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Chabbat Chapitre 22, Michna 3: briser un tonneau pour se nourrir

Chabbat, michna 3. Au chapitre 13, michna 3, nous avons appris que celui qui détériore le Chabbat, celui qui brise un objet et accomplit un acte destructeur, est exempt. Néanmoins, il est tout de même interdit a priori d'accomplir un acte de détérioration le Chabbat. Notre michna vient nous enseigner que lorsque la chose est faite pour les besoins de l'alimentation, cela est permis.

Briser le tonneau pour se nourrir :

La michna établit que "chover adam èt hè'havit lè'ékhol hèména guerogarot" - il est permis à une personne de briser un tonneau afin de manger les figues sèches qui s'y trouvent. Lorsqu'il n'y a pas moyen de l'ouvrir autrement qu'en le brisant, il lui est permis de le briser pour atteindre ce qu'il contient.

Une condition est posée à ce sujet : "ou'bilvad chèlo yitkaven la'assot kéli" - au moment où il brise le tonneau ou y fait un trou, il ne doit pas avoir l'intention de fabriquer un ustensile, c'est-à-dire d'arranger le tonneau au moyen d'un beau trou destiné à y introduire des choses et à les en retirer. Une telle intention est interdite au titre du travail de makè bèpatich (frapper avec le marteau), dont l'objet est l'achèvement de la fabrication de l'ustensile.

Percer le bouchon - la controverse entre Rabbi Yéhouda et les Sages :

La michna poursuit et traite du percement du bouchon, le couvercle qui ferme l'orifice du tonneau. On avait coutume de poser un couvercle sur le tonneau, parfois d'une autre matière, et de le sceller avec de la poix ou de la cire. Lorsqu'on voulait en retirer du vin, on y faisait un petit trou et on inclinait le tonneau afin de verser par là.

  • Rabbi Yéhouda interdit : on ne perce pas le bouchon du tonneau, car faire un trou aménagé dans le couvercle est considéré comme une réparation de l'ustensile. Selon lui, il faut retirer le couvercle en entier.

  • Et les Sages permettent : il est permis de faire le trou dans le bouchon, car ce n'est pas la manière habituelle de percer. L'une des raisons qu'apportent les commentateurs : les gens ne désirent pas de trou dans la partie supérieure de l'ustensile, car des choses risquent de tomber par là à l'intérieur du tonneau.

"vèlo yikvéna mitsida" :

Même les Sages qui permettent reconnaissent qu'il ne faut pas faire le trou sur le côté du bouchon. Sur le côté, les gens ont coutume de percer plus fréquemment, car on ne craint pas là que des choses tombent à l'intérieur, comme dans le trou de la partie supérieure. C'est pourquoi cela est considéré comme la fabrication d'un ustensile, et il y a là l'interdit de makè bèpatich.

Un tonneau qui a été percé avant l'entrée du Chabbat :

"vè'im hayeta nèkouva, lo yiten alèha chaava" - un tonneau qui a déjà été percé de jour, avant Chabbat, on n'y met pas de cire pour le boucher, "mipné chèhou memarèa'h". Étaler la cire relève du travail de mema'hèk (lisser une matière), qui est interdit le Chabbat.

Le fait qui fut porté devant Rabban Yo'hanan ben Zakaï :

À la fin de la michna, un fait est rapporté : Rabbi Yéhouda a dit, un fait fut porté devant Rabban Yo'hanan ben Zakaï à Arav (nom de lieu), à propos d'un homme qui avait étalé de la cire sur le trou d'un tonneau le Chabbat, et il dit : "'hocheché lo mé'hatat" - je crains que cet homme ne soit tenu d'apporter un korban 'hatat (sacrifice expiatoire), car il se peut qu'il ait transgressé par inadvertance un interdit de la Torah, et pour cela il doit apporter un sacrifice.

En résumé : dans cette michna nous avons appris qu'il est permis de briser un tonneau pour manger les figues sèches qu'il contient, à condition de ne pas avoir l'intention de fabriquer un ustensile ; nous nous sommes arrêtés sur la controverse entre Rabbi Yéhouda et les Sages concernant le percement du bouchon, et sur l'accord de tous selon lequel on ne doit pas le percer sur le côté au titre de makè bèpatich ; et enfin sur l'interdit de mettre de la cire sur un trou qui existait avant l'entrée du Chabbat au titre de memarèa'h, et sur le fait qui fut porté devant Rabban Yo'hanan ben Zakaï, qui dit : "je crains qu'il ne soit tenu d'un 'hatat".