Sota, chapitre 8, michna 3. Dans la michna précédente, nous avons énuméré ceux que la Torah retire du champ de bataille : celui qui a construit une maison neuve, planté une vigne ou épousé une femme, sans en avoir encore tiré de jouissance, ceux-là reviennent de la guerre. Notre michna vient énumérer les cas qui ne rentrent pas dans cette catégorie.
Voici ceux qui ne reviennent pas de la guerre :
"Haboné beit chaar, akhsadra oumirpesset" - celui qui construit une loge d'entrée pour la cour, une akhsadra (galerie couverte devant la maison) ou une terrasse en forme de balcon. Ces constructions ne sont pas assez importantes pour donner à leur propriétaire le droit de revenir de la guerre.
"Hanoté arbaa ilané maakhal" - celui qui plante seulement quatre arbres, sa plantation n'est pas prise en compte, car il en faut au moins cinq.
"Vechamicha ilané srak" - même s'il a planté cinq arbres, s'il s'agit d'arbres non fruitiers, ils ne comptent pas.
Les mariages qui ne donnent pas droit au retour :
"Hamahazir ète geroushato" - celui qui reprend en mariage la femme même qu'il avait répudiée.
"Almana lekohen gadol" - un Cohen Gadol qui épouse une veuve, ce qui lui est interdit.
"Geroucha vahaloutsa lekohen hediot" - un Cohen ordinaire qui épouse une femme répudiée ou une femme ayant subi la halitsa, ce qui lui est interdit.
"Mamzeret ounetina leyisrael" - un Israël qui épouse une mamzeret ou une netina, ce qui lui est interdit.
"Bat yisrael lemamzer oulanatin" - et de même à l'inverse : un mamzer ou un natin qui a épousé une fille d'Israël ne revient pas en raison de ce mariage.
Dans chacun de ces cas, la michna établit : "Lo haya hozer" (il ne revenait pas).
Les ajouts des Tanaïm :
"Rabbi Yehouda omer, af haboné bayit al mekhono lo haya hozer" - celui qui construit une maison à l'emplacement exact où se tenait la maison précédente, même s'il s'agit d'une maison ordinaire à tous égards, ne revient pas.
"Rabbi Elazar omer, af haboné beit levenim bacharon lo haya hozer" - les maisons en briques de la région du Charon s'effritaient, et on avait coutume de les reconstruire tous les sept ans. Comme elles ne tiennent pas dans le temps, elles ne sont pas considérées comme assez durables pour s'en réjouir.
En résumé : notre michna énumère ceux dont la construction, la plantation ou le mariage ne leur donnent pas le droit de revenir de la guerre : celui qui construit une loge d'entrée, une akhsadra ou une terrasse ; celui qui plante quatre arbres fruitiers ou cinq arbres non fruitiers ; et celui qui épouse une femme de manière interdite ou reprend sa femme répudiée. Rabbi Yehouda a ajouté celui qui construit une maison à l'emplacement de l'ancienne, et Rabbi Elazar celui qui construit une maison en briques dans le Charon, dépourvue de durabilité.