Chabbat, chapitre 7, michna 3. La première michna de ce chapitre s'ouvrait sur un "grand principe", le principe majeur des lois de Chabbat, et énumérait divers principes concernant les fautes involontaires, chez celui qui transgresse le Chabbat par inadvertance. Notre michna présente elle aussi un principe, et bien qu'il ne soit pas un grand principe comme le précédent, on peut l'appliquer au travail de transport, à savoir sortir et déplacer des objets pendant Chabbat.
"Veod klal a'her amrou" - Et ils énoncèrent encore un autre principe :
Nos Sages ont énoncé un principe supplémentaire, un autre fondement, concernant la taille des objets transportés : qu'est-ce qui est considéré comme suffisamment important et significatif pour rendre passible d'une faute pendant Chabbat ? La chose doit avoir un volume qui présente une importance aux yeux de l'homme. Un simple grain de terre n'a évidemment aucune signification permettant de considérer son transport comme un travail.
Les deux conditions pour être passible d'un sacrifice 'hatat :
"Kol hakacher lehatsnia" - tout ce qui mérite d'être mis de côté, conservé et rangé en vue d'un besoin futur. Il ne s'agit pas seulement de l'objet lui-même, mais du fait que c'est le type d'objet que l'homme a coutume de mettre de côté. Ce n'est pas un morceau de terre inutile, même si certains types de terre ont bel et bien une fonction et une utilité.
"Oumatsniin kamohou" - que la quantité transportée soit la quantité que les gens ont coutume de mettre de côté, c'est-à-dire la quantité significative de cette chose.
"Vehotsio beChabbat - 'hayav alav 'hatat" - celui qui transporte pendant Chabbat ce type de chose et dans cette quantité est passible d'un sacrifice 'hatat pour avoir profané le Chabbat par inadvertance.
"Vekol cheeno kacher lehatsnia" - Et tout ce qui ne mérite pas d'être mis de côté :
En revanche, une chose qui ne mérite pas d'être mise de côté pour un usage ultérieur ou pour un besoin particulier, "veen matsniin kamohou" - ou bien, même si la chose elle-même est importante mais que la quantité n'est pas significative et que les gens n'ont pas coutume de conserver une telle quantité, "vehotsio beChabbat, eno 'hayav ela hamatsnio".
Autrement dit, le seul qui sera passible pour avoir transporté une telle chose ou une telle quantité est celui qui l'a mise de côté pour son usage personnel. Bien que le grand public n'utilise pas cette chose et ne s'y intéresse pas, puisque lui-même s'intéresse à cette chose ou à cette quantité et l'a destinée à être significative pour lui, il peut en être tenu responsable.
En résumé : notre michna ajoute un principe dans les lois du transport, selon lequel le volume rendant passible est déterminé par l'importance de la chose. Une chose que les gens ont coutume de mettre de côté, et dans la quantité qu'ils ont coutume de mettre de côté, celui qui la transporte pendant Chabbat est passible d'un 'hatat. Une chose que l'on n'a pas coutume de mettre de côté, ou une quantité que l'on n'a pas coutume de mettre de côté, ne rend pas passible pour son transport, sauf pour celui qui l'a mise de côté pour lui-même et a ainsi révélé que la chose est importante à ses yeux.