Yevamot, chapitre 3, michna 8. Dès la première michna du traité, nous avons appris que les quinze arayot (parentes interdites) dispensées du yiboum dispensent également leur tsara (l'autre épouse de leur mari). Notre michna traite de situations dans lesquelles il n'est pas du tout certain qu'elles soient tsarot l'une de l'autre.
Texte de la michna :
La michna énonce : "vekhol chéyekholot bahen kiddouchin veguéirouchin bésafek - haré éllou tsarot 'holtsot velo mityabémot" - toutes celles pour lesquelles les kiddouchin ou les guittin sont douteux, celles-ci accomplissent la 'halitsa et ne font pas le yiboum. Deux types de doute se présentent à nous :
Doute sur les kiddouchin : il n'est pas certain qu'elles aient été mariées, peut-être les kiddouchin n'ont-ils pas pris effet, et de ce fait il n'est pas certain qu'elles soient tsarot de l'autre épouse du mari.
Doute sur le guet : elles ont certainement été mariées, mais on leur a ensuite remis un guet dont la validité est douteuse. Et puisque le guet a été remis avant la mort du mari, cela concerne leur définition comme tsarot pour ce qui touche au yiboum.
Pourquoi accomplissent-elles la 'halitsa et non le yiboum :
Dans des circonstances de doute, les tsarot accomplissent la 'halitsa et ne font pas le yiboum, car le doute agit dans les deux directions :
Si elles étaient bien tsarot d'une erva, elles sont dispensées du yiboum et l'on ne peut pas les prendre en yiboum. Dans un tel cas, elle est considérée comme la femme du frère, telle la veuve d'un frère ayant eu des enfants, qui est une erva.
Et si elles ne sont pas tsarot d'une erva, elles sont soumises au yiboum, et c'est pourquoi il faut accomplir la 'halitsa.
Qu'est-ce qu'un doute sur les kiddouchin :
La michna demande : "kéitsad safek kiddouchin ?" - comment y a-t-il un doute sur les kiddouchin ? Et elle répond : "zarak la kiddouchin, safek karov lo safek karov la" - l'homme a lancé à la femme l'argent des kiddouchin, et un doute s'est élevé : la bague est-elle tombée plus près d'elle ou plus près de lui.
Ce scénario parle nécessairement d'un cas où les deux se tiennent dans le domaine public et où exactement huit amot les séparent. La règle est que tout ce qui se trouve dans les quatre amot d'une personne relève de son domaine, et ses quatre amot acquièrent pour elle. Ici, les kiddouchin sont tombés exactement au milieu, sur la ligne de séparation, et de ce fait il est douteux qu'ils soient parvenus à son domaine et à son espace ou non, et par conséquent il est douteux que les kiddouchin aient pris effet. "zéhou safek kiddouchin" - voilà ce qu'est un doute sur les kiddouchin.
Qu'est-ce qu'un doute sur le guet :
Bien qu'en principe le même problème puisse se poser aussi pour le guet, en lançant le guet vers la femme, la michna prend un autre exemple. Il ne s'agit pas ici d'un véritable doute, mais d'un guet qui n'a pas été fait de la manière requise. La michna énumère trois exemples :
"katvo bikhtav yado veéin alav édim" - le mari a écrit le guet de sa propre main, et il n'y a pas de témoins sur le guet. Son écriture a une certaine valeur en tant que guet, mais ce n'est pas la manière correcte de faire un guet.
"yech alav édim veéin bo zman" - il y a des témoins signés sur le guet, mais aucune date n'y a été inscrite, or les 'hakhamim ont institué qu'il y ait une date sur le guet.
"yech bo zman veéin bo éla éd é'had" - une date y a été inscrite, mais un seul témoin y est signé.
La loi dans ces trois cas est que tous ces guittin sont invalides, invalides d'après les paroles des sofrim, de la part des rabbanim. Mais a posteriori, si la femme s'est remariée sur la base de l'un de ces guittin et qu'un enfant lui est né, l'enfant est cacher. Et la michna conclut : "zéhou safek guéirouchin" - tels sont les exemples du doute sur la validité ou non du guet.
En résumé : dans cette michna, nous avons appris que lorsqu'un doute pèse sur les kiddouchin eux-mêmes ou sur la validité du guet, il n'est pas certain qu'il s'agisse d'une tsara d'une erva dispensée du yiboum ou d'une femme qui y est soumise, et c'est pourquoi les tsarot accomplissent la 'halitsa et ne font pas le yiboum. Nous avons vu l'exemple de la michna pour le doute sur les kiddouchin : le lancer des kiddouchin, doute s'ils sont tombés plus près de lui ou plus près d'elle, ainsi que les trois exemples du doute sur le guet : un guet écrit de sa propre main sans témoins, un guet avec témoins sans date, et un guet portant une date et un seul témoin.