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Yevamos Chapitre 3, Michna 7: deux cas de yboum impliquant des soeurs et leurs coépouses

La michna que voici présente deux cas de yboum où interviennent deux soeurs et leurs coépouses, et il en ressort un principe unique : tout se détermine selon l'état des choses au moment où la femme tombe pour le yboum.

Le premier cas :

  • Reouven et Chimon - deux des frères - sont mariés à deux soeurs : Reouven à Rah'el et Chimon à Léa.

  • Lévi - le troisième frère - est marié à Sarah, une femme qui n'est pas apparentée (selon l'expression de la michna : "il épouse une étrangère").

Reouven meurt, et sa veuve Rah'el tombe pour le yboum. Chimon ne peut pas la prendre en yboum, car elle est la soeur de son épouse Léa, et c'est donc Lévi qui la prend en yboum. Après que le yboum a déjà été accompli, Léa, l'épouse de Chimon, meurt. L'interdit de la soeur de son épouse ne s'applique que tant que la femme est en vie, et une fois que Léa est morte, Rah'el n'est plus interdite à Chimon pour ce motif. Ensuite, Lévi meurt, et Rah'el tombe de nouveau pour le yboum, cette fois devant Chimon. À première vue, Chimon aurait pu la prendre en yboum, puisque l'interdit de la soeur de son épouse a déjà pris fin.

Pourtant, la michna établit qu'elle lui reste interdite. Pourquoi ?

Il faut examiner sa situation au moment où elle est tombée pour le yboum la première fois : à ce moment-là, l'épouse de Chimon était encore en vie. Certes, l'interdit de la soeur de son épouse a déjà disparu, mais au moment de sa première chute pesait sur elle l'interdit de l'épouse du frère, un interdit qui d'ordinaire est écarté par la mitsva du yboum. Ici, il n'y avait pas de mitsva de yboum à l'égard de Chimon, car elle était la soeur de son épouse, et par conséquent l'interdit de l'épouse du frère est resté en vigueur. Cet interdit demeure même après la disparition de l'interdit de erva de la soeur de son épouse, puisqu'elle lui a été interdite un instant.

Le second cas :

  • Reouven et Chimon sont mariés à deux soeurs : Reouven à Rah'el et Chimon à Léa.

  • Lévi est marié à Sarah, une troisième femme qui n'est pas apparentée.

  1. "guirech eh'ad mibaalé ah'ayot ète ichto" - Reouven divorce de Rah'el.

  2. "oumète noché noh'rit" - Lévi meurt, et sa veuve Sarah tombe pour le yboum.

  3. "vekhanassa hamégarech" - Reouven, qui a divorcé de son épouse, prend Sarah en yboum.

  4. "oumète" - Reouven meurt, et Sarah tombe pour le yboum devant Chimon.

Bien que Reouven ait été autrefois marié à Rah'el, la soeur de Léa l'épouse de Chimon, au moment du décès et de la chute de Sarah pour le yboum, Sarah n'était pas la coépouse de Rah'el. Certes, toutes deux avaient été mariées au même homme, mais elles ne lui ont jamais été mariées en même temps, et par conséquent il n'y a pas ici de coépouse de erva.

Et c'est ce qu'ont dit nos Sages dans la première michna de notre traité : "vekhoulan chémétou o nitgarchou - tsarotéhèn moutarot" - chacune des quinze erva qui est morte ou a divorcé avant que l'obligation du yboum ne se soit appliquée, sa coépouse est permise. La raison : elles ne sont jamais tombées ensemble pour le yboum, et au moment où l'obligation du yboum s'est appliquée, elles n'étaient pas coépouses l'une de l'autre, et il n'y a donc plus ici d'interdit de coépouse de erva.

En résumé : dans les deux cas, la loi se détermine selon l'état des choses au moment de la chute pour le yboum. Dans le premier cas, la femme a été interdite à jamais, parce qu'au moment de sa première chute pesait sur elle l'interdit de l'épouse du frère qui n'a pas été écarté par le yboum, et elle lui a été interdite un instant. Dans le second cas, la femme a été permise, parce qu'au moment de sa chute pour le yboum elle n'était pas la coépouse de la erva.