Chabbath, chapitre 2, michna 7. Notre michna nous fait part des actions et des consignes dont il faut se soucier avant l'entrée de Chabbath, en plus de l'allumage des bougies. Trois choses, l'homme doit les dire dans sa maison la veille de Chabbath à la tombée de la nuit : deux d'entre elles sont des questions, et la troisième est une affirmation.
Les trois choses à dire la veille de Chabbath :
"Issartem ?" - Avez-vous prélevé la dîme ? Car on ne prélève pas la dîme pendant Chabbath, et si l'homme désire que l'aliment soit propre à la consommation, il doit s'assurer qu'il n'est pas tével et que la dîme en a déjà été prélevée. Et particulièrement pendant Chabbath, où même une consommation occasionnelle, un simple goûté, est interdite sans prélèvement de la dîme, car Chabbath fixe l'obligation de la dîme : dès l'entrée de Chabbath, elle rend l'aliment fixe et oblige à en prélever la dîme même pour une consommation occasionnelle. C'est pourquoi il est très important de prélever la dîme à l'avance, avant Chabbath.
"Iravtem ?" - Avez-vous fait le érouv ? Cela vise le érouv te'houmin, pour celui qui doit se rendre pendant Chabbath à un endroit situé au-delà de la limite (te'houm), ainsi que le érouv 'hatserot, pour celui qui habite dans une cour et souhaite y transporter des objets, qui doit faire le érouv avec les autres habitants de la cour. Il faut donc s'assurer que ces choses ont été faites avant Chabbath.
"Hadliкou ét hanér" - Allumez la bougie. La troisième chose n'est pas une question mais une affirmation adressée aux membres de la maison : le moment est venu d'allumer les bougies. Et ce n'est pas une question, car les bougies sont quelque chose de visible à l'oeil, tandis que le érouv et la dîme ne se remarquent pas, qu'ils aient été faits ou non.
Le bein hachemachot :
La michna poursuit et enseigne quel est le statut de cette période de temps, la veille de Chabbath, où il n'est pas clair si Chabbath est déjà entré ou non, ce moment appelé bein hachemachot (l'entre deux soleils). Selon les termes de la michna : "safek 'hacheikha" - un doute quant à l'obscurité, un doute s'il fait déjà pleinement nuit, un doute s'il ne fait peut-être pas encore nuit.
Durant cette période, les choses suivantes sont interdites :
Le prélèvement de la dîme sur une chose qui est certainement tével - une interdiction rabbinique, car cela apparaît comme une réparation.
L'immersion des ustensiles dans le mikvé - cela aussi ressemble à une réparation, et c'est également une interdiction rabbinique.
L'allumage des bougies - une interdiction de la Torah, et c'est assurément interdit pendant le bein hachemachot.
En revanche, les Sages ont été indulgents pendant le bein hachemachot, qui est un moment de doute, sur trois choses :
"Me'asrin ét hademaï" - On prélève la dîme sur le demaï. Il s'agit de fruits achetés à un ignorant (am haaretz), qui n'est pas présumé scrupuleux sur les lois de la dîme. En raison de ce doute, il faut être rigoureux et prélever de nouveau la dîme, et ce prélèvement est permis pendant le bein hachemachot.
"Oume'arvin" - Et on fait le érouv. À première vue, cela pose une difficulté, car au début de la michna il a été dit qu'il faut demander au préalable si le érouv a été fait, ce qui laisse entendre qu'on ne peut pas faire le érouv pendant le bein hachemachot. La Guemara explique qu'il s'agit ici précisément du érouv 'hatserot, qui n'est que rabbinique, et dont l'indulgence est plus grande, c'est pourquoi il est permis de le faire. Mais le érouv te'houmin - qui selon plusieurs avis est de la Torah, et selon d'autres avis est au moins rabbinique avec un appui dans les versets - ne peut être fait pendant le bein hachemachot.
"Vetomnin ét ha'hamin" - Et on couvre les aliments chauds. Il est permis de couvrir avec une chose qui n'ajoute pas de chaleur.
Et bien qu'en règle générale les Sages aient interdit à l'homme de couvrir ses aliments pendant Chabbath, ils l'ont néanmoins permis pendant le bein hachemachot. Car toute la crainte liée au fait de couvrir pendant Chabbath, c'est que l'homme constate que le mets n'est déjà plus chaud et en vienne à attiser les braises ou à faire quelque chose de semblable, et cette crainte n'existe pas pendant le bein hachemachot, car à ce moment la présomption est que tous les aliments sont encore chauds. Ce n'est qu'à une heure plus tardive que peut se réveiller la crainte que le mets ne soit plus chaud et que l'homme se laisse tenter d'attiser les braises - mais pas pendant le bein hachemachot.