La michna 1 traite des quantités minimales pour le transport (hotsaa) le Chabbat : quelle est la quantité minimale de chaque produit dont le transport rend responsable celui qui le transporte, et celui qui l'a fait par inadvertance doit apporter un sacrifice. Commençons par la quantité concernant celui qui transporte du vin.
Les quantités de liquides entraînant la responsabilité pour le transport :
"Yayin" - le vin : la quantité est celle nécessaire pour mélanger une coupe de vin, comme la coupe sur laquelle on récite le birkat hamazon ou le kidouch. La Guemara explique que cette quantité est d'un quart de reviit : la coupe de bénédiction a pour mesure un reviit de log, et comme leur vin était très fort, un quart de cette mesure (un seizième de log) est la quantité qui entraîne la responsabilité pour le transport le Chabbat.
"Halav" - le lait : de quoi avaler, c'est à dire la quantité qu'une personne moyenne avale en une seule gorgée.
"Devach" - le miel : la quantité qu'on avait coutume d'appliquer comme onguent sur une éraflure, qu'il s'agisse d'une éraflure formée sur le dos du cheval ou de l'âne à cause du frottement des charges qu'il portait, ou, selon certaines explications, d'une blessure sur le dos de la main ou du pied d'une personne. Bien que le miel soit un aliment, et que la quantité des aliments soit d'une grogueret (figue sèche), comme il sert habituellement aussi à des fins médicinales, on est plus strict à son égard, et même cette petite quantité est considérée comme suffisante, puisqu'il sert généralement aussi à cet usage.
"Chemen" - l'huile : la quantité nécessaire pour enduire un petit membre. De quel membre s'agit-il ? La Guemara explique qu'il s'agit du plus petit doigt et du plus petit orteil d'un nouveau né, et il s'avère donc que c'est une quantité minime.
"Mayim" - l'eau : la quantité qu'on avait besoin d'ajouter au kilor, un remède dont l'eau était l'un des composants. Cette quantité est la mesure entraînant la responsabilité pour le transport le Chabbat.
"Ouchear kol hamachkin" - et tous les autres liquides : leur mesure est d'un reviit, un quart de log.
"Vekhol hachofkhin" - et toutes les eaux usées : elles aussi sont d'un reviit. Et à quel usage avait-on besoin d'eaux usées ? On les mélangeait parfois à de la terre pour former de la boue nécessaire aux besoins de la construction et autres, et il s'avère donc qu'elles ont un usage.
Le tana kama suppose que ces quantités ont été dites de manière indéterminée, lorsque la personne ne précise pas son intention. Mais s'il a précisé et qu'il avait besoin d'une quantité même plus petite que celle ci, il est responsable même pour celle là.
La position de Rabbi Chimon :
Rabbi Chimon conteste cela et dit : "Koulan bereviit" - toutes d'un reviit : de manière indéterminée, lorsqu'il n'y a pas d'intention particulière, la mesure de tous ceux ci est d'un reviit, et toutes les petites quantités énumérées ne sont pas pertinentes. "Velo amrou kol hachiourim halalou ela lematsniehen" - et on n'a énoncé toutes ces mesures que pour ceux qui les mettent de côté : les petites quantités énumérées, comme le lait de quoi avaler et le vin d'un quart de reviit, n'ont été dites qu'à propos de celui qui prend ces produits et les met de côté à cette fin et les réserve à ce but. Celui qui les réserve à ce but, cette petite quantité est considérée pour lui comme une mesure suffisante ; et celui qui ne les met pas de côté, la petite quantité n'est pas pertinente à son égard, et sa mesure est d'un reviit.
En résumé : dans cette michna ont été énumérées les quantités de liquides entraînant la responsabilité pour le transport le Chabbat : le vin, le lait, le miel, l'huile et l'eau, et les autres liquides et les eaux usées d'un reviit. Selon l'avis du tana kama, ce sont là les mesures de manière indéterminée, tandis que selon l'avis de Rabbi Chimon la mesure de tous est d'un reviit, et les petites quantités n'ont été dites qu'à propos de ceux qui les mettent de côté, qui réservent ces produits à ce but.