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Chabbat Chapitre 2, Michna 4: le combustible à l'extérieur de la lampe

Chabbat, chapitre 2, michna 4. Cette michna traite à nouveau des lois de l'allumage des lumières de Chabbat, et en particulier de la crainte qu'une personne ne prélève, pendant Chabbat, du combustible d'une lampe ou d'une lanterne allumées. Le prélèvement du combustible de la lampe comporte un interdit d'éteindre relevant de la Torah.

La nature de la crainte :

En règle générale, on ne craint pas qu'une personne prélève du combustible pendant Chabbat. La crainte n'existe que lorsque le combustible se trouve à l'extérieur de la lampe, en dehors du luminaire. Dans un tel cas, la personne pourrait le considérer comme quelque chose qui ne fait pas partie du luminaire ni du combustible actuellement en train de brûler, et penser qu'il est permis d'en prélever pour un autre usage, par exemple quelqu'un qui allume à l'huile d'olive et souhaite un peu d'huile pour son propre usage. Or, puisque le combustible a été destiné au luminaire, son prélèvement implique un interdit d'éteindre. En revanche, lorsque le combustible se trouve dans le luminaire lui-même, on suppose que la personne prendra conscience qu'il fait partie du luminaire et n'en prélèvera pas.

Le texte de la michna :

  • "Lo yikov adam chefoferet chel beitsa oumileèna chémen ouyitnéna al pi haner bichvil chétéhé menatéfet" - il ne faut pas percer un trou dans une coquille d'œuf, la remplir d'huile et la placer à l'orifice de la lampe afin qu'elle y goutte et l'alimente en combustible.

  • "Afilou hi chel 'hérès" - même si, à la place d'une coquille d'œuf, la personne utilise un récipient en terre cuite. La terre cuite devient répugnante et repoussante dès lors qu'elle a servi à l'huile et à la combustion, et il semblerait donc moins probable qu'une personne en prélève du combustible pour manger. Malgré cela, la chose est interdite, par crainte qu'elle ne prélève de l'huile pour d'autres besoins et ne transgresse par ce prélèvement l'interdit d'éteindre pendant Chabbat.

  • "Verabbi Yehouda matir" - Rabbi Yehouda ne le craint pas. Selon lui, la personne reconnaîtra que le combustible qui goutte dans la lampe est destiné à ce luminaire, et saura qu'il est interdit d'en prélever de l'huile.

  • "Aval im 'hibber hayotser mite'hila - moutar" - si le potier qui a fabriqué la lampe a relié dès le départ le réservoir d'huile à la lampe, la chose est permise, et ce même selon le premier Tanna qui interdit la coquille d'œuf ou un autre récipient qui goutte dans la lampe. Car ils sont reliés comme un seul récipient, et de même que l'on ne craint pas, pour une lampe ordinaire, qu'une personne prélève de l'huile qui s'y trouve, de même on ne craint pas qu'elle prélève du réservoir extérieur.

Un bol à côté de la lampe :

De même, une personne ne mettra pas d'huile dans un bol, ne le placera pas à côté de la lampe et ne mettra pas l'autre extrémité de la mèche à l'intérieur, afin qu'elle puise non seulement dans l'huile de la lampe mais aussi dans l'huile du bol. La raison de l'interdit est celle déjà évoquée : selon le premier Tanna, on craint que la personne pense que l'huile du bol n'est pas destinée à la lampe et n'en fait pas partie, et estime qu'il est permis d'en prélever pendant Chabbat, alors qu'en réalité cette huile aussi, qui a été destinée comme accessoire de la lampe, est interdite au prélèvement pendant Chabbat. En raison de cette crainte, on ne le permet pas d'emblée.

Ici aussi, Rabbi Yehouda permet, car il ne le craint pas : selon lui, la personne reconnaîtra que l'huile du bol est destinée à la lampe, et saura qu'il est interdit d'en prélever pendant Chabbat.

En résumé : dans cette michna, nous avons appris que la crainte de l'interdit d'éteindre existe précisément lorsque le réservoir de combustible se trouve à l'extérieur de la lampe. C'est pourquoi le premier Tanna a interdit la coquille d'œuf ou le récipient en terre cuite qui gouttent dans la lampe, ainsi que le bol d'huile dans lequel puise la mèche ; en revanche, lorsque le potier a relié le réservoir à la lampe dès le départ, ils forment un seul récipient et la chose est permise. Rabbi Yehouda permet dans tous ces cas, car il ne craint pas que la personne ne reconnaisse pas que l'huile est destinée à la lampe et interdite au prélèvement.