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Roch Hachana Chapitre 1, Michna 1: les quatre nouvelles années

Bienvenue dans le traité de Roch Hachana. Ce traité porte à la fois sur les lois de Roch Hachana et sur celles de Roch 'Hodech, c'est à dire sur la détermination du moment où commence le nouveau mois et du jour où il est fixé. Ce besoin découle du fait que la révolution de la lune autour de la terre dure vingt neuf jours et demi et un peu plus, si bien que le mois peut compter vingt neuf jours ou trente jours. Cette détermination fait partie des sujets que nous étudierons dans le premier chapitre du traité.

La première michna, au chapitre 1, traite des différents types de nouvelle année, et pas seulement du Roch Hachana que nous connaissons, qui tombe le premier tichri. La michna dit : "Arba'a rachei chanim hem" - quatre dates différentes, chacune étant une nouvelle année pour un domaine distinct.

"Be'e'had beNissane roch hachana lamelakhim velaregalim" :

Lamelakhim - il s'agit du décompte des années de règne du roi, d'après lequel on datait les documents. Un roi qui est monté sur le trône au milieu de l'année, une fois passé le premier premier nissan, est considéré comme entrant dans sa deuxième année de règne : l'année où il est devenu roi est la première année, et au premier nissan suivant commence la deuxième année.

La portée pratique en matière de loi : puisque les documents étaient datés selon les années du roi, une date erronée risque de transformer le document en un document antidaté, présentant le prêt comme s'il avait été fait avant son moment réel. Le détenteur d'une reconnaissance de dette recouvre sur les biens vendus par l'emprunteur, mais uniquement à partir du moment où le prêt a été fait. Un document dont la date est antérieure à la réalité permettrait au prêteur de recouvrer des biens vendus à un tiers auparavant, un recouvrement auquel il n'avait pas droit.

Laregalim - ici la chose touche à l'interdiction de "bal te'a'her". La Torah établit qu'on ne doit pas retarder l'apport du sacrifice ou de l'offrande qu'une personne a voués au Temple au delà d'un certain délai. Notre michna adopte l'avis de Rabbi Chimon, qui considère qu'une personne ne transgresse l'interdiction qu'après que sont passés les trois fêtes de pèlerinage, Pessa'h, Chavouot et Souccot, et précisément dans cet ordre, Pessa'h en tête. C'est pourquoi celui qui a fait un vœu après Pessa'h, on lui compte Chavouot et Souccot, puis Pessa'h, Chavouot et Souccot. De ce point de vue, le premier nissan représente Pessa'h et sert en quelque sorte de nouvelle année pour ce domaine.

"Be'e'had be'Eloul roch hachana lema'sar behema" :

Le maasser des animaux est l'obligation de prélever un sur dix parmi les bêtes nées dans le troupeau au cours de cette année. On ne joint pas les bêtes nées avant le premier eloul à celles nées après, car ce sont deux années distinctes, et le maasser est prélevé séparément du groupe antérieur à cette nouvelle année et de celui postérieur à elle. "Vé'elou déRabbi Chimon omerim" - selon eux, la nouvelle année pour le maasser des animaux tombe le premier tichri.

"Be'e'had betichri" :

  • "Lachanim" - ici aussi il s'agit du décompte des années des rois et de sa portée pour les documents, comme expliqué plus haut. La différence est que le premier nissan concerne les rois d'Israël, tandis que le premier tichri concerne les rois des nations du monde.

  • "Lachemitine velayovlot" - c'est la date où commence l'année de la chemita, ainsi que l'année du yovel toutes les cinquante ans. Pour certaines lois, le yovel commence en pratique le jour de Kippour de cette année.

  • "Lanetia" - celui qui plante un arbre nouveau, ses fruits sont interdits à la consommation et à l'usage pendant les trois premières années, et la quatrième année le fruit doit être monté à Jérusalem. Celui qui plante au milieu de l'année, une fois passée la nouvelle année du premier tichri, cela est considéré comme la deuxième année de l'arbre.

  • "Layerakot" - pour ce qui est du maasser des légumes, le prélèvement d'un dixième de la récolte. On ne prélève pas la Terouma et le maasser d'une année sur une autre, mais le maasser est pris séparément pour chaque année, et la ligne de démarcation entre les années est le premier tichri.

"Be'e'had bichvat roch hachana la'ilane" :

C'est la nouvelle année des arbres "kedivrei beit Chamaï", tandis que "beit Hillel omerim ba'hamicha 'assar bo" - c'est le jour connu sous le nom de Tou Bichvat. La ligne de démarcation fixée ici se rapporte au fruit qui commence à croître après la chute de la fleur, appelé dans le langage de la loi 'hanata' : si la 'hanata a eu lieu avant le premier chevat selon beit Chamaï, ou avant le quinze chevat selon beit Hillel, cela détermine l'année à laquelle se rattache le fruit pour le prélèvement du maasser des fruits.

En résumé : dans cette michna nous avons étudié les quatre nouvelles années : le premier nissan, pour les rois (pour le décompte de leurs années de règne et pour la datation des documents) et pour les fêtes de pèlerinage (au sujet de "bal te'a'her") ; le premier eloul, pour le maasser des animaux, et selon Rabbi Elazar et Rabbi Chimon le premier tichri ; le premier tichri, pour les années des rois des nations du monde, pour les chemitot et les yovlot, pour la plantation et pour les légumes ; et le premier chevat selon beit Chamaï, ou le quinze du même mois selon beit Hillel, la nouvelle année de l'arbre pour la 'hanata du fruit et le prélèvement de ses maasrot.