Nous étudions la michna 2 du chapitre 7 du traité Sotah. Cette michna se pose en contraste avec la précédente : la michna précédente traitait des choses qui se disent dans n'importe quelle langue, et notre michna vient énumérer les choses qui ne se disent qu'en langue sacrée, en hébreu seulement.
"Veèlou néémarin bilechon hakodech" - Et voici ce qui se dit en langue sacrée :
"Mikra bikourim" - la déclaration que prononce la personne lorsqu'elle apporte les prémices (bikourim) au Temple. Cette déclaration doit obligatoirement être dite en langue sacrée.
"Vahalitsa" - les déclarations prononcées lors de la cérémonie de la halitsa. Une femme dont le mari est mort sans laisser d'enfants tombe sous le lien du yiboum avec le frère du mari, et ils peuvent accomplir la halitsa : elle lui retire du pied une chaussure particulière, et certaines déclarations sont prononcées par les deux parties, et celles-ci doivent être dites en hébreu.
"Birkhot ouklalot" - les bénédictions et les malédictions que prononcèrent les Lévites lors de la première entrée de tout Israël en terre d'Israël, quand une partie du peuple se tenait sur le mont Guerizim et l'autre sur le mont Eval. Les Lévites prononcèrent l'ensemble des bénédictions et l'ensemble des malédictions rapportées dans la Torah, et celles-ci aussi devaient être dites en hébreu.
"Birkat kohanim" - ce que nous appelons le 'doukhan', durant lequel les kohanim bénissent l'assemblée. En terre d'Israël, on le pratique chaque jour, et hors d'Israël, en exil, seulement les jours de fête, et dans tous les cas cela doit être dit en hébreu.
"Ouvirkat kohen gadol" - les bénédictions que prononce le Grand Prêtre (kohen gadol) le jour de Kippour. La michna du traité Yoma énumère une série de bénédictions qu'il prononce après sa lecture dans la Torah, et elles aussi se disent en hébreu.
"Ouparchat hamèlekh" - des bénédictions semblables à celles du Grand Prêtre sont prononcées par le roi lors de la mitsva de Hakhel, qui a lieu à Souccot suivant l'année de chemita, quand tout le peuple se rassemble à Jérusalem. Ces déclarations aussi se disent en hébreu.
"Ouparchat egla aroufa" - les déclarations de la cérémonie de la génisse à la nuque brisée (egla aroufa). Quand on trouve un homme assassiné sans savoir qui l'a tué, les anciens de la ville la plus proche amènent une génisse et lui brisent la nuque, ils s'y lavent les mains et prononcent la déclaration figurant dans la Torah, et cette déclaration doit se faire en langue sacrée.
"Oumechoua'h milhama bechaa chemedaber el haam" - il existe un kohen particulier, oint avec l'huile d'onction en vue du départ à la guerre. Au moment où le peuple part au combat, ce kohen, le mechoua'h milhama, encourage l'armée par ses paroles, et cet encouragement, au moment où il parle au peuple, à l'armée, il doit le dire en langue sacrée.
En résumé : à l'opposé des choses qui se disent dans n'importe quelle langue, énumérées dans la michna précédente, notre michna énumère huit déclarations qui ne se disent qu'en langue sacrée : la déclaration des bikourim, les déclarations de la halitsa, les bénédictions et les malédictions du mont Guerizim et du mont Eval, la bénédiction des kohanim, les bénédictions du Grand Prêtre le jour de Kippour, la déclaration du roi lors de Hakhel, la cérémonie de la egla aroufa, et les paroles du mechoua'h milhama au peuple.