Nous abordons le traité Taanit, chapitre 1, michna 3, qui traite de la question suivante : à partir de quand commence-t-on à demander la pluie dans la prière, c'est-à-dire à partir de quand dit-on "vetèn tal oumatar".
Texte de la michna :
"Bichlocha bèMarhèchvan choalin èt haguéchamim" - c'est l'avis du premier tanna : le trois Hèchvan, on commence à demander la pluie en disant "vetèn tal oumatar".
"Rabban Gamliel omèr, bechiv'a bo" - selon lui, c'est seulement le septième jour de Marhèchvan que l'on commence à dire "vetèn tal oumatar", et c'est "hamicha assar yom ahar hèhag" - quinze jours après la fin de la fête de Souccot.
La raison de Rabban Gamliel est explicitée dans la michna : "kedé chèyaguia aharon chèbeYisrael linhar Perat" - afin que le dernier des pèlerins, quittant la terre d'Israël sur le chemin du retour vers Babylone, ait le temps d'arriver jusqu'au fleuve Euphrate avant que les pluies ne tombent.
Le moment dans la diaspora :
Tout ce qui est dit dans la michna se rapporte à la terre d'Israël, et c'est là que l'on commencerait à ces dates. Cependant, la Guemara rapporte une braïta selon laquelle, dans la diaspora, on commence à dire "vetèn tal oumatar" soixante jours après la tekoufa de Tichri. Les tekoufot se fondent sur les saisons de l'année, c'est-à-dire sur l'année solaire et non sur le calendrier lunaire, et c'est pourquoi on commence le quatre décembre - soixante jours après la tekoufa de Tichri ; et lors d'une année bissextile, le cinq décembre, et ainsi de suite.
En résumé : dans cette michna, nous avons appris la controverse entre le premier tanna et Rabban Gamliel concernant le moment de la demande de la pluie en terre d'Israël - le trois ou le sept Marhèchvan, ainsi que la raison de Rabban Gamliel, à savoir que le dernier des pèlerins ait le temps d'arriver au fleuve Euphrate ; et par contraste, le moment en vigueur dans la diaspora, soixante jours après la tekoufa de Tichri, à partir du quatre décembre.