Soukka, chapitre 1, michna 7. Dans la michna précédente, nous avons examiné la controverse entre Rabbi Yehouda et Rabbi Meïr concernant la loi des planches, à savoir des lattes dont la largeur est comprise entre trois et quatre tefahim : Rabbi Yehouda estimait qu'il est permis de couvrir la soukka avec elles, tandis que Rabbi Meïr estimait qu'on ne couvre pas avec elles, car cela ressemble trop au fait de s'asseoir sous un toit.
Texte de la michna :
"Tikra chéèn aléha maaziva" - un plafond fait uniquement de planches, sur lequel il n'y a pas d'enduit de mortier ou de matière reliant les planches les unes aux autres. Nous expliquerons la michna selon les avis selon lesquels il s'agit de planches dont la largeur est comprise entre trois et quatre tefahim, comme dans la controverse entre Rabbi Yehouda et Rabbi Meïr dans la michna précédente.
Bien que Rabbi Yehouda ait permis dans la michna précédente de faire une soukka avec des planches de cette largeur, ici la situation est différente : les planches n'ont pas été posées au départ en vue d'une soukka, mais servaient de plafond et de toit. Bien qu'elles ne soient pas reliées entre elles par du mortier, du fait qu'elles servent de toit, il faut y accomplir une action afin de les rendre aptes à servir de skhakh, faute de quoi se pose le problème de "taassé velo min haassouy" (tu feras et non à partir de ce qui est déjà fait), car elles ont été conçues et réalisées en vue d'une maison et non en vue d'une soukka.
Deux actions sont en jeu :
Pikpouk : soulever les planches et les reposer, les posant ainsi en vue d'une soukka et écartant le problème de "taassé velo min haassouy".
Netilat ahat mibénataïm (retirer une planche sur deux) : retirer une planche sur deux et poser à sa place un skhakh valide, posé dès le départ en vue d'une soukka.
Les positions des Tannaïm :
Beth Chammaï (selon Rabbi Yehouda) : "mefakpék venotel ahat mibénataïm" - les deux actions sont requises ensemble. Selon eux, il ne suffit pas que les planches soient posées en vue d'une soukka, il faut qu'il y ait là un skhakh valide ordinaire, et non un skhakh fait de planches destinées à servir de toit, faute de quoi cela ressemble trop à un toit.
Beth Hillel (selon Rabbi Yehouda) : "mefakpék o notel ahat mibénataïm" - l'une des deux actions suffit. Soit il soulève les planches et les repose en vue d'une soukka, écartant ainsi le problème de "taassé velo min haassouy", soit il retire une planche sur deux et pose à sa place un skhakh valide.
Rabbi Meïr : "notel ahat mibénataïm" - selon son avis, il faut précisément retirer une planche sur deux et poser un skhakh valide, et le pikpouk seul ne suffit pas. En effet, selon lui, outre le problème de "taassé velo min haassouy" (les planches n'ayant pas été faites en vue d'une soukka), même s'il soulevait les planches et les posait en vue d'une soukka, ce ne serait toujours pas une soukka valide.
En résumé : dans cette michna, nous avons appris, s'agissant d'un plafond sans enduit, fait de planches posées en vue d'un toit et non en vue d'une soukka, comment on peut le rendre apte à servir de soukka : selon Beth Chammaï, par les deux actions ensemble, le pikpouk et le retrait d'une planche sur deux ; selon Beth Hillel, l'une d'elles suffit ; et selon Rabbi Meïr, il faut retirer une planche sur deux et poser un skhakh valide, le pikpouk seul ne suffisant pas.