחַת בֵּהּ, וּמַלְכָּא נְבֻכַדְנֶצַּר אֲבוּךְ רַב חַרְטֻמִּין אָשְׁפִין כַּשְׂדָּאִין גָּזְרִין הֲקִימֵהּ אֲבוּךְ מַלְכָּא. - Il est un homme dans ton royaume en qui réside l'esprit des dieux saints ; et aux jours de ton père, de la lumière, de l'intelligence et une sagesse pareille à la sagesse des dieux furent trouvées en lui ; et le roi Nevoukhadnetsar, ton père, le roi, ton père, l'établit chef des magiciens, des devins, des Chaldéens et des astrologues.
La reine commence par déclarer : il est un homme dans ton royaume en qui réside l'esprit des dieux saints. Nous avons déjà vu dans les chapitres précédents que Nevoukhadnetsar lui-même disait de Daniel qu'il possédait « l'esprit des dieux saints », à la différence de ses devins, de ses Chaldéens et de ses magiciens, animés par l'esprit des divinités inférieures. L'expression « esprit des dieux saints » signifie que Daniel a accès et entrée auprès du D.ieu Suprême - et c'est pour cette raison qu'il sut expliquer le songe sans même qu'on le lui eût raconté. Qui peut connaître une telle chose ? Seul celui qui a accès auprès du D.ieu Suprême.
C'est précisément ce qu'elle lui dit : tu as raison de constater que les sages ne savent rien, car la chose émane du D.ieu Suprême ; mais tu disposes d'un homme capable de savoir ce qui émane de Lui et quelle est Son intention. Déjà aux jours de ton père, on trouva en lui lumière, intelligence et une sagesse semblable à la sagesse divine - car il connaît les secrets et les mystères du Créateur du monde. Et si tu viens à dire : le fait que cette connaissance me soit cachée signifie-t-il qu'il n'y a plus de remède ni d'espoir ? À cela elle répond : ton père l'a pourtant établi maître des magiciens, des devins et des astrologues, expert au-dessus de tous, preuve que ton père savait déjà qu'il détenait des connaissances inaccessibles aux autres. Lorsque tu as convoqué tous les sages de Babylone, c'est lui que tu aurais dû appeler en premier lieu. Et ne prétends pas ignorer son existence - ne sais-tu donc pas qui ton père a nommé ministres et dignitaires ?
כׇּל קֳבֵל דִּי רוּחַ יַתִּירָה וּמַנְדַּע וְשׇׂכְלְתָנוּ מְפַשַּׁר חֶלְמִין וְאַחֲוָיַת אֲחִידָן וּמְשָׁרֵא קִטְרִין הִשְׁתְּכַחַת בֵּהּ בְּדָנִיֵּאל דִּי מַלְכָּא שָׂם שְׁמֵהּ בֵּלְטְשַׁאצַּר, כְּעַן דָּנִיֵּאל יִתְקְרֵי וּפִשְׁרָה יְהַחֲוֵה. - Parce qu'un esprit supérieur, de la science, de l'intelligence, la faculté d'interpréter les songes, d'expliquer les énigmes et de dénouer les nœuds ont été trouvés en lui, en ce Daniel à qui le roi donna le nom de Beltshatsar. Que Daniel soit donc appelé maintenant, et il révélera l'interprétation.
Ne va pas penser qu'il est sage dans d'autres domaines mais incompétent en de telles matières. Il possède un « esprit supérieur » - un esprit de science et d'intelligence, grâce auquel il interprète les songes, dévoile les énigmes et dénoue les difficultés. « A'hvayat a'hidan » - nous apprenons d'ici qu'une énigme dérive du concept d'une chose close et tenue : une chose scellée et tenue dont la solution est inconnue est appelée en araméen « a'hidan », ces choses attachées et verrouillées qui n'ont pas encore été ouvertes et demeurent sans explication. C'est pourquoi, poursuit la reine, Nevoukhadnetsar lui a donné le nom de Beltshatsar et l'a nommé chef des magiciens au-dessus de tous les devins, en raison de cet esprit divin singulier qu'il avait discerné en lui, capable d'élucider énigmes et mystères. Tous reconnaissaient sa supériorité, tant les devins que les Chaldéens.
De plus, il y a ici une consolation : le Saint, béni soit-Il, ne transmet pas un message obscur sans explication, car sinon, pourquoi l'aurait-Il transmis ? Il y a donc assurément une explication, et le Saint, béni soit-Il, a compté sur le fait que tu interroges Daniel et que Daniel te donne la solution.
Pourquoi est-il appelé maintenant « Daniel » et non « Beltshatsar »
Remarquez la précision de ses termes : « à qui le roi donna le nom de Beltshatsar, que Daniel soit maintenant appelé ». Le roi l'avait nommé d'après sa divinité - le dieu de Babylone était « Bel », et il l'appela Beltshatsar, portant le nom de son dieu. Tout cela convenait jusqu'à ce que Nevoukhadnetsar lui-même ait un fils nommé Belshatsar, qui est précisément le roi devant nous. La différence d'orthographe ne réside que dans la lettre Teth : Daniel s'appelait Beltshatsar et le roi Belshatsar, et cette distinction a sans doute été faite pour le différencier du nom de la divinité. Quoi qu'il en soit, puisqu'il y a désormais un roi nommé Belshatsar, il ne convient plus d'appeler Daniel du nom du roi, et c'est pourquoi on en est revenu à l'appeler Daniel.
Et telle est son intention : certes le roi lui avait donné le nom de Beltshatsar, et actuellement on ne peut pas l'appeler du nom du roi, c'est pourquoi on l'appelle Daniel - mais ne va pas croire que ce changement de nom ait diminué en quoi que ce soit sa sagesse. Cette même sagesse divine en raison de laquelle on l'avait nommé Beltshatsar réside toujours en lui, seul son nom a changé. Et le Rav Saadia Gaon donne une autre raison à la disparition de la lettre : la lettre Teth lui a été retirée, et on ne l'a pas appelé Beltshatsar, qui est le nom de la divinité, parce qu'il a porté la main sur les ustensiles de la Maison de Hachem. Et l'explication de « Belshatsar » - « Balash Otsar », celui qui a fouillé dans le trésor ; « balash » en araméen signifie chercher, fouiller, et « vay'hapes » est traduit dans le Targoum par « ouvalash ». C'est pourquoi la lettre Teth a disparu de son nom.
Daniel est introduit devant le roi
בֵּאדַיִן דָּנִיֵּאל הֻעַל קֳדָם מַלְכָּא. עָנֵה מַלְכָּא וְאָמַר לְדָנִיֵּאל אַנְתְּ הוּא דָנִיֵּאל דִּי מִן בְּנֵי גָלוּתָא דִּי יְהוּד דִּי הַיְתִי מַלְכָּא אַבִי מִן יְהוּד. - Alors Daniel fut introduit devant le roi. Le roi prit la parole et dit à Daniel : Est-ce toi, Daniel, l'un des captifs de Juda, que le roi mon père a amenés de Juda ?
En apparence, il y a ici une redondance : « d'entre les exilés de Juda » et encore « que le roi mon père a amenés de Juda ». Le Malbim explique : le roi commence par des propos qui rehaussent son rang et le louent, afin d'accroître son honneur. Les exilés étaient toujours considérés comme des miséreux, déchus et méprisés - une masse hétéroclite ramassée parmi divers peuples et déportée ailleurs, dépourvue de tout honneur. C'est pourquoi il vient l'honorer et lui dit : tu es respectable à mes yeux, car tu es issu de l'exil de Juda - et non pas de l'exil déporté par Nevouzradan, chef des gardes, mais de l'exil qu'a amené le roi mon père, c'est-à-dire l'exil de Yehoyakhin, l'exil de Yékhonia, qui était un exil noble et prestigieux, composé de personnages éminents. De même, lorsqu'on a voulu caractériser Mordékhaï, on a écrit à son sujet : « qui avait été exilé avec les captifs emmenés avec Yékhonia, roi de Juda » - car ceux-là étaient l'élite, alors que les déportés du second exil provenaient des couches les plus pauvres du peuple.
וְשִׁמְעֵת עֲלָךְ דִּי רוּחַ אֱלָהִין בָּךְ, וְנַהִירוּ וְשׇׂכְלְתָנוּ וְחׇכְמָה יַתִּירָה הִשְׁתְּכַחַת בָּךְ. - J'ai entendu dire à ton sujet que l'esprit des dieux est en toi, et qu'une lumière, une intelligence et une sagesse extraordinaire se trouvent en toi.
Et voici une autre raison de ton importance : la bonne renommée qui s'est attachée à toi, et une bonne réputation vaut mieux qu'une huile précieuse. J'ai entendu dire qu'un esprit divin réside en toi, et qu'une illumination, de l'intelligence et une sagesse supérieure se trouvent en toi.
וּכְעַן הֻעַלּוּ קׇדָמַי חַכִּימַיָּא אָשְׁפַיָּא דִּי כְתָבָה דְנָה יִקְרוֹן וּפִשְׁרֵהּ לְהוֹדָעֻתַנִי, וְלָא כָהֲלִין פְּשַׁר מִלְּתָא לְהַחֲוָיָה. - Et maintenant ont été introduits devant moi les sages et les astrologues, afin de lire cette écriture et de m'en faire connaître l'explication, mais ils n'ont pas été capables de révéler l'interprétation de la chose.
וַאֲנָה שִׁמְעֵת עֲלָךְ דִּי תִכּוּל פִּשְׁרִין לְמִפְשַׁר וְקִטְרִין לְמִשְׁרֵא. כְּעַן הֵן תִּכּוּל כְּתָבָא לְמִקְרֵא וּפִשְׁרֵהּ לְהוֹדָעוּתַנִי, אַרְגְּוָנָא תִלְבַּשׁ וְהַמְנִיכָא דִי דַהֲבָא עַל צַוְּארָךְ וְתַלְתָּא בְמַלְכוּתָא תִּשְׁלַט. - Mais moi, j'ai entendu dire de toi que tu peux donner des interprétations et dénouer des nœuds. Maintenant, si tu peux lire cette écriture et m'en faire connaître l'explication, tu seras revêtu de pourpre, un collier d'or sera mis à ton cou et tu gouverneras en troisième dans le royaume.
J'ai fait venir devant moi les sages et les astrologues pour qu'ils lisent l'écriture et m'en fassent connaître le sens, mais ils n'en ont pas été capables. Or, j'ai entendu dire de toi que tu es capable de résoudre des énigmes et de dénouer des nœuds. Après avoir ainsi rehaussé sa valeur, le roi en vient à sa requête : si tu parviens à lire l'écriture et à m'en faire connaître l'explication, tu seras vêtu de pourpre, une chaîne d'or sera placée autour de ton cou et tu règneras comme troisième personnage du royaume. En d'autres termes : j'ai une grande requête à t'adresser, une tâche devant laquelle tous ont échoué, or j'ai appris que tu es capable d'accomplir ce que les autres ne peuvent pas faire.
« מַתְּנָתָךְ לָךְ לֶהֶוְיָן » - La réponse de Daniel
בֵּאדַיִן עָנֵה דָנִיֵּאל וְאָמַר קֳדָם מַלְכָּא: מַתְּנָתָךְ לָךְ לֶהֶוְיָן וּנְבָזְבְּיָתָךְ לְאׇחֳרָן הַב, בְּרַם כְּתָבָא אֶקְרֵא לְמַלְכָּא וּפִשְׁרָא אֲהוֹדְעִנֵּהּ. - Alors Daniel prit la parole et dit devant le roi : Que tes présents restent à toi, et donne tes largesses à un autre ! Néanmoins, je lirai l'inscription au roi et je lui en ferai connaître l'interprétation.
Le terme « nevazbeyatakh » se rapporte aux largesses, aux richesses abondantes. Daniel lui déclare : que tes présents restent tiens, et ces richesses que tu souhaites dispenser sur moi, donne-les à d'autres ; quant à l'inscription, je la lirai pour le roi et je lui en ferai connaître le sens, même sans toutes ces promesses et sans le moindre cadeau.
Au sens simple, on pourrait expliquer l'attitude de Daniel par le fait que le roi a commis un acte intolérable : profaner ainsi les ustensiles du Temple, outrager D.ieu et accumuler toutes les fautes liées à ce banquet terrible et déshonorant. C'est pourquoi Daniel refuse catégoriquement ses cadeaux comme ses marques d'honneur. C'est comparable à un homme à qui Hitler, que son nom soit effacé, viendrait dire : « Je souhaite t'offrir un présent », et qui lui répondrait : « Garde tes faveurs, je ne veux absolument rien venant de toi ! »
Cependant, le Malbim soulève une difficulté : il n'est pas convenable de s'adresser au souverain d'une manière aussi méprisante : « Que tes dons restent à toi, et les dépenses que tu voulais faire pour moi, donne-les à d'autres ». La marque de respect envers un roi consiste précisément à accepter son présent. Et cela ne vaut pas seulement pour un roi : même dans les relations humaines ordinaires, si quelqu'un vous apporte un cadeau et que vous lui rétorquez « Non, non, ce n'est pas la peine, reprenez-le », il en est profondément blessé, car il s'est investi et a voulu faire plaisir. Repousser un geste en disant « Je me passe de ton cadeau, merci bien, garde-le pour toi », constitue un affront ; à plus forte raison, agir ainsi envers un monarque passerait pour un outrage impardonnable.
C'est pourquoi le Malbim explique que Daniel s'est exprimé dans un esprit totalement différent : tout ce que tu me promets est superflu. Même le tiers du royaume que tu me proposes n'a pas lieu d'être ; que ta royauté demeure entière, et je souhaite que tu règnes sans le moindre amoindrissement ni la moindre perte. Et pourquoi donc ? Parce que je n'accomplis rien d'extraordinaire en résolvant cette difficulté pour toi. C'est une chose simple, qui n'exige ni grand effort ni sagesse hors du commun ; il ne convient donc pas que j'en reçoive une rétribution, tout comme il ne convient pas que tu te donnes tant de mal pour me récompenser.
À quoi cela ressemble-t-il ? À un homme dont le lave-linge tombe en panne. Dans sa tête, il commence déjà à chercher des annonces pour une nouvelle machine à deux mille shekels, ou calcule combien lui coûtera la réparation, au moins cinq cents shekels. Le réparateur arrive, retire une petite chaussette coincée dans la pompe, et la machine reprend vie aussitôt. Le technicien lui dit alors : « Ce n'est rien, vous me paierez la prochaine fois ». Pourquoi ? Parce que la chose était si élémentaire qu'il aurait suffi de poser la question par téléphone pour obtenir la solution. De même, Daniel dit au roi : la chose est si évidente pour moi qu'il serait dommage que tu te dépenses et me rétribues pour cela.
« אַנְתְּ מַלְכָּא » - En vertu de quoi es-tu roi ?
אַנְתְּ מַלְכָּא, אֱלָהָא עִלָּאָה מַלְכוּתָא וּרְבוּתָא וִיקָרָא וְהַדְרָא יְהַב לִנְבֻכַדְנֶצַּר אֲבוּךְ. - Toi, ô roi ! Le D.ieu suprême avait accordé la royauté, la grandeur, la gloire et la majesté à Nabuchodonosor, ton père.
Selon Rachi, « Ant malka » signifie : « Écoute donc, mon seigneur le roi ». Mais selon le Malbim, le sens est : « En vertu de quoi es-tu roi ? As-tu déjà réfléchi à la raison pour laquelle tu règnes, et d'où te vient cette royauté ? Tu n'es roi que par la force de ton père ». Le Saint, béni soit-Il, a accordé la royauté à Nabuchodonosor et lui a promis trois générations de règne, en récompense de cette lettre qu'il avait envoyée à Ézéchias (Hizquiyahu), lorsqu'il courut après ses messagers pour la réécrire afin de faire passer l'honneur du Ciel avant celui du roi Ézéchias. Et c'est ce qui est dit : « Ils le serviront, lui, son fils et le fils de son fils ». Et toi, quelle génération représentes-tu ? La troisième génération. C'est l'unique raison pour laquelle tu occupes aujourd'hui le trône, et rappelle-toi bien cela ! C'est le Saint, béni soit-Il, qui lui a octroyé « malkhouta ou-revouta » - la royauté et la grandeur, « viqara » - la gloire, « vehadra » - la majesté ; c'est lui qui a conquis tous les royaumes et exercé une domination sans partage, et tout venait du Créateur du monde. Ton père l'a reçu du Créateur du monde, et toi, tu n'es que le prolongement de ton père.
וּמִן רְבוּתָא דִּי יְהַב לֵהּ, כֹּל עַמְמַיָּא אֻמַּיָּא וְלִשָּׁנַיָּא הֲווֹ זָיְעִין וְדָחֲלִין מִן קֳדָמוֹהִי, דִּי הֲוָא צָבֵא הֲוָה קָטֵל וְדִי הֲוָה צָבֵא הֲוָה מַחֵא, וְדִי הֲוָה צָבֵא הֲוָה מָרִים וְדִי הֲוָא צָבֵא הֲוָא מַשְׁפִּל. - Et en raison de la grandeur qu'Il lui avait accordée, tous les peuples, nations et langues tremblaient et redoutaient sa présence : il faisait mourir qui il voulait, il laissait vivre qui il voulait, il élevait qui il voulait et il abaissait qui il voulait.
En raison de l'immense grandeur que lui avait accordée le Saint, béni soit-Il, l'ensemble des nations et des peuples tremblaient et frémissaient devant lui : celui qu'il voulait tuer, il le tuait, et celui qu'il voulait laisser vivre, il le laissait vivre ; celui qu'il voulait élever, il l'élevait, et celui qu'il voulait abaisser, il l'abaissait. C'est-à-dire qu'un pouvoir absolu lui avait été octroyé. Or, il existait des rois dont le peuple limitait l'autorité : « Tu règnes, certes, mais nous nommerons des ministres et des juges pour encadrer ton pouvoir, afin que tu ne fasses pas tout ce qui te passe par la tête et que tu ne portes pas atteinte, à D.ieu ne plaise, à la paix du peuple à la manière des tyrans et des despotes » ; ceux-ci formaient une digue empêchant le souverain de déborder de ses prérogatives et de causer des ravages.
Où voyons-nous cela ? Chez Assuérus (Ahashvéroch). Lorsqu'il voulut mettre à mort Vashti, il convoqua les sept conseillers qui voient la face du roi, les satrapes assis au premier rang du royaume. C'est alors qu'un prétendu sage nommé Haman s'avança et dit : qu'un édit royal émane de lui et soit consigné dans les lois de Perse et de Médie comme irrévocable. Monseigneur le roi, devriez-vous donc consulter d'autres personnes pour exécuter votre épouse après un tel acte ? C'est à vous seul de trancher. Désormais, le roi pourrait décider seul de qui mettre à mort, sans réunir le conseil des sept. La proposition plut à tous et ils acceptèrent - et le Saint, béni soit-Il, déjoua leur dessein, car en toute logique ils auraient dû s'y opposer : qui accepterait de se faire dépouiller de son pouvoir ? Même une cour suprême ne le tolérerait pas ! Mais Hachem a brouillé leurs calculs. Et pourquoi en fut-il ainsi ? Parce que sans cela, lorsque le moment vint pour Haman de mourir et qu'il fut dit « Pendez-le dessus », il aurait fallu convoquer le conseil, réunir les sept ministres, soumettre un décret, essuyer des recours juridiques, des oppositions et un désordre complet - et en fin de compte, la sentence aurait été annulée. Mais puisque Haman lui-même avait écarté les sept conseillers qui décidaient à la place du roi, le monarque put ordonner en un instant « Pendez-le dessus » ; et l'on pendit Haman à la potence qu'il avait préparée pour Mardochée - une preuve supplémentaire qu'Haman avait lui-même creusé sa propre tombe.
Daniel déclare alors : viens et vois, la royauté de Nabuchodonosor (Névoukhadnetsar) n'était pas ainsi. Son pouvoir était absolu ; nul ministre, nul gouverneur, nul conseiller ni juge ne pouvait lui contester quoi que ce soit. Celui qu'il voulait, il l'élevait, et celui qu'il voulait, il l'abaissait, donnant la vie ou ordonnant la mort, et tout cela selon sa seule volonté.
וּכְדִי רִם לִבְבֵהּ וְרוּחֵהּ תִּקְפַת לַהֲזָדָה, הׇנְחַת מִן כׇּרְסֵא מַלְכוּתֵהּ וִיקָרָה הֶעְדִּיו מִנֵּהּ. - Mais lorsque son cœur s'éleva et que son esprit s'endurcit jusqu'à l'arrogance, il fut précipité de son trône royal, et sa gloire lui fut retirée.
Et dès lors que son cœur s'enorgueillit et que son esprit s'obstina « jusqu'à l'insolence » (lehazada) - de la racine désignant l'acte délibéré et malveillant (mezid) - le Saint, béni soit-Il, le fit descendre de son trône royal et le dépouilla de sa gloire. Voyez donc ce qu'il en advint de lui.
וּמִן בְּנֵי אֲנָשָׁא טְרִיד וְלִבְבֵהּ עִם חֵיוְתָא שַׁוִּיו, וְעִם עֲרָדַיָּא מְדֹרֵהּ, עִשְׂבָּא כְתוֹרִין יְטַעֲמוּנֵּהּ וּמִטַּל שְׁמַיָּא גִּשְׁמֵהּ יִצְטַבַּע, עַד דִּי יְדַע דִּי שַׁלִּיט אֱלָהָא עִלָּאָה בְּמַלְכוּת אֲנָשָׁא וּלְמַן דִּי יִצְבֵּא יְהָקֵים עֲלַהּ. - Il fut chassé du milieu des hommes, son cœur devint semblable à celui des bêtes, et sa demeure fut avec les ânes sauvages ; on le nourrit d'herbe comme les bœufs, et son corps fut trempé de la rosée du ciel, jusqu'à ce qu'il reconnût que le Dieu suprême domine sur la royauté des hommes et qu'Il y établit qui Il veut.
Il fut banni et chassé de la société des hommes ; son cœur devint comme celui d'un animal sauvage, ressentant et pensant comme une bête ; sa demeure fut fixée parmi les onagres et les ânes sauvages, dans le désert ou les forêts ; on le nourrit d'herbe à l'égal des bœufs, et son corps resta exposé aux intempéries et à la rosée des cieux. Et jusqu'à quand ? Jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il n'était pas le souverain absolu, mais qu'il existe un Maître - le Dieu suprême régnant sur la royauté des hommes, et qu'Il confie à qui bon Lui semble.
« Et toi, son fils Balthazar » - Le reproche
Tout ce rappel historique n'est en fait qu'une introduction au verset suivant :
וְאַנְתְּ בְּרֵהּ בֵּלְשַׁאצַּר לָא הַשְׁפֵּלְתְּ לִבְבָךְ, כׇּל קֳבֵל דִּי כׇל דְּנָה יְדַעְתָּ. - Et toi, son fils Balthazar (Belshatsar), tu n'as pas humilié ton cœur, bien que tu aies su tout cela.
Et toi son fils, Balthazar, tu n'as pas abaissé ton cœur, alors même que tu savais tout cela. Si tu l'avais ignoré, tu aurais pu prétendre : « Je me croyais tout-puissant, je suis le fils du roi ». Mais tu sais pertinemment par quoi ton père est passé, combien de tourments et de souffrances il a endurés, et tout cela parce que son cœur s'était enorgueilli. Comment peux-tu répéter la même folie et la même faute, sans humilier ton cœur ?
וְעַל מָרֵא שְׁמַיָּא הִתְרוֹמַמְתָּ, וּלְמָאנַיָּא דִי בַיְתֵהּ הַיְתִיו קׇדָמָךְ, וְאַנְתְּ וְרַבְרְבָנָךְ שֵׁגְלָתָךְ וּלְחֵנָתָךְ חַמְרָא שָׁתַיִן בְּהוֹן, וְלֵאלָהֵי כַסְפָּא וְדַהֲבָא נְחָשָׁא פַרְזְלָא אָעָא וְאַבְנָא דִּי לָא חָזַיִן וְלָא שָׁמְעִין וְלָא יָדְעִין שַׁבַּחְתָּ, וְלֵאלָהָא דִּי נִשְׁמְתָךְ בִּידֵהּ וְכׇל אֹרְחָתָךְ לֵהּ לָא הַדַּרְתָּ. - Tu t'es élevé contre le Seigneur des cieux ; on a apporté devant toi les ustensiles de Sa Maison, et toi, tes grands, tes femmes et tes concubines, vous y avez bu du vin ; tu as loué les dieux d'argent, d'or, de cuivre, de fer, de bois et de pierre, qui ne voient point, n'entendent point et ne savent rien ; et le Dieu dans la main duquel est ton souffle et de qui dépendent toutes tes voies, tu ne L'as pas glorifié.
Vois, monseigneur le roi, quelle folie tu as commise - tel le chien qui retourne au vomissement de son père ! Tu t'es insurgé avec orgueil contre le Maître des cieux ; tu as fait apporter devant toi les vases sacrés de Sa Maison, et toi-même, tes ministres, la reine et tes concubines y avez bu du vin. Tu as glorifié des idoles d'argent et d'or, de cuivre et de fer, de bois et de pierre, qui ne voient rien, n'entendent rien et ne savent rien ; et ce Dieu, entre les mains de qui ton souffle de vie repose à chaque instant et devant qui toutes tes voies sont dévoilées, tu ne L'as ni magnifié ni honoré.
« Mené, Mené, Tékel Oupharsine » - L'interprétation de l'écriture
בֵּאדַיִן מִן קֳדָמוֹהִי שְׁלִיחַ פַּסָּא דִי יְדָא וּכְתָבָא דְנָה רְשִׁים. וּדְנָה כְתָבָא דִּי רְשִׁים: מְנֵא מְנֵא תְּקֵל וּפַרְסִין. - C'est alors que de Sa part fut envoyée la paume de la main, et cette écriture fut tracée. Et voici l'écriture qui a été tracée : Mené, Mené, Tékel Oupharsine.
De la part du Créateur du monde, cette paume de main a été envoyée, et cette écriture a été tracée. Et que signifie « Mené, Mené » ? Le Saint, béni soit-Il, a compté, et Son décompte est double - Il a compté deux fois. Le Malbim explique : il y a ici deux décomptes, et de chacun d'eux peut naître une erreur. D'une part, le Saint, béni soit-Il, avait promis que lui [Nabuchodonosor], son fils et le fils de son fils régneraient - Nabuchodonosor, son fils Evil-Merodakh, et son petit-fils Belshatsar qui a commencé à régner ; selon ce calcul, tu as encore du temps, car Belshatsar est encore jeune et il lui reste des années de règne. D'autre part, il est dit : « Et ces nations serviront le roi de Babylone pendant soixante-dix ans », et selon ce calcul, le temps est déjà révolu, l'heure de la délivrance et de l'anéantissement de ton royaume est arrivée. Nous avons donc devant nous deux décomptes contradictoires : selon les soixante-dix ans, ton règne devrait déjà prendre fin, tandis que selon la prophétie des trois générations, tu appartiens à la troisième génération et tu es encore censé continuer à régner.
C'est là le sens de « Mené, Mené » - deux décomptes. Et que fait-on en présence de deux éléments contradictoires ? On les pèse. C'est le sens de « Tékel » - la chose est pesée : doit-on suivre la durée générale du royaume ou le compte des années de vie du roi ? Daniel vient alors expliciter :
דְּנָה פְּשַׁר מִלְּתָא: מְנֵא - מְנָה אֱלָהָא מַלְכוּתָךְ וְהַשְׁלְמַהּ. - Voici l'interprétation de la parole : Mené - Dieu a compté ton règne et y a mis un terme.
Le Saint, béni soit-Il, a compté ton règne et l'a parachevé, c'est-à-dire qu'Il y a mis fin - car les soixante-dix ans sont arrivés à leur terme.
תְּקֵל - תְּקִילְתָּא בְמֹאזַנְיָא וְהִשְׁתְּכַחַתְּ חַסִּיר. - Tékel - tu as été pesé dans la balance et tu as été trouvé insuffisant.
Et si tu objectes : pourtant, trois générations ont été promises et je suis bien vivant ? À cela, la réponse est : le Saint, béni soit-Il, a pesé tes mérites et tes fautes, et Il t'a trouvé en défaut. Tu ne mérites pas d'achever ton règne au titre de troisième génération. Dès lors, quel décompte retiendra-t-on ? Celui des soixante-dix ans : c'est lui qui prévaut, et c'est celui que le Saint, béni soit-Il, prend en considération.
פְּרֵס - פְּרִיסַת מַלְכוּתָךְ וִיהִיבַת לְמָדַי וּפָרָס. - Pérès - ton royaume a été divisé et donné aux Mèdes et aux Perses.
Et c'est pourquoi il est écrit « Oupharsine ». Daniel relève cette précision : dans l'inscription, le terme apparaît sous une forme plurielle, « Pharsine », et non « Pérès », afin d'exprimer deux réalités : d'une part, ton royaume a été partagé (du terme hébraïque « perissa », division, comme on coupe un pain en deux, à l'image de l'expression rabbinique « kedé akhilat perass », qui désigne la moitié d'un pain) ; d'autre part, il a été livré à la Perse (« Paras »). Voilà donc une double signification : le partage et la Perse.
Pourquoi les sages n'ont-ils pas su lire l'inscription ?
Il convient de s'interroger : ne connaissaient-ils pas l'araméen ? Et même s'il s'agissait d'une écriture hébraïque, ils auraient pu faire appel à un sage parmi les Hébreux pour la lire. En réalité, nos Sages enseignent qu'ils ne savaient pas lire l'écriture dans son ordre. Elle était disposée de telle sorte qu'on lisait : Mamtouss, Nankapi, A'alrane. En lisant « Mamtouss », on obtenait un mot totalement inconnu, tout comme « Nankapi » et « A'alrane », et personne ne pouvait y donner de sens. Seul Daniel comprit que la disposition graphique ne correspondait pas au sens de lecture ordinaire, et qu'il fallait lire verticalement, de haut en bas ; apparaissait alors : Mené, Mené, Tékel Oupharsine. C'est parce que Daniel connaissait ce secret, enseigne la Guémara, qu'il parvint à déchiffrer l'énigme.
De là, le Malbim dégage une remarque admirable : l'allusion au fait que sa royauté est divisée et livrée à la Perse et à la Médie se trouve dans la forme même de l'écriture. En effet, le mot « Oupharsin » est le seul à avoir été écrit scindé sur deux lignes, tandis que les autres mots - Mené, Mené, Tekel - restent chacun à leur place. Lui seul se trouve ainsi divisé au sein de cette énigme, et l'on en déduit que ton royaume sera divisé et livré à la Médie et à la Perse.
« Beh beleilya » - La fin du royaume
בֵּאדַיִן אֲמַר בֵּלְשַׁאצַּר וְהַלְבִּשׁוּ לְדָנִיֵּאל אַרְגְּוָנָא וְהַמְנִיכָא דִי דַהֲבָא עַל צַוְּארֵהּ, וְהַכְרִזוּ עֲלוֹהִי דִּי לֶהֱוֵא שַׁלִּיט תַּלְתָּא בְּמַלְכוּתָא. - Alors Belshatsar ordonna de revêtir Daniel de pourpre, de placer un collier d'or à son cou et de proclamer qu'il aurait le troisième rang de gouvernement dans le royaume.
Belshatsar était adepte du principe « après moi le déluge ». Il se disait en lui-même : il s'agit certainement de soixante ou soixante-dix ans encore, qui sait de quelle époque il parle ! C'est pourquoi il pensait encore avoir le loisir de distribuer des portefeuilles et d'accorder des nominations : il fit revêtir Daniel de pourpre, lui mit un collier d'or au cou et le proclama dirigeant sur un tiers du royaume.
בֵּהּ בְּלֵילְיָא קְטִיל בֵּלְאשַׁצַּר מַלְכָּא כַשְׂדָּאָה. - Cette nuit-là même, Belshatsar, le roi chaldéen, fut tué.
Combien de temps Daniel a-t-il gouverné ? Ce fut sans doute le gouvernement le plus court de l'histoire du monde. Cette nuit-là même, le châtiment s'abattit sur Belshatsar le Chaldéen qui fut mis à mort, et la prophétie s'accomplit dès cette même nuit. Comment cela s'est-il passé ? Comme nous l'avons mentionné au début du chapitre, d'après les chroniques historiques : la Perse et la Médie, qu'il avait vaincues le jour même au combat, ne sont pas restées inactives ; profitant de ce qu'il était absorbé par son festin, elles réorganisèrent leurs armées, revinrent à l'assaut et s'emparèrent du royaume cette nuit-là même. Ainsi s'accomplit le partage de son royaume ; les soixante-dix années pendant lesquelles il devait régner prirent fin, et la promesse faite à Nevoukhadnetsar parvint à son terme.
En conclusion :
Ce chapitre nous enseigne comment, en une seule nuit, le sort d'un empire est scellé. La reine rappelle à Belshatsar l'existence de Daniel, en qui réside l'esprit des dieux saints et qui a accès au D.ieu Très-Haut, et Daniel est introduit devant le roi. Il refuse les présents - non par mépris, mais en affirmant que cette interprétation n'exige aucun effort méritant salaire - et commence par des réprimandes : ta royauté ne t'appartient pas, elle est un don du Ciel accordé à ton père pour trois générations ; or ton père, qui détenait un pouvoir absolu, a été humilié jusqu'à reconnaître que le D.ieu Très-Haut est le maître de la royauté humaine. Et toi, qui savais tout cela, tu n'as pas humilié ton cœur, et tu t'es même élevé contre le Maître des cieux en utilisant les ustensiles de Sa Maison. L'inscription sur le mur - Mené, Mené, Tekel Oupharsin - représente deux comptes pesés par le Saint, béni soit-Il : les soixante-dix ans face aux trois générations, et le verdict a tranché qu'il a été trouvé insuffisant ; le terme « Parsin », ainsi que la disposition du mot scindé sur deux lignes, suggère que sa royauté sera divisée et livrée à la Médie et à la Perse. Belshatsar distribuait encore des charges politiques, et la nuit même, il fut tué - et toutes les paroles de la prophétie s'accomplirent à la lettre.