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Sotah Chapitre 1, Michna 4: intimider la Sota

Nous étudions la michna 4 du chapitre 1 du traité Sota. La michna décrit ce qui se passe lorsque le mari et la femme soupçonnée arrivent à Jérusalem, ainsi que la procédure destinée à amener la femme à reconnaître sa faute avant qu'elle ne boive les eaux de la Sota.

Texte de la michna :

  • "Vayaalou otah lebeit din hagadol chebiroushalayim" - on la fait monter au grand tribunal, le Sanhédrin qui siège à Jérusalem, dans le Temple.

  • "Oumeaymin aleha" - on l'effraie et on lui inspire la crainte.

  • "Kederekh chemeaymin al edei nefachot" - de la même façon que l'on effraie les témoins qui viennent témoigner dans les affaires capitales.

De même que l'on dit aux témoins dans les affaires capitales : si tu souhaites témoigner contre un homme d'une manière qui entraînera sa mise à mort, tu dois comprendre la gravité de la chose, et comme le décrit la michna dans le traité Sanhédrin au sujet des méthodes d'intimidation, afin qu'ils ne disent rien qui ne soit vrai, de même on dit à la femme : si tu as réellement commis l'adultère, mieux vaut pour toi le reconnaître que de te mettre dans une situation de danger de mort, car tu risques de mourir en buvant les eaux de la Sota.

"Veomrim la : biti" :

On s'adresse à elle avec des paroles de rapprochement, "biti" (ma fille), et on lui explique que bien des choses ont pu la conduire à fauter. En désignant des facteurs extérieurs, on espère qu'elle sera disposée à reconnaître les faits :

  • "Harbé yayin ossé" - la consommation de vin, sous l'effet duquel elle a peut-être fait ce qu'elle n'aurait pas dû faire.

  • "Harbé sehok ossé" - le rire et une légèreté excessive ont pu y mener.

  • "Harbé yaldout ossa" - le manque de maturité a pu en être la cause.

  • "Harbé chekhaneha haraïm ossim" - de mauvais voisins qui ont eu sur elle une mauvaise influence, alors qu'elle-même n'est pas une mauvaise personne. Ces choses arrivent.

"Assé lichmo hagadol chenikhtav bikdoucha, chelo yimahé al hamayim" :

On poursuit en lui demandant de reconnaître les faits pour l'honneur du grand Nom du Saint béni soit-Il, qui a été écrit en sainteté et qui ne doit pas être effacé dans les eaux. En effet, le passage de la Sota est écrit sur un parchemin, et cette écriture, y compris le Nom du Saint béni soit-Il, est effacée dans les eaux qu'elle boit. Certes, il est permis d'agir ainsi, car la Torah elle-même l'ordonne, mais il convient de l'éviter si possible. C'est pourquoi on lui dit : reconnais la chose, et ne nous oblige pas à effacer Son Nom.

"Veomrim lefaneha devarim cheeinam kedaï lechomaa" :

On dit devant elle des choses qu'il n'est ni convenable ni approprié qu'elle entende, "hi vekhol michpahat beit aviha" - ni elle ni sa famille. La guemara explique qu'on lui raconte les actes de grandes figures d'Israël, qui ont reconnu leurs fautes sans en avoir honte, comme dans l'histoire de Yehouda et Tamar. Il n'est certes pas convenable de lui rapporter ces choses, et pourtant on le fait dans l'espoir que cela l'incitera à reconnaître sa faute.

En résumé : dans cette michna, nous avons appris que l'on fait monter la femme soupçonnée au grand tribunal de Jérusalem et qu'on l'effraie comme on effraie les témoins dans les affaires capitales, afin qu'elle reconnaisse les faits et n'entre pas dans une situation de danger de mort. Nous avons examiné les méthodes de persuasion : la désignation des facteurs extérieurs susceptibles de mener à la faute (le vin, le rire, l'immaturité et les mauvais voisins), la demande faite pour l'honneur du grand Nom qui ne doit pas être effacé dans les eaux, et le fait de dire des choses qu'il n'est pas convenable qu'elle entende, les actes de grandes figures d'Israël qui ont reconnu leurs fautes, comme dans l'histoire de Yehouda et Tamar.