Chabbat, chapitre 9, michna 2. Cette michna poursuit le développement secondaire du chapitre, qui apporte des sources scripturaires - divers versets - pour différentes lois.
"Minayin lisfina chehi tehora" :
La michna demande : "Minayin lisfina chehi tehora ?" - comment savons-nous qu'un navire ne peut absolument pas contracter l'impureté ? "Chene'emar : 'derech oniya belev yam'" - la route du navire est au coeur de la mer, et l'on en déduit que le navire est considéré comme la mer elle-même : de même que la mer ne contracte pas l'impureté, le navire non plus.
La Guemara relève qu'a priori ce verset ne serait pas nécessaire. En effet, un navire est en général très grand, et la loi concernant les ustensiles en bois - assimilés au sac, destiné à porter son contenu - est qu'un ustensile si grand qu'il est impossible de le porter lorsqu'il est plein ne contracte pas l'impureté dès le départ.
De quel navire, alors, parle la michna ? Deux possibilités :
Un navire en terre cuite : les ustensiles en terre cuite ne sont pas inclus dans l'assimilation au sac, et cette loi ne s'applique pas à eux. Ainsi un navire en terre cuite aurait contracté l'impureté, si le verset "derech oniya belev yam" ne nous l'avait enseigné.
Le navire du Jourdain : une toute petite barque qui servait sur le fleuve du Jourdain, qui est un petit fleuve. Étant petite, bien que faite en bois, elle aurait contracté l'impureté, sans ce même verset.
Les lois de kilayim - la plate-bande :
La michna poursuit avec les lois de kilayim, selon lesquelles il est interdit de semer ensemble différentes espèces de légumes, mais s'ils sont séparés d'une certaine manière, c'est permis. Et elle demande : "Minayin la'arouga chehi chicha al chicha tefahim, chezor'in betocha hamicha zer'onin - arba'a be'arba rouhot ha'arouga ve'ehad be'emtsa ?" Autrement dit, dans une plate-bande de six téfahim sur six téfahim il est permis de semer cinq espèces différentes : quatre aux quatre extrémités de la plate-bande, et une au centre.
La source scripturaire :
"Chene'emar : 'ki ka'arets totsi tsimha vekhegana zerou'eha tatsmiah'" - chacun des mots du verset se rapporte à une espèce supplémentaire :
"Totsi" - première espèce.
"Tsimha" - deuxième espèce.
"Zerou'eha" - deux de plus, troisième et quatrième. Selon les termes de la michna : "zéra lo ne'emar ela zerou'eha" - le verset n'emploie pas le singulier mais le pluriel, d'où l'on déduit qu'il s'agit de deux semences.
"Tatsmiah" - la cinquième espèce.
De là l'allusion au fait que l'on peut semer cinq espèces différentes dans une seule plate-bande de six téfahim sur six téfahim.
En règle générale, il faut une distance d'au moins un téfah et demi entre un légume et un autre. Notre michna traite du cas où, même si les espèces étaient éloignées les unes des autres d'un téfah et demi, on n'en autoriserait pas plus de cinq. En effet, dès lors qu'il y a dans la plate-bande plus de cinq espèces, cela apparaît comme un grand mélange et prend l'aspect de kilayim, et c'est donc interdit au titre de l'apparence (marit ayin), bien que les kilayim de la Torah ne concernent que le fait de semer réellement les semences ensemble.