Pessa'him, chapitre cinq, michna 1. Ce chapitre et ceux qui le suivent traitent de l'accomplissement du sacrifice pascal, ce sacrifice qui était immolé et préparé la veille de Pessa'h et consommé lors de la nuit du Séder. Notre michna traite du moment de son offrande.
Mais avant de traiter du moment du sacrifice pascal, il nous faut préciser le moment du sacrifice quotidien de l'après-midi (le tamid chel bein ha'arbaïm), le sacrifice journalier qui était offert chaque jour le matin et l'après-midi. Le tamid de l'après-midi concerne particulièrement notre sujet, car en règle générale tous les sacrifices étaient offerts après le tamid du matin et avant le tamid de l'après-midi. L'exception est le sacrifice pascal, qui était offert précisément après le tamid de l'après-midi ; c'est pourquoi nous commencerons par établir le moment du tamid.
Le moment du tamid un jour ordinaire :
La michna commence : "Tamid nich'hat bichmona oume'hetsa vekarev betich'a oume'hetsa" - un jour ordinaire, le sacrifice tamid est immolé à huit heures et demie du jour, et son offrande est achevée à neuf heures et demie. Les heures comptées ici sont des heures temporelles : si le soleil s'est levé à six heures du matin et s'est couché à six heures du soir, huit heures et demie correspondent à deux heures et demie de l'après-midi, et neuf heures et demie à trois heures et demie. Il ressort que son offrande dure environ une heure.
Selon la stricte loi, on peut apporter le tamid de l'après-midi dès six heures et demie du jour, car une fois passée une demi-heure après midi, le temps est déjà considéré comme "l'après-midi", et c'est un moment valide pour son offrande. Malgré cela, on avait coutume de le retarder de deux heures supplémentaires, jusqu'à huit heures et demie, afin de permettre à ceux qui venaient au Temple d'avoir le temps d'offrir leurs propres sacrifices durant ce laps de temps.
D'autre part, on ne retardait pas son offrande au-delà de huit heures et demie, car après l'achèvement du tamid de l'après-midi (ou après une partie de celui-ci), il y avait d'autres services qui devaient être accomplis chaque jour :
L'encens (ketoret).
La min'ha, l'offrande de farine accompagnant le tamid.
Les 'havitei kohen gadol, le sacrifice journalier du Grand Prêtre, qui n'est pas un animal mais une sorte d'offrande de farine.
Les nessa'him, les libations de vin.
L'allumage des lampes de la Menora.
Le moment du tamid la veille de Pessa'h :
La michna poursuit : "Be'arvei pessa'him nich'hat bcheva oume'hetsa vekarev bichmona oume'hetsa" - la veille de Pessa'h, il faut avancer le tamid, car en plus des services accomplis chaque jour à la fin du tamid de l'après-midi, il faut immoler le sacrifice pascal, asperger son sang et le préparer, et tout cela durant ces mêmes heures de l'après-midi. Puisqu'un temps supplémentaire est requis, le tamid est immolé la veille de Pessa'h à sept heures et demie du jour, soit une heure et demie de l'après-midi, et son offrande est achevée à huit heures et demie, soit deux heures et demie.
"Bein be'hol bein bechabbat" :
Ces horaires, huit heures et demie un jour ordinaire et sept heures et demie la veille de Pessa'h, s'appliquent que le jour tombe en semaine ou qu'il tombe le Chabbat. La michna le souligne, car le Chabbat, seuls les sacrifices fixés par la Torah sont offerts, tandis que les vœux et les offrandes volontaires n'y sont pas offerts. Il semblerait donc qu'il n'y ait aucune raison de retarder le tamid, et qu'on aurait pu l'avancer à six heures et demie du jour. Malgré cela, on n'a rien changé, et l'horaire est resté identique en semaine et le Chabbat.
La veille de Pessa'h qui tombe la veille du Chabbat :
La michna traite aussi du cas où la veille de Pessa'h tombe la veille du Chabbat. Dans ce cas, en plus de l'immolation du sacrifice pascal l'après-midi, il faut aussi le rôtir le jour même. En temps normal, on rôtissait le sacrifice pascal la nuit, qui est un jour de fête (Yom Tov) où le travail de cuisson est permis ; mais lorsque la nuit du Séder tombe le Chabbat, il est impossible de le rôtir la nuit, même pour les besoins du sacrifice pascal. C'est pourquoi il fallait le rôtir encore la veille de Pessa'h, ce qui nécessitait un temps supplémentaire.
Et c'est pourquoi nous avons appris : "'Hal erev pessa'h lihyot be'erev chabbat, nich'hat bechech oume'hetsa vekarev bcheva oume'hetsa" - on immole le sacrifice tamid au moment le plus tôt possible, six heures et demie du jour, soit midi et demie, et on achève son offrande à sept heures et demie, soit une heure et demie. Le sacrifice pascal est offert ensuite, et pour lui aussi on s'efforçait d'avancer autant que possible, afin de permettre à chacun de rôtir son propre sacrifice pascal avant l'entrée du Chabbat.
En résumé : dans cette michna, nous avons appris trois horaires pour l'immolation du tamid de l'après-midi et pour son offrande : un jour ordinaire, huit heures et demie et neuf heures et demie ; la veille de Pessa'h, sept heures et demie et huit heures et demie ; et la veille de Pessa'h qui tombe la veille du Chabbat, six heures et demie et sept heures et demie. Le tout selon le temps requis pour les services accomplis après lui : l'encens, les offrandes de farine, les libations et l'allumage des lampes, et la veille de Pessa'h également l'immolation du sacrifice pascal et sa cuisson.