Yoma, chapitre 3, michna 2. Dans la michna précédente, nous avons appris comment on postait un homme afin qu'il guette et voie que le matin était bien arrivé, pour déterminer si le moment de l'abattage était venu. Selon une opinion, il devait dire explicitement : "Haré péné koulam mizrah" - tout l'orient est illuminé, et même jusqu'à Hébron.
La question de la michna : pourquoi un guetteur est-il nécessaire ?
Notre michna s'ouvre sur la question de savoir pourquoi cela est nécessaire, et les commentateurs divergent sur l'explication de cette question :
Rachi : pourquoi faut-il un guetteur qui observe et constate qu'il fait bien suffisamment clair.
Le Méiri : pourquoi faut-il une lumière aussi abondante, au point d'illuminer tout l'orient jusqu'à Hébron.
Quoi qu'il en soit, la réponse est la même. La michna raconte qu'une fois la lumière de la lune se leva, et par un regard général, sans guetteur observant l'horizon, on crut que l'orient s'était éclairci. Se fiant à la lumière de la lune, qu'on prit pour celle du soleil, on abattit le sacrifice du tamid, alors qu'il faisait encore nuit, or un tamid abattu de nuit est invalide. C'est pourquoi il fallut emmener l'animal abattu pour le tamid au lieu où l'on brûlait les sacrifices invalides, chose que l'on ne souhaitait pas voir.
En réalité, ce cas ne se produisit pas au moment de Yom Kippour, car d'un point de vue astronomique la lune ne se lève pas vers le matin le dixième du mois, jour où tombe Yom Kippour, mais cela survint à un autre moment. Cependant, puisque tel fut l'incident qui se produisit alors, on craignit qu'un problème semblable et une erreur de ce genre ne surgissent, et c'est pourquoi on voulut qu'un guetteur leur annonce qu'il semblait bien que l'aube s'était levée.
La descente du Cohen Gadol pour le bain rituel :
La michna dit qu'une fois le moment fixé, on faisait descendre le Cohen Gadol pour s'immerger dans le mikvé. Bien que le but de cette immersion soit ici, comme nous le verrons, une préparation à ces actes, la michna nous fait part d'une halakha supplémentaire concernant l'immersion au Temple, et voici la règle qui avait cours au Temple :
"Kol hamessekh èt raglav" - "messekh èt raglav" est une expression désignant le fait de faire ses besoins, et quiconque agit ainsi doit s'immerger dans le mikvé.
"Kol hamétil mayim" - n'a pas besoin de s'immerger dans le mikvé, mais avant de pouvoir poursuivre quelque action que ce soit au Temple, il devait laver ses mains et ses pieds.
En résumé : dans cette michna, nous avons appris pourquoi un guetteur attestant du lever de l'aube est nécessaire - par crainte d'une erreur semblable à celle qui survint lorsqu'on prit la lumière de la lune pour celle du soleil et qu'on abattit le tamid de nuit ; et nous avons également appris la descente du Cohen Gadol pour le bain rituel, et à cette occasion la règle en vigueur au Temple : celui qui fait ses besoins doit s'immerger, tandis que celui qui urine doit seulement laver ses mains et ses pieds.