Sheviit, chapitre 4, michna 3. La michna traite des relations entre Israël et les non-Juifs durant l'année de chemita : dans les transactions conclues avec eux, dans la bénédiction qu'on leur adresse et dans la question sur leur bien-être.
"Hokhrin nirin min haggoyim bachevi'it" - On loue en métayage des champs labourés des non-Juifs durant la chemita :
Il est permis de recevoir un champ d'un non-Juif à titre de location en métayage. Ce type de métayage consiste à ne pas donner au propriétaire du champ un pourcentage déterminé de la récolte, mais une somme fixe. Cette transaction est permise pour des "nirin" (des champs labourés) durant l'année de chemita, afin de semer à l'issue de la septième année, l'année qui suit la chemita, bien que cela conduise les non-Juifs à labourer les champs pendant la chemita. Puisqu'ils ne sont pas juifs, il leur est permis de labourer durant la chemita, et même si un Juif les y amène, il n'y a là aucun interdit.
En revanche, une telle transaction ne doit pas être faite avec un Juif, car on l'amènerait alors à labourer pour soi le champ durant la chemita, afin d'avoir un champ bien labouré à l'issue de la septième année.
"Mahazikin yedei goyim bachevi'it, aval lo chel Israël" - On encourage les non-Juifs durant la chemita, mais pas ceux d'Israël :
Il est permis d'encourager les non-Juifs qui accomplissent un travail durant la chemita, mais on ne doit pas encourager un Juif. Et qu'est-ce que cet encouragement ? Comme l'explique le Rav : lui souhaiter "yichar kohakha" (que ta force soit droite), la bénédiction que nous appelons couramment "yichar koah", dont le sens littéral est de rendre droite sa force, qu'elle soit rectifiée. On a la permission d'adresser cette bénédiction aux non-Juifs qui accomplissent un travail durant la chemita, car pour eux il n'y a là aucun interdit ; mais on ne doit pas la souhaiter à un Juif, puisqu'il commet une transgression et enfreint la Torah.
"Vecho'alin bichlomam mipnei darkhei chalom" - On les salue en raison des voies de paix :
Puisqu'il est permis d'adresser une bénédiction aux non-Juifs, il est également permis de les saluer et de s'enquérir de leur situation, et cela en raison des voies de paix avec nos voisins non juifs.
La Guemara dans le traité Guittin explique cette phrase de la michna : il est évident qu'il est permis de les saluer, car s'il est permis de les bénir pour leur travail durant la chemita, à plus forte raison est-il permis de les saluer. La michna vient plutôt nous enseigner qu'il est permis de les saluer même durant les jours de leurs fêtes, malgré la crainte que cela puisse les amener à rendre grâce à leurs divinités. Et nos Sages ont établi que, malgré cette crainte, il est permis de les saluer et de s'enquérir de leur bien-être même durant leurs fêtes.
En résumé : dans cette michna, nous avons appris qu'il est permis de louer aux non-Juifs des champs labourés durant la chemita en vue de semer à l'issue de la septième année, bien que cela les conduise à labourer durant la chemita, alors qu'avec un Juif il ne faut pas faire une telle transaction ; qu'il est permis d'encourager les non-Juifs qui accomplissent un travail durant la chemita par la bénédiction "yichar kohakha", mais non un Juif qui commet une transgression ; et qu'il est permis de les saluer en raison des voies de paix, et même durant les jours de leurs fêtes.