Chabbat, chapitre dix, michna 1. Dans les chapitres précédents, nous avons traité des mesures de différents objets, la quantité considérée comme suffisamment significative pour rendre passible celui qui les transporte et les fait sortir le Chabbat. Notre michna traite du cas où l'objet n'atteint pas ces mesures, et où pourtant la personne peut en être rendue passible.
Texte de la michna et son explication :
"Hamatsni'a" - celui qui met de côté une certaine quantité d'une chose donnée pour un usage qu'il lui a réservé.
"Lezéra" - il a pris de la semence et l'a mise de côté pour la semer.
"Ledougma" - il a mis de côté une chose qui lui servira d'échantillon, pour la montrer, en parler, en faire la promotion et ainsi de suite.
"Oulréfoua" - il l'a mis de côté à des fins médicinales.
"Vehotsi beChabbat - hayav bekhol chéhou" - après l'avoir mis de côté, montrant par là qu'il considère cette quantité comme significative pour lui, s'il l'a fait sortir dans le domaine public le Chabbat, il est passible même pour la plus infime quantité.
"Vekhol adam ein hayav alav éla kechi'ouro" : les autres personnes, qui n'ont pas mis de côté ni réservé la chose à un usage particulier, ne sont pas rendues passibles pour cette quantité, à moins qu'elle n'atteigne la mesure fixée par les Sages dans les chapitres précédents.
"Hazar vehikhniso - ein hayav alav éla kechi'ouro" : si, après l'avoir mis de côté et considéré comme significatif, il change d'avis et n'a plus l'intention de l'utiliser, ni pour la semence, ni comme échantillon, ni pour la médecine, et qu'il le fait rentrer dans la maison, il n'est passible que s'il y a la mesure habituelle que les Sages lui ont fixée.
La raison en est la suivante : en le faisant rentrer, il a annulé sa première pensée. La pensée initiale, selon laquelle cette petite quantité était significative pour lui, est annulée, et la chose est désormais comme toutes les autres. C'est pourquoi, au moment où il fait rentrer la chose dans le domaine privé, il n'est passible qu'avec la mesure habituelle, et non avec la mesure qu'il s'était fixée auparavant.
En résumé : nous avons appris que la pensée d'une personne fixe pour elle-même une mesure : celui qui met de côté une chose pour la semence, comme échantillon ou à des fins médicinales est passible pour sa sortie en quelque quantité que ce soit, tandis que les autres personnes ne sont passibles qu'avec la mesure fixée par les Sages. Et de même que la pensée confère de l'importance, son annulation l'ôte : dès qu'il l'a fait rentrer, la chose retrouve sa mesure habituelle.