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Zevahim Chapitre 9, Michna 3: Invalidateurs survenus avant le service du Korban

Zeva'him Chapitre 9, Michna 3. La Michna commence : Elou lo hayou pessoulim bakodech - Les éléments invalidants énumérés ici ne sont pas des invalidations survenues au moment du service du Korban, mais ils existaient déjà auparavant, et ce, même avant que l'animal n'entre dans des circonstances normales par la porte de la Azara. Par conséquent, ils sont absolument disqualifiés : ils n'ont rien à faire sur l'autel, et s'ils ont été montés, on descend du Mizbéa'h les membres, les Eimourim et les parties du Korban, car ils constituent une honte pour l'autel.

Et voici ces cas d'invalidation :

  • Harovéa vehanirba - Un animal qui a participé à un acte de bestialité, le Rovéa étant le mâle et le Nirba la femelle. Cet acte abominable le disqualifie pour être offert, et s'il a été offert - on le descend.

  • Vehamouktse vehane'evad - Le Mouktse est un animal qui a été désigné pour être offert en sacrifice à l'idolâtrie, et le Ne'evad est un animal qui a été lui-même vénéré comme une idole. Ceux-ci sont également totalement invalidés.

  • Ve'etnan oume'hir - Le Etnan est le salaire payé à une prostituée, et le Me'hir est un animal qui a été échangé contre un chien. La prostituée ne peut pas apporter la chèvre qu'elle a reçue en salaire comme Korban, et elle ne peut pas non plus la transférer à un tiers, pour la lui vendre afin qu'il l'offre. Il en va de même pour le Me'hir : celui qui échange un chien contre une chèvre n'a plus le chien entre ses mains mais la chèvre, et pourtant il ne peut pas l'offrir, ni même la vendre à un autre pour les besoins d'un Korban, car l'animal est disqualifié à jamais en raison de l'usage qui en a été fait pour acquérir un chien.

  • Vekilaïm - La progéniture née de deux espèces différentes, comme une chèvre et un mouton qui se sont accouplés et ont eu un petit. La chose est très éloignée de la réalité courante, mais il est arrivé que cela se produise, et une telle créature est interdite pour le sacrifice.

  • Vetereifa - Un animal qui a subi une blessure mortelle de quelque nature que ce soit, et qui n'est pas destiné à continuer à vivre.

  • Veyotse dofen - Un animal qui n'est pas né par une naissance naturelle, mais qui a été extrait du flanc de la mère par une intervention chirurgicale, à l'image d'une césarienne.

  • Oouva'alei moumin - Des animaux atteints d'un défaut physique, ce qui les disqualifie également.

Toutes ces choses n'ont pas leur place pour monter sur le Mizbéa'h, et si elles y sont déjà montées - il faut les descendre.

L'avis plus permissif de Rabbi Akiva :

La Michna rapporte l'opinion de Rabbi Akiva concernant les animaux atteints de défauts : Rabbi Akiva permet aux Eimourim d'un animal atteint d'un défaut de rester sur l'autel, après qu'ils y sont déjà montés. La Guemara explique qu'il s'agit de défauts mineurs - du type de ceux qui, s'ils se trouvaient chez un oiseau, permettraient de l'offrir a priori, des choses qui ne se remarquent presque pas, comme une taie sur l'œil ou des choses similaires. Il ne s'agit pas d'un animal à trois pattes, qui n'a certainement aucune place sur le Mizbéa'h en aucune façon, dès le départ.

Le témoignage de Rabbi 'Hanania Segan HaKohanim :

Rabbi 'Hanania Segan HaKohanim servait dans le Temple comme second du Kohen Gadol, et fort de sa connaissance pratique du déroulement du service, il témoigne : Do'he haya Aba ba'alei moumin me'al gabei mizbéa'h - Mon père repoussait les animaux atteints de défauts de dessus l'autel. Il détenait une tradition de son père, selon laquelle ce dernier retirait effectivement de l'autel des parties d'animaux atteints de défauts qui y étaient montées, mais il a utilisé le terme de "Do'he" - une poussée sur le côté de manière discrète. Autrement dit, il n'en faisait pas toute une histoire et ne s'y prenait pas en public, de manière ostentatoire où tout un chacun verrait ce qui se passait, mais plutôt en secret et avec discrétion, afin de ne pas trop attirer l'attention - et tout cela par respect pour le Temple. Quoi qu'il en soit, même selon lui on retire les Ba'alei Moumin, c'est-à-dire les parties d'un Korban provenant d'animaux atteints de défauts, s'ils sont finalement montés sur l'autel.

En pratique (Halakha) : Tous ces cas d'invalidation, qui existaient déjà avant le début du service du sacrifice, n'ont pas leur place pour monter sur l'autel, et si on les a fait monter - on les redescend, même s'ils ont déjà été placés sur le feu. Et s'il s'agit d'un animal atteint d'un défaut mineur, du type le moins grave, on le descend discrètement et avec retenue, pas en public et sans bruit, afin de préserver l'honneur et la splendeur du Mizbéa'h du Temple.