Pessa'him chapitre 8, michna 6. Cette michna traite de la possibilité d'abattre le sacrifice de Pessa'h pour une personne dont on craint qu'elle ne puisse en manger cette nuit-là : il est permis de l'associer aux inscrits du sacrifice, mais comme nous le verrons, on ne doit pas abattre pour elle de manière exclusive.
Les catégories énumérées par la michna :
"onen" - celui qui a perdu l'un de ses proches et sur qui incombe l'obligation du deuil. Toute la journée où le proche est décédé, il est onen selon la Torah, et un onen ne mange pas des sacrifices. La nuit suivante, il n'est onen que de par les Sages, et concernant le sacrifice de Pessa'h les Sages n'ont pas maintenu leur décret. Ainsi, celui qui devient onen la veille de Pessa'h mange son sacrifice cette nuit-là.
"vehamefake'a'h ète hagal" - celui qui s'occupe de déblayer les décombres d'un bâtiment qui s'est effondré, à Dieu ne plaise, sur un groupe de personnes, sans que l'on sache si l'on trouvera dessous un vivant ou un mort. Tant qu'aucun mort n'a été trouvé, on le considère dans son état de pureté, et l'on abat donc pour lui le Pessa'h.
"vekhen mi chehivti'houhou lehotsio mibète haassourin" - celui à qui l'on a promis qu'il serait libéré de prison avant Pessa'h, même lorsque la prison se trouve hors des murailles de Jérusalem, de sorte que si l'on ne tient pas la promesse on ne pourra pas lui apporter le sacrifice. Malgré cela, on l'associe au sacrifice.
"veha'holé vehazaken cheyekholin le'ekhol kazayit" - un malade ou un vieillard qui, à l'heure présente, sont capables de manger un kazayit du Pessa'h.
Pour tous ceux-là il est dit "cho'hatin alèhèn" - il est permis d'abattre pour eux le sacrifice de Pessa'h, à condition qu'ils soient inscrits avec d'autres personnes chez qui aucune de ces craintes n'existe.
"al koulan ein cho'hatin alèhèn bifné atsman":
Pour aucun d'entre eux on ne doit abattre le Pessa'h à part. Ni lorsque le sacrifice est abattu pour l'un d'eux seulement, ni même lorsque plusieurs d'entre eux y sont inscrits ensemble, tant que tous les inscrits appartiennent à ces catégories. La raison : "chèma yaviou ète hapessa'h lidé pessoul" - de peur qu'en fin de compte il s'avère que le sacrifice soit devenu invalide.
Et dans le détail :
L'onen : en raison de son état psychologique, il risque de se rendre impur par le mort et de ne pouvoir manger du Pessa'h.
Celui qui déblaie les décombres : il risque d'y trouver un mort et de devenir impur.
Celui à qui l'on a promis de sortir de prison : peut-être ne le libéreront-ils pas, et il s'agit de quelqu'un qui se trouve sous une autorité de non-Juifs, aux yeux desquels le sacrifice de Pessa'h ne compte pour rien.
Le vieillard et le malade : peut-être ne pourront-ils pas manger un kazayit.
La dispense du second Pessa'h :
Même si une invalidité les a finalement atteints, qu'ils se sont rendus impurs ou qu'ils n'ont pas pu manger, puisque dans notre cas le sacrifice n'a pas été abattu pour eux seulement mais aussi pour d'autres avec eux, ils sont dispensés de faire le second Pessa'h. Ils se sont acquittés de leur obligation avec le premier Pessa'h, car au moment de l'abattage et de l'aspersion du sang ils étaient en principe aptes à manger du sacrifice.
"'houts min hamefake'a'h bagal":
L'exception est celui qui s'occupe de déblayer les décombres, car il est impur dès le départ : s'il s'avère que la personne se trouvant sous les ruines était déjà morte, il ressort qu'il était impur dès le début, sauf que cela ne lui était pas encore connu.
La Guémara apporte une nuance : ces propos s'appliquent lorsque le tas de ruines est de forme circulaire, car alors il a certainement fait tente au-dessus du mort en passant au-dessus de lui. Mais si le tas est allongé, et qu'il est possible qu'au moment de l'abattage il ne soit pas encore parvenu à cet endroit, il est dispensé du second Pessa'h, car il était pur au moment où le sacrifice a été abattu, à moins qu'il ne sache avec certitude être passé au-dessus de l'endroit où se trouvait le mort.
En résumé : dans cette michna nous avons appris que l'onen, celui qui déblaie les décombres, celui à qui l'on a promis de sortir de prison, le malade et le vieillard, on abat pour eux le Pessa'h en association avec d'autres, mais non à part, de peur que l'on n'en vienne à rendre le Pessa'h invalide. Et si l'on a abattu pour eux en association avec d'autres, ils sont dispensés du second Pessa'h même si une invalidité les a atteints, à l'exception de celui qui déblaie les décombres qui était impur dès le départ, dans les conditions expliquées dans la Guémara.