Le traité Souka s'ouvre par le chapitre 1, michna 1. Les deux premiers chapitres traitent des lois de la souka elle-même, tandis que la suite du traité se répartit ainsi :
Chapitres 1 et 2 : les lois de la souka elle-même.
Chapitre 3 : les lois des quatre espèces - le etrog, le loulav, les hadassim et les aravot.
Chapitres 4 et 5 : les lois relatives aux jours de Souka au Temple.
"Souka chéhi gvoha lemaala meessrim ama - pessoula" :
Une souka dont la hauteur dépasse vingt coudées est invalide. La raison du tana kama est que la souka doit être une construction provisoire et non une construction permanente ; or une construction de plus de vingt coudées de haut exige un bâti plus solide, au point de devenir une construction durable, et c'est pourquoi elle n'est pas valide.
Rabbi Yehouda, en revanche, valide une souka même si elle dépasse vingt coudées, car selon son opinion "souka dirat kéva baïnan" - la souka doit être une construction permanente. Pour cette raison, même à une telle hauteur elle est valide, puisque par sa définition même elle doit être bâtie comme une construction permanente.
Les autres invalidités mentionnées dans la michna :
"Chééna gvoha assara tefahim" - c'est la mesure minimale ; une souka dont la hauteur n'atteint pas dix tefahim est invalide.
"Chéén la chaloch defanot" - une souka qui n'a pas trois parois est invalide.
"Chéhamata merouba mitsilata" - si le soleil qui pénètre l'emporte sur l'ombre créée par le s'hakh, elle est invalide.
Le mot "pessoula" de la michna se rapporte donc à tous ces cas : une hauteur de moins de dix tefahim, l'absence de trois parois complètes, et un soleil qui l'emporte sur l'ombre.
Trois parois - de quelle manière ?
La guemara explique qu'il existe des situations où la souka est valide même avec moins de trois parois complètes, et cela se déduit d'une halakha transmise à Moché au Sinaï :
Deux murs perpendiculaires : on prend une planche dont la largeur dépasse un peu un tefah et on la place à moins de trois tefahim de l'un des murs. Le tefah et son surplus, joints à l'espace de moins de trois tefahim - considéré comme fermé en vertu de la loi de lavoud - totalisent quatre tefahim. Puisque la mesure d'une paroi de souka est de sept tefahim, quatre tefahim en constituent la majeure partie, et cela suffit pour qu'elle soit considérée comme trois parois.
Deux murs parallèles : on prend une planche dont la largeur dépasse un peu quatre tefahim et on la place à moins de trois tefahim de l'un des murs. Les quatre tefahim et un peu plus, additionnés à l'espace de moins de trois tefahim en vertu de la loi de lavoud, forment une paroi complète de sept tefahim.
Dans ces deux cas, l'ouverture requiert une tsourat hapétah (forme de porte), et ce n'est qu'en la réalisant que la souka sera valide.
"Souka yechana" :
Une souka qui était déjà dressée auparavant et qui n'a pas été faite en vue d'une souka mais pour un autre usage, comme un endroit ombragé du soleil durant les mois d'été. Beth Chamaï l'invalident, car selon eux il faut faire la souka en vue de la mitsva de souka ; Beth Hillel la valident, et il suffit qu'elle ait été faite en vue de l'ombre, sans qu'elle ait besoin d'être faite en vue de la mitsva.
"Vééizo hi souka yechana ? Kol chéassaa kodem lahag chelochim yom" - celui qui fait sa souka plus de trente jours avant la fête, on présume qu'il ne l'a pas faite en vue de la fête mais pour une simple ombre, et c'est sur ce point que Beth Chamaï et Beth Hillel sont en désaccord.
"Véim assaa lechem hag, afilou mitehilat hachana - kchéra" - même s'il l'a faite de nombreux mois avant Souka, puisqu'il l'a faite en vue de la mitsva de souka, elle est valide.
En résumé : dans cette michna, nous avons appris les invalidités de la souka - une hauteur de plus de vingt coudées (selon le tana kama, qui exige que la souka soit une habitation provisoire, contrairement à Rabbi Yehouda qui la valide), une hauteur de moins de dix tefahim, l'absence de trois parois et un soleil qui l'emporte sur l'ombre. Nous nous sommes arrêtés sur la loi de lavoud et la tsourat hapétah dans le cas de deux murs perpendiculaires et de deux murs parallèles, ainsi que sur le désaccord entre Beth Chamaï et Beth Hillel au sujet de la souka yechana - une souka faite plus de trente jours avant la fête et non en vue de la mitsva.