Sotah chapitre deux, michna trois. Cette michna traite d'un débat sur la part de la parachah de la sotah qui est effectivement écrite sur le rouleau utilisé dans le procédé. Pour comprendre la michna, il aurait été bon de lire toute la parachah de la sotah, et bien que nous ne le fassions pas maintenant, rappelons qu'elle comporte trois parties distinctes.
Les trois parties de la parachah de la sotah :
Les malédictions - la partie la plus fondamentale : on dit à la femme que si elle a commis l'adultère, elle deviendra "une imprécation et un serment au milieu de son peuple", sa cuisse tombera et son ventre enflera, et voilà ce que lui feront les eaux.
Les malédictions déduites des bénédictions - le deuxième niveau : la Torah dit que si elle n'a pas commis d'adultère, elle sera pure des eaux et restera intacte et indemne. On en déduit que si elle a commis l'adultère, elle est soumise à ces mêmes malédictions.
Le serment et la réponse - la partie la moins fondamentale, que l'on peut appeler la partie extérieure : l'instruction de la Torah selon laquelle le kohen la fait jurer, et qu'elle doit répondre "Amen, Amen" à ces serments et malédictions.
Le débat de la michna portera sur laquelle de ces trois parties est incluse dans l'écriture du rouleau.
Texte de la michna :
La michna demande : "Ba lo likhtov et hameguilah - meéizé makom hou kotev ?" - lorsqu'il vient écrire le rouleau, à partir de quel endroit écrit-il, c'est à dire par quelle partie de la parachah commence-t-on l'écriture ?
La première opinion de la michna, le tana kama, dit : "Mé'im lo shakhav ish otakh'" - à partir de "si aucun homme n'a couché avec toi", c'est à dire que si elle n'a pas commis d'adultère elle deviendra pure ; et le verset poursuit : "vé'at ki satit tahat ishekh" - "et toi qui t'es dévoyée sous ton mari", sauf que la parachah ne conclut pas cette phrase par le châtiment.
En revanche, "vé'éino kotev" - il n'écrit pas la partie de "vé'hishbia hakohen et ha'ishah" - "et le kohen fera jurer la femme", car c'est une instruction au kohen et non une partie de la malédiction. "Vé'kotev" - et il écrit "yiten Hashem otakh lé'alah vé'lishvouah" - "que Hashem te livre à l'imprécation et au serment", qui est la partie fondamentale que nous avons mentionnée : qu'elle devienne une imprécation, une malédiction et un serment, et que les eaux amères viennent en elle pour enfler le ventre et faire tomber la cuisse. Sa réponse également, à savoir qu'elle doit dire "Amen, Amen", n'est pas écrite, car elle accompagne le serment qui a valeur d'instruction, et n'est donc pas incluse.
Rabbi Yossi : on ne fait aucune interruption, mais on écrit tout, y compris l'instruction au kohen de la faire jurer, et même sa réponse "Amen, Amen". C'est l'opinion la plus large.
Rabbi Yehoudah : il tient l'opinion la plus restreinte, tandis que le tana kama tient l'opinion intermédiaire. Selon lui, on n'écrit que "yiten Hashem otakh lé'alah vé'lishvouah" etc. - que les eaux viennent en elle, que sa cuisse tombe et que son ventre enfle - et on n'écrit pas "Amen, Amen", ni la partie de son acceptation.
En résumé : nous avons trois opinions sur la question de la part de la parachah écrite sur le rouleau :
Le tana kama - la voie médiane : il inclut la malédiction déduite de la bénédiction ("si aucun homme n'a couché avec toi" - que si elle ne l'a pas fait elle est pure, et l'on en déduit que si elle l'a fait elle est coupable et châtiée), ainsi que la malédiction elle-même, mais les instructions ne sont pas incluses.
Rabbi Yossi - les instructions aussi sont incluses.
Rabbi Yehoudah - seule est incluse la partie qui explicite ce qui arrivera si elle a commis l'adultère.